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L’Article du Jour : L’Ukraine, la Corse, et autres laboratoires du mondialisme (Marc Obregon)

L’Ukraine, la Corse, et autres laboratoires du mondialisme

Yvan Colonna vient de rendre l’âme (à qui elle appartient) trois semaines après son agression par un détenu camerounais radicalisé. Gérard Darmanin et Roitelet Von Rothschild ont du souci à se faire, puisque l’île de Beauté risque bien de s’émoustiller encore davantage avec la disparition du berger-martyr. On aurait sans doute tort de vouloir faire dialoguer entre eux des évènements que tout oppose – d’un côté une guerre tiède qui redevient chaude, produit d’une tectonique géopolitique complexe et de deux vassalisations qui s’affrontent, de l’autre un sempiternel conflit d’indépendance. Pourtant, la Corse et l’Ukraine partagent au moins ce point commun : en tant que territoires annexés, satellitaires, ils sont tous les deux des laboratoires du mondialisme à des degrés divers. Car rien n’est plus soluble dans le mondialisme qu’un peuple voulant accéder à l’indépendance par tous les moyens. L’indépendance post-historique est aussi post-histrionique, elle ne sera jamais celle dont peut se prévaloir une nation spoliée, un peuple privé de ses racines et de sa jouissance foncière. Non, l’indépendance moderne, c’est toujours cette fonction abstraite de l’individu, un individu-monade entrevu comme un mème, dont la libre circulation et la « libre flottaison » dans une nation numérisée aux contours flous et changeants, sera désormais la seule et unique réalité incompressible.

 

Comme le fit justement remarquer Philippe Muray (Loué soit son Nom), une guerre se déroulant sur les débris d’une Histoire achevée n’a plus grand-chose à voir avec les guerres de territoire, les guerres raciales et les guerres énergétiques qui ont achevé le XXème siècle dans un grand climax multicolore, dans un grand feu de joie génocidaire et techno-industriel. Et pour cause : les alliances sont définitivement closes (Sainte Alliance otanienne contre Sainte Alliance néo-tsariste), la guerre globale a déjà eu lieu, les traités ont été signés. Tout ce qui suit ne sera que trémulations juridiques, paraphes en bas de page, fluctuation de liquidités. La seule nouveauté, c’est que les blocs ne sont plus aussi monolithiques qu’avant, ils sont désormais fatalement poreux l’un à l’autre : la ruche capitaliste a creusé des tunnels et des galeries qui assurent une intense et constante formication souterraine. Ce qui se joue à la surface, c’est bien une guerre décorative, une guerre cosmétique – ce qui la rend d’autant plus cruelle et injuste. C’est un patch que les chaînes de télévision se collent désormais au front, c’est un pin’s que les cruels calculants de l’Europe Syncrétique se collent au revers du veston, c’est ce drapeau ukrainien si soluble dans la grande vitrification de la morale. C’est la fameuse guerre hybride annoncée par les réseaux Gladio et le micro-terrorisme, à laquelle s’est apposé un nationalisme hybride. Le sentiment national post-historique n’est plus basé sur une injonction souverainiste, ni sur l’idée d’un centre (centre historique, fondations morales, foyer racial et culturel) mais sur la circonférence, c’est-à-dire sur les zones de contact entre une nation et sa représentation dans l’espace publique ou virtuel. Le nationalisme hybride ne défend plus un maquis, il défend sa propre dévaluation face au mondialisme, il défend une identité par l’en-creux, qui n’existe précisément que dans les rêves – ou les cauchemars – du globalisme devenu Dieu. De quoi dégoûter tous les bergers en quête d’absolu.

Marc Obregon L’Incorrect

«Rien n’est plus propice qu’une néo-guerre pour voir se développer toutes les obscénités vantardes dont Homo festivus sait se montrer capable dès qu’une bonne occasion sans risques lui en est donnée. »

Philippe Muray

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