Commentaire de Marché

A Chaud!!!!! Le Mardi 1er Novembre : Quand Halloween rime avec Vendredi 13 par Bruno Bertez

A Chaud!!!!!  Le Mardi  1er Novembre : Quand halloween rime avec Vendredi 13 par Bruno Bertez

 

  

 Ce qui se passe ce jour sur les marchés suscite de notre part quelques remarques :

 1- Les marchés étaient en chute avant l’annonce de Papandreou  ; c’est la pratique habituelle des commentateurs de mettre en relation telle nouvelle avec tel mouvement des marchés sans se poser la question de savoir ou sont les causes et les effets. A notre avis le facteur déterminant de la chute de ce jour se trouve avant la nouvelle grecque, dans l’échec a restaurer une vraie confiance dans l’action européenne.

La poursuite de la dégradation  Italienne est un meilleur indicateur car toute l’action des européens est centrée sur ceci: comment éviter la contagion Italienne

 2-La bévue de Papandreou n’est pas une cause en elle-même, c’est une conséquence de la dégradation politique en Grèce, conséquence de la dislocation du pays dont la Troïka n’a pas voulu tenir compte. Cela prouve leur étroitesse d’esprit, leurs insuffisances de synthèse. L’humain, le social, sont à ce stade plus déterminant que les chiffres, les abstractions, les statistiques; nous ne cessons de répéter qu’il faut pour traiter les problèmes retourner au réel, rien que le réel, tout le réel.

 

3- La réaction des politiques qui consiste a dire :  » Nous faire cela à nous , après tout le mal que l’on s’est donné »  est inepte , contreproductive et ne peut que produire du négatif. L’important ce n’est pas le rôle de martyr que se donnent les politiques, l’important c’est le retour de l’incertitude, la perte confiance et de crédibilité qui en découle. Et c’est cela qu’il faut traiter.

 

4- Nous nous rapprochons du moment décrit par les Anglo saxons, celui ou il faudra accepter l’inacceptable c’est a dire l’engagement total de la BCE et des Allemands ou se résigner à la dislocation de l’euro, ou son repli sur une version plus ramassée

BRUNO BERTEZ Le 1er nOVEMBRE 2011

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10 réponses »

  1. La fuite vers la qualité s’accélère en même temps que le tri entre les vrais refuges et les faux se précise cruellement
    le rendement du Bund allemand est en forte baisse mais celui de l’OAT Francaise est .. en hausse, le spread fait un bond de 15 points de base a 123.
    Ceci semble confirmer la thèse avancée dans notre dernier commentaire selon laquelle se produit une prise de conscience accélérée de la vulnérabilité Française. Nous ne parlons pas de l’Italie car tout se passe sur les marchés comme si le cas était déjà réglé et que l’on pouvait passer directement à la France.

    Il est évident que tout cela est exagéré, nous sommes dans l’overshooting, mais la réaction déplorable des gouvernements qui perdent leur sang froid ; la légèreté incroyable de l’agence Fitch qui émet un commentaire idiot à chaud; tout cela ne va pas dans le sens de la modération.

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  2. Tempête en zone euro : l’Italie surendettée en première ligne.

    L’annonce surprise d’un référendum en Grèce, qui menace le plan de sauvetage européen, place de nouveau l’Italie surendettée en première ligne d’un risque de contagion de la crise de la dette et faisait plonger la Bourse de Milan.

    Moins d’une semaine après le satisfecit obtenu auprès de ses partenaires européens sur des promesses de réformes structurelles, l’Italie a connu une journée noire.

    Avec des valeurs bancaires en chute, la Bourse a plongé jusqu’à plus de 7 % à la mi-journée pour clôturer à – 6,80 %, sa pire chute depuis le début de la crise financière en octobre 2008. De leur côté, les taux d’intérêt ont atteint des sommets, nettement au-dessus de 6 %, seuil jugé dangereux par les experts.

    Le référendum en Grèce risque d’anéantir les effets de l’accord conclu jeudi dernier à Bruxelles, qui prévoit de porter la force de frappe du fonds de soutien européen de 440 milliards d’euros à 1.000 milliards environ pour éviter justement une contagion de la crise à la troisième économie de la zone euro.

    L’écart de taux (spread), qui mesure la prime de risque entre les taux italien et allemand a atteint un nouveau record à 455 points de base, soit son plus haut niveau jamais atteint depuis la création de la zone euro et une « hausse vertigineuse » de 55 points en une demi-journée, soulignait un analyste.

    « Les taux d’intérêt montent au ciel, les Bourses tombent en enfer », résumait le site d’information financière italien firstonline.info, qui qualifiait de « catastrophe » la décision du Premier ministre grec Georges Papandréou d’organiser un référendum.

    Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a dénoncé la décision grecque qui « pèse lourdement sur les échanges ». « Il s’agit d’un choix inattendu qui crée des incertitudes après le Conseil européen et à la veille de l’importante rencontre du G20 à Cannes », a-t-il souligné.

    Le Cavaliere, qui est rentré d’urgence de sa résidence milanaise à Rome, a tenté de rassurer les marchés. Les mesures annoncées à Bruxelles seront « présentées aux partenaires du G20 et les choix du gouvernement seront appliqués avec la détermination, la rigueur et la rapidité imposées par la situation », a-t-il promis.

    Son ministre des Affaires étrangères Franco Frattini s’est entretenu avec son homologue grec Stavros Lambridinis qui lui a assuré que le référendum populaire « ne vise pas à remettre en cause le plan d’action défini à Bruxelles, mais à bénéficier du plein soutien de la population ».

    Selon des sources de marché, les pressions sur les marchés ont contraint la Banque centrale européenne à intervenir, en rachetant de la dette obligataire italienne, au jour d’entrée en fonctions de son nouveau directeur, l’Italien Mario Draghi.

    « La situation est extrêmement grave. Nous savons tous que si nos taux d’intérêt s’approchent de 7 %, le risque devient incontrôlable », a déclaré à la chaîne de télévision SkyTG24 Nicola Rossi, économiste et sénateur de l’opposition, estimant que « l’Italie est le maillon faible de la chaîne euro ».

    http://www.romandie.com/news/n/CRISETempete_en_zone_euro_l_Italie_surendettee_en_premiere_ligne011120111811.asp

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  3. Les marchés étaient déjà en baisse au moment de l’annonce de Papandreou ? A mon avis cette baisse-là était un rebond technique parce que le marché US était en train de se placer pour revenir à la hausse et tout le monde se positionnait long quand à 19h10 il s’est subitement retourné et à 19h45 tous les stops ont été enfoncés. Je ne sais pas à quelle heure cette annonce de référendum a été rendue publique mais je peux vous dire que le marché a dévissé d’une façon tout à fait inattendue (sur le court terme en tout cas).

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    • Bien entendu vous avez raison.

      En intraday il est évident que l’annonce de Papandreou a été le facteur déclenchant mais ce n’était pas notre horizon. Quand nous disons que les marchés étaient déjà en baisse c’est en termes de jours, nous visions le fait que la hausse du complexe du risque post accord européen n’avait pas tenue. Et ce n’est pas à cause de l’annonce de Papandreou qui n’est intervenue qu’aujourd’hui. Par ailleurs contrairement à mes habitudes je ne me situe pas dans ces commentaires, centrés sur l’Europe , dans le cadre du marché américain mais dans le cadre de ce qui se passe ici , ce jour .

      Autre point,
      La marché des actions dans la période que nous traversons n’est pas leader, ce qui exerce le leadership et fait le sentiment c’est le crédit, les spreads, les CDS etc et de ce coté là messe était dite avant l’annonce depuis que les taux Italiens avaient passé les 6% et que les CDS et spreads Francais étaient envolés.

      Pour être exact il faudrait tout nuancer et préciser. Il y a d’un côté une sorte de marché grand public, c’est le marché des actions, il y a un marché plus professionnel c’est le marché des bonds et il y a un marché spécialisé, hyper sophistiqué c’est celui du crédit avec toute sa panoplie de critères, taux, spreads, CDS.

      Il faut même aller plus loin,

      On travaille sur des dérivées de dérivées, ainsi il y a des seuils sur les spreads à surveiller de très près, le seuil des 4,50 par rapport au benchmark ; en cas de dépassement de certains seuils de spreads, les appels de marge se déclenchent. C’est ce qui est en cours. L’une des difficultés de la situation tient au fait que ce que l’on voit, les actions, est une sorte de résultante, une manifestation de ce qui se passe sur les marchés sous jacents qui eux sont en avance.

      Je précise que le fond de l’idée que je cherche a faire passer n’est pas là. Ce que je cherche à faire passer c’est que le cas de l’Italie est déjà réglé, regardez le comportement catastrophique du marché Italien ce jour et surtout celui de ses banques c’est comme si le pare-feu avait cédé;

      On en est déjà à tâter le terrain sur la France. Le fait que ce jour les spreads et CDS français se soient envolées alors que les Bunds étaient recherchés indiquent la désolidarisation France/Allemagne et l’accélération de la crise . Le doute quant à la validité des démarches suivies par la Troïka et le gouvernement français s’est montré de façon évidente ce jour.

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      • Réponse précise qui risque d’intéresser bon nombre de lecteurs, et que j’apprécie. Merci et continuez votre excellent travail 😉

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  4. Référendum grec : poisson d’avril !
    Le gouvernement grec se dégonfle, il annule sont référendum.
    Bon, la démocratie athénienne s’est périmée il y a plus de 2000 ans.

    On peut parier que les chancelleries allemandes et françaises ont du trouver les mots justes pour les convaincre

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  5. Mercredi 2 novembre 2011 :

    Un mini-sommet de crise sur la Grèce s’est ouvert mercredi à Cannes autour du président français Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy, celui de la Commission européenne José Manuel Barroso, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker, et la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde étaient aussi présents pour cette réunion convoquée après la décision surprise de la Grèce de soumettre le plan européen de sauvetage du pays à un référendum à l’issue très incertaine.

    Grèce : taux des obligations à un an : 224,749 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 96,685 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 34,584 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 25,466 %.

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  6. Hypothèse osée !

    Tout ceci est TELLEMENT mal joué, TELLEMENT mal fait, TELLEMENT stupide,
    que je me demande si par hasard ce ne serait pas … voulu ?

    En effet, un courant TRÈS fort (bien que TRÈS discret) cherche
    à réaliser une Europe politique de type fédéral, genre USA ou qq chose comme ça.
    Or, LES PEUPLES N’EN VEULENT ABSOLUMENT PAS; pas plus QU’ILS N’ACCEPTENT
    L’INTRODUCTION DE LA TURQUIE dans ce melting pot hétérogène.
    Les différents référendum « tentés » ce jour ont TOUS été très clair là dessus.

    Alors ? Que faire pour passer outre ?

    Bien par exemple, je dis bien PAR EXEMPLE, CRÉER DE TOUTE PIÈCE UNE CRISE si monstrueuse
    que sa seule issue corresponde au dikdat de ces beaux messieurs qui manoeuvrent si habilement en coulisse.
    L’introduction de tous et chacun dans ce tonneau des Danaïdes étant une condition essentielle et … parfaitement remplie à ce jour !

    Restait à introduire la notion de « démocratie » ! Et quoi de mieux pour ça QU’UN RÉFÉRENDUM GREC ?
    Ben ils sont quand même les fondateurs de ce système là que je sache ? ET PAS UN PARTI DE GAUCHE
    ne peut aller contre cette « volonté populaire » ! VOX POPULI, VOS DEI ! AH ? HEIN ? Bon !

    Comme disent les italiens :

    SE NON É VERO, E BEN TROVATO !

    Mais bien sur, C’EST IMPOSSIBLE N’EST CE PAS ? Ah ! Bon, me v’là rassuré. OUF !
    C’est bête de se faire des peurs comme ça ! Et tout seul en plus ! Pfiouuuuuuuuu !A.C

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  7. Mercredi 2 Novembre

    Nous attirons votre attention sur un article de Sheila Bair ancienne présidente du FDIC americain dans Fortune du 2 novembre..

    Sheila Bair est compétente, crédible, elle a eu une action remarquable lors de la crise bancaire, elle a en particulier lutté contre la propagande des Too Big To Fail .

    Cet article très sobre mais percutant explique comment les banques européennes arrivent a se presenter comme mieux capitalisees et plus sures que leurs rivales américaines.

    Elle explique les carences réglementaires européennes et ce que nous ne cessons de répéter a savoir que la connaissance de la situation réelle des banques est réservée aux initiés. Phénomène que nous épinglons poliment sous le nom de dissymétrie de l’information .

    TITRE : Eurozone crisis will not go away until banks face reality
    http://finance.fortune.cnn.com/2011/11/02/eurozone-crisis-banks-risk/

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  8. Mercredi 2 Novembre
    Quelques mots sur le G2O qui débute ; Nous nous plaçons du côté américain.

    Obama va insister sur le nécessaire succès du plan européen. Il souhaite sincèrement sa mise en place même si il considère qu’il est insuffisant et ne peut permettre que de gagner du temps. La position d’Obama n’est pas altruiste, il défend les intérêts américains. On sait peu, mais lui le sait, que les grandes banques US ont un risque réel, nous disons bien réel de 850 billions sur l’Europe. Elles ont peu de bonds subprimes europeens, mais elles ont vendu des masses considérables de CDS à la fois sur les souverains et surtout sur les banques européennes. En cas de défaut , ou de défaillance considérée comme telle les CDS seraient déclenchés.

    L’analyse américaine n’a pas varié depuis deux ans : il faut pour que la bicyclette mondiale tienne en équilibre qu’elle roule c’est a dire qu’il y ait une croissance. Donc les américains vont a nouveau plaider pour la croissance.

    Le schéma de l’élite américaine n’est pas original et il est répèté à longueur de conférences et articles :
    soutien maximum à la croissance à court terme et promesse de consolidation fiscale à moyen terme. Aucune idée neuve pour la croissance, les grands travaux, toujours les grands travaux. A la marge soutien ponctuel à l’emploi.

    Faute idée neuve et en conjonction avec les échéances électorales, pression sur la Chine et autres pour la réévaluation de leur monnaie ce qui serait censé susciter de la demande extérieure au profit des Etats Unis.

    La fameuse taxe financière chère aux européens n’intéresse pas les américains , ils trouvent idée stupide alors que l’on n’arrive pas a faire repartir le crédit, alors que les banques manquent de ressources et alors que l’on n’a rien trouvé pour remplacer les mécanismes et procédures actuelles. Mais il n’est pas impossible qu’ils fassent un effort de politesse…

    En revanche le pressing sera fort pour une mise a niveau des réglementations bancaires européennes considérées comme trop laxistes pour des raisons de nationalisme et donc pour l’ augmentation des vrais capitaux propres des banques.

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