Aristote contre Platon

Police de la pensée Par Maxime Tandonnet/ L’acte révolutionnaire de dire la vérité Par John Pilger

Police de la pensée

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sans-titreLa police de la pensée progresse chaque jour subrepticement dans notre pays. Elle guette, surveille, espionne, dénonce, châtie. Elle s’incruste dans tous les domaines de la vie sociale. Depuis longtemps, il est quasiment impossible de parler de sujets tels que l’immigration, la sécurité, l’Europe, la religion, les frontières, sans être insulté, injurié, renvoyé au fascisme, racisme, à la « Réaction », l’extrémisme de droite, sans être taxé de « lepénisme », sans  basculer dans la honte et l’opprobre du monde politico-médiatique. Mais aujourd’hui, un nouveau palier est franchi. Cette dictature invisible envahit tous les domaines de la vie sociale ou intellectuelle, dans l’indifférence et la passivité générale. Même la météo fait l’objet d’une sorte de mise au pas cadencé! Le spécialiste de la prévision météo de France 2, Philippe Verdier, apprend-on vient d’être écarté pour avoir contesté dans un livre, Climat investigation, les thèses dominantes sur le réchauffement climatique. Viré pour avoir oser discuté, mettre sur le tapis une thèse dominante concernant le climat! Non mais, dans quelle folie furieuse sommes nous tombés? Inquisition? Big Brother? Retour mielleux des régimes totalitaires du siècle passé? Il y a un peu de tout cela dans le triomphe de l’obscurantisme moderne et de la nouvelle police de la pensée qui n’épargne plus rien. Qu’est-ce qu’une société qui substitue les dogmes à la réflexion, un monde où il est interdit de débattre, de critiquer librement, d’échanger des idées? La tolérance se meurt. Une espèce de tyrannie d’un genre nouveau s’abat sur le pays, gagne les consciences, impose son drapeau noir.  Attention danger, la liberté est menacée!

Maxime TANDONNET

https://maximetandonnet.wordpress.com/2015/10/16/police-de-la-pensee/

L’acte révolutionnaire de dire la vérité Par John Pilger

Vérités non-vérités

George Orwell a écrit qu’à « une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire ».

Nous vivons une sombre époque, dans laquelle la propagande de la supercherie affecte nos vies à tous. Comme si la réalité politique avait été privatisée, et l’illusion légitimée. L’ère de l’information est une ère médiatique. Nous avons une politique médiatique ; une censure médiatique ; une guerre médiatique ; des représailles médiatiques ; une diversion médiatique — une chaîne de production surréaliste de clichés et d’idées fausses.

Notre merveilleuse technologie est devenue notre amie autant que notre ennemie. A chaque fois que nous allumons un ordinateur ou prenons en main un appareil électronique — les chapelets de ce siècle — nous sommes soumis à un contrôle : à la surveillance de nos habitudes et de nos routines, et aux mensonges et à la manipulation.

Edward Bernays, qui inventa l’expression « relations publiques », un euphémisme pour« propagande », a prédit cela il y a plus de 80 ans, en qualifiant ce phénomène de « gouvernement invisible ».

Il a écrit que « ceux qui manipulent cet élément invisible de [la démocratie moderne] constituent un gouvernement invisible représentant la véritable force dirigeante de notre pays… Nous sommes gouvernés, nos esprits sont façonnés, nos goûts créés, nos idées suggérées, en grande partie par des gens dont nous n’avons jamais entendu parler… »

Le but de ce gouvernement invisible est de prendre possession de nous: de notre conscience politique, de notre perception du monde, de notre aptitude à penser indépendamment, de notre aptitude à séparer le vrai du faux.

Il s’agit d’une forme de fascisme, un mot que nous avons raison d’utiliser prudemment, préférant l’associer aux troubles du passé. Mais un fascisme moderne insidieux est aujourd’hui le principal danger. Comme dans les années 1930, d’énormes mensonges sont délivrés avec la régularité d’un métronome. Les musulmans sont mauvais. Les fanatiques saoudiens sont bons. Les fanatiques d’ISIS sont mauvais. La Russie est toujours mauvaise. La Chine commence à le devenir. Bombarder la Syrie est bon. Les banques corrompues sont bonnes. La dette corrompue est bonne. La pauvreté est bonne. La guerre est normale.

Ceux qui remettent en cause ces vérités officielles, cet extrémisme, sont jugés comme fous — jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’ils ne l’étaient pas. La BBC fournit ce type de service gratuitement. Ne pas se soumettre c’est se voir qualifier de « radical » — peu importe ce que cela signifie.

La véritable dissidence devient exotique; et pourtant les dissidents n’ont jamais été aussi importants. Le livre que je lance ce soir, « Le dossier WikiLeaks », est un antidote au fascisme qui ne dit jamais son nom. C’est un livre révolutionnaire, tout comme WikiLeaks est révolutionnaire — dans la même veine que ce dont parlait Orwell dans la citation que j’ai utilisée au début de ce texte. Car il explique que nous n’avons pas à accepter ces mensonges quotidiens. Nous n’avons pas à rester silencieux. Ou, comme l’a autrefois chanté Bob Marley : « Emancipate yourself from mental slavery » (« Emancipez-vous de l’esclavage mental »).

Dans l’introduction, Julian Assange explique que ce n’est jamais suffisant de divulguer les secrets des grands pouvoirs: qu’il est crucial de les comprendre, ainsi que de les replacer dans le contexte actuel, et de les intégrer à la mémoire historique.

Tel est l’accomplissement remarquable de cette anthologie, qui se réapproprie notre mémoire. Elle connecte les raisons et les crimes qui ont entraîné tant de bouleversements humains, du Vietnam et de l’Amérique Centrale, jusqu’au Moyen-Orient et à l’Europe de l’Est, toujours au sein de la matrice d’un pouvoir vorace, celui des États-Unis.

Il y a actuellement une tentative États-unienne et européenne de destruction du gouvernement Syrien. Le premier ministre David Cameron semble en être particulièrement désireux. C’est ce même David Cameron dont je me souviens comme d’ un homme mielleux lorsqu’il était en charge des relations publiques pour les requins financiers d’une chaîne de télévision privée britannique (Carlton Communication).

Cameron, Obama et le toujours plus obséquieux François Hollande veulent détruire la dernière autorité multiculturelle restante en Syrie, une action qui ouvrira certainement la voie aux fanatiques d’ISIS.

C’est, bien sûr, totalement démentiel, et l’immense mensonge qui justifie cette démence c’est que cela serait pour soutenir les Syriens qui se sont soulevés contre Bashar el-Assad lors du printemps arabe. Comme le révèlent les dossiers WikiLeaks, la destruction de la Syrie est un vieux projet des impérialistes cyniques qui date d’avant les soulèvements du printemps arabe contre Assad.

Pour les dirigeants du monde, à Washington et en Europe, le véritable crime de la Syrie n’est pas la nature oppressive de son gouvernement, mais son indépendance du pouvoir États-unien et Israélien — tout comme le véritable crime de l’Iran est son indépendance, et ainsi de suite pour la Russie, et la Chine. Dans un monde détenu par les États-Unis, l’indépendance est intolérable.

Ce livre révèle ces vérités, l’une après l’autre. La vérité sur une guerre contre le terrorisme qui fut toujours une guerre du terrorisme ; la vérité sur Guantanamo, la vérité sur l’Irak, l’Afghanistan, et l’Amérique Latine.

De telles vérités n’ont jamais été aussi nécessaires. A quelques honorables exceptions près, ceux des médias, soi-disant payés pour s’en tenir aux faits, sont maintenant absorbés dans un système de propagande qui ne relève plus du journalisme, mais de l’anti-journalisme. C’est aussi vrai des libéraux et des respectables que de Murdoch. A moins d’être prêt à surveiller et déconstruire chacune de leurs spécieuses affirmations, les prétendues « actualités » sont devenues irregardables et illisibles.

En lisant les dossiers WikiLeaks, je me suis souvenu des mots du défunt Howard Zinn, qui faisait souvent référence à « un pouvoir que les gouvernements ne peuvent supprimer ». Cela décrit WikiLeaks, et cela décrit les véritables lanceurs d’alertes qui partagent leur courage.

Sur le plan personnel, je connais les gens de WikiLeaks depuis déjà quelques temps. Qu’ils aient accompli ce qu’ils ont accompli dans des circonstances ne relevant pas de leur choix est une source d’admiration constante. Leur sauvetage d’Edward Snowden en est un bon exemple. Tout comme lui, ils sont héroïques : rien de moins.

Le chapitre de Sarah Harrison, « Indexer l’Empire », décrit comment ses camarades et elle ont mis en place une véritable bibliothèque publique de la diplomatie US. Il y a plus de 2 millions de documents maintenant accessibles à tous. « Notre ouvrage », écrit-elle, « est dédié à un objectif : que l’histoire appartienne à tout le monde. » Lire ces mots est exaltant, et cela témoigne de son propre courage.

Depuis le confinement d’une pièce de l’ambassade équatorienne à Londres, le courage de Julian Assange est une réponse éloquente aux lâches qui l’ont traîné dans la boue et au pouvoir sans scrupules qui cherche à prendre sa revanche contre lui, et qui mène une guerre contre la démocratie.

Rien de tout cela n’a dissuadé Julian et ses camarades de WikiLeaks : pas le moins du monde. Et ce n’est pas rien.

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John Pilger 

http://www.mondialisation.ca/lacte-revolutionnaire-de-dire-la-verite/5482320

EN BANDE SON: 

5 réponses »

  1. Intéressant ce texte de John Pilger. Mais la question fondamentale reste: où est la vérité aujourd’hui alors que nous sommes entré dans le Virtuel? Or quelle est la définition du virtuel? Selon Denis Berthier,  » est virtuel ce qui, sans être réel a, avec force et de manière pleinement actuelle (c’est-à-dire non potentielle) les qualités (propriétés, qualia) du réel « , définition qui s’accorde très bien avec notre perception du monde financier. Le Réel est englouti, dévoré même par le virtuel au moyen de la finance. On le constate de jour en jour: la rupture entre la réalité économique et le monde financier.

    Il y a plus de 2300 ans Platon mettait en garde contre la technique comme imitation « pauvre » du Réel. Aujourd’hui le virtuel est orphelin: il n’a plus de modèle mais à voir comment ses adeptes s’accrochent à l’illusion que son artifice a un quelconque rapport avec le Réel montre le caractère grotesque et tragique à la fois de notre monde actuel.

    Sans oublier sa face cynique. Tout ces montages cabalisto-financiers n’avait pour but que d’enrichir les riches(on s’en doutait!) mais les masques tombent de plus en plus vite : http://www.wsws.org/en/articles/2015/10/14/weal-o14.html

    Que Janet Yellen remonte les taux ou non ce qu’on ressent un peu tous ici c’est que tout cela va très mal finir.

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  2. c’est émouvant la France vient de perdre son mr météo. Cherchons à savoir combien de « mr météo  » la France censure et quels sont leurs domaine d’activité. En politique j’en cite un: mr Asselineau , en médecine professeur Joyeux , en analyse financière mr Bertez , …..
    Peut on rêver de voire un jour, tous ces gaulois débattre librement de leurs idées? Oui, c’est cette passion pour la critique,la culture et le renouveau que le français doit réapprendre humblement.

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  3. En parlant de police de la pensée il me viens a l’idée que la police de l’information est déjà présente depuis longtemps.

    Depuis 1960 le PIB mondial décroit en moyenne de 2.4% par ans, moyenne exponentiel. Cela ne l’empêche pas d’avoir des période exponentiel.
    1) 1960/1980 => 11.45 % de croissance moyenne
    2) 1960/1995 => 9.44 % de croissance moyenne
    3) 1960/2008 => 8.4 % de croissance moyenne
    4) 1960/2014 => 7.845 % de croissance moyenne

    Chacune des périodes est normalement suivi par une période de croissance nulle plus ou moins longue.
    1) 1980/1985
    2) 1995/2002

    Ces périodes de stagnation sont régulièrement suivi de période de croissance.

    1) 1960/1980 est en croissance exponentiel de plus 11% sur une période de 20 ans.

    2) 1985/1995 est en croissance linéaire. Le PIB a été multiplié par 2.45. C’est a dire 145% d’augmentation ou 14% par année par rapport au PIB de l’année de référence 1985. Soit une période de croissance de 10 ans. c’est a dire deux fois moins que la période de croissance précédente.

    3)2002/2014 est encore en croissance linéaire. Cependant il y a une forte cassure en 2008.De 2002 a 2008 la croissance augmente de 84%. Si on divise par 6. Cela donne 14% d’augmentation par ans en prennant 2002 comme PIB de départ.

    Allez pour cloturer le tout. Si je prends comme montant de référence le PIB de 1960. entre :

    de 1960 et 1970 le PIB est en moyenne 1.5 fois le PIB de 1960.

    de 1970 a 1980 il est en moyenne de 4.5 fois celui de 1960.

    de 1981 a 1996 il est 14.5 fois celui de 1960

    Tenez vous bien !

    pour la période de 2002 a 2008 cette moyenne annuelle passe a 77 fois le PIB de 1960.

    Pour conclure la cassure de 2008 montte la limite du système avec un PIB égale a 117 fois celui de 1960 et pour faire encore plus fort 2011 qui lui bas tout les record a 127 fois le PIB de 1960. On voie bien que même si la population a été multiplier par 5 en gros. Pour 500% d’augmentation de population nous avons 1270% de PIB. Tous les individu de notre planète devrait donc être 2.5 fois plus riche qu’en 1960. Sans parler du confort et de la santé ou du pouvoir d’achat. Hors si on reste dans la réalité ceux qui en ont profité c’est 100% de la population de 1960. Cela donne un richesse multiplier par 12.5 par petit veinard.
    Mais se qui est vraiment interresant, je trouve. C’est que depuis 2000 ou il n’y a jamais eu autant de création de richesse on voie qu’il y a une augmentation massive de la pauvreté dans se petit pourcentage d’individu qui on soit disant profité de cette richesse.

    Pour conclure même si le PIB décroit en moyenne de 2.4% annuel entre 1960 et 2015. Sont augmentaion par rapport a celui de 1960 reste lui en 2015 de 55 fois soit 5500%. Certes nous accumulons plus de richesse mais comment a t’elle est réparti ? et surtout par quelle miracle ces sommes on pu être créés. Réllement production de richess ou réelle apprauvrisement par dévaluation monétaire du a une création de crédit ?

    bonne journée 🙂 🙂

    PS : se petit travail d’analyse a été fait sur la base du document :
    http://api.worldbank.org/v2/fr/indicator/ny.gdp.mktp.cd?downloadformat=excel

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    • La fantaisie de ces calculs est évidente même s’ils sont puisés à bonne source,théoriquement tout au moins;or la réalité n’est jamais théorique avant d’être pratique;or le pib,plus cela est allé à partir d’environ 1968 est de plus en plus théorique et correspond à de moins en moins de réalité pratique,tout au moins dans les pays développée, où le tertiaire s’est hypertrophié;or celui-ci est pratiquement incalculable,comme je l’ai déjà écrit, et en plus inutiles et bordéliques en grande partie,du gaspillage;de ce fait, la pauvreté croissante y est bien réelle,elle,et la concentration des richesses est peu importante car ce sont des richesses dues au tertiaire donc incalculables et en plus hypertrophiées et inutiles,du gaspillage toujours.Bref,les pays développées s’appauvrissent à toute allure-il suffit d’aller dans la rue pour voir le nombre de mendiants exploser- et les ficelles et les sparadraps sociaux étant encore moins réels que le tertiaire,tout cela s’écoulera et commence à s’écouler puisque leur multiplication n’empêche nullement l’appauvrissement réel.

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