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Pourquoi les actifs des banques et entreprises occidentales ne reviendront probablement jamais de Russie

Pourquoi les actifs des banques et entreprises occidentales ne reviendront probablement jamais de Russie

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Goldman Sachs aura donc sonné la charge. Il s’agit de la première grande banque occidentale à se retirer de Russie, après son invasion de l’Ukraine. La banque sera certainement suivie par d’autres alors que plus de 300 grandes entreprises ont déjà mis les voiles.

Wall Street va-t-il suivre ?

Goldman Sachs est la première grande banque de Wall Street à annoncer son retrait de la Russie.

Citigroup a quant à elle déclaré mercredi qu’elle était occupée à réexaminer ses opérations dans le pays. Parmi les banques américaines, elle est la plus présente en Russie. Elle avait déjà fait savoir l’an dernier qu’elle cherchait à céder ses opérations de banque de détail en Russie. En attendant de trouver un repreneur ou de décider de fermer cette activité, « nous exploitons cette entreprise sur une base plus limitée compte tenu des circonstances et des obligations actuelles », a précisé Edward Skyler, responsable des affaires publiques de la banque.

De son côté, JP Morgan n’a pas fait de commentaires sur son exposition à la Russie ou sur ses projets concernant ses opérations dans ce pays.

Les banques européennes sont plus exposées

La banque ouvre la voie aux autres. Mais les banques internationales disposent de 121 milliards de dollars de créances en Russie. Les banques européennes sont d’ailleurs plus exposées que les banques américaines avec respectivement 84 milliards contre 14,7 milliards de dollars. Goldman Sachs, à titre personnel, a une exposition de crédit de 650 millions de dollars.

 

Les 3 grandes agences de notation ont déclaré la Russie au bord du défaut de paiement de sa dette souveraine. Moscou a promis de riposter aux sanctions, et certaines banques ont laissé entendre que leurs actifs pourraient être saisis ou nationalisés par le Kremlin.

La BCE rassure

Un coup dur, mais pas un problème systémique qui nous mènerait dans une nouvelle crise financière. La plupart des grandes banques européennes ont déjà déclaré disposer d’assez de liquidités pour faire face au pire des scénarios. Quant aux banques américaines, 14 milliards de dollars, c’est une broutille.

« La Russie est importante en termes de marchés énergétiques, en termes de prix des matières premières, mais en termes d’exposition du secteur financier, du secteur financier européen, la Russie n’est pas très pertinente », a déclaré Luis de Guindos, vice-président de la banque centrale.

« Les contraintes et les tensions que nous avons observées ne sont pas du tout comparables à ce qui s’est passé au début de la pandémie », a-t-il ajouté.

Des entreprises nationalisées ?

Plus de 300 grandes entreprises ont déjà mis les voiles. Coca-Cola, McDonald’s et Pepsico sont les derniers mastodontes à avoir pris leur décision de ne plus opérer en Russie.

Là encore, la Russie a déclaré qu’elle pourrait saisir les actifs des entreprises occidentales, elle veut riposter à « cette guerre économique ».

« Nous devons agir de manière décisive contre les [entreprises] qui vont fermer leur production », a déclaré Poutine dans une vidéo postée par le Kremlin et diffusée sur les médias d’État. « Il est nécessaire, alors (…) d’introduire une gestion externe, puis de transférer ces entreprises à ceux qui veulent travailler. »

Comprendre: si ces entreprises quittent le navire, la Russie les nationalisera. On n’en est pas encore là. Pour le moment, les entreprises ont suspendu leurs activités, mais ont maintenu les emplois et parfois les salaires.

Mais dans le scénario du pire, les entreprises occidentales savent ce qui les attend.

Source: BusinessAM

Société générale n’exclut pas de perdre ses actifs bancaires en Russie

PARIS/LONDRES, 3 mars (Reuters) – Société générale a averti jeudi d’un « scénario extrême » dans lequel la banque pourrait perdre la propriété de ses actifs bancaires en Russie où elle chiffre son exposition à 18,6 milliards d’euros.

L’invasion de l’Ukraine décidée par Moscou a provoqué une salve de sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne notamment à l’encontre de personnalités et entités russes et a poussé de nombreuses entreprises occidentales à se retirer de Russie.

« Le groupe est tout à fait en mesure d’absorber les conséquences d’un éventuel scénario extrême qui affecterait les droits de propriété sur ses actifs bancaires en Russie », a indiqué dans un communiqué Société générale.

Ce commentaire de la troisième plus grande banque cotée française illustre le risque de représailles de la part des autorités russes auquel est confronté le secteur financier, qui pourrait voir ses actifs en Russie purement et simplement confisqués.

La banque italienne Intesa a dit jeudi conduire une revue stratégique de sa présence en Russie et sa concurrente américaine Citigroup a prévenu pour sa part qu’elle pourrait faire face à plusieurs milliards de dollars de pertes sur ses activités dans le pays où son exposition atteint près de 10 milliards de dollars.

« L’exposition relativement importante de Société générale à la Russie jette une ombre sur les perspectives pour 2022 », ont souligné dans une note les analystes de DBRS Morningstar.

Même si Société générale se dit en mesure de faire face à une saisie de ses actifs en Russie, la banque française devrait néanmoins être affectée par l’impact économique des sanctions et une augmentation des défauts de ses clients russes.

« A ce stade, le groupe ne change pas sa cible de coût du risque et l’actualisera, le cas échéant, à l’occasion de la publication de ses résultats au premier trimestre 2022 », a-t-il indiqué jeudi.

Société générale estime que la perte éventuelle de ses actifs en Russie devrait coûter 50 points de base à son ratio CET1 qui atteignait 13,7% à fin décembre. Pour les analystes de DBRS Morningstar, le risque est gérable mais il devrait mettre la pression sur la banque pour restructurer ou réduire les coûts.

« GRANDE ATTENTION » À LA SITUATION

L’exposition de Société générale à la Russie, qui représente 1,7% de son exposition totale, se répartit entre 15,4 milliards d’euros comptabilisés dans SG Russie – qui regroupe les sociétés Rosbank, Rosbank Insurance et ALD automotive OOO Russia – et 3,2 milliards d’euros provenant d’expositions off-shore essentiellement constituées d’opérations mises en place dans le cadre des activités de financement de la banque de grande clientèle et solutions investisseurs.

« Le groupe assure avec la plus grande prudence et sélectivité la conduite de ses activités en Russie, en accompagnant ses clients historiques », a indiqué la banque, ajoutant suivre « avec la plus grande attention » le développement de la situation en Ukraine et en Russie.

La filiale Rosbank, détenue à 99,97% par Société générale, emploie environ 13.000 personnes en Russie et affiche cinq millions de clients.

Interrogé pour savoir si Société générale envisageait de sortir du marché russe ou de vendre Rosbank, un porte-parole n’a pas souhaité faire de commentaires sur ce sujet.

En 2021, les activités localisées en Russie ont représenté 2,8% du produit net bancaire en 2021 et 2,7% du résultat net de la banque.

Société générale a également une exposition de moins de 80 millions d’euros en Ukraine via sa filiale ALD.

BLACKROCK

Blackrock est un géant gérant (jeu de mots) de fonds.
Tellement gros qu’on n’arrive même pas à imaginer ce que ça représente.
Ils gèrent 10 000 milliards de dollars.
A titre de comparaison, la France a un PIB en 2021 de 2 483 milliards d’euros.
Et les États-Unis 22 000 milliards de dollars.
Alors Blackrock investit partout.
Et bien sûr en Russie.
Ils ont 17 milliards de $ investis en Russie.
ET donc une grosse claque.
Leur fonds indiciel sur la Russie valait 600 millions de dollars fin 2021, il vaut aujourd’hui…moins d’1 million de dollars.
Ouch.

Coca Cola suspend ses activités en Russie ; McDonald’s ferme temporairement ses 850 établissements

Quelques heures après que McDonald’s a annoncé son intention de fermer tous ses restaurants en Russie, Coca Cola lui a emboîté le pas en annonçant mardi que la société ne vendrait plus ses produits dans le pays, selon Bloomberg.

« Nous continuerons à surveiller et à évaluer la situation au fur et à mesure que les circonstances évoluent », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Pepsi, quant à lui, suspend les investissements en capital et la publicité.

Plus d’informations via Bloomberg :

– Suspendre les investissements en capital et toutes les activités publicitaires et promotionnelles en Russie.
– « En tant que société de produits alimentaires et de boissons, nous devons plus que jamais rester fidèles à l’aspect humanitaire de notre activité », selon un courriel interne.
– « Cela signifie que nous avons la responsabilité de continuer à proposer nos autres produits en Russie, y compris les produits essentiels quotidiens tels que le lait et les autres offres laitières, les préparations pour bébés et les aliments pour bébés. »

* * *

Voilà pour la « diplomatie du Big Mac ».

Après avoir hésité à fermer ses restaurants russes ces deux dernières semaines, McDonald’s vient d’annoncer son intention de fermer temporairement quelque 850 restaurants en Russie, devenant ainsi la dernière entreprise américaine à riposter au président russe Vladimir Poutine en cessant ses activités dans le pays.

Déjà, des politiciens américains comme la sénatrice Elizabeth Warren ont applaudi McDonald’s pour sa décision.

Mais cette décision ne manquera pas d’avoir des inconvénients. Comme Foreign Policy nous l’a rappelé il y a quelques années, l’expansion de McDonald’s à Moscou pendant les derniers jours de l’Union soviétique est devenue un témoignage de l’idée que la mondialisation conduirait à la fin des conflits.

Ces derniers jours, les appels à l’abandon du marché russe par McDonald’s et Coca-Cola se sont intensifiés. Il y avait 847 établissements McDonald’s en Russie à la fin de l’année dernière. Lors de la discussion de Coke sur ses résultats annuels en février, le PDG de Coca-Cola Hellenic Bottling Company (qui est responsable de la distribution en Russie et en Ukraine), avait souligné que ces deux marchés étaient un important moteur de croissance, rapporte CNN.

Les utilisateurs de Twitter emploient les hashtags #boycottMcDonald’s et #boycottCoke (ou #boycottPepsi) en réponse à leurs opérations en Russie.

La Russie propose de nationaliser les usines à capitaux étrangers qui cessent leurs activités

Des dizaines d’entreprises occidentales ont fui la Russie ces derniers jours, abandonnant des stocks, des biens et des investissements d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, qui restent désormais inactifs. La Russie a une solution pour faire face à cette situation : un membre important du parti au pouvoir en Russie a proposé de nationaliser les usines appartenant à des étrangers qui ont cessé leurs activités dans le pays en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Toyota, Nike et IKEA font partie des entreprises qui ont annoncé la fermeture de leurs magasins et usines en Russie afin de faire pression sur le Kremlin pour qu’il mette fin à son invasion de l’Ukraine voisine. Dans une déclaration publiée lundi soir sur le site Internet de Russie Unie, le secrétaire du conseil général du parti au pouvoir, Andrei Turchak, a déclaré que la fermeture d’activités était une « guerre » contre les citoyens russes.

Le communiqué mentionne les entreprises alimentaires privées finlandaises Fazer, Valio et Paulig comme les dernières à annoncer des fermetures en Russie.

« Russie Unie propose de nationaliser les usines de production des entreprises qui annoncent leur retrait et la fermeture de la production en Russie pendant l’opération spéciale en Ukraine », a déclaré Turchak.

« C’est une mesure extrême, mais nous ne tolérerons pas d’être poignardés dans le dos, et nous protégerons notre peuple. Il s’agit d’une véritable guerre, non pas contre la Russie dans son ensemble, mais contre nos citoyens », a-t-il déclaré. « Nous prendrons des mesures de rétorsion sévères, en agissant conformément aux lois de la guerre ».

Le directeur général de Paulig a déclaré à Reuters dans un courriel que cela ne changerait pas ses plans de retrait de la Russie.

Fazer, qui fabrique du chocolat, du pain et des pâtisseries, possède trois boulangeries à Saint-Pétersbourg et une à Moscou, employant environ 2 300 personnes. Valio possède une fromagerie et emploie 400 personnes en Russie, et Paulig possède une torréfaction de café et emploie 200 personnes dans le pays.

Aube Digitale

La liste des entreprises occidentales qui quittent la Russie s’allonge d’heure en heure. Le gouvernement russe a proposé trois options à ceux qui partent. Un certain nombre de grands noms restent, bien que cela soit discutable.

De l’entreprise électronique Samsung au fabricant de meubles suédois IKEA, en passant par le site d’hébergement Airbnb, les entreprises de luxe Prada et Chanel, les groupes technologiques américains Apple, IBM et Microsoft, le géant allemand de la chimie BASF, les marques automobiles Rolls Royce et Volkswagen et les géants pétroliers BP, Exxon Mobil et Shell. Une série de chercheurs de la Yale School of Management tiennent à jour une liste qui est complétée quotidiennement. Plus de 300 grandes entreprises ont plié bagage au moins temporairement.

La nationalisation menace

Dans la plupart des cas, il est peu probable qu’il y ait une vente. Les bureaux ou les installations de production de l’entreprise seront tout simplement liquidés.

La Russie est consciente des risques de licenciements massifs que cela comporte. Le pays menace donc les entreprises étrangères de ce qui s’apparente à une nationalisation.

IKEA a fermé ses 17 magasins en Russie. (Photo : Igor Russak/dpa)

Ceux qui veulent quitter la Russie ont trois possibilités

Le gouvernement a déclaré que les entreprises étrangères qui souhaitent quitter la Russie ont trois options :

  1. Reconsidérer la décision et rester en Russie.
  2. Permettre aux actionnaires étrangers de transférer leurs actifs à des partenaires russes. Cela signifie qu’ils pourraient revenir sur le marché russe à un moment donné dans le futur. Certains investisseurs ont déjà choisi cette option, selon un porte-parole du Kremlin.
  3. Acter la fermeture et licencier tous les travailleurs. Les autorités russes considéreront alors qu’il s’agit d’une « faillite intentionnelle ». Ce qui leur donne le droit d’intervenir pour sauver des emplois (lire : nationaliser). La « faillite intentionnelle » peut également donner lieu à des poursuites pénales.

Pour certains, la situation reste inchangée

Il existe également des entreprises pour lesquelles c’est business as usualJusqu’à hier, les plus grandes marques américaines comme Coca Cola, PepsiCo, McDonald’s et Starbucks ont maintenu leurs activités. Ces marques ont fait l’objet d’une campagne de boycott intense sur les réseaux sociaux en raison de leur refus de quitter la Russie. Le fonds de pension de l’État de New York a également exhorté ces entreprises à reconsidérer leur position.

Du côté de TotalEnergies, Mondelez ou encore Nestlé, on reste en place en Russie, tout comme AB Inbev par le biais d’une filiale locale.

Yale.edu

Dans le cas de TotalEnergies, malgré des pressions du ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, le géant français se refuse à lâcher son investissement dans le géant gazier russe Novatek. Pour une raison simple: ses projets qui portent sur le GNL font partie de sa stratégie à long terme. Le patron de Total a juste promis « qu’il n’apportera plus de capital à de nouveaux projets en Russie ». Des sociétés pharmaceutiques comme Astra Zeneca et son concurrent GSK restent également actives, mais pour des raisons humanitaires.

SOURCE

EU HQ

« La valeur d’échange est le condottiere de la valeur d’usage, qui finit par mener la guerre pour son propre compte »

« La valeur d’échange n’a pu se former qu’en tant qu’agent de la valeur d’usage, mais sa victoire par ses propres armes a créé les conditions de sa domination autonome. Mobilisant tout usage humain et saisissant le monopole de sa satisfaction, elle a fini par diriger l’usage. Le processus de l’échange s’est identifié à tout usage possible, et l’a réduit à sa merci. La valeur d’échange est le condottiere de la valeur d’usage, qui finit par mener la guerre pour son propre compte.

La valeur d’usage qui était implicitement comprise dans la valeur d’échange doit être maintenant explicitement proclamée, dans la réalité inversée du spectacle, justement parce que sa réalité effective est rongée par l’économie marchande surdéveloppée : et qu’une pseudo-justification devient nécessaire à la fausse vie. »

Guy Debord – La Société du spectacle (1967)


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2 réponses »

  1. Un monde de contrebandiers est il notre avenir proche? Anglais et Chinois y gagneront.

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