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UNE CONVERSATION TELEPHONIQUE ( Gabriel Nerciat )

UNE CONVERSATION TELEPHONIQUE

– Allô, Vladimir Vladimirovitch ? Bonjour à toi, c’est Emmanuel.

– Bonjour, petit Français. Comment vas-tu ?

– Je vais bien, Vladimir Vladimirovitch, je vais bien. Mais tu sais, il faut qu’on parle sérieusement, toi et moi. L’heure est grave.

– Ah, écoute, petit Picard, j’aimerais bien passer du temps avec toi comme la dernière fois, en septembre, quand tu as éclaté en sanglots lorsque le vieux mafieux de Biden a fait annuler par l’Australie l’achat de tes sous-marins nucléaires. Bon sang, petit Français, j’avais l’impression que mon téléphone était tout mouillé ; je ne savais plus quoi faire. Tu sais que j’ai dû annuler un déjeuner bien arrosé avec votre Gérard Depardieu à cause de toi ? Mais là, je n’ai vraiment pas le temps, tu vois. Il faut que je fasse semblant de préparer une guerre mondiale que les Américains et BoJo font semblant de vouloir éviter. En plus, qu’as-tu à me dire que je ne sache déjà ou que Biden ne m’ait pas déjà dit ?

– J’ai au contraire quelque chose de très important à te dire, Vladimir Vladimirovitch.

– Quoi donc ?

– Je veux te dire quelque chose qui vient du fond de mon coeur…

– Je crains le pire. Ton coeur ne bat que pour toi.

– Je veux que l’Ukraine soit libre, Vladimir. Libre, tu entends ! C’est mon projeeeeeeet !

– Ne crie pas comme ça, petit Picard, on dirait une femme d’Odessa qui accouche. C’est pire qu’une menace nucléaire, et ma patience en ce moment est à bout.

– Je suis sérieux, Vladimir. Je t’aime bien mais j’aime les Ukrainiens en même temps. Si tu continues à vouloir te mêler de leurs affaires ou à envoyer tes mercenaires nous mettre des bâtons dans les roues au Mali et en Centrafrique, je vais devenir violent, Vladimir. Très violent. Tu sais de quoi je suis capable quand je ne suis pas content. En France, mon jeu préféré, c’est d’éborgner les pouilleux qui ne m’aiment pas. Je t’avais raconté dans les jardins de Versailles que ma Mémé disait que je pouvais devenir encore plus méchant que Tarass Boulba quand je le voulais. Et ma Mémé était presque aussi intelligente que moi : tout le monde à Amiens le savait. Je ne cèderai rien à la force brutale de tes cosaques.

– Petit Français, écoute, je t’aime bien, mais je t’ai déjà dit que je n’ai pas envie de jouer avec toi aujourd’hui. Normalement, c’est Zelinsky le comique, pas toi. Tu n’as absolument rien à me dire sur l’Ukraine comme je n’ai rien à te dire sur la Belgique ou le genre de gnomes hydrocéphales avec lesquels tu aimes jouer à la marelle le vendredi soir ; Anne de Kiev est morte depuis très longtemps (d’ailleurs tu ne sais même pas qui c’est), et je n’y peux rien si vous autres Français vous laissez chier dans la bouche par les habitants de vos anciennes colonies. Je veux bien te remonter le moral quand tu perds tes billes, petit Picard, mais pas que tu me parles comme si tu étais déjà devenu une grande personne. Les grandes personnes ne jugent pas nécessaire de brandir des menaces dont elles n’ont pas les moyens. Moi, c’est ça que m’a dit ma grand-mère, en me montrant la kalachnikov grâce à quoi elle a descendu trois officiers allemands et cinq SS ukrainiens en janvier 1943.

– Je suis vexé, Vladimir Vladimirovitch, très vexé. Tu viens de mettre en doute la parole de Mémé. Le dernier qui a osé faire ça, c’est François Hollande, et tu sais ce que je lui ai fait pour me venger. C’est plus grave que si tu venais d’envoyer des chars bombarder les églises de Kiev. Tu devrais avoir peur, Vladimir Vladimirovitch. La peur de ta vie.

A l’autre bout du fil, le président de la Fédération de Russie, héritier de Pierre le Grand et d’Ivan le Terrible, se retient de rire.  

Il tient le téléphone prudemment à distance, car il sait comme son traducteur quels torrents de larmes accompagnés de cris vont bientôt submerger le combiné de l’appareil. Contre cela, il sait aussi qu’il n’y a pas de dissuasion crédible. Sauf en France, peut-être.

GABRIEL NERCIAT

« Mieux vaut tête bien faite que tête bien pleine »

À un enfant de maison, qui recherche les lettres, non pour le gain, ni tant pour les commodités externes que pour les siennes propres et pour s’en enrichir et parer au-dedans, ayant plutôt envie d’en réussir habile homme qu’homme savant, je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine […].

Michel de Montaigne – Essais ; chapitre XV (1580)

EN BANDE SON :

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4 réponses »

  1. Vladimir, tu aurais tort de ne pas craindre le petit Picard, même au téléphone !
    Il faut être borné et aveugle pour ne pas remarquer la musculature neuronale psychopathe auto-alimentée chez l’évadé du bocal ! Vladimir fais gaffe au « Jizz Big Bande », i Ne lui tourne jamais le dos ! Le VIH n’est pas que dans le vaccin…Vladimir, fous une bonne branlée au bébé merdeux mais surtout pas une fessée, il aimerait trop et y prendrait goût et toi tu as d’autres culs à botter!
    Et puis, t’as qu’à t’en servir comme torche cul, dans le genre  » je scie du bois, un coup en avant, un coup en arrière » ! Fais-moi plaisir Vladimir! Montre lui que toi aussi tu l’emmerdes, et pour de vrai!

  2. la photo de l’ane est une idée de Paola Pivi
    j’avais récup le cliché dans un article
    http://joch04.free.fr/tmp/donkey_Paola_Pivi.jpg

    mais pour le reste rien à redire

    c’est quand même extra ordinaire qu’un PR aille défier les russe sur le terrain militaire en plein hiver… pour défendre une marionnette issue du stand up local et soutenu (téléguidé) par un parti ouvertement nazi…
    le faire au nom de la paix et de la démocratie demande une certaine souplesse idéologique

  3. Heureusement notre Gégé national sait parler à l’oreille de Vladimir,et ils pourront en rire de notre affreuse pédale.c’est triste pour la France.

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