Agefi Suisse

Or: L’analyse du très écouté expert en minières John Kaiser- De passage à Genève.

Or: L’analyse du très écouté expert en minières John Kaiser- De passage à Genève.

Pourquoi l’investisseur devrait-il s’intéresser à une industrie qui traverse sa troisième année de marché baissier, comme celle des valeurs minières? Les réponses de  John Kaiser qui présidait une conférence d’Academy & Finance hier à Genève. Demain à Zurich.

Interview: Sébastien Ruche- AGEFI SUISSE

Total renversement de la corrélation

Quel est votre scénario pour l’or et les valeurs minières?

Si la prospérité revient au centre de l’équation globale, avec des pays développés à nouveau en croissance  – mais une croissance modeste – et les grands pays émergents qui continuent à élever le niveau de vie, ce mouvement stimulera la demande pour les matières premières. Ce qui restaurera les conditions d’un supercycle d’ici trois ou quatre ans.

On en est loin, avec la persistance d’un marché baissier depuis trois ans dans le secteur minier.

Conformément à son traditionnel cycle de «boom & bust», l’industrie minière se rétracte actuellement, en accordant beaucoup d’importance aux prix actuels et aux coûts, qui ont considérablement augmenté. Mais le retour de la prospérité que je viens de décrire aura un effet très positif pour l’or.

Alors que la corrélation habituelle est inverse: l’or est une valeur refuge, lorsque les autres actifs s’effondrent?

Oui, mais cette prospérité apparaîtra dans un contexte de globalisation, sans ennemi clairement défini comme lors de la Guerre froide. Les Etats-Unis vont devoir continuer à croître, mais en constituant une partie moins importante de l’économie mondiale. Avec l’arrivée à la retraite de la génération du baby-boom, le problème de dette provoqué par les exigences croissantes en termes de retraite se traduiront par un isolationnisme plus marqué des Etats-Unis et une baisse de leurs dépenses militaires. Cela générera une transition vers un monde plus multipolaire, dont les contours ne sont pas connus.

Avec quelles conséquences sur la demande d’or?

Depuis 2007, les banques centrales de pays émergents ont acquis près de 900 tonnes d’or, alors que celles des pays développés ont été vendeuses. La Chine, premier producteur au monde, achète toute sa production. Le pays n’a pas publié ses chiffres depuis 2009, mais en faisant le cumul de sa production depuis lors, la Chine serait classée entre la France et l’Allemagne en matière de détention d’or par les autorités. Et il semble que l’or importé en Chine ne serait pas acheté par les individus, mais par la banque centrale. Si des preuves apparaissaient que la Chine a accumulé de substantielles quantités d’or, cela retournerait l’attitude des investisseurs envers l’or. Nous pourrions voir un nouveau cycle d’accumulation par les banques centrales, qui voudront se protéger lors de la période de transition qui s’annonce.

Le plus grand acheteur d’or

La Chine est en passe de devenir le plus grand acheteur d’or au monde devant l’Inde, a annoncé hier le Conseil mondial de l’or (CMO), selon qui le marché des métaux précieux s’est déplacé d’ouest en est. «Cette année, la Chine devrait dépasser l’Inde», a affirmé à l’AFP le directeur général du CMO pour l’Extrême-Orient, Albert Cheng, en marge d’une conférence à Rome. Selon M. Cheng, la Chine devrait acheter cette année 1000 tonnes d’or sur le marché, sur les 4400 vendues au total, dont 2800 proviennent de la production minière et 1600 de la revente d’or déjà en circulation. M. Cheng a souligné que cette augmentation des achats d’or avait été favorisée par la croissance économique ainsi que par le manque de règlementations, deux raisons qui ont permis de rendre l’or plus accessible aux ménages chinois.

Quel niveau pourrait atteindre l’or dans ce scénario?

Au cours actuel, tout l’or existant représente seulement 10% à 11% du PIB mondial. En 1980, à son pic de 850 dollars, l’or équivalait à 26% du PIB global. Durant son récent bull market, cette proportion n’a jamais dépassé 14%. Si on l’observe en fonction de la richesse mondiale, l’or n’a pas atteint la phase de bulle que l’évolution de son cours suggère. Tout l’or facile à exploiter a été produit depuis les années 1980, il ne reste que de l’or difficile à extraire, et les coûts de production ont beaucoup augmenté. Dans les années à venir, on peut s’attendre à une évolution latérale des cours, entre 1400 et 1600 dollars. Je ne crois pas à un effondrement à 1000 dollars. Même si des tensions géopolitiques peuvent toujours créer des pics passagers.

Dans quels types de projets recommandez-vous d’investir?

L’investisseur doit rechercher des projets rentables dans un contexte de prix relativement faibles, c’est-à-dire avec une combinaison adéquate de taille et de teneur en minerais. On voit d’ailleurs beaucoup d’acquisitions dans le secteur. Mais le public est très allergique au risque à l’heure actuelle. C’est pourquoi nous avons besoin de réussites spectaculaires, basées sur de nouvelles technologies. Alors, tout le monde sera gagnant jusqu’à preuve du contraire. Pour le moment, tout le monde se sent perdant, jusqu’à preuve du contraire. 

Source  Agefi Suisse mercredi, 02.10.2013 

http://agefi.com/une/detail/artikel/or-lanalyse-du-tres-ecoute-expert-en-minieres-john-kaiser-de-passage-a-geneve.html

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