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Que signifie le défaut de paiement pour la Russie ? Du mythe du défaut de paiement de la Russie à l’écroulement du système financier globalisé

Que signifie le défaut de paiement pour la Russie ?

GONO NOTE

Les tentatives visant à empêcher Moscou de payer sa dette extérieure pourraient ébranler le système financier occidental.

 

RT –  27 Juin, 2022

Les médias occidentaux rapportent que la Russie est confrontée à un défaut de paiement de sa dette extérieure pour la première fois depuis 1918. Moscou a été contraint de payer les intérêts des obligations en roubles après que Washington a bloqué les paiements en dollars.

1- Quelle est la réaction de la Russie aux allégations de défaut de paiement ?

Moscou a rejeté ces allégations et a accusé Washington de tenter d’organiser un défaut de paiement artificiel, expliquant que le pays est désireux et capable d’assurer le service de sa dette extérieure. Le passage au paiement en roubles n’implique pas un défaut de paiement de la dette, a souligné le ministre des finances Anton Siluanov.

2.- Comment Moscou prévoit-elle d’assurer le service de sa dette extérieure ?

En vertu d’un nouveau mécanisme de paiement, qui a été récemment annoncé et promulgué par le président Vladimir Poutine, Moscou considère que ses obligations sont remplies « si elles sont exécutées en roubles pour un montant équivalent à la valeur des obligations en devises étrangères » au taux de change du jour où les fonds sont transférés au dépositaire central (NSD), par lequel ils seront versés aux créanciers.

3.- Pourquoi la Russie effectue-t-elle des paiements obligataires en roubles ?

En mai, les États-Unis ont mis fin à une dispense de paiement des obligations qui permettait à Moscou d’assurer le service de sa dette en dollars. Le ministère russe des finances a ensuite déclaré que, pour défendre sa réputation d’emprunteur fiable, la Russie assurerait le service de ses obligations euro-obligataires dans la monnaie nationale, le rouble, si elle n’était pas en mesure de payer en devises étrangères.

4.- Que signifie être en défaut de paiement pour un pays ?

Les pays en défaut de paiement ne peuvent pas emprunter de l’argent à bon marché auprès des institutions financières internationales, car ils sont considérés comme un risque.

5.- Quel impact cela a-t-il sur la Russie ?

Moscou n’a aucune raison d’émettre des obligations. Le pays a une faible dette d’environ 16 % du PIB, car il n’a traditionnellement pas recours à l’emprunt. En comparaison, la plupart des pays occidentaux ont une dette proche ou supérieure à 100 % de leur PIB.

6.- Quel est l’impact d’un défaut de paiement sur l’économie du pays ?

En ce qui concerne le système financier occidental, cela n’a pas d’importance. Les sanctions empêchent la Russie de commercer comme elle le faisait auparavant. La plupart des entreprises occidentales se sont retirées et il est impossible d’emprunter de l’argent aux institutions financières occidentales. La cote de crédit de la Russie à l’Ouest n’a donc plus aucun sens.

7.- Quel est l’impact de cette situation sur les partenaires commerciaux restants de la Russie ?

En ce qui concerne la Chine, l’Inde et d’autres partenaires majeurs, il n’y a pas d’effet négatif. Le commerce de la Russie avec ses partenaires des BRICS a augmenté de près de 40 % au cours du premier trimestre de 2022, par rapport aux 164 milliards de dollars atteints l’année dernière. Les partenaires commerciaux de la Russie se sont empressés de remplacer les entreprises occidentales en Russie.

8.- Quelles sont les alternatives de Moscou aux emprunts dans les institutions occidentales ?

Les institutions financières, telles que la Nouvelle banque de développement (NDB) des BRICS, qui a été créée par les États membres que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, dans le but de financer des projets d’infrastructure et de développement dans les nations émergentes, pourraient être une bonne option pour la Russie.

9.- Quelles sont les retombées potentielles ?

L’Occident nie qu’un éventuel défaut de paiement de la Russie puisse avoir le même impact sur les institutions et les marchés financiers mondiaux qu’un précédent défaut de paiement de la dette intérieure en 1998. À l’époque, le défaut de paiement de la Russie sur des obligations en roubles avait poussé le gouvernement américain à intervenir et à demander aux banques de renflouer un important fonds spéculatif américain dont l’effondrement, craignait-on, aurait pu ébranler le système financier dans son ensemble.
Toutefois, les analystes financiers reconnaissent que les détenteurs d’obligations russes pourraient subir de lourdes pertes à la suite des actions occidentales et engager des poursuites contre le gouvernement américain, qui a empêché les paiements en dollars de la Russie. Moscou souligne que les tentatives de pousser la Russie au défaut de paiement ne font que saper la réputation du système financier occidental.

Source: RT

Traduction Arrêt sur info

« L’essentiel de la déclaration du ministère des Finances de la Fédération de Russie :

La Russie a effectué un paiement anticipé sur les euro-obligations ;

La Russie ne refuse pas d’honorer ses dettes envers toutes les catégories d’investisseurs ;

la non-réception du paiement sur les euro-obligations par les investisseurs à la suite d’actions de tiers n’est pas prévue dans les documents comme un défaut ;

le fait que les investisseurs ne reçoivent pas un paiement de la Russie doit être considéré dans le cadre des normes juridiques générales, en tenant compte de toutes les circonstances et actions des parties ;

Les investisseurs étrangers doivent contacter les institutions financières en cas de non-réception du paiement sur les euro-obligations de la Fédération de Russie. »

Les Russes en deux mots disent aux détenteurs d’obligations de harceler leurs propres gouvernements / autres institutions. L’argent est là, s’il est bloqué du côté du destinataire, ce n’est pas leur affaire.

SOURCE

Du mythe du défaut de paiement de la Russie à l’écroulement du système financier globalisé

By Karine Bechet-Golovko 

russiepolitics.blogspot.com

4 min

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Alors que les Etats-Unis ont tout fait pour empêcher la Russie de payer sa dette, elle a envoyé les fonds … seulement les institutions financières étrangères ont reçu l’interdiction américaine de les reverser aux créditeurs et se sont écrasées. Qui est en défaut, celui qui paie ou celui qui empêche le paiement ? Les Etats-Unis sont allés tellement loin, que même les médias français n’arrivent pas à le digérer. Car la question maintenant qui se pose, est celle de la fiabilité des Etats-Unis comme partenaire financier : vont-ils mettre en défaut de paiement tout pays, qui ne serait pas suffisamment vassalisé ? Ce sont des méthodes de mafieux. Et le système financier global actuel n’est qu’un instrument de cette mafia, comme il vient de le montrer.

Pour provoquer le défaut de paiement de la Russie, les Etats-Unis ont interdit aux organismes financiers de traiter le paiement effectué par la Russie, dans les temps. Ainsi, l’argent est bloqué, n’est pas transféré aux créditeurs et les agences et médias américains peuvent enfin parler de l’efficacité de leurs sanctions, qui n’ont pas permis à la Russie de payer ses dettes.

Bloomberg avait lancé le mouvement :

Et le New York Times reprend la même ligne, la ligne officielle américaine :

« La Russie a raté dimanche une date limite pour effectuer les paiements d’obligations, une décision signalant son premier défaut de paiement sur la dette internationale en plus d’un siècle, après que les sanctions occidentales ont contrecarré les efforts du gouvernement pour payer les investisseurs étrangers. Ce délai s’ajoute aux efforts visant à isoler Moscou des marchés mondiaux des capitaux pendant des années. Environ 100 millions de dollars de paiements d’intérêts libellés en dollars et en euros n’ont pas pu parvenir aux investisseurs dans un délai de grâce de 30 jours après le non-respect de la date limite du 27 mai. Le délai de grâce a expiré dimanche soir. »

De son côté, les médias français tiennent un discours plus en nuances, insistent plus sur le fait que la Russie a payé et que les paiements ont été bloqués, comme BFM qui contrairement à son habitude diffuse largement la position russe sur la question :

« Les systèmes internationaux de paiements et de compensations ont obtenu les fonds dans les temps et en totalité et avaient les moyens légaux et financiers de transférer les fonds en question aux destinataires finales », a dénoncé le ministère russe des Finances.

Le Figaro titre même que la Russie a été poussée à un défaut de paiement artificiel, reprenant la position du ministère russe des Finances :

L’agence Moody’s, la voix de son maître, insiste elle sur le défaut de paiement – peu importe les raisons, les créditeurs n’ont pas reçu les fonds, donc il y a défaut de paiement. Et comme la Russie prévoit de payer le reste en rouble, il y aura encore défaut de paiement. Derrière l’excès de formalisme, l’on sent la ligne idéologique : il ne peut y avoir de vie en dehors du monde global, la Russie étant sortie de la globalisation, ne peut exister, l’on doit donc la décréter en défaut.
« Selon la documentation d’émission pour les émissions indiquées, le fait de défaut est le défaut de paiement du débiteur (failure to pay), cependant le paiement a été effectué en avance – le 20 mai 2022. Dans ce cas, la non-réception de l’argent par les investisseurs ne s’est pas produite par suite d’un défaut de paiement, mais du fait de tiers, ce qui n’est pas expressément prévu dans la documentation d’émission comme un cas de défaillance et doit être considérée dans le cadre des règles générales de droit régissant les termes de l’émission, compte tenu de toutes les circonstances et de la bonne foi des actes des parties »

Autrement dit, la Russie ne peut être tenue responsable des actes commis par des structures financières ne se trouvant pas sous sa juridiction. Ainsi, la Russie n’est pas dans une situation comparable à celle de 1918 : elle a les moyens de payer, malgré les sanctions occidentales et elle a payé. C’est le système financier globalisé, qui vient de s’écrouler devant nos yeux, car il n’est plus à même de garantir les droits des créanciers.

La question qui commence à se poser est finalement celle de la fiabilité des Américains et de leurs structures financières de poche, qui peuvent être lancées contre tout pays, à partir du moment où celui-ci n’est pas suffisamment soumis. Les « partenaires » occidentaux des Etats-Unis, à savoir leurs pays satellites (du point de vue américain), devraient sérieusement se poser la question : ont-ils réellement besoin de cela ? Ce qui arrive avec la Russie peut arriver avec chacun d’entre eux, si les circonstances l’exigent. C’est-à-dire si l’intérêt atlantiste global est en jeu.

GONO NOTE

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