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Sondage Merrill Lynch Aout11 : Aversion maximale des Institutionnels à l’égard de l’Europe

Sondage Merrill Lynch Aout11 : Aversion maximale des Institutionnels à l’égard de l’Europe

Allocations actifs Zinzins:  La confiance des investisseurs est au plus bas depuis 2003.

La majorité des investisseurs anticipent une récession en Europe l’an prochain, souligne le dernier sondage mensuel de Bank of America/Merrill Lynch sur les allocations d’actifs. Quelque 55% des gestionnaires de fonds européens interrogés par l’établissement en septembre parient sur deux trimestres consécutifs de contraction de l’activité, contre seulement 14% en juillet. L’enquête révèle que la confiance envers les banques européennes est à son plus bas niveau depuis qu’elle est mesurée, c’est à dire depuis janvier 2003. 65% des investisseurs interrogés sont en effet sous-exposés au secteur. Un sentiment qui s’accordent aux interrogations sur les conséquences d’un éventuel défaut de la Grèce, qui se traduirait notamment par l’insolvabilité des banques européennes, françaises en particulier.

PLUS DE GESTION DE PORTEFEUILLE EN SUIVANT :

 Parmi les différents risques extrêmes (tail risks), les gérants interrogés ont significativement renforcé le risque lié au financement de la dette souveraine européenne entre août et septembre . Ce renforcement illustre combien l’analyse macro-prudentielle prend le pas sur tout autre aspect des risques financiers. En effet, les facteurs macro sont au cœur de la stabilité des systèmes de change et bancaires. Leur influence figure parmi les plus importants facteurs de crise systémique. C’est ce signal qui détermine actuellement l’allocation stratégique.

L’aversion au risque n’avait plus atteint ce niveau depuis mars 2009, soit en pleine crise financière, montre l’enquête de BofA/ML. Pour la première fois en deux ans, les investisseurs sous-pondèrent les actions et 38% sous-pondèrent les actifs européens, contre 15% le mois dernier. «L’étude montre que la confiance est faible en Europe que le risque de contagion au reste du monde a augmenté de manière significative», a prévenu Gary Baker, responsable de la stratégie actions pour l’Europe de BofA Merrill Lynch.

Les positions cash demeurent très élevées, avec une moyenne de 4,9% dans les portefeuilles. Plus d’un tiers des investisseurs surpondèrent cette classe d’actifs. La réduction de l’appétit au risque se ressent aussi dans les expositions des hedge funds. Le secteur a réduit sa position longue à 19%, en baisse de 33% par rapport au mois précédent. L’évaluation de la liquidité du marché par les investisseurs est clairement négativement.

Les obligations sont nettement favorisées aux actions. Les allocateurs ont diminué de moitié leur sous-pondération de ce type d’actifs au cours des deux derniers mois, les faisant passer de 45% à 21%. Les obligations ne sont pas les seules à avoir bénéficié de cette évolution. Globalement, la sous-pondération de l’immobilier a diminué de moitié depuis juillet, à une part nette de 7%.

Les perspectives de ralentissement économiques ont aussi altéré l’attrait des investisseurs pour le pétrole. Quatorze pourcents des gérants interrogés estiment que le pétrole est surévalué, contre 0% en août.

Dans les actions, il ne faudrait pas conclure à une simple rotation vers des secteurs défensifs qui, par définition, fournissent une visibilité des bénéfices. Les produits de consommation de base, la pharma et les services publics ont certes tous bénéficié de la sortie massive du secteur bancaire (qui est sous-pondéré par 47% des gérants). Mais les titres cycliques tels que les industriels ont eux aussi été partiellement bénéficiaires de ce mouvement.

(EVOLUTION SECTORIELLE S&P500)

La focalisation des craintes ne se restreint pas à l’Europe. Les investisseurs sont aussi devenus très pessimistes sur d’autres économies, à commencer par le Japon. La perception vis-à-vis du marché japonais s’est aussi fortement dégradée. Les gérants japonais ne sont plus que 42% à prévoir un renforcement de la situation économique l’an prochain, contre encore 75% il y a un mois. Aucun d’entre eux ne s’attend à une progression des bénéfices des entreprises japonaise en 2012, contre 58% en août.

Les Etats-Unis semblent retrouver un peu les faveurs des gérants : seulement 9% des investisseurs américains anticipent un nouvel affaiblissement de l’économie l’année prochaine. Les investisseurs mondiaux ont également redonné une bonne place aux actions américaines dans leurs portefeuilles

La perception de l’évolution conjoncturelle de la Chine est autrement plus troublante. Pas moins de 30% des gérants interrogés par BofA/ML envisagent un affaiblissement de l’économie chinoise l’an prochain, alors qu’ils n’étaient que 11% le mois dernier. En d’autres termes, l’appétit des gérants de fonds pour les actions chinoises s’est considérablement amenuisé. La Chine figurait pourtant en tête des pays favoris du BRIC aux yeux des investisseurs, il y a trois mois. En septembre, la cote pour les valeurs chinoises a plongé de près de 30% et Pékin s’aligne désormais au même niveau que la Russie.

Le sondage mensuel de BofA/ML porte sur 286 gérants avec 831 milliards de dollars d’actifs sous gestion. L’enquête s’est déroulée du 1er au 8 septembre.

Frederic Mirmais/agefi sep11


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