A Chaud!!!!!

Politique Friction du Dimanche 7 Octobre 2012: La France au régime Par Bruno Bertez

Politique Friction du Dimanche 7 Octobre 2012: La France au régime Par Bruno Bertez

Les indicateurs avancés de l’économie française pointent dans le sens d’une forte détérioration. Non seulement ils se dégradent, mais la vitesse de dégradation accélère.

Le Markit des services chute à 45 en Septembre contre 49,2 en Août.

Le Markit Composite Output chute à 43,2 en Septembre contre 48 en Août.

C’est une dégringolade.

Ces deux indicateurs enregistrent des plus bas respectivement de 11 et 42 mois.

Les enquêtes montrent:

  • – Baisse des commandes
  • – Hausse des intentions de licenciement
  • – Hausse des prix des inputs de production
  •  – Chute des marges bénéficiaires

  

  Nous avons rappelé lors de la campagne électorale, puis en début de mandat, que les Responsables oubliaient -mais l’avaient-ils un jour su?- que l’une des conditions fondamentales de l’activité économique était la confiance. Toutes les mesures, même les plus efficaces, butent sur le phénomène confiance, à fortiori les plus idiotes.

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France: croissance zéro…… 

La France semble s’installer dans une période de stagnation économique, avec un enchaînement inédit de cinq trimestres consécutifs de croissance zéro et un chômage qui continue de s’envoler, selon l’Insee qui a révisé jeudi à la baisse sa prévision pour 2012. L’Institut national de la statistique et des études économiques table sur une croissance de 0,2% sur l’ensemble de l’année contre 0,4% dans ses précédentes prévisions. C’est un poil moins bien que les 0,3% escomptés par le gouvernement pour ramener le déficit public de la France à 4,5% du produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année. L’économie française est «à l’arrêt», a résumé le chef du département de la conjoncture de l’Insee, Cédric Audenis. Dans le détail en effet, la France continuerait d’échapper à la récession. Le PIB continuerait de stagner aux troisième et quatrième trimestres, ce qui porterait à cinq le nombre de trimestres consécutifs de croissance zéro, une situation inédite depuis l’après-guerre. Si ce scénario se confirme, l’économie française commencerait l’année suivante sans aucun élan. «Il faudrait par exemple 0,3% de croissance trimestrielle pendant toute l’année 2013 pour arriver à une croissance annuelle de 0,8%» comme l’espère le gouvernement, a calculé Cédric Audenis. En attendant, en 2012, l’économie va continuer de détruire des emplois: 67.000 emplois marchands non agricoles en moins au second semestre. C’est beaucoup, même si «l’emploi privé se comporte mieux que ce qu’on pourrait prévoir», assure Cédric Audenis.

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PLUS DE REPUBLIQUE DE LA BANANE EN SUIVANT :

On ne peut vouloir la croissance et non seulement ponctionner le pouvoir d’achat des ménages, réduire la croissance des dépenses publiques, pénaliser la compétitivité et, en même temps, entretenir une épée de Damoclès fiscale et réglementaire sur la tête des gens.
Keynes, qui est pourtant soi-disant leur maître -mais ils ne l’ont jamais étudié-, rappelait sans cesse qu’ aussi bien en matière de consommation et surtout d’investissement, la confiance était essentielle.
Les travaux des économistes américains ont parfaitement étudié le phénomène, en particulier celui qu’ils épinglent du nom de « Regime Uncertainty ».

Ce n’est pas l’incertitude du régime, chère aux lectrices de Elle, c’est l’incertitude non pas sur ce que l’on va manger, mais sur la manière dont on va être mangé par les Pouvoirs.
Les Pouvoirs, en modifiant sans cesse les règles du jeu économique, financier, fiscal, règlementaire, législatif, introduisent une incertitude majeure qui fait que, peu à peu, tout se paralyse, tout le monde se décourage de proche en proche. L’activité ralentit venant valider les pronostics pessimistes et la boucle s’auto-alimente.

La récession devient une prophétie qui se réalise d’être crue, alimentée à l’origine par les menaces des Pouvoirs sur les agents économiques. Menaces aggravées par les impréparations des décisions et les cafouillages qui en découlent. Relisez notre interview, très gentille, sur les faiblesses de la démarche budgétaire, interview donnée à Atlantico et reprise ci-dessous.

LIEN :Douce France/ Qui est encore capable d’avoir une véritable vision économique au gouvernement ? | Entretien Atlantico avec Bruno Bertez

Nous avons écrit que Hollande serait obligé de tourner casaque publiquement, nous avons dit qu’il avait fait la moitié du chemin, il lui reste l’autre moitié à parcourir. Le fera t-il de façon crédible, c’est la nouvelle question.
Mais il faudrait qu’il mettre un peu d’ordre dans sa maison car le charivari et la cacophonie s’installent.

Nous ne donnerons pas de nom car nous sommes charitables n’est-ce pas, mais les erreurs de casting doivent être corrigées dans une perspective de recentrage. Et pas seulement au niveau de Montebourg.
Un remaniement s’impose déjà, en bonne et honnête gestion.

Bayrou doit piaffer d’impatience. Hélas il n’est pas sûr que ses hennissements soient entendus et il n’est pas sûr que cela change grand chose. Il faudrait quelqu’un de compétent et compatible à un poste clef, porteur d’une expérience et d’une vision et, en même temps, disposant d’une estampille de gauche.
Nous pensons à quelqu’un comme Peyrelevade, ancien de chez Pierre Mauroy.
D’accord, nous sommes en avance, mais à quoi sert d’écrire si c’est pour tartiner sur ce que tout le monde sait déjà!

La situation est mauvaise et elle s’annonce catastrophique. La panique qui conduit à vouloir retarder le calendrier des élections à 2015 au lieu de 2014 est dérisoire et dangereuse. Les élections constituent une soupape dont un gouvernement serait criminel de se priver. Les élections, c’est mieux que de devoir tirer sur la foule…..

EN BANDE SON :

3 réponses »

  1. Bonjour,

    Je viens de terminer la lecture du livre de Michael Lewis « Boomerang ». Ce que j’en retiens, au-delà des phénomènes strictement techniques, et que j’avais jusqu’à présent négligé, c’est la part « culturelle » de la crise tel qu’elle est vécue dans les pays et telle que l’auteur le présente. C’est pour cela que je suis encore plus pessimiste quant à l’avenir économique de l’Europe à l’issue de cette lecture. Compte tenu de la « culture » française, je ne vois pas d’issue à la situation actuelle sauf à ce que la pays soit déclaré en faillite, et encore! A cet égard, l’exemple des villes californiennes et de la Californie est particulièrement édifiant. Le « bon sens » revendiqué par l’emblématique gouverneur Terminator s’est heurté à l’égoïsme et à la bêtise de ses concitoyens (voir l’épisode des quatre mesures rejetées en page 187). L’actualité française illustre parfaitement cette fuite en avant tellement ancrée dans notre fonctionnement quotidien qu’il en devient risible. L’exemple est celui du refus de l’augmentation de la CSG pour financer les dépenses sociales (http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202311484261-et-70-des-francais-contre-une-hausse-de-csg-en-contrepartie-de-cotisations-en-baisse-369818.php). Que Jim Taggart, pardon Arnaud Montebourg, appuie cette prise de position n’est pas surprenant mais démontre bien le côté côté délétère de son action. Le problème est qu’il n’est que la partie émergée d’un iceberg dont la taille est proprement gigantesque. Sauf si un sursaut désespéré survient, ce que je ne crois pas tant les oligarchies en place sont puissantes et installées, la vielle Europe n’a pas beaucoup d’avenir. Le phénomène de décomposition engagé le 2 août 1914 touche bientôt à sa fin (sur ce sujet, lire « Le siècle de 1914, Utopies, guerres et révolutions en Europe » de Dominique Venner chez Pygmalion Editions et « 1914, une tragédie européenne » de Yves-Marie Adeline chez Ellipses).

    Bonne journée

    • @H

      Nous vous remercions de votre commentaire lequel attire l’attention sur l’importance des aspects historiques, culturels, des specificités nationales. C’est à partir de ces analyses que l’on acquiert la certitude que l’action des apprentis sorciers est non seulement vouée à l’échec, mais destructrice sans bénéfice aucun, autre que ceux qu’ils en tirent pour eux mème .

  2. Lundi 8 Octobre 2012 : Les yoyos boursiers continuent par Bruno Bertez

    Si vous vous souvenez de nos conseils indignés d’avril, vous savez, vous etes persuadés que la Bourse est là pour vous faire vous séparer de votre argent et vous le prendre. La Bourse fait partie intégrante du dispositif de répression financière. L’objectif ultime de la répression financière étant le transfert des ressources des citoyens, des faibles, au profit des forts, les banquiers et les états surendettés. Dieu merci, le public ne mord , nulle part à l’hameçon.

    La semaine dernière était, comme on dit une semaine « Avec », on a grimpé sur tout le complexe risk- on sauf les commodities. La semaine présente commence par un coup d’escarpolette baissier. Le junk bond boom continue, sur les marchés obligataires la tonte des moutons continue.
    La semaine passée, on a vu la hausse forte des pestiférés européens, la chute des rendements de leurs emprunts.
    La mécanique spéculative mise en place par Draghi au profit des banques et des hedge funds produit ses effets. Le tout complété par les manipulations, fuites, rumeurs colportées par un Reuters largement complice.
    En passant nous vous indiquons que Bloomberg est plus sérieux et moins connivent. Der Spiegel doit être lu régulièrement pour dégonfler les billevesées qui circulent avec complaisance.
    Nous sommes dans une phase de réaménagement; de transition.
    D’abord il faut dégorger le papier spéculatif qui a été acheté dans la perspective du QE3, c’est en cours.
    Ensuite, il faut décanter la situation en Europe sous les deux aspects, Grèce et Espagne, on fait durer pour faire plaisir au maitre souverain Obama.
    Enfin, il faut qu’un consensus sur l’éventuel succès ou échec du QE3 et des printing mondiaux se fasse.
    Globalement, le sentiment reste positif, mais même chez les positifs, il y a une retenue, une réserve.
    Ainsi Goldman pense, nous devrions dire publie, une opinion nuancée. Selon GS on peut assister à une vive correction avant d’entamer le parcours haussier de la dégoulinade des liquidités.
    En Allemagne on pense le contraire, on évoque une embellie de court terme suivie d’une lourde rechute.
    Nous ne voyons pas les marchés avancer sans les commodities et sans effet d’entrainement sur les émergents. Les liquidités coulent, par définition et ramassent en prédateurs les mises, elles vont jusqu’au bas de la pente. Les commo et les émergents font partie du trajet.
    Est ce possible d’entrainer ces assets , le poids des forces sécessionnistes n’est il pas trop lourd, les incertitudes politiques et sociales ne sont elles pas trop vives? Il y a eu une hirondelle récente chez les émergents, il s’agit de l’Inde. A suivre.
    Ce qui nous parait acquis c’est le fait que les kleptos, les banques, jouent le succès des printings et des largesses là bas, en amont c’est à dire au niveau du crédit et des spreads. C’est ce qui explique les divergences constatées sur les différents segments des marchés.
    Pendant ce temps, les économies continuent de se déliter, la divergence entre le financier et le réel s’élargit, se creuse, ce n’est plus un fossé c’est une crevasse. Les économies réelles s’appauvrissent ; les marchés prospèrent.
    Nous ne résistons pas au plaisir de citer le sinistre Evans de la Fed: « Nous pouvons faire plus pour stimuler la croissance et l’embauche… il y a place pour faire plus, j’aurais fait plus et pendant plus longtemps. » Aux Etats Unis, la croissance du crédit le mois dernier est forte, elle tient à hauteur de 87% au crédit directement fédéral ou indirectement fédéral, comme le crédit aux étudiants dont on organise l’insolvabilité et la misère futures. Il est vrai qu’il n’y a pas d’inflation mais que les frais de collège galopent , bientôt l’exponentielle! Très bonne étude de Wells Frago sur cette question.
    Pendant ce temps les forces politiques et sociales d’implosion se mettent en branle, forces séparatistes comme en Catalogne ou à Venise, forces de rejet de la classe politique comme en Espagne ou maintenant on s’en prend au Parlement. Combien de temps Rajoy peut il encore tenir par exemple? Bonne question!

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