Au V.I.T.R.I.O.L.

Les oiseaux rares : Notes de Lecture sur Au VITRIOL de Christine Datnowsky/Jef Lupieri (MARC GANDONNIERE)

Les oiseaux rares

Par Marc Gandonnière 


Notes de Lecture sur Au VITRIOL de Christine Datnowsky/Jef Lupieri Editions AMAZON

« Il sont rares ceux qui connaissent le mystère de l’amour, ceux qui ressentent la faim insatiable et la soif éternelle »
Novalis

« Tout est relié de Brocéliande aux rives du Gange »
Christine Datnowsky et Jef Lupieri

Le roman de la rencontre entre Christine et le Loup porte pour titre simple et mystérieux la formule latine qu’un profane rencontre enfermé dans le cabinet de réflexion avant d’être s’il y consent initié une fois pour toutes en Franc-maçonnerie . Devant le crâne et les représentations des trois principes Cosmiques Universels Créateurs influents sur les 4 modes de manifestation ou éléments de la matière en alchimie, soufre, mercure et sel il lui faut méditer sur V.I.T.R.I.O.L. : Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem.

Ils sont rares ces deux êtres qui se trouvent ou se retrouvent dans la circularité du temps, elle est improbable leur rencontre sur la pléthorique toile du Web, elle actrice de cinéma et lui blogueur financier.
De Franc-Maçonnerie il n’est question qu’en principe contingent, même si les Mystères d’Eleusis sont évoqués, on sait que le psychanalyste de Christine, Werner est Franc-maçon d’une obédience athée et laïque. Salvateur amical, intime, il me fait penser au psychiatre de Marilyn Monroe. Justement Marilyn, il n’est pas possible de passer sous silence le véritable miracle décrit dans les récits de la mise en piste de l’actrice de théâtre et de cinéma qu’est Christine. Montée sur Paris pour conquérir la gloire, comme un d’Artagnan ou comme un Rastignac
« Je me retrouve dans une chambre de bonne avec deux autre comédiens, nous n’avons pas un sous : un soir, seule, anéantie, je me tourne vers la photo de Marilyn Monroe, épinglée au dessus de mon lit et je lui demande de m’aider. Le lendemain, un ami me téléphone et m’annonce : je t’ai trouvé un travail « t’occuper de l’exposition M. Monroe chez Renaud Barrault à Orsay. » Où se posent les ex voto pour les miracles de Marilyn ? C’est dans ce cadre qu’elle va rencontrer son formateur Andréas Voustinas professeur de l’Actors Studio.

Marilyn un écho pour Christine à sa propre fêlure. « Mulhando Drive » de David Lynch, le faux soleil d’Hollywood attirant toutes les paumées de la terre pour les dévorer comme le Moloch. Sans que son cas soi aussi tragique, Christine se fait voler son travail de mise en scène pour un atelier par Andréas. « La trame de ma vie est tissée du fil de mes rêves…Je les rassemble à nouveau inlassablement après chaque meurtre que les autres m’infligent. » Il était temps que Le Loup arriva ! Werner s’avère un personnage en retrait, assez vite dépassé dans les aventures de sa patiente. Il est cependant un sauveur sans qui il semble bien que Christine aurait été détruire par sa propre violence avant de ne pouvoir jamais parvenir à rencontrer Jean-Louis le Loup. Ce n’est pas pour rien qu’elle se dit fascinée par le visage fracassé de Klaus dans le film d’Herzog « Aguirre ou la colère de Dieu ».

Christine est bien passée par le plus terrible des cabinets de réflexion, ce qu’elle appelle son passage en 2002. Un internement psychiatrique duquel son psychanalyste la sauve avec une mollesse assez révoltante. A la fois mort initiatique et cabinet de réflexion donc. Werner est bien restreint encore pour faire face à ce qui surgit de l’inconscient en vase communiquant de cet homme et de cette femme. Christine enchaîne les abandons et les trahisons masculines. Des synchronicités semblent confirmer ce qui remonte entre Christine et Le Loup des couloirs du temps.

Marcellus Caïus et Florida. « Un continent a surgit, une remontée du temps, d’hier et d’aujourd’hui
Comme une Atlantide »

« Les reliques de Sainte Florida se trouvent à l’église Saint Bénigne, à Dijon.
L’église où j’allais à la messe avec ma grand-mère maternelle. »

C’est à ce moment là de mon commentaire de ce livre que je dois bien avouer avoir vécu ce livre en résonance avec un certain nombre de mes propres expériences de vies. Me revient un poème écrit à un amour perdu et retrouvé pendant mon service sous les drapeaux : « Comme une Atlantide oubliée… » Christine le sait puisque nous avons eu de fructueux échanges épistolaires pendant plusieurs semaines après ma lecture de son livre dont le titre premier avant cette nouvelles version corrigée était : « Réservé aux insensés. » Et j’avais déjà repéré aussi le Blog à Lupus dont les analyses pertinentes m’impressionnaient.

Mais si le destin de Christine est jonché de défis, jalonné de meurtriers, les deux vont mettre sur sa route d’autres adjuvants comme dans un conte de fée où rôdent les tragédies familiales au dessus des gouffres psychologiques C’est le cas de son astrologue indien, Indi mieux à même de décoder et mettre en garde vis-à-vis de l’expérience tantrique vécue dans cet amour sous le sceaux de l’Incendium Amoris. Pour sa carrière d’artiste j’ai lu avec ravissement le chapitre intitulé Filiation Eustache. Sa rencontre avec le vieux cinéaste probablement royaliste dans la période où elle tourne dans des films d’auteurs. Cette filiation c’est Renoir, Sacha Guitry, John Ford. C’est même une initiation au véritable arbre généalogique du génie cinématographique français. C’est une séparation des eaux du discernement artistique qui va marquer Christine pour toujours et la prépare il me semble à cette parfaite entente avec Le Loup.
« Pour lui le cinéma français était divisé en deux clans : les héritiers de Renoir qu’il admirait et les héritiers de Carné qu’il détestait. Filiation Renoir : Maurice Pialat. Filiation Carné : François Truffaut, Louis Malle, Claude Sautet. »

Suicide d’une balle dans la tête. Depuis tout n’est plus que déréliction du 7 ème art. Place aux faussaires impostures et divertissements. Mort avec Stanley Kubrick et Jean-Jacques Beinex. Puis un malheur n’arrivant jamais seul c’est Luc Besson. C’est vrai que sa Jeanne d’Arc est une marque du péché contre l’Esprit dont Saint Paul disait qu’il ne serait jamais pardonné ! Citons un extrait du Blog à Lupus intitulé : Jean Eustache, Jean Pierre Léaud et l’avènement du numérique.
« Bref c’est Eustache le visionnaire qui nous annonce par analogie la mort prématurée du cinéma européen programmé sous forme d’eugénisme culturel mais il Hollywood…/Ainsi le cinéma français à défaut d’être créatif et contestataire devient progressivement subventionné et délétère libertaire : il s’embourgeoise, Sachant que 1981, encore une analogie, c’est aussi l’entrée en scène de la « Miterrandie . » faisandée façon pétainisme modernisé et ceci bien sur dans la cadre de la 3 ème voix fasciste mais décalé façon Canal Plus, où tout devient standardisé et moche, même les actrices sous la houlette des marchés, cinéma compris. Par ici l’addition ! »

Ce n’est cependant pas avec les 2 B, Beinex ou Besson que notre tour d’horizon de la dégradation du 7 ème art touche le grand bleu du fond de la piscine. Les arguments de Christine confirmés par l’avis de Jef qui lui dit qu’elle lui enlève les mots de la bouche, ne sont pas théologiques. Rien des sévères passages du Lévitique « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; ce serait une abomination. » Pour ce qui est de l’Islam, un Hadith : « Quiconque que vous trouvez coupable de sodomie, tuez-le aussi bien que celui qui se laisse sodomiser » et le Coran La sourate 26 versets 165/66 les traite de transgresseurs. Ce qui touche le fond, c’est le film de Pasolini Les 120 jours de Sodome. Impossible de rester jusqu’à la fin du film. Nous n’avons pas d’argument théologique mais un témoignage psychanalytique et professionnel : « Je l’ai découvert en analyse, souvent les femmes pensent que les homosexuels sont leurs amis. Grave erreur, ils sont nos rivaux et ils haïssent les femmes qu’ils ne peuvent baiser, contrairement aux apparences. Je connais leurs mœurs, leurs pratiques, même les plus sombres… c’est pourquoi tout ce qui émane du LGBT est pour moi une abomination. » Le mot Biblique est tout de même lâché. Suis un chapitre intitulé LGBT règne aujourd’hui : « Il est instructif de constater rétrospectivement, à quel point cette communauté est passé, en trente ans, d’un statut de paria à celui d’intouchable. » Instructif… N’en déplaise aux âmes mal pensantes. Mieux vaut en rester à L’amant de Lady Chatterley et Histoire d’O.

L’intériorité est fondamentale puisque les amants vont vivre une relation magnétique dans les champs d’André Breton et Philippe Soupault, à travers un très long préliminaire cependant pas platonique avant l’incarnation charnelle de leur liaison. Leur relation participe du sur- réel, le niveau d’exigence amoureux en est corollaire « Que le don absolu d’un être à un autre qui ne peut exister sans réciprocité soit aux yeux de tous la seule passerelle naturelle et surnaturelle jetée sur la vie. » L’Amour Fou, André Breton. Version tantrique du Don de Dieu alchimique. Le Loup le dit, il est du côté d’Aristote contre Platon la dialectique est pour les forts, le consensus pour les mous. Rien de contractuel dans ce couple, au contraire puisqu’il est marqué au fer rouge -souffre de la rupture du contrat pour le Loup. L’Héraclitien Nietzsche est leur guide à vivre dangereusement aux risques de la Kundalini.

Un roman d’apprentissage

Ils s’enseignent l’un l’ autre, c’est un roman d’apprentissage sur la base de la rencontre providentielle, celle qui voit en l’autre son double vous révélant l’accès à votre vrai moi, dont notre moi mortel n’est qu’un double mauvais. Mauvaise actrice et mauvais blogueur. Ce qu’ils ne sont pourtant pas, l’admiration mutuelle est une composante de l’amour, mais dans leurs domaines, ni l’un ni l’autre ne sont encore accomplis. Cette rencontre est onirique, en alchimie c’est la teinture de la chambre jaune. Tout se fait lentement d’un pas doux et grandiose dirait Novalis, pour qui l’unique philosophie était la poésie seule dévoilement du réel qui ne s’enlise pas en concepts mais est subtilement sensuel. C’est une itinérance miraculeuse qui marche sur les eaux d’une navigation périlleuse, un retour à la vie, au désir qui répare les castrations, mais dans quoi on apprend tout et totalement car c’est l’école clandestine et buissonnière.

L’entreprise du couple est d’absorber mais sans y parvenir. Nous les voyons faire au fil des pages de ces cahiers. C’est la tension de tout roman courtois jusqu’à ce que le roman finisse. Le défi de l’Amour est de faire qu’Un, mais dès que la question de savoir lequel arrive, le miracle cesse dès que cesse le Mystère, l’altérité attirante se résorbe. Bien singulier Fragment de Novalis : « La transformation de qui lui est étranger en possession propre, l’absorption identificatrice est donc l’occupation incessante de l’esprit. Un jour il n’y aura plus d’incitation ni plus rien d’étranger, l’esprit devra être à soi-même l’attirance et l’étrangeté, ou bien pouvoir se faire lui-même intentionnel. » Cela viendra et ce sera alors l’œuvre au rouge. Et dire de cet autre Fragment de Novalis, « Le plus grand magicien serait celui qui pourrait du même coup s’ensorceler lui-même de façon que ses sortilèges lui apparussent comme étrangers, comme des manifestations puissantes en elles-mêmes- Ne se pourrait il que ce soit notre cas ? »

Mais Christine doit connaître par cœur ces vers de Novalis encore qui sont chers au cœur de son amant :
« Lorsque nombre et figures ne seront plus
La clef de toutes créatures
Lorsque tous ceux qui s’embrassent et chantent
En sauront plus que les savants profonds
Lorsque le monde reprendra sa liberté
Et reviendra au monde se donner
Lorsqu’en une clarté pure et sereine alors
Ombre et lumière de nouveau s’épouseront
On apprendra l’histoire des cosmogonies
C’est là que s’enfuira devant un mot secret
Le contresens entier de la réalité. » Je me demande si Jacques Brel connaissait ce texte quand il a écrit : Ne me quitte pas !

Christine et Le Loup, vivent un lien érotique que j’ai nommé par amusement en lisant : s’envoyer en web. Leur échange est alimenté par de nombreuses références échangées : livres, des liens de films ou de chansons, de compositions musicales. Nous pouvons agrémenter la lecture et la prolonger en suivant ces adresses. Ce sera notre seul voyeurisme. Il suffit d’assister à ce jeu où ils ne cessent de s’ensorceler. Et si l’amour, son but était un entraînement de l’esprit à ce pouvoir de manifestation en soi de l’étrange et l’étranger. « Etonne moi !» est le murmure de l’être dans le temps divisé. Allégeance en René Char : « Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler.» Le temps n’est divisé que par le rythme, par quoi d’autre ? « Les saisons, les heures, les vies et les destins, le fait est bien connu, tout est absolument cadencé. » Novalis

Ces deux là se révèlent inséparables. C’est le titre d’un des chapitres du livre ainsi sont nommées les couples de perruches quand l’une meut l’autre la suit. Voilà qu’on nous donne l’occasion d’enrichir notre culture cinématographique, ce livre n’en manque pas. « Dans le film d’Hitchcock, les oiseaux, l’héroïne arrive dans l’île avec deux inséparables en cage… l’arrivée de ce couple pourrait être le déclencheur de la rupture d’équilibre de la vie des autres oiseaux sur l’île, et la raison du déclenchement de leur fureur contre les humains. »

Il n’est pas étonnant que Christine utilise cette métaphore car ce couple naissant comme tout grand amour humain est confronté à des obstacles sociaux et familiaux qui semblent insurmontables. Les inséparables sont inters-dépendants. Le roman du Loup et de Christine serait comme celui de Roman Polanski et de Sharon Tate qui font ensemble Le Bal des Vampires. Ils sont des survivants. Il y a indentification avec l’enfant rescapé du ghetto. Au passage dans ce livre Polanski est défendu autant du point de vue artistique que pénal. Il est victime d’un antisémitisme méprisable. Christine s’identifie à la cause sioniste d’ailleurs sans avoir de sang juif dans les veines, juste ce patronyme en rejet du sien. Dans les identifications il y a aussi celle du loup des Steppes d’Hermann Hesse et d’Hermine sa compagne. Christine est une Hermine comme elle assume d’être une Lilith. Alors ils sont les enfants du Diable, mais d’un Satan Baudelairien avec lequel ils refusent nettement de franchir certaines limites. Le film de Polanski, Rosemary’s Baby. En tout cas
« Notre rencontre, nos étreintes fluidiques font que, tels des vampires, nous vivons immortels :
– Tant que vous êtes, je suis. Tant que je suis, vous êtes. Si l’un meurt, l’autre suit. Je le sais comment ? Je ne sais pas mais je le sais. »

Le registre ornithologique est bien servi par un autre chapitre intitulé « Sur le chemin daté du 25 février 2012 » où l’on sait comment la narratrice joue à cache -cache avec un rouge–gorge, rat de bibliothèque ailé. L’astrologue indien est doublé par un professeur de yoga indonésien Annadje qui l’instruit sur la fonction qu’ont les oiseaux quand ils se font messagers de nos chers disparus. La chère disparue de Christine est sa mère. « Ma mère, si joyeuse, si douce, nous nous sommes tant aimés. Un grand amour, tant d’amour, mais aussi tant de violence : ma violence, ma colère. Je relis mes carnets de psychanalyse depuis 1999, et je suis atterré par tout ce que j’ai pu te faire vivre. »

Pour moi qui ai toujours refusé de passer par Freud et ses petits soldats pour faire face à ma souffrance psychique, même si Lacan et C.G. Jung gagnent bien plus ma confiance, ce récit me fait faire malgré moi une part de ce travail sur moi même. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai tant tardé à coucher sur le papier ces notes…

L’oiseau qu’un défunt nous envoie, c’est une expérience vécue aussi lors de l’enterrement de ma petite sœur cadette de 13 ans, une alouette faisant du sur -place au dessus de son cercueil pendant plusieurs minutes juste avant qu’il soit descendu dans le caveau. La gorge déchirée par les épines de la couronne du Christ, c’est comme le bleu de la gorge de Shiva ayant bu le poison destiné aux hommes. J’aime bien cette caractéristique dans l’exploration symboliques du monde de Christine.

« Tout est relié de Brocéliande aux rives du Gange »

Mais revenons à nos inséparables :
La recherche du double est avouée : « J’ai toujours cherché mon double, mon semblable, pas un homme avec lequel vivre, mais celui qui serait mon jumeau. »

Christine est cette enfant étrange aux yeux de sa propre mère, elle est cette femme dont le refus de la maternité est déjà rare, qui se sépare de la deuxième partie de son nom composé, Marie et qui se déleste de son patronyme pour prendre le nom de son beau-père pourtant peu prisé, Datnovsky : « Un nom d’origine russe et juif, celui d’un beau père qui a pu survivre à la rafle du Vel-d’Hiv grâce à des voisins. » Sa quête amoureuse trouve son aboutissement dans la rencontre avec le Loup mais l’ambition est portée au niveau du plus haut tantrisme « Comme les Parques, j’essaie de modifier les trames de nos vies. » Ce n’est pas le pouvoir féminin de la maternité, mais c’est la recherche d’un pouvoir surhumain qui défie les dieux.
« Je veux vous rendre joyeux.
Je veux que nous nous aimions sans limite et à l’infini. »

Et l’Amour est bien l’Amour Fou, il fallait que ce soit cet homme là, prévenu de la métaphysique de sexe par Julius Evola pour être à la hauteur. De fait, Lupus a cette perception fulgurante prophétique dans son blog d’économiste aux analyses foudroyantes. J’en ai la confirmation dans une de ses dernières publications, celle du 13 mai 2022 qui dévoile le pot aux roses sur les biolabs US en Ukraine. Tout chez le Loup est conscient de la catastrophe qui n’en finit plus de s’organiser et l’inéluctable de conditions de guerre totale.
« Les responsables russes pensent que l’Ukraine poursuit sa torture de la population prorusse en se servant de produits biochimiques. Des responsables russes ont affirmé avoir obtenu des preuves que l’Ukraine tentait d’infecter les résidents prorusses de la République populaire de Lougansk (RPL) avec une souche de tuberculose hautement pathogène. Selon Russia Today, les Ukrainiens ont également autorisé le Pentagone à mener des expériences « inhumaines » à Kharkov. Ces affirmations ont été faites par le chef des forces russes de protection radioactive, chimique et biologique, le lieutenant général Igor Kirillov, lors d’une conférence au cours de laquelle ont été discutées les données découvertes dans le cadre de l’enquête sur les laboratoires d’armes biologiques financés par les États-Unis en Ukraine. »

En concordance, mot qu’aime Le Loup, une citation du Baron Evola :
« Convaincus d’avoir une mission universelle, […] l’Amérique expriment une réalité de fait. Dans le cadre du plan de la subversion mondiale, […] lorsque s’accomplira ce destin, toute cette civilisation de titans, de métropoles d’acier, de verre et de béton, de masses pullulantes, d’algèbre et de machines enchaînant les énergies de la matière, de dominateurs de deux et d’océans, apparaîtra comme un monde qui oscille sur son orbite et tend à s’en détacher pour s’éloigner et se perdre à jamais dans les espaces, là où il n’y a plus aucune lumière, hormis la lumière sinistre qui naîtra de l’accélération de sa propre chute. »— Julius Evola, Révolte contre le monde moderne (1934),

J’ai trouvé moi-même une complicité fraternelle avec Christine et par voix ou voie de conséquence avec le Loup en fin de ce chapitre clé qui est scellé par l’un des plus beaux poèmes des Chimères de Gérard de Nerval, car nous aussi, avec mon actuelle femme, nous avons été dans la grotte fatale aux hôtes imprudents. Nerval a été et reste mon magicien préféré depuis la prime adolescence. Le décryptage alchimique de ce poème par Le Breton sur la base de l’alchimiste Illuminé d’Avignon Dom Pernety reste tout à fait magistral.
(Nerval, poète alchimique : la clef des « Chimères » et des « Mémorables » d’Aurélia. Le dictionnaire mytho hermétique de Dom Pernety. Préc. d’une lettre préface de Max-Pol Fouchet et suivi d’extraits du Dictionnaire mytho hermétique se rapportant aux Chimères et des cinq sonnets des Chimères.Editions Curandera 1982)

Moi je sais ce poème moi-même depuis le jour où je l’ai lu, c’est-à-dire peut être depuis toujours, tout comme Christine dit : « Un chemin s’ouvre devant moi, c’est celui que je cherche à emprunter depuis l’origine. »

Delphi ca :
« La connais-tu DAPHNE, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs
Sous l’olivier, le myrte, ou les saules tremblants
Cette chanson d’amour… qui toujours recommence ? … »

Le black Swan événement imprévisible rare et puissant, est ici la rencontre entre une actrice et le webmaster d’un blog financier. Mais tout cygne noir augure de la présence d’un cygne blanc. Le célèbre Hamsa du symbole de la mission Ramakrishna dessiné par Swami Vivekananda. Le Grand œuvre alchimique est un régime de teintures successives. Rares et difficile d’accès est la Tradition intégrale, dans l’âge de Kâli. Le cherchant doit quand même sans s’en satisfaire, avancer avec ce qui pour lui office de Tradition. Tout comme le mot substitué à la Parole Perdue permet cependant d’ouvrir le passage au-delà des ténèbres des temps, de sortir de la grande subversion profanatrice pour rejoindre le monde sacré car Nerval :
« Ils reviendront ces dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l’ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d’un souffle prophétique. »

En effet il faut lire ce livre car Christine et le Loup :
« Sur le chemin de Monseigneur MG Dantec la traversée du désert fait office de Tradition et cela devient Primordial. »

Après avoir achevé de revoir cet article pour la pleine lune du Wesak le 16 Mai 2022, à la recherche d’un film sur le Bouddhisme, je luis demande de nous sélectionner un film du réalisateur, producteur, écrivain né dans l’état indien du Gujarat Pan Nalin. J’ai déjà vu et son film Samsâra sorti en 2001, comme le temps passe, ainsi que son film documentaire de 2014 « Kumbha Mela, sur les rives du fleuve sacré » Nous regardons donc Valley of Flowers, 2007. Film inspiré du livre d’Alexandra David Néel que j’avais dévoré dans me jeunesse : « Magie d’amour et magie noire ou le Tibet inconnu. ». Une légende sur l’amour qui lutte contre l’inéluctabilité de la mort. Un conte époustouflant qui s’étale de la vie au cœur de l’Himalaya du XIX e siècle jusqu’aux soubresauts du Tokyo moderne. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Christine et le Loup pendant tout cet étonnant et magnifique film.

« Tout est relié de Brocéliande aux rives du Gange »
« Rentrer dans la Forêt Sacrée, passer devant le Miroir aux Fées, marcher jusqu’à la fontaine de Barenton, là ou Merlin rencontra la fée Viviane. »

Christine ramasse une page maculée de son propre sang dans l’élan d’une colère en office de mise en scène de la mouette de Tchékhov. A destination du Loup un soir de Noël « écris avec ton sang, tu verras que le sang est esprit. » Cela m’évoque une confidence de Tony Baillargeat sur notre ami commun Jean Parvulesco. Il mettait une goutte de sang sur le ruban d’encre de sa vieille machine à écrire. Mais justement les retrouvailles de l’actrice avec la bobine du son film perdu « Lamento » mis en scène par Philipe Vallois, coïncident avec celles d’avec Le Loup. Ces retrouvailles sont dans une étrange similitude avec ce que l’écrivain roumain nomme au début de son dernier roman Dans la forêt de Fontainebleau, le rituel de récupération, à la recherche d’un manuscrit égaré qui doit réapparaître du fond des ténèbres. C’est toujours la doctrine antérieure, archaïque qui doit nous revenir. Ah les chassés croisés aux résonances ontologiques abyssales…. !

Marc Gandonnière

Au VITRIOL de Christine Datnowsky/Jef Lupieri Editions AMAZON

2 réponses »

  1. Un livre rare comme ces deux oiseaux l’alchimie des mots renvoyant a l’alchimie des formules
    Chacun y trouvera la sienne!

  2. Une écriture Parvulesquienne pour une vie tirée tout droit d’un livre de Parvulesco.  » Tout est relié de Brocéliande aux rives du Gange »… Quelle belle et jolie formule. De la Bretagne magique à l’Inde surnaturelle… d’Eistzche à Polanski… singulièrement, cette dame du lac dans l’existence de qui, paraissent avoir fourmillē les signes et sûrement des cygnes, me fait penser à une héroïne d’un film de Carné… Elle aurait pu être assise au bar avec le poète interprété par Le Vigan, à parler de « noyēs et de nature morte » … Quelque chose sur son visage d’un film de Visconti, mais pas n’importe lequel, le Visconti de « Ludwig, le crépuscule des dieux »… Il y a des êtres comme ça qu’on imagine à côté d’Helmut Bergé dans son meilleur rôle… Ton Écriture, ton compte rendu, min cher Marc Gandonniere, est devenue plus que jamais crépusculaire, habitée, hantée de ces matins d’automne qu’on ne retrouvera jamais mais qui pourtant restent graver dans la mémoire pour l’éternité. Vu comment tu en parles: Un livre visiblement sans temps, suspendu, sans début ni fin… Traversé par « autre chose »

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