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Bourse : Le Portefeuille IDL. (Charles Gave)

Il y a quelques trimestres, j’avais présenté aux lecteurs de l’IDL une espèce de portefeuille type pour les aider à traverser la période difficile qui s’annonçait.

Il me semble que le moment est venu de revenir sur sa logique , d’en regarder les résultats et le cas échéant d’en modifier l’un ou l’autre des paramètres.

Commençons par la logique qui le sous-tend.

Jamais les prix dans les différents marchés financiers n’ont été aussi manipulés. Qu’il s’agisse des changes, des taux d’intérêts, des cours des actions, pour ainsi dire aucun des prix affichés tous les jours n’a rien à voir avec la réalité économique tant ils sont tous faits « à la main » par les banquiers centraux même si cela est particulièrement vrai dans la zone Euro et aux USA et beaucoup moins vrai en Asie.  Cela est un fait.

Devant cette réalité, que doit faire l’épargnant

D’abord, n’avoir aucun placement à revenu fixe (cash, obligations) dans ces zones (Europe, USA) puisque le but ultime des banques centrales locales est de faire baisser le pouvoir d’achat des investisseurs qui les utiliseraient. Ce qui veut dire qu’il ne faut avoir dans ces zones que des actions, mais pas n’importe lesquelles , il ne faut avoir que des actions qui n’ont rien à voir avec les états locaux.

Pourquoi ?

Ces politiques monétaires démentes ont pour cause que la plupart de ces états sont en quasi-faillite et recourent à la planche à billets pour masquer cette réalité. Et donc toute entreprise, cotée ou non, dont le chiffre d’affaires ou les profits dépendent de l’Etat risque de se retrouver en grande difficulté lorsque la réalité l’emportera en fin de parcours sur les manipulations monétaires, comme elle le fait toujours.

Dans cet esprit, j’avais identifié dix valeurs cotées à Paris qui avaient peu à voir avec l’Etat Français. En voici la liste. Accor, Air Liquide, Schneider, LVMH, L’Oréal, Pernod Ricard, Cap Gemini, Sodexo, Total Energies, Sodexo. Libre a chaque lecteur d’établir sa propre liste tant je reconnais volontiers que je ne suis pas un spécialiste du choix des valeurs.

Le principe d’investissement est simple.

Chacune des valeurs représente dix pour cent du montant en actions et au début de chaque mois ou de chaque trimestre ou de chaque année, je « rebalance » tout le monde à 10 % , vendant une partie de celles qui sont montées pour racheter celles qui ont baissées.

Voici le résultat de ce portefeuille base au 31 Décembre 2019.

Ce portefeuille, dividendes re-investis a fait un peu mieux que l’indice de la bourse de Paris, tout en étant un peu moins volatil, ce qui est bien.

 

 

Venons-en à l’autre moitié du portefeuille , la partie « défensive » ou « anti fragile » censée me protéger si le marché des actions plonge.

Mes recommandations, comme le lecteur le sait, ont été de constituer un portefeuille qui serait aux 2/3 en obligations Chinoises et un tiers en or.

Voici le résultat, où, là aussi, je rebalance le portefeuille tous les mois (sur le graphique), ou tous les trimestres, ou tous les ans.

 

La valeur de ce portefeuille est passe de 100 à 117 à la fin octobre 2021.

A titre indicatif, un 10 ans allemand, qui, dans un monde normal, aurait constitué la partie anti fragile de mon portefeuille, est passé de 100 à 101… et donc ne m’aurait protégé contre rien du tout.

La dernière étape est de joindre les deux portefeuilles en un seul, chacun d’entre eux représentant 50% du total et étant rebalancés àla fin de chaque période à nouveau.

Voici le résultat

Le résultat parle de lui-même …

Ce qui amène à une question : pourquoi cela marche t’il aussi bien ?

Réponse : parce que dans les périodes de baisse des actions, les actifs anti fragile montent et que vous vendez automatiquement ce qui est monté pour acheter les bonnes valeurs qui ont baissé.

Et quand les actions ont beaucoup monté, vous les vendez pour acheter une réserve de valeur qui vous sera bien utile quand les actions vont rebaisser. Et vous faites tout cela sans aucune émotion, mécaniquement et sans regarder le journal.

Encore faut-il que vous ayez choisi les bonnes actions et les bonnes valeurs anti fragiles et dans mon cas, il semble que le critère choisi pour les actions-peu ou pas de relations avec l’état- ait été le bon tandis que pas de placement obligataire en Europe ou aux USA pour les valeurs anti fragiles ait été convenable aussi.

Venons-en à la deuxième question :faut-il enlever la protection, ou la réduire ?

La réponse est non : la France rentre dans une période électorale grosse de tous les dangers et le monde est loin d’être tranquille.

Sur le premier point je me suis déjà exprimé dans ces billets.

Sur le deuxième, les nuages s’amoncèlent.

  • Situation politique aux USA extraordinairement préoccupante.
  • Tensions entre la Chine et les USA.
  • Covid loin d’être réglé.
  • Situation énergétique catastrophique en Europe ou aux USA.
  • Risques d’inflation, en particulier dans les produits alimentaires.
  • Etc…

Conclusion

Le but de tout épargnant dans les mois qui viennent doit être de préserver la valeur de ses actifs, et non pas la valeur nominale, mais la valeur réelle. Et cela va être difficile puisque les gouvernements manipulent l’instrument qui sert à mesurer la valeur de toutes choses, c’est-à-dire la monnaie.

C’est pour ça que j’ai introduit l’or, qui me servira d’étalon de valeur pour mesurer mon pouvoir d’achat et je m’essaierai à mesurer la performance en or lors de la prochaine mise à jour. Depuis la fin 2019, mon portefeuille est monté de 34 % alors que l’or est monté de 17 %, ce qui veut dire que mon capital est monté de 17% en « valeur or », ce qui est beaucoup mieux que l’indice de la bourse de Paris qui est montée de 2 % en valeur or (19 % en valeur nominale).

Ma conclusion est simple : plus la période risque d’être troublée, moins il faut agir impulsivement. Il va falloir donc falloir rester très, très discipliné, même si ce genre de portefeuille est fastidieux à gérer.

Mais l’épargnant doit se dire que passer quelques heures par mois à s’occuper de ses avoirs est de sa responsabilité, même s’il n’y connait pas grand-chose.

S’il ne le fait pas, personne ne le fera pour lui.

Et le faire deux ou quatre fois par an à la place de 12 ne change pas grand-chose aux résultats.

Au travail donc !

SOURCE

« Nous sommes dans un Kids market, un marché où les plus grands gagnants sont trop jeunes que pour avoir connu un krach boursier »

Le chroniqueur économique Mark Hulbert qualifie dans The Street la période actuelle de Kids Market. Pour lui, quand les investisseurs sont trop jeunes que pour avoir connu des marchés en forte baisse, mieux vaut se diriger vers des investisseurs plus expérimentés et miser sur les actions de valeur.

Un autre signe qui montre que le marché haussier est en train de se dégrader: les investisseurs « plus âgés » et « plus sages » sont rejetés comme désespérément démodés, tandis que ceux qui sont assez jeunes pour n’avoir jamais connu de marché baissier majeur sont portés aux nues.

Selon Mark Hulbert, l’exemple le plus marquant est un commentaire attribué à David Portnoy, un célèbre investisseur sur internet, à l’été 2020. Après avoir réalisé un bénéfice journalier de près de 5 millions de dollars en seulement deux mois, il a déclaré: « Je suis sûr que Warren Buffett est un gars formidable, mais en ce qui concerne les actions, il est dépassé. »

Pour les plus jeunes d’entre vous, Warren Buffett peut être largement considéré comme l’investisseur à long terme le plus prospère, malgré ses 91 printemps. Ses conseils sont encore largement répercutés dans la presse internationale.

Ignorance et insouciance

Cette attitude moqueuse, elle avait déjà été illustrée par Adam Smith, non pas le philosophe, mais le pseudonyme utilisé derrière un des classiques de la littérature économique des années 60 : « The Money Game ». Dedans, l’auteur qualifiait le dédain envers les ainés de « Kids Market », des périodes spéculatives durant lesquelles les investisseurs les plus en réussite étaient majoritairement jeunes.

Pour illustrer son propos, l’auteur raconte l’histoire d’un magnat de Wall Street, The Great Winfield, qui n’engageait que des traders dans la vingtaine: « La force de mes enfants, c’est qu’ils sont trop jeunes pour se souvenir de quoi que ce soit de mal, et ils ont gagné tellement d’argent qu’ils se sentent invincibles. » Et d’ajouter: « Mais vous savez et je sais qu’un jour l’orchestre s’arrêtera de jouer et que le vent soufflera à travers les vitres brisées, et l’anticipation de cela nous glace, nous qui sommes assez vieux pour nous en souvenir. »

Adam Smith qualifiait les actions que ses traders achetaient de « Swinger stocks ». Aujourd’hui, elles seraient les Tesla, Bitcoin, GameStop ou autre AMC. On peut ajouter tout récemment les constructeurs de véhicules électriques Rivian et Lucid Motors, qui sont plus puissants financièrement que Ford ou GM alors qu’ils n’ont pas encore vendu une seule voiture (ou presque). En d’autres mots, des actions technologiques que les vieux investisseurs ne comprendraient pas.

Mark Hulbert veut rappeler par cette anecdote que toute bonne chose à une fin, et que face à un marché qui s’emballe comme c’est le cas depuis plusieurs années, en dehors de toute réalité économique, investir dans des actions de valeur n’est peut-être pas si démodé.

Croissance vs. valeur

Le Kids Market ne pourrait être plus une réalité qu’aujourd’hui. Ce contraste entre les rendements impressionnants des actions de croissance de haut vol d’une part, et d’autre part, les performances larguées des actions de valeur. Une action de valeur est une action qui est négociée à un prix inférieur à sa valeur fondamentale. Elle serait donc sous-évaluée, soit le contraire d’une action de croissance qui, elle, est sur-évaluée.

Si les actions de valeur ont été les reines du 20e siècle, force est constater qu’elles connaissent plus de difficulté au 21e siècle. Mark Hulbert prend un autre exemple pour l’illustrer: de plus en plus, les conseils payants pour les investisseurs n’ont plus la cote. Pourquoi payer pour des conseils alors qu’il suffit d’aller voir sur reddit gratuitement dans quoi investir ?

« La réponse est simple: les conseils deviennent plus utiles lorsque le marché est en difficulté. Lorsque le marché monte en flèche, tout le monde est un génie en finance », commente le chroniqueur.

Il ne vous aura pas échappé que de plus en plus d’analystes, et même la BCE, craignent une forte correction boursière, qui pourrait tomber en 2022 selon les prévisions. Or, c’est quand les marchés connaissent des difficultés que les (bons) conseils prennent de la valeur. À cette aune, il n’est peut-être pas idiot, juge le chroniqueur, d’écouter les plus expérimentés, ceux qui ont connu des krachs boursiers importants comme l’éclatement de la bulle internet des années 90, et de commencer à investir dans des actions de valeur.

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