Art de la guerre monétaire et économique

Convention climat : ridicule mais pas inutile pour tout le monde ! Taxes. Interdictions. Obligations. Bisous. Par H16

Convention climat : ridicule mais pas inutile pour tout le monde

Pendant que la France tente de se remettre très doucement de son confinement sanitaire puis économique, le gouvernement, lui, continue sur sa lancée maniaco-écologique : la convention citoyenne pour la taxe et les interdictions à prétextes climatiques va bientôt s’achever et après elle viendra le temps des décisions musclées auquel le président Macron réfléchit déjà avec gourmandise.

Pensez donc : c’est qu’il va y avoir du méga-pain sur la giga-planche avec toutes ces propositions écoloïdes dont le but affiché (rétrécir l’énergie disponible par Français) va durablement grignoter le pouvoir d’achat des citoyens, leur capacité à se mouvoir, se chauffer, se vêtir et se nourrir.

Et il ne semble effleurer l’esprit d’aucun folliculaire germanopratin, d’aucune rédaction journaliste parisienne ou assimilée, que ces palpitants projets de repli intérieur ne correspondent finalement qu’assez peu aux aspirations réelles d’une majeure partie du peuple.

Il faut en effet être bien aveugle pour ne pas voir, ou bien borné pour ne pas vouloir regarder, ce qui se joue devant nous : alors que la France traverse un nouvel épisode de déconfiture économique, politique et social majeur, le pouvoir semble coincé dans un rail de coke l’emmenant résolument sur des sujets parfaitement perpendiculaires aux préoccupations du moment.

Avec un sens du timing qui laisse un peu ébahi, tout indique en effet qu’Emmanuel Macron et sa clique continuent de dérouler leur tactique politicienne pour achever de détourner et récupérer le mouvement des Gilets jaunes alors que l’actualité imposerait non seulement d’en tenir compte d’une façon diamétralement opposée, mais de prendre aussi en considération la nouvelle donne actuelle, brûlante.

Ainsi, l’émergence des Gilets jaunes doit tout au ras-le-bol et à la frustration que la France périphérique doit supporter devant l’arrogance des élites parisiennes qui ne comprennent rien des contraintes de la province. Sur les dix dernières années, ce sont en effet les villes petites et moyennes qui ont vu leur population augmenter, les villes comme Paris voyant les citadins les quitter. Les politiques nationales, pilotées par des citadins de métropoles pour des citadins de métropoles commencent à coûter fort cher aux citadins des villes périphériques et font sortir de leurs gonds les campagnards, les banlieusards et les navetteurs.

Ainsi, les problèmes de sécurité dans certains quartiers voire certaines villes, la criminalité et la délinquance en hausse constante depuis dix ans, les incivilités de plus en plus violentes sont autant de problèmes qui semblent bien plus préoccupants pour toute cette population dont une petite partie s’est retrouvée sur des ronds-points à l’hiver 2018-2019.

Ainsi, les hausses délirantes de taxes et d’impôts, les charges sociales étouffantes, la bureaucratie aussi tatillonne qu’encombrante (et mortifère depuis la crise sanitaire) sont autant de soucis que tous les salariés, les chefs d’entreprise, les indépendants, les professions libérales, les artisans et les commerçants doivent supporter depuis des années, et qui sont des motifs récurrents de grognes, en plus d’être des raisons solides d’un chômage persistant et d’une pauvreté indéboulonnable de pans entiers du pays.

Tout ceci est aggravé par la crise récente : les inscriptions à Pôle Emploi explosent et ne vont pas se résorber de si vite ; le sentiment d’insécurité est si concret dans certaines villes que cela en devient un tantinet caricatural ; la misère s’étend dans le pays au point que des associations caritatives spécialisées dans l’aide aux pays du tiers-monde jugent nécessaire d’agir en France

Et alors que ce marasme est quelque peu couvert par les braillements d’enfants gâtés de la République et autres repris de justice en manque de virginité judiciaire dont le but semble être une réécriture grotesque d’une Histoire qu’ils ne connaissent même pas, le président décide donc de continuer à nous faire avaler la soupe écolo, coûte que coûte, vaille que vaille. Apparemment, pour Macron et sa fine équipe de clowns, il semble bien plus important de taxer les voitures, interdire les herbicides et imposer le bio hors de prix plutôt que faire revenir l’ordre dans nos cités, baisser les dépenses de l’État et avoir des administrations un minimum efficaces pour les 1000 milliards d’euros de prélèvements annuels.

Manifestement, on va devoir se brosser longtemps pour avoir une Convention Citoyenne sur la Pression Fiscale, un grand Grenelle de la Sécurité intérieure ou un retour à l’ordre du jour du régalien, le cœur de métier de l’État (sur le papier constitutionnel en tout cas)…

Devant ce constat, devant ce quasi-autisme ou cette obstination ahurissante à enfin prendre en compte les vrais problèmes du pays, on en vient à se demander si ces manœuvres d’écologisme outrancier du président Macron ne visent pas précisément à décrédibiliser le mouvement écologiste ou à le récupérer habilement.

Force est de constater qu’en laissant libre cours à l’hystérie climatique, Macron met potentiellement en place une stratégique politique qui lui serait directement profitable : n’oublions pas qu’il n’a plus vraiment de compétiteur ni sur sa droite (dans les vapes depuis Fillon), ni sur la gauche (éparpillée façon puzzle) ; les extrêmes font, encore et toujours, d’excellents repoussoirs (qui expliquent l’apparition régulière de sondages anxiogènes, pratique pour réveiller les castors).

Reste l’idolâtrie verte, réelle inconnue des prochaines élections, qu’il va pouvoir exploiter facilement : dans le cas où l’écologisme n’est pas un vrai désir populaire, le grotesque achevé de la plupart des propositions de la Convention Citoyenne Machin Bidule, habilement accouplé avec des référendums que le président évoque déjà, permettrait au peuple de rejeter plus ou moins bruyamment ces âneries. Si, en revanche, l’écologisme a gagné le cœur des Français (et que ceux-ci désirent effectivement tabasser de taxes les voitures, le nucléaire et l’individu bêtement heureux de vivre), alors la tenue de ces référendums sera la démonstration éclatante du démocratisme raffiné du Grand Timonier Français, ainsi que son souci réel pour une planète plus verte et plus moelleuse.

Dans les deux cas, il se retrouve en bien meilleure position pour son prochain mandat. Bien évidemment, tout ceci sera au frais du citoyen et, surtout, de l’avenir français : le pays se meurt de ce genre de bidouilles politiciennes, se fragmente complètement sous les coups de boutoirs des totalitarismes verts, indigénistes ou revendicatifs de tous ordres.

Mais est-ce important si cela permet d’être réélu, hein, sérieusement ?

https://h16free.com/2020/06/24/66300-convention-climat-ridicule-mais-pas-inutile-pour-tout-le-monde

Convention citoyenne : Taxes. Interdictions. Obligations. Bisous.

Poussé par le Président Macron et parrainé par le CESE, le Conseil Econotruc, Sociamachin et Enviromentable pendant plus de neuf mois, la « Convention Citoyenne pour le climat », assemblage hétéroclite de citoyens prétendument tirés au hasard, est en train d’accoucher de ses premières propositions.

Comme tout accouchement après neuf mois de gestations intestines et picrocholines, la douleur est déjà sensible dans les rapports qu’en font les folliculaires : le choix des propositions qu’il a fallu écarter montre déjà quelques fractures dans nos citoyens conventionnés, et on sent que celles qui ont pour le moment été retenues promettent d’apporter du grain à moudre aux rédactions journalistiques, aux frémissants plateaux-télé et aux trépidantes émissions de radio dont on va inévitablement nous abreuver les prochains jours.

Le mandat, définit en fin d’année dernière, était aussi clair qu’on peut l’être lorsqu’on parle environnement, climat, pollution, énergies « renouvelables » et autres gimmicks acidulés du moment : proposer des mesures visant à « réduire d’au moins 40% les émissions des gaz à effet de serre d’ici à 2030 dans une logique de justice sociale ». Difficile de faire à la fois plus large, plus inclusif, plus conscientisé et plus pertinent au moment où le pays peine à se relever d’une crise sanitaire puis économique mémorable et dont on imagine sans mal qu’elle va laisser de profondes blessures.

Et pour s’en convaincre, il suffit de parcourir la liste des fameuses propositions citoyennes (150, sapristi, faisons péter la volumétrie) qui devraient réduire les gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 : contraindre la durée légale du travail à 28 heures par semaine (proposition étonnamment rejetée en ces temps de déroute économique complète), interdire dès 2025 la vente de véhicules neufs « très émetteurs » de CO2, taxer pour lever des fonds afin d’améliorer le forfait mobilité durable, les bonus-malus écologiques, les aides à la location longue durée pour véhicules propres, interdire les centres-villes aux véhicules « polluants », limiter la vitesse à 110km/h sur l’autoroute, contraindre fortement la publicité et interdire leurs panneaux dans l’espace public extérieur, bannir la publicité pour des produits à fort bilan carbone, taxer lourdement l’alimentation ultra-transformée, interdire les semences OGM, taxer fortement les engrais azotés, contraindre une forte diminution de leur utilisation ainsi que celle des pesticides et interdire les plus dangereux d’ici 2035, interdire les terrasses chauffées ou l’éclairage des magasins la nuit, taxer les dividendes des sociétés pour financer la transformation de l’outil productif, taxer, interdire, contraindre, etc…

On le comprend : le citoyen ne s’est pas laissé berner par les discours ultra-libéraux de tous les journaux, toutes les radios, toutes les télévisions, de tous les politiciens qui n’en peuvent plus de vouloir toujours plus de liberté et de laisser-aller ou de laisser-faire. Au moins les propositions de ces citoyens conventionnés pour le climat sont, elles, enracinées dans le bon sens paysan de l’interdiction tous azimuts, de la taxe en pluie drue et des contraintes multiples qui ne laissent enfin plus libre cours aux idées libérales folles dans lesquelles (à l’évidence) se meurt le pays !

150 propositions dont le potentiel à se transformer en autant de belles lois bien solides, avec sanctions, interdictions, obligations et taxations à la clé, c’est du pain béni pour un Emmanuel Macron qui, autrement, était acculé à devoir réformer un pays dont tout indique qu’il ne le veut surtout pas.

Cerise constitutionnelle sur le gâteau citoyen : la Convention penche lourdement pour l’inscription dans la Constitution de la préservation de la biodiversité, de l’environnement et de la lutte contre le dérèglement climatique, d’une part parce que cette préservation est à la fois simple à définir et encore plus simple à mettre en oeuvre, et surtout parce que le principe de précaution, précédente modification constitutionnelle d’importance, n’a en effet pas suffit pour paralyser totalement le pays pendant la crise sanitaire où toutes les administrations, tétanisée par la peur de n’avoir justement pas pris assez de précautions, ont noyé tout le monde dans les règlements et interdictions.

Un monde à l’arrêt total est possible, ne nous laissons pas stopper en si bon chemin !

Parions que cette idée géniale de constitutionnaliser un concept flou remportera un vif succès, tout comme il était évident – comme je l’avais prédit il y a quelques temps déjà – que nous n’échapperons pas à la sanctuarisation du concept dangereusement idiot d’écocide avec inscription dans le code pénal et sanctions afférentes.

Ah, décidément, cette Convention citoyenne machin-bidule va probablement débouler au mieux sur des douzaines d’articles de lois mal torchés écrit par quelques Tâcherons En Marche, au pire sur un référendum bancal et ajouter plusieurs paires de lourds boulets législatifs à un pays qui n’en peut plus de sombrer dans des contraintes, des taxes et des interdictions délétères.

Le pompon est que, sachant qu’un arrêt presque complet de l’économie pendant 3 mois n’a pas réussi à faire baisser les gaz à effet de serre (ils ont benoîtement continué d’augmenter, lançant un joli pied de nez aux écolos hystériques), on se doute que l’empilement de ces bondieuseries (bien plus communistes qu’écolos au passage) n’aura aucun impact de ce côté-là.

Dans un monde où chaque gain de richesse se traduit directement par une baisse de la pollution, la France et son peuple contrariant a paradoxalement choisi l’appauvrissement, la décroissance, le repli sur soi et la misère (énergétique, industrielle et surtout intellectuelle) en feignant de croire que ça lui permettrait d’être plus « verte », plus « propre », plus « conscientisée ».

Pour cette France totalement déconnectée du réel, le « Monde d’Après » sera résolument serein, tendre et cotonneux, rempli de cette délicieuse insouciance que les enfants partagent lorsque les soucis n’existent plus. En attendant, il semble que la seule solution pour y arriver soit de taxer, d’interdire, d’obliger et (bientôt, ne vous inquiétez pas) de passer par les armes ceux qui s’y opposeront.

En toute gentillesse solidaire, bien sûr.

« La tendance moderne vers le socialisme signifie une rupture brutale avec toute l’évolution de la civilisation occidentale. […] Nous abandonnons rapidement non seulement les idées de Cobden, de Bright, de Smith, de Hume, de Locke, de Milton mais encore une des caractéristiques les plus saillantes de la civilisation occidentale telle qu’elle s’est édifiée sur les fondations posées par le christianisme, par la Grèce et par Rome. Ce qu’on abandonne, ce n’est pas simplement le libéralisme du 19e et du 18e siècle, mais encore l’individualisme fondamental que nous avons hérité d’Érasme et de Montaigne, de Cicéron et de Tacite, de Périclès et de Thucydide. »

— Friedrich Hayek, La Route de la servitude (1944), trad. Georges Blumberg, éd. Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 9782130585411), p. 17

EN BANDE SON : 

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