Alibaba et ses 40 Traders s’offrent la plus grosse entrée en bourse de l’histoire
PAR AGENCES 22/9/2014
Le groupe chinois – un hybride d’Amazon, d’eBay et de PayPal – a récolté ce vendredi 25 milliards de dollars sur les marchés financiers. Pour certains, cette entrée en bourse marque un tournant qui «pourrait mettre fin à la domination des Etats-Unis» dans le secteur technologique.Il s’agit de la plus grosse opération boursière de l’histoire. Rien de moins.
Cette somme permet à Alibaba d’effacer le record détenu par un autre groupe chinois, AGBank, qui avait levé 22,1 milliards de dollars en 2010 à Hongkong et Shanghai, selon le cabinet de recherche Dealogic.
Le fondateur de cette «success story», l’ancien professeur d’anglais Jack Ma, a sonné la cloche – synonyme d’ouverture de la bourse – vendredi vers 15h30 sur le fameux parquet du New York Stock Exchange (NYSE) à Manhattan. Débutera alors la première cotation de cet hybride d’Amazon, eBay et PayPal créé en 1999 avec 60 000 dollars, marqueur de l’économie chinoise, et qui va désormais peser 168 milliards de dollars (157 milliards de francs suisses) en bourse.
En effet, Alibaba a arrêté à 68 dollars le prix unitaire de son action, dans le haut de la fourchette (66-68 dollars) dévoilée lundi.
Enorme marché chinois
Pour certains experts, le géant de la distribution en ligne donne l’occasion d’avoir une part du gâteau de l’énorme marché chinois. D’autres ne veulent pas rater le train d’un nouveau Google ou Facebook, selon les analystes.
Le mastodonte du commerce en ligne avait prévu de céder dans un premier temps 320 millions de ses titres (certificats de dépôts), ce qui lui a permis de récolter 21,8 milliards de dollars, auxquels s’ajoute le produit de la vente de 48 millions de titres supplémentaires prévus en cas de forte demande.
Pour éviter tout couac, le NYSE a sorti le grand jeu et procédé à trois tests en temps réel, pour pas connaître la mésaventure de son rival, le Nasdaq, lors de la cotation de Facebook en 2012.
Le réseau social avait levé 16 milliards de dollars, mais son baptême boursier avait été émaillé de nombreux problèmes techniques. Ces précautions témoignent de l’«Alibabamania» qui a gagné les places financières du globe.
Tournant
Pour Qing Wang, professeur à l’école de management britannique Warwick, l’entrée en bourse d’Alibaba est un «tournant» qui «pourrait mettre fin à la domination des Etats-Unis» dans le secteur technologique.
Alibaba a enregistré un bénéfice net de près de 2 milliards de dollars (presque triplé sur un an) pour un chiffre d’affaires de 2,5 milliards (+46%) sur son trimestre clos en juin. Certains observateurs ne sont toutefois pas convaincus.
«Le succès d’Alibaba est largement dû à la Chine ou à ce que j’appelle Imitation: C2C (Copier en Chine) ou comment transposer sur le marché chinois les recettes des rivaux internationaux absents dans le pays pour des raisons réglementaires», estime Trip Chowdhry, chez Global Equity Research.
Reconnaissance internationale
Lucian Bebchuk, professeur à Harvard, met lui en garde contre des «risques sérieux en termes de gouvernance».
Virtuellement inconnu hors de ses terres, Alibaba, qui compte quelque 20 000 employés, se taille la part du lion en Chine sur le marché des transactions en ligne entre particuliers, qu’il contrôle à 90% avec sa plateforme Taobao (500 millions d’usagers). Sa plateforme Tmall.com règne quant à elle sur 50% du marché chinois des ventes en ligne de professionnels à particuliers.
A la recherche d’une reconnaissance internationale, Alibaba a commencé à se diversifier: il a par exemple récemment lancé un site d’e-commerce haut de gamme aux Etats-Unis («11 Main»).
Outre M. Ma (entre 860 millions et 1 milliard de dollars), les deux grands gagnants de cette opération sont les groupes japonais SoftBank, premier actionnaire d’Alibaba avec 34% du capital, et le portail internet Yahoo! (22,4%), qui va empocher au moins 8,2 milliards de dollars pour la cession d’environ 5% de sa participation.
Avec Alibaba, Masayoshi Son invente la pierre philosophale
Il y a 14 ans, Jerry Yang, le cofondateur de Yahoo!, organisait une rencontre entre Masayoshi Son, le PDG de l’opérateur téléphonique japonais Softbank, et un petit entrepreneur chinois nommé «Jack Ma», qui tentait, alors, de faire prospérer, en Chine, un site de commerce en ligne baptisé «Alibaba».
Le courant est immédiatement passé entre les deux hommes et le patron japonais a immédiatement investi 20 millions de dollars dans Alibaba. «Il aura suffi d’un regard, une intuition presque animale», se souviendra plus tard Masayoshi Son qui poussera ensuite son investissement à 100 millions de dollars pour s’imposer comme le premier actionnaire du groupe chinois, avec maintenant 32,4% des parts de la société.
Son investissement est désormais valorisé à plus de 50 milliards de dollars. Et ce week-end, Softbank a indiqué qu’il pensait enregistrer, suite à l’entrée en bourse la semaine dernière d’Alibaba, un gain exceptionnel de l’ordre de 500 milliards de yens (3,5 milliards d’euros) sur ses comptes semestriels. «Le montant n’est pas définitivement arrêté», a précisé le groupe dans un communiqué. Cet enregistrement correspondra à un «gain sur variation de capitaux» découlant de «l’émission par Alibaba de nouveaux titres et de la transformation en actions ordinaires des obligations préférentielles convertibles de cette société», a-t-il précisé.
Malgré ce formidable gain, les investisseurs, qui ont largement intégré ces dernières semaines le gain réalisé par Softbank dans l’opération Alibaba, semblaient, ce matin, presque déçus sur la place de Tokyo. Ils poussaient même le titre du groupe, qui avait progressé de 30% sur les six dernières semaines, dans une étonnante chute de 5%. Les Echos 22/5/2014
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