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LES RICHES ET LES PAUVRES : LES PAYS (Marc Fiorentino)

LES RICHES ET LES PAUVRES : LES PAYS

La crise a accentué les inégalités de façon spectaculaire.

Inégalités entre les ménages.

Inégalités entre les pays.

Et l’explication pour les pays est encore plus simple que celle pour les ménages.

               

LE MONDE…

 

…est, une fois de plus, coupé en deux dans cette sortie de crise sanitaire.

Les grandes puissances économiques.

Les pays émergents les plus défavorisés.

Et la Banque Mondiale a lancé un cri d’alarme sur la situation économique des pays émergents les plus pauvres.

Une situation qui va continuer à se dégrader.

 

POURQUOI ?

 

Pourquoi le fossé entre les pays s’est autant creusé  ?

C’est simple.

Vous allez tout comprendre.

Il y a d’un côté les pays ou les zones économiques qui peuvent imprimer de l’argent gratuit sans limite.

Et de l’autre ceux qui ne peuvent pas le faire.

 

ON L’A VU

 

À plusieurs reprises.

C’est l’argent magique des banques centrales qui a permis de compenser l’impact de la crise, avec un chèque en blanc pour les gouvernements des grandes puissances pour aider les ménages et les entreprises.

Les banques centrales des grandes puissances ont pu créer, et elles continuent à le faire, de l’argent magique de façon illimitée.

 

LES PAYS LES PLUS FRAGILES…

 

…ne peuvent pas le faire.

Pour deux raisons simples.

Dès qu’ils impriment de la monnaie, l’inflation dérape à des niveaux non maîtrisables.

Bien au-dessus des niveaux d’inflation pourtant déjà élevés des grandes puissances.

Et dès qu’ils impriment de la monnaie, la confiance en la monnaie s’écroule et le cours des devises s’effondre.

Amplifiant le dérapage de l’inflation.

Un cercle vicieux que ne connaissent pas les grandes banques centrales.

 

CERCLE VICIEUX

 

Face à une inflation qui explose et une devise qui s’écroule, ces pays doivent remonter leurs taux d’intérêt, rapidement et fortement, ce qui provoque évidemment un ralentissement de la croissance économique.

Le cercle vicieux toujours.

L’exemple de la Turquie a été très frappant.

Inflation galopante, effondrement de la livre.

La banque centrale, sous la pression du gouvernement, refuse de remonter les taux et la situation économique accélère sa dégradation.

 

SEULS…

 

…les pays émergents producteurs de matières premières s’en sortent.

Pas tous, certes, mais leur situation est plus confortable du fait de l’explosion des cours des matières premières et donc des rentrées de devises.

Les autres doivent se surendetter, avec une dette qu’ils ne pourront jamais rembourser.

C’est une vraie fracture.

LE MUR DE LA DETTE

Les pays émergents et en particulier les pays les plus pauvres ont dû faire comme les pays développés : relancer leurs économies en accroissant un déficit public financé par la dette.

Avec une différence majeure qui change tout.

Tous les pays du monde, développés et émergents, ont dû emprunter massivement pour tenter de compenser partiellement ou totalement les effets de la crise.

Selon la Banque mondiale, les pays émergents les plus défavorisés ont dû emprunter plus de 300 milliards de dollars en 2020 et plus de 300 milliards de dollars en 2021.

C’est une hausse de près de 40% par rapport aux chiffres pré-crise sanitaire.

Et c’est plus de deux fois plus qu’il y a 5 ans.

CONSÉQUENCE

 

Il va falloir rembourser.

Dès cette année, les 74 pays les plus pauvres vont devoir rembourser 35 milliards de dollars.

Qu’ils n’ont pas.

Et qu’ils n’auront pas.

Ils ne sont pas en capacité de rembourser.

ILS VONT DONC DEVOIR

 

Soit réemprunter mais cela devient de plus en plus difficile et de plus en plus coûteux.

Soit négocier avec leurs créanciers pour obtenir un rééchelonnement de la dette.

Ou encore faire défaut pour renégocier leur dette en tentant de la diminuer.

TOUS LES PAYS…

 

…ont vu leurs dettes exploser du fait de la pandémie.

Même les États-Unis, même la zone euro ou encore la Chine ou la Grande-Bretagne.

Mais c’est là que la similitude des situations s’arrête.

VOUS ALLEZ COMPRENDRE

 

Il y a deux différences fondamentales.

Quand les États-Unis ou les pays de la zone euro empruntent, ils empruntent dans leur propre monnaie, le dollar ou l’euro.

Quand les pays émergents empruntent, c’est le plus souvent en dollars, pas dans leur monnaie locale.

Première différence et on verra l’impact déterminant de cette différence.

DEUXIÈME DIFFÉRENCE

 

Quand les États-Unis ou les pays de la zone euro empruntent, c’est, depuis des années et encore plus depuis la crise sanitaire, leurs propres banques centrales qui leur prêtent (in)directement.

Quand les pays émergents empruntent, ce sont les marchés financiers et donc des grands emprunteurs internationaux qui leur prêtent, pas leurs banques centrales qui n’ont pas les moyens de prêter, encore moins en dollars ou en euros.

ET C’EST LÀ…

 

…que le bât blesse.

Les pays émergents les plus pauvres, confrontés à la crise, voient leurs cours de change chuter brutalement, une baisse amplifiée par l’explosion de l’inflation.

Elles doivent rembourser en dollars un emprunt alors que leurs monnaies baissent.

Premier problème majeur que n’ont pas les pays développés.

DEUXIÈME PROBLÈME MAJEUR

 

Dans le cas des pays émergents, les créanciers n’ont aucune raison de faire des cadeaux.

Ils ont prêté de l’argent, ils veulent donc être remboursés.

Pour les pays développés, le créancier est la banque centrale qui est elle-même une émanation directe du pays.

Compliqué pour la FED de forcer l’État américain à rembourser sa dette, compliqué pour la BCE de demander le remboursement des masses de créances qu’elle détient sur les pays de la zone euro.

EST-CE GRAVE DOCTEUR ?

 

Oui.

Un peu.

Grave surtout pour les pays émergents concernés qui vont devoir subir la pression des créanciers qu’ils ont trop sollicités.

Moins grave pour l’ensemble du système financier du fait de la masse d’argent en circulation et donc de la part relativement faible des emprunts des pays émergents par rapport à la dette mondiale.

En gros,une fois de plus, c’est leur problème et pas le nôtre…

MARC FIORENTINO

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