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L’or plutôt que le dollar dans un portefeuille d’actifs

L’or plutôt que le dollar dans un portefeuille

IVA. Le gérant de fonds américain estime notamment que l’inflation doit être prise au sérieux et que les obligations doivent être évitées L’or n’est pas encore surévalué.

L’inflation est une menace à ne pas prendre à la légère, selon IVA (International Value Advisers), le gérant de fonds d’actions américain, qui est personnifié par Charles de Vaulx et Chuck de Lardemelle. L’économie avait crû faiblement pendant des années lors de la stagflation de la fin des années 70.  Il fallait alors éviter les emprunts obligataires la plupart du temps, tandis que des actions d’entreprises judicieusement sélectionnées avaient fini par procurer un rendement supérieur à celui d’autres investissements comme les obligations et les liquidités.

L’or continue d’être la principale protection contre une dépréciation des monnaies pour IVA, qui est d’ailleurs peu exposé au franc suisse (quatre positions seulement en Nestlé, Affichage, BCV et Schindler). L’or demeure encore éloigné d’une bulle spéculative. En effet, il est encore sous-possédé par les institutions. Le prix de l’or devrait au moins atteindre 3800 dollars l’once  pour se situer rétrospectivement au sommet de janvier 1980.

En positionnant le portefeuille en faveur d’actions de sociétés stables et de grande qualité plutôt que des obligations d’Etat, en investissant dans des actions de firmes versant des dividendes plutôt que dans des entreprises cyliques ou endettées, en possédant de l’or plutôt que des liquidités en dollars, on peut en inférer qu’IVA pense que le choix de dépréciation monétaire sera éventuellement celui des politiciens pour rembourser les dettes, spécialement aux Etats-Unis.

Un nouvel ordre monétaire mondial est susceptible d’entraîner une réévaluation considérable des monnaies asiatiques vis-à-vis des monnaies occidentales au cours de la prochaine décennie.

Le grand paradoxe de l’investissement est que les gens confondent les perspectives, les perspectives économiques avec ce que le marché des actions peut accomplir. Ce qui conduit souvent les investisseurs à devenir excités par les promesses d’une croissance élevée des marchés émergents. Les gens commettent l’erreur d’égaler une forte croissance économique à une bonne performance des marchés des actions. L’évaluation d’un actif demeure en permanence plus importante que les perspectives économiques.

Phlippe Rey/AGEFI/ SEP11

EN COMPLEMENT :  Investir dans un marché baissier

Pour François Mouté, l’or grimpera tant que les taux d’intérêt réels resteront négatifs.

François Mouté, président de la société Neuflize Private Assets et gestionnaire d’un fonds d’actions américaines pour BNP Paribas Investment Partners, a commencé sa carrière en 1966. La Bourse américaine entamait alors un marché baissier qui allait durer seize ans.

« 1966 était un moment clé qui a marqué l’entrée dans des marchés plus difficiles et cela m’a beaucoup aidé pour détecter que 2000 était un autre moment clé, explique-t-il. Il était alors raisonnable de prévoir l’entrée dans une phase de marché difficile. Le monde est dans une phase de transition macroéconomique et géopolitique importante. Le monde occidental a perdu sa compétitivité il y a plusieurs décennies, a refusé de l’admettre et a eu recours au crédit en creusant les déficits budgétaires pour maintenir son niveau de vie. La faillite de Lehman Brothers n’est pas la cause de tous nos malheurs. Ceux-ci se sont accumulés pendant des décennies. »

Le gestionnaire a donc très vite adopté une stratégie d’investissement adaptée à des temps plus difficiles. « Nos fonds sont en hausse depuis leur création alors que les Bourses des pays développés sont en baisse », note François Mouté. « Nous essayons de gagner de l’argent sur le long terme et pas de délivrer de la performance au jour le jour. »

L’or a encore de l’avenir

Dès 2000, François Mouté a joué le thème des matières premières pour tenir compte de la montée en puissance des pays émergents et a totalement supprimé, dès 2006, son exposition au secteur financier. À présent, il mise sur l’or qui pèse 30% de son portefeuille. « L’or est le baromètre cynique de la détérioration de la qualité de la monnaie papier, explique François Mouté. La situation actuelle est très favorable à l’or. » Une situation qui durera tant que les taux d’intérêt réels seront négatifs, poursuit-il.

Les mines d’or Newmont Mining Corp et Barrick Gold Corp figurent en tête du top 10 des principales positions de son fonds d’actions américaines composés d’une soixantaine de valeurs. Les prises de positions se font sur le long terme. « Nous laissons courir les bénéfices mais coupons nos positions quand elles dépassent les 5% », précise le gestionnaire. Ce dernier mise aussi sur le secteur de l’agriculture avec des valeurs telles que Mosaic (engrais) et Peabody Energy Corp, pour ses activités de trading de grains. « Il faudra sortir des matières premières et de l’or quand les taux réels seront à nouveau positifs », conclut le gestionnaire. Ce qui n’est pas prévu à court terme. La Réserve fédérale américaine a promis de garder ses taux à quasi zéro pendant encore deux ans.

SOURCE L’Echo/sep11

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