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Hausse de l’inflation : 6 raisons pour lesquelles les prix pourraient encore augmenter/Un docker chinois va-t-il nous gâcher Noël ?

Hausse de l’inflation : 6 raisons pour lesquelles les prix pourraient encore augmenter

By Baptiste Lambert fr.businessam.be 4 min View Original

Cela fait environ 10 ans que les prix n’ont pas augmenté aussi rapidement dans la zone euro. Les économistes, les investisseurs et les banquiers centraux sont divisés en deux groupes. Un camp pense que l’inflation élevée se calmera d’elle-même l’année prochaine, l’autre craint que la hausse des prix soit un phénomène à long terme. Mais tout le monde est d’accord sur un point : de fortes hausses de prix ne sont pas à exclure dans les mois à venir, et ce pour plusieurs raisons.

1. Chaîne d’approvisionnement perturbée

Les jouets rejoignent la liste toujours plus longue des produits susceptibles de devenir plus chers en raison de problèmes d’approvisionnement. Les experts de l’industrie du jouet s’attendent à des augmentations de prix de 5 à 10 % l’automne prochain. Les raisons : la production en Asie n’est pas encore aussi fluide que d’habitude en raison de la crise corona, et les coûts de transport augmentent parce que de nombreuses entreprises de la chaîne logistique – des porte-conteneurs aux camions – sont confrontées à des pénuries de personnel ou ne fonctionnent pas encore à pleine capacité.

2. Matières premières rares

Même si les goulets d’étranglement logistiques étaient éliminés, les problèmes d’approvisionnement ne le seraient pas. Des puces électroniques au papier en passant par l’aluminium et le bois, diverses matières premières semblent se faire très rares sur les marchés mondiaux. Cela conduit à des prix plus élevés.

Febelgra, la fédération de l’industrie graphique, décrit la situation sur le marché du papier et du carton : « La demande de papier en Chine a énormément augmenté. Pour répondre à cette demande, la Chine achète de gros volumes de pâte à papier – la matière première de base pour la fabrication de divers types de papier – à des prix plus élevés, avec un effet correspondant sur le marché européen. »

« En plus de cela, les prix de l’énergie augmentent partout, ce qui, avec l’augmentation des coûts de transport, fait encore grimper les prix du papier et du carton. »

3. Prix de l’énergie à l’automne

Les prix de l’énergie sont en forte hausse dans toute l’Europe, selon Eurostat. Les prix de l’électricité en Belgique ont même atteint leur niveau le plus élevé jamais enregistré.

Il faut maintenant espérer des mois d’automne et d’hiver doux, car un automne froid risque de faire grimper encore plus les prix du gaz naturel et de l’électricité en raison d’une demande plus élevée. L’évolution des prix dépendra également des marchés internationaux de l’énergie et de l’offre disponible dans les pays voisins.

4. « L’inflation des coupes de cheveux »

Les économistes craignent également une « inflation par décote ». Il s’agit d’augmentations de prix lorsque certains services qui ne sont pas ou seulement partiellement ouverts aujourd’hui rouvrent en raison des restrictions de corona.

Il n’est pas exclu que les entrepreneurs et les entreprises profitent de ce nouveau départ pour augmenter leurs tarifs, comme l’ont fait les coiffeurs lors de leur réouverture. Cela peut se produire, par exemple, lors de la préparation des brochures tarifaires pour la nouvelle saison, par exemple dans le secteur des voyages.

5. Spirale salaires-prix

Si l’inflation élevée se poursuit pendant une longue période, elle pèsera également sur les négociations salariales entre employés et employeurs. Le salarié peut insister pour obtenir un salaire plus élevé afin de protéger son pouvoir d’achat. Mais cela peut conduire à une spirale pernicieuse : des coûts salariaux plus élevés entraînent des coûts de production plus élevés et donc des prix plus élevés.

Selon l’économiste d’ING Carsten Brzeski, certains signes en Allemagne indiquent que les syndicats vont demander une compensation pour l’inflation élevée actuelle dans les négociations collectives sur les salaires.

6. Politique monétaire flexible

La Banque centrale européenne pourrait enrayer la hausse de l’inflation en resserrant sa politique monétaire. Mais les avis sont partagés au sein de la BCE. Les Pays-Bas et l’Autriche, pays traditionnellement favorables à une politique monétaire conservatrice, estiment qu’il est grand temps de procéder à un resserrement.

Mais la majorité semble convenir que l’inflation n’est que temporaire et qu’il est trop tôt pour retirer les mesures de soutien. Pour l’instant, rien n’indique que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, va freiner.

Un docker chinois va-t-il nous gâcher Noël ?

By Editoriaux bvoltaire.fr 2 min View Original

Ningbo-Zhoushan, cela ne vous dit probablement rien.

C’est pourtant le deuxième port le plus actif de Chine, duquel partent 29 millions de conteneurs, vous savez, ces boîtes chargées de tous ces produits « made in China ».

Depuis sept jours, ce port est fermé, un docker ayant été contrôlé positif au variant Delta du Covid-19. En Chine, on ne rigole pas avec cela ! Bilan de l’opération : 50 gigantesques navires porte-conteneurs, ces « monstres des mers », attendent d’accoster. Ce phénomène récent vient accentuer une épouvantable crise du transport maritime dont on parle peu.

La Chine possède huit des dix ports les plus fréquentés du monde. Ces ports fonctionnent au ralenti en raison des mesures sanitaires. Mesures auxquelles sont venus s’ajouter le blocage du canal de Suez par l’accident du porte-conteneurs l’ayant obstrué et une saison exceptionnelle de typhons.

Le trafic maritime s’en est trouvé complètement chamboulé et les taux de fret ont flambé, les armateurs étant obligés de répercuter les surcoûts liés à l’immobilisation des navires et au déséquilibre des flux conteneurs vides/conteneurs pleins.

Il y a un an, le transport d’un conteneur de 40 pieds (environ 60 mètres cubes et 20 tonnes de marchandises) entre la Chine et l’Europe coûtait 1.200 dollars. Aujourd’hui, il en coûte 12.000 dollars, soit une multiplication par 10 des coûts de transport !

Du jamais-vu.

Au surplus, il en résulte une pénurie de conteneurs selon un processus facile à comprendre : les boîtes pleines ne pouvant être évacuées, il y a pénurie de boîtes vides. Logique.

Il est donc évident que l’on va vite se trouver à faire face à un double phénomène : pénurie de marchandises pour Noël, sachant que le délai de mer Chine-Europe est d’environ 35 jours, et considérable renchérissement des coûts puisque les importateurs vont nécessairement répercuter l’augmentation des frais de transport.

Ne pas se tromper d’ennemi : les compagnies maritimes « font leur boulot » et investissent en masse pour un transport de plus en plus propre. Plus d’un milliard de dollars pour Maersk, qui vient de commander des porte-conteneurs de taille raisonnable (16.000 TEUs, Twenty-foot Equivalent Units, en anglais) fonctionnant au méthanol à Hyundai.

Les « rois de la mondialisation » devraient utilement commencer à se poser des questions. Le père Noël ne mérite pas cela, même si les navires vont théoriquement plus vite que ses rennes !

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