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Escalade ? Russie – Ukraine : 5 dénouement encore possibles au conflit après 2 semaines de combats meurtriers / La Russie menace d’attaquer les livraisons d’armes de l’OTAN à l’Ukraine : Des « cibles légitimes » (Actualisé le 14/3/22)

Russie – Ukraine : 5 dénouement encore possibles au conflit après 2 semaines de combats meurtriers

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Peu de gens estimaient avant le 24 février dernier qu’une invasion de grande ampleur de l’Ukraine par la Russie allait effectivement se produire ; et personne n’imaginait que cette guerre allait tourner de cette manière. Après presque 2 semaine de combat, les progrès russes demeurent très limités malgré la disproportion des forces, les Ukrainiens continuent de se battre, repliés sur les grandes villes et causant de lourdes pertes à une armée qu’on imaginait invincible.

Dans ce contexte, bien malin qui pourra prédire comment s’achèvera cette guerre. Mais nombreux sont les experts qui s’y essaient, et CNBC a listé 5 dénouements possibles :

1. Une Ukraine coupée en deux ?

C’était sans doute le but de guerre de Vladimir Poutine au déclenchement de l’opération : prendre Kiev au plus vite pour démettre le gouvernement de Zelensky et en instituer un nouveau à sa botte, faisant de l’Ukraine un pays docile et un État-tampon avec l’ouest, sur le modèle de la Biélorussie. Mais la résistance ukrainienne a rendu ce plan caduc. Reste que le rapport des forces rend toujours crédible une chute de la capitale. Le scénario de base du cabinet de conseil en risques politiques Eurasia Group pour les trois prochains mois prévoit que la Russie obtienne « un contrôle inégal de l’Ukraine orientale, jusqu’au fleuve Dniepr », qu’elle s’empare de la capitale Kiev après un siège prolongé et qu’un « gouvernement fantoche soutenu par la Russie » soit mis en place. Ce qui ne signifierait très probablement pas la fin des combats.

Dans un tel scénario, l’Eurasia Group a prédit que l’OTAN, qui a jusqu’à présent refusé d’intervenir militairement dans le conflit, fournirait « une assistance militaire importante à l’État ukrainien occidental et du matériel [matériaux et équipements militaires] pour soutenir l’insurrection en Ukraine orientale. » Mais ils ajoutent que cela pourrait entraîner un risque d’affrontements aériens entre les avions russes et ceux de l’OTAN.

2. La conquête totale et la purge de l’Ukraine

Taras Kuzio, un expert des affaires politiques, économiques et de sécurité ukrainiennes et chargé de recherche à la Henry Jackson Society, a écrit jeudi dans un article pour Atlantic Council que Moscou viserait « la conquête militaire complète de l’Ukraine, suivie d’une purge massive de la population civile »: « L’objectif apparent de Poutine est d’éradiquer tous les vestiges de l’identité ukrainienne tout en condamnant le pays à un avenir sinistre de dictature militaire fermement enfermée dans un nouvel Empire russe. Cette vision cauchemardesque correspond étroitement aux objectifs déclarés par Poutine lui-même pour la campagne militaire actuelle, ainsi qu’à sa longue liste de mépris public et d’animosité envers l’État ukrainien. »

Un objectif qui interdirait donc toute négociation avec un gouvernement ukrainien indépendant, et où le pays entier serait promis à une stricte occupation, peut-être dans le cadre d’une « république » reconnue seulement du Kremlin. Un scénario cauchemardesque qui sous-entendrait l’élimination physique d’une large part de la population (militaires, politiciens locaux, fonctionnaires civils,…) susceptibles de résister.

3. L’insurrection générale

A supposer que ne se dessine un des scenarii précédemment évoqués, on peut estimer probable que la population ukrainienne ne se laisse pas faire. Celle-ci s’est largement ressoudée autour de son drapeau, de son identité, et de son président depuis l’agression de 2014-2015. Et l’invasion actuelle a renforcé ce sentiment, y compris d’ailleurs dans des régions russophones comme à Kharkiv. D’autant que la population civile a partiellement pris les armes pour soutenir son gouvernement ; elle ne les rendra pas, et en plus elle maitrise les codes de la communication digitale rappelle Tim Ash, analyste des marchés émergents chez BlueBay Asset Management. « Ce n’est pas 1945, 1956 ou 1968 où les troupes soviétiques et le NKVD ont matraqué les civils pour les soumettre, mais 2022. Les Ukrainiens résisteront longtemps et durement même si les batailles militaires prennent officiellement fin. Et les informations 24/7 et l’internet exposeront la brutalité de Poutine aux yeux de tous ».

4. La guerre (froide ?)

Le scénario d’un conflit ouvert est-ouest reste celui que tout le monde veut éviter, sans doute à tout prix, mais il n’en demeure pas moins possible car il suffirait d’une erreur dans un état-major ou dans un cockpit pour que se déclenche une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN. Mais jusqu’à présent, l’alliance militaire occidentale a refusé à plusieurs reprises d’intervenir directement, tandis que Moscou a averti que tout pays qui « s’ingère » dans son « opération militaire spéciale » en Ukraine devra faire face à des conséquences indicibles. Bref, un scénario qui, sauf escalade incontrôlée et donc vrai conflit mondial, réinstituerait un nouveau « rideau de fer » créant deux blocs géopolitiques opposés : l’UE (et les pays de l’OTAN) d’un côté, et l’Ukraine et d’autres pays dans l’orbite politique de la Russie de l’autre.

5. Le retrait des Russes après une victoire ukrainienne

Si la résistance des Ukrainiens continue à se maintenir, et certains analystes pensent que Kiev pourrait tenir des semaines, voire des mois, alors la machine de guerre russe pourrait s’essouffler et relâcher la pression. Dans ce scénario très hypothétique, Poutine ne parviendrait pas à renverser le gouvernement de Kiev et à établir un régime fantoche, tandis que « la détermination et l’habileté de la résistance ukrainienne forcent une impasse sur le champ de bataille qui favorise les défenseurs », ont noté les stratèges Barry Pavel, Peter Engelke et Jeffrey Cimmino de l’Atlantic Council.

Il faudrait alors que le Kremlin se rende compte que la Russie « paiera un prix exorbitant » pour son invasion de l’Ukraine et, face à la perspective d’un long et coûteux enlisement, associé à un effondrement économique et à un isolement diplomatique, Poutine ordonnerait le retrait de ses troupes. L’Ukraine resterait une démocratie, mais le coût humain et matériel serait faramineux pour le pays, tandis que la défiance envers le voisin russe s’installerait durablement.

Toutefois, même cette issue, où l’Ukraine reste une démocratie souveraine et où l’OTAN voit une amélioration de la situation à ses frontières, pourrait être « lourde de dangers », ont averti les analystes : « La guerre a fait des milliers de morts des deux côtés, laissant dans son sillage une amertume généralisée. Et bien que l’Ukraine démocratique en sorte intacte, sinon indemne, son voisin, toujours dangereux, est confronté à un avenir incertain, le paysage politique russe étant à un point de basculement. La façon dont la Russie se comportera avec le reste du monde dépendra en grande partie du fait que le pays se dirige vers un autoritarisme accru sous la direction de Poutine ou qu’il s’en éloigne complètement. »

La Russie menace d’attaquer les livraisons d’armes de l’OTAN à l’Ukraine : Des « cibles légitimes »

Préparant le terrain pour une éventuelle escalade majeure avec les puissances occidentales et de l’OTAN, le Kremlin a averti samedi que l’armée russe était prête à cibler les cargaisons d’armes occidentales qui continuent d’affluer en Ukraine. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a déclaré à la télévision d’État que Washington avait été informé ces derniers jours que Moscou considérerait les convois d’approvisionnement en armes entrant en Ukraine comme des « cibles légitimes ».

« Nous avons averti les États-Unis que le transfert orchestré d’armes depuis un certain nombre de pays n’est pas seulement dangereux, mais qu’il transforme ces convois en cibles légitimes« , a déclaré M. Ryabkov dans ces propos, qui constituent un avertissement sévère pour l’Occident.

Il a ajouté que la Russie a formellement mis en garde « contre les conséquences du transfert irréfléchi à l’Ukraine d’armes telles que les systèmes portatifs de défense aérienne, les systèmes de missiles antichars, etc. » Il a ajouté que, du point de vue de Moscou, l’administration américaine n’a pas pris ces avertissements au sérieux.

Quelques semaines avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, l’ambassade des États-Unis à Kiev avait tweeté des photos à chaque fois qu’une importante cargaison d’armes arrivait. Les États-Unis ont autorisé les alliés baltes à transférer des missiles antichars Javelin pour approvisionner les forces ukrainiennes ; dans le même temps, le Royaume-Uni avait envoyé de nombreux avions de transport chargés de munitions et de systèmes d’armes.

On pense également que les livraisons de missiles antiaériens Stinger sont en cours d’augmentation. Le nouvel avertissement russe fait également suite au fiasco des MiG-29 américano-polonais. Varsovie avait prématurément proposé de donner tous ses MiG aux États-Unis afin qu’ils puissent être acheminés en Ukraine depuis la base aérienne de Ramstein en Allemagne.

L’administration Biden a déclaré que l’offre était une « surprise », tandis que le Pentagone a rejeté catégoriquement le plan, affirmant que le risque serait trop élevé d’amener l’OTAN en conflit direct avec les forces russes, étant donné que les avions devraient entrer en Ukraine par l’ouest, ce qui risquerait de provoquer un incident d’engagement aérien.

 

De récentes vidéos du champ de bataille semblent confirmer que, dans de nombreux cas, les chars et les véhicules blindés russes sont détruits et mis hors d’état de nuire par des Javelin et d’autres missiles antiblindés fournis par l’Occident et se trouvant entre les mains de l’armée ukrainienne.

Il ne fait aucun doute que le Kremlin rend l’Occident responsable de ces attaques, étant donné qu’elles sont menées avec des armes de pointe fournies par l’OTAN.

 

Dans certains cas, des convois russes entiers semblent se précipiter lorsqu’ils sont pris en embuscade dans des couloirs étroits, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus, qui a beaucoup attiré l’attention des médias ces deux derniers jours.

Depuis plusieurs années, Washington fournit à l’armée ukrainienne le Javelin, qui permet de détruire les chars d’assaut, et forme également les forces locales à son utilisation efficace. Avant le conflit, Moscou avait depuis longtemps prévenu qu’il s’agissait d’une énorme provocation et avait annoncé une « ligne rouge » concernant l’extension de l’infrastructure militaire de l’OTAN en Ukraine. Les Russes ont apparemment considéré l’augmentation des livraisons d’armes occidentales comme le signal d’une expansion militaire imminente de l’OTAN en Ukraine.

Il est probable que toutes les expéditions nouvelles et actuelles d’armes occidentales vers l’Ukraine soient effectuées par des moyens clandestins, d’autant plus que la Russie a déclaré la « chasse ouverte » à tout convoi d’armes extérieur.

SOURCE

Orban signe un décret autorisant la présence de troupes de l’OTAN dans l’ouest de la Hongrie

Lundi, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a signé un décret autorisant le déploiement de troupes de l’OTAN dans l’ouest de la Hongrie.

Le décret permet à la Force de réaction de l’OTAN d’être stationnée sur le territoire hongrois à l’ouest du Danube, qui est loin de la frontière du pays avec l’Ukraine. Le décret autorise l’OTAN à utiliser l’espace aérien de la Hongrie, mais les forces de l’OTAN ne peuvent pas entrer en Ukraine directement depuis la Hongrie.

Le décret autorise également le transit d’armes par le territoire hongrois vers d’autres États membres de l’OTAN, mais il ne permettra pas l’entrée d’armes en Ukraine depuis la Hongrie.

La Hongrie avait auparavant évité de s’impliquer dans la lutte entre la Russie et l’Ukraine et dans le renforcement militaire de l’OTAN dans la région. M. Orban avait juré de « rester en dehors » de la guerre.

Le mois dernier, avant l’invasion russe, le ministre hongrois des affaires étrangères, Peter Szijjarto, a déclaré que le pays n’accepterait pas de voir davantage de troupes de l’OTAN sur son territoire.

« Nous ne serons pas d’accord parce que nous avons déjà des troupes de l’OTAN sur le territoire du pays, c’est-à-dire l’armée hongroise et les forces armées hongroises », a-t-il déclaré.

Cependant, en tant que dirigeant d’un pays de l’OTAN, mais aussi en cultivant depuis de nombreuses années une relation positive avec Poutine, il semble qu’Orban cherche maintenant à marcher sur une corde raide :

Le gouvernement, qui a entretenu des relations étroites avec Moscou au cours des dix dernières années, a condamné l’invasion russe de l’Ukraine et a accepté les sanctions de l’Union européenne à l’encontre de la Russie.

La Hongrie ne s’est toujours pas jointe à ses alliés de l’OTAN pour envoyer des armes en Ukraine. La semaine dernière, M. Szijjarto a déclaré que la Hongrie n’enverrait pas d’armes et ne permettrait pas que des armes soient livrées à l’Ukraine via son territoire, car les envois pourraient « devenir la cible d’une action militaire hostile ».

Traduction d’AntiWar par Aube Digitale

Les États-Unis avertissent la Russie que l’OTAN répondra avec « toute sa force » si son territoire est touché après des frappes près de la frontière polonaise

La Maison Blanche considère que l’attaque russe de dimanche contre la base ukrainienne de Yavoriv, qui se trouve à seulement 15 km de la frontière polonaise, membre de l’OTAN, est une escalade des tensions dangereuse visant l’Occident, d’autant plus que jusqu’au mois dernier, des gardes nationaux américains y étaient présents pour former les troupes ukrainiennes.

Le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a averti, à la nouvelle de l’attaque qui a fait environ 35 morts, que l’OTAN était prête à répondre « avec toute sa force » si la Russie attaquait le territoire de l’OTAN. « S’il y a une attaque militaire sur le territoire de l’OTAN, cela entraînera l’invocation de l’article 5, et nous ferons appel à toute la force de l’alliance de l’OTAN pour y répondre », a-t-il déclaré à CBS News. La Russie a tiré environ 30 missiles sur la base qui se trouve à quelques minutes en voiture de la frontière polonaise :

« Tout ce que je peux dire, c’est que si la Russie attaque, tire ou fait feu sur le territoire de l’OTAN, l’alliance de l’OTAN y répondra. »

Plus précisément, il a évoqué un scénario dans lequel la Pologne, État membre de l’OTAN, serait touchée, ce qui laisse également ouverte la dangereuse possibilité d’une guerre majeure entre la Russie et l’Occident sur la base d’un scénario de missile « errant » ou égaré.

Dans ces mêmes commentaires, Sullivan a réitéré l’avertissement de la Maison Blanche concernant les armes chimiques et les « armes de destruction massive »

Il a également déclaré que les États-Unis mettaient directement en garde la Russie contre l’utilisation d’armes chimiques, ajoutant que si Vladimir Poutine déployait effectivement des armes de destruction massive, ce serait une « ligne supplémentaire choquante » qu’il aurait franchie en matière de droit international.

En attendant, ce n’est certainement pas le moment – à l’heure où le monde s’inquiète d’un éventuel scénario de troisième guerre mondiale issu de ce conflit – pour le numéro deux américain de ne pas savoir où se trouve ou ne se trouve pas le territoire de l’OTAN…

 

* * *

Jeudi et vendredi, la Russie a commencé à frapper des cibles dans l’ouest de l’Ukraine, près de la frontière polonaise, dans ce que nous et d’autres avons décrit comme un probable « message adressé à l’OTAN » mettant en garde contre une intervention extérieure des pays occidentaux.

Dimanche, de nouvelles informations font état d’attaques majeures, cette fois à une dizaine de kilomètres à peine de la frontière polonaise, après que le Kremlin a averti l’OTAN que ses forces armées frapperaient toute expédition d’armes vers l’extérieur.

Le Wall Street Journal, citant des sources ukrainiennes, affirme que 35 personnes ont été tuées dans un centre d’entraînement militaire : « Huit missiles ont frappé l’installation à Yavoriv, une base où jusqu’au mois dernier la Garde nationale américaine entraînait les troupes ukrainiennes », indique le rapport. « Peu après la frappe, des ambulances ont été vues se précipitant vers la base, et des troupes ont été vues en train de partir ».

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