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Eramet relance son projet d’extraction de lithium en Argentine

Eramet relance son projet d’extraction de lithium en Argentine

L’Argentine, le Chili et la Bolivie abritent plus de la moitié des réserves mondiales de lithium.
L’Argentine, le Chili et la Bolivie abritent plus de la moitié des réserves mondiales de lithium. Getty Images/Carla Gottgens

Le groupe minier français Eramet va ouvrir en 2024 une usine d’extraction de carbonate de lithium en Argentine avec son partenaire, le sidérurgiste chinois Tsingshan. Il relance ainsi un projet mis sous cocon durant la pandémie. Le but est de répondre à la forte demande mondiale de ce métal rare, composant essentiel des batteries de véhicules électriques.

C’est un gisement important qu’Eramet possède en Argentine, à 3 800 mètres d’altitude dans le nord-est du pays. En y construisant une usine, le groupe minier français vise une production de 24 000 tonnes de carbonate lithium par an pendant 40 ans, de quoi assurer par exemple 15 % des besoins européens.

Eramet deviendrait ainsi la première entreprise européenne à exploiter un grand complexe industriel de lithium durable et de grande capacité. Durable, car le groupe prévoit d’utiliser une méthode d’extraction innovante moins gourmande en eau que l’exploitation conventionnelle, celle qui est utilisée par exemple dans ce que l’on appelle le triangle du lithium que forment l’Argentine, le Chili et la Bolivie. À eux seuls, ces trois pays abritent plus de la moitié des réserves mondiales. Sauf que ce métal s’y trouve dans des régions arides.

Une demande de lithium qui ne cesse d’augmenter

Pour Eramet, la décision d’investir dans ce projet s’inscrit dans une dynamique de forte croissance du marché. En effet, l’offre en lithium n’arrive pas à satisfaire la demande qui ne cesse d’augmenter, provoquant même une pénurie en ce moment sur le marché mondial. Conséquence : le prix du carbonate de lithium flambe. La raison ? C’est un élément essentiel pour la fabrication des batteries.

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Sur le coût d’investissement de 400 millions de dollars Tsingshan, qui aura 49,9% du projet, financera 375 millions de dollars, alors qu’Eramet, propriétaire de la concession, financera 25 millions de dollars pour une participation de 50,1%, a indiqué la PDG du groupe Christel Bories, lors d’un entretien téléphonique, en précisant que la construction débuterait au 1er trimestre 2022.

Eramet est déjà associé à Tsingshan en Indonésie pour l’extraction de nickel. « S’associer avec Tsingshan que nous connaissons bien permet d’aller vite », a dit Mme Bories. « La transition énergétique nécessite beaucoup de métaux pour le stockage et le transport de l’électricité, 75% des véhicules produits en Europe seront électriques en 2030 et 40% dans le monde » a-t-elle rappelé.

Eramet estime « avoir la chance d’être au cœur de la solution de la transition énergétique » avec ce gisement de lithium sur les hauts plateaux andins dont il possède « 100% des droits miniers perpétuels », et sa stratégie de recentrage sur les métaux critiques nécessaires à la construction de batteries.

Pour les débouchés, Eramet a d’ailleurs indiqué être en discussion notamment avec les deux grands consortiums de batteries prévus en France, et d’autres en Europe. Le groupe anticipe ainsi que la demande mondiale de nickel va être « multipliée par deux », celle de cobalt « par quatre » et celle de lithium « par six » d’ici 2030. « A l’heure actuelle, il y a pénurie de lithium » dans le monde, a-t-elle dit en rappelant les prix de « près de 30.000 dollars la tonne » atteints par le lithium sur les marchés spot.

La taille du gisement « permettra d’envisager des extensions ultérieures » de l’usine qui aura une production annuelle de 24.000 tonnes de carbonate de lithium (LCE), a ajouté Mme Bories, en affirmant que le groupe recourt à un procédé d’extraction « très performant » sur le plan environnemental et « économe en eau » pour « préserver l’équilibre hydrique de cette région aride ».

SOURCE BELGA

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