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Article du Jour : « La liberté n’est pas un droit, c’est un devoir » Par Nicolas Berdiaev

« La liberté n’est pas un droit, c’est un devoir »

La liberté n’est pas un droit, c’est un devoir.

Nicolas Berdiaev (1874-1948) – Royaume de l’esprit et Royaume de César


La liberté est l’énergie créatrice intérieure de l’homme. Par la liberté, l’homme peut créer une vie toute nouvelle, vie nouvelle de la société et du monde.

Mais ce serait une erreur de considérer en l’occurrence la liberté comme une causalité intérieure. La liberté se trouve en dehors des rapports de causalité. […] La liberté vient d’un autre monde ; elle contredit la loi de ce monde et la renverse.

Il est également erroné de ne voir dans la liberté qu’un moyen pour l’établissement d’un ordre social collectif et de la considérer comme dépendant exclusivement de l’ordre social. Nous verrons que c’est de la conception formelle ou réelle de la liberté que dépendent les antinomies de la liberté dans la vie sociale.

La liberté qui devient trop facile, qui n’exige plus de lutte héroïque, dégénère et perd sa valeur. La liberté dégénérée ne s’exprime que dans la conscience négative du fait que je ne subis pas de contrainte. L’expression extrême de la liberté dégénérée, c’est le« Laissez-moi tranquille. »

La liberté n’est nullement la facilité la liberté est difficile et lourde à porter. La liberté n’est pas un droit, c’est un devoir.

Les libéraux considèrent habituellement la liberté comme un droit et non comme un devoir ; pour eux la liberté est synonyme de facilité et d’absence de contraintes. C’est ainsi que la liberté se transforme en un privilège des classes dirigeantes.

Dans un sens plus profond, la liberté est la majorité de l’homme, la conscience du devoir envers Dieu de se comporter comme un être libre et non comme un esclave. La conception héroïque de la liberté est contraire à la vieille conception libérale. La liberté présuppose une résistance elle est une manifestation de force.

Pour ne pas être purement formelle, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen devrait être également une déclaration des devoirs de l’homme et du citoyen. Et l’accent devrait être mis sur l’homme, en tant qu’être spirituel, ce que l’on n’a généralement pas fait dans les révolutions politiques.

On sait trop bien que dans les démocraties il peut ne pas y avoir du tout de véritable liberté. Dans la démocratie jacobine, inspirée de Rousseau, peut s’affirmer le principe de l’État totalitaire, l’absolutisme de la souveraineté populaire. Dans les démocraties capitalistes l’argent et une presse vendue peuvent gouverner la société en éliminant la liberté réelle.

Et tout ceci alors que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen a des origines religieuses: elle est née de l’affirmation de la liberté de conscience par la Réforme. Mais par la suite on s’est éloigné de cette source religieuse. Aussi, les âmes non-libérées intérieurement ont-elles créé de nouvelles formes de société servile.

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