DU CHAVISME À LA TRANSITION IMPOSÉE —
LA “PINOCHETISATION” CHAVISTE DANS LE CADRE DE LA DON-ROE DOCTRINE**
Par The Wolf
L’arrestation de Nicolás Maduro — pillé, violent, narco-politique et délégitimé — constitue un point de rupture géopolitique majeur du début du XXIᵉ siècle. Loin du cliché de « régime change » confortable et sentimental, elle s’inscrit dans une opération de transition forcée, stratégique et hémisphérique, comparable, mais inversée dans son sens, à ce que fut le régime de transition chilien sous Pinochet.
This is not “Iraq 2.0”.
This is not improvisation.
This is the Don-roe Doctrine incarnée : une politique de puissance assumée dans l’hémisphère occidental.

I — Pas un chaos vide : une transition planifiée
Selon les éléments disponibles, la stratégie de Washington n’est pas de détruire l’État vénézuélien, mais de le réorganiser à son profit.
Ce que certains analystes appellent “regime tweaking” — ajustement du régime — n’est pas un euphémisme tendre, mais une rénovation forcée de la structure de pouvoir locale.
La logique est limpide :
- Maduro est neutralisé.
- Le pouvoir reste, nominalement, aux mains d’un Chavisme ravaudé : Delcy Rodríguez, figure institutionnelle controversée, est placée comme relais provisoire.
- L’architecture institutionnelle demeure partiellement intacte pour éviter l’implosion, la guerre civile ou la fuite des élites militaires.
- Le rôle des élites clés (forces armées, ministères, milices) est préservé sans rupture brutale.
Ce schéma n’est pas une “transition démocratique” telle qu’imaginée par l’opposition.
C’est une transition contrôlée : on transforme la carcasse d’un régime en leviers d’influence dirigés depuis l’extérieur, tout en évitant l’effondrement chaotique complet.
II — Pinochet vs Chavismo : comparaison géopolitique inversée
Au Chili, la transition post-Allende ne fut pas une liquidation complète de l’État, mais l’installation d’un régime aligné avec les intérêts économiques et stratégiques des États-Unis. Le modèle vénézuélien montre une inversion dialectique :
- Allende fut renversé par un coup militaire suggéré par Washington, puis consolidé par la dictature de Pinochet.
- Maduro a été littéralement capturé par une opération militaire discrète américaine, et la gouvernance du pays est maintenant en transition sous surveillance externe.
L’équivalence structurelle est frappante :
• Chili (1973) : transition constrictive, dirigée vers une économie friendly US
• Venezuela (2026) : transition subie, dirigée vers une géo-économie intégrée US
Les deux opérations reposent sur la même intuition stratégique : détruire l’hégémonie interne d’un régime hostile ne passe pas par l’annihilation totale, mais par la transformation institutionnelle méthodique.
Dans les deux cas, l’objectif final n’est pas l’“exportation de la démocratie”, mais le réalignement géopolitique et économique durable.
III — La Don-roe Doctrine : réécrire la Monroe pour le XXIᵉ siècle
Donald Trump a lui-même affirmé que la capture de Maduro et la prise de contrôle partielle de Caracas s’inscrivent dans une relecture activiste de la Monroe Doctrine, rebaptisée provocativement “Don-roe Doctrine”, fusion de son nom et du principe originel.
Historiquement, la doctrine de Monroe (1823) avait pour vocation de exclure les puissances européennes du continent américain, en échange d’un non-ingérence américaine ailleurs. Depuis Theodore Roosevelt, cette logique a été interprétée comme légitimation d’une hégémonie américaine dans les Amériques.
Aujourd’hui, l’administration américaine ne se contente plus d’en repousser les anciens rivaux historiques (Europe).
Elle réaffirme :
- le contrôle énergétique (pétrole au Venezuela et alignement avec d’autres producteurs continentaux),
- le verrouillage géopolitique contre la Chine et la Russie,
- la neutralisation des réseaux criminels d’État dans la région.
Cette doctrine n’est pas un discours moral :
c’est une architecture géopolitique réaliste, dissuasive, et — par sa nature même — disruptive pour les normes internationales de non-ingérence.
IV — Une transition sans “regime change” ?
Une des caractéristiques les plus intrigantes de cette opération est que le terme “regime change” n’a pas été utilisé par Washington lui-même.
Au lieu de cela, la stratégie semble être :
- neutraliser la figure symbolique du régime (Maduro),
- préserver la structure étatique,
- maintenir une juridiction locale fonctionnelle,
- mettre en place des leviers externes de contrôle (pétrole, relations internationales, économie),
- éviter une rupture institutionnelle totale qui pourrait conduire à l’anarchie ou à l’intervention d’États rivaux.
Autrement dit : ce n’est pas “démocratie imposée”.
Ce n’est pas “socialisme renversé”.
C’est l’intégration graduelle d’un État capturé par le crime et l’idéologie dans un système de puissance orienté vers l’Occident stratégique.
V — Le rôle des élites chavistes dans la transition
Le choix d’une figure comme Delcy Rodríguez — ancienne vice-présidente et proche du régime de Chávez — pour assurer l’intérim marque une logique paradoxale :
Washington ne veut pas anéantir les élites en place, mais les transformer en relais d’un nouvel ordre hémisphérique.
Ce schéma rappelle ce que l’on voit parfois dans des transitions planifiées :
les élites doivent être cooptées, non éliminées, car leur disparition totale pourrait provoquer :
- un vide institutionnel,
- fragmentation militaire,
- reflots de violence,
- intervention de puissances externes adverses.
Cette prudence — ou cette manipulation calculée — est ce qui distingue cette opération d’un “simple regime change”.
VI — Énergie, influence et continuité stratégique
L’une des motivations centrales de cette transition forcée est contrôler l’énergie vénézuélienne, son infrastructure et ses débouchés, tout en empêchant que ces ressources stratégiques ne deviennent un levier des puissances rivales.
Contrairement aux interventions classiques où l’énergie n’est qu’un élément secondaire, ici :
- l’infrastructure pétrolière sert de plateforme d’influence hémisphérique,
- l’accès aux réserves vénézuéliennes devient un atout de puissance énergétique intégrée,
- la politique énergétique region devient un instrument central de domination stratégique.
Aucune allusion au “bien-être démocratique” n’est même nécessaire :
le contrôle de l’énergie est ici un pivot de la nouvelle architecture impériale.
VII — Conclusion —
Chavisme remanié, Amérique réordonnée
La transition vénézuélienne — si elle se réalise dans la durée — marquera non pas une simple succession de régimes, mais une transformation du rôle de l’État dans le système hémisphérique.
Les comparaisons historiques avec le Chili post-Allende ne sont pas gratuites :
les deux cas démontrent qu’un État peut être restructuré selon les principes d’une puissance extérieure, en préservant des éléments des élites nationales, tout en réorientant la trajectoire géopolitique, économique et stratégique du pays.
Sauf que l’expérience chilienne fut un modèle de transformation interne soutenue par Washington ;
l’expérience vénézuélienne inaugure un modèle de transition pilotée à distance, où l’État n’est plus anéanti, mais remodelé.
C’est un acte de puissance, pas un récit moral.
C’est l’époque des transitions hémisphériques, pas des révolutions idéologiques.
Et le Venezuela est aujourd’hui le symbole de ce tournant — la Chili version Chaviste, recomposé sous la houlette de la Don-roe Doctrine.

**VENEZUELA
TRANSITION IMPOSÉE & NOUVEL ORDRE HÉMISPHÉRIQUE**
De la chute de Maduro à la “Pinochetisation chaviste”
1 — AVANT : L’ÉTAT-CARTEL
Régime Maduro
- État capturé par le crime organisé
- Pétrole détourné, drogue transitée
- Or et Bitcoin comme trésor de guerre
- Souveraineté utilisée comme bouclier juridique
- Alignement ambigu Chine / Russie / réseaux criminels
👉 Statut réel : Narco-État instable, facteur de chaos régional
2 — LE MOMENT DE RUPTURE
Intervention américaine
- Neutralisation ciblée de Maduro
- Pas de destruction de l’État
- Pas de guerre civile généralisée
- Application implicite de la Don-roe Doctrine
👉 Logique : Regime tweaking, pas regime change
3 — APRÈS : LA TRANSITION CONTRÔLÉE
Modèle de transition
- Chavisme remanié, non éradiqué
- Élites institutionnelles partiellement conservées
- Figure relais (Delcy Rodríguez ou équivalent)
- Surveillance stratégique externe
- Réouverture énergétique contrôlée
👉 Objectif : Stabilité + réalignement hémisphérique
4 — PARALLÈLE HISTORIQUE
Chili 1973 / Venezuela 2026
| Chili (Pinochet) | Venezuela (Post-Maduro) |
|---|---|
| Coup militaire | Capture ciblée |
| Rupture brutale | Continuité institutionnelle |
| Dictature assumée | Transition encadrée |
| Alignement US | Intégration hémisphérique |
👉 Même logique : transformer sans anéantir
5 — AXES STRATÉGIQUES CLÉS
- 🔋 Énergie : contrôle des plus grandes réserves pétrolières
- 🌎 Sécurité : fin du sanctuaire narco-criminel
- 💰 Finance : neutralisation des circuits crypto illégaux
- 🧭 Géopolitique : verrouillage face à la Chine et la Russie
6 — DOCTRINE SOUS-JACENTE
Don-roe Doctrine (Monroe 2.0)
- Hémisphère occidental = zone de stabilité impériale
- États voyous = cibles légitimes
- Souveraineté conditionnelle
- Fin de l’impunité mondialiste
7 — MESSAGE FINAL
Ce n’est pas une révolution.
C’est une restructuration.
Pas un chaos.
Une architecture de puissance.
Le Venezuela n’est pas libéré.
Il est réintégré.

Postface — Le réel revient toujours
Il ne faut pas se tromper de lecture.
Ce qui se joue au Venezuela n’est ni une parenthèse latino-américaine, ni un épisode exotique de plus dans la longue série des drames postcoloniaux. C’est un signal systémique.
Pendant des décennies, le mondialisme a entretenu une fiction :
celle d’une souveraineté abstraite, détachée de toute responsabilité, où un régime pouvait détruire son peuple, exporter le chaos, financer le crime et se réfugier derrière le vernis du droit international. Cette fiction s’est brisée.
La transition vénézuélienne n’est pas morale. Elle est structurelle.
Elle ne promet pas le Bien. Elle impose l’ordre minimal nécessaire à la stabilité hémisphérique. Elle ne sanctifie pas la démocratie. Elle rappelle une règle oubliée : la souveraineté est conditionnelle à la tenue de l’État.
Ce moment marque aussi la fin d’une naïveté occidentale.
Les empires ne disparaissent pas parce qu’on les juge dépassés ; ils disparaissent lorsqu’ils renoncent à agir. À l’inverse, ils renaissent lorsqu’ils assument de nouveau la hiérarchie, la frontière et la décision.
Le Venezuela n’est pas un modèle.
Il est un avertissement.
À ceux qui confondent compassion et abdication, idéologie et gouvernance, ce texte dit une chose simple : le réel finit toujours par s’imposer. Et lorsqu’il revient, il ne demande pas la permission.
Ce n’est pas l’avènement d’un âge d’or.
C’est la fin des illusions.
Et, dans l’histoire des puissances, c’est souvent ainsi que commence un nouvel ordre.

Simple Minds — I Travel
Album : Empires and Dance (1980)
Durée : 4:02
À écouter en entier
Pourquoi I Travel est le bon accopagnement musical (et le meilleur)
1. Thématiquement
I Travel parle :
- de déplacement de blocs
- de frontières qui se déplacent
- de centres de pouvoir mobiles
- d’un monde où l’on ne croit plus aux patries morales mais aux zones d’influence
I travel, I travel
Ce n’est pas le tourisme.
C’est la géopolitique en mouvement.
C’est exactement ce que décrit l’article :
- fin du régime Maduro,
- transition contrôlée,
- stabilisation impériale hémisphérique,
- doctrine Monroe réactivée.
2. Esthétiquement
- Rythme motorik, quasi militaire
- Synthés froids, industriels
- Voix distante, non émotionnelle
- Aucun pathos, aucune exaltation révolutionnaire
👉 Ce n’est pas une chanson de victoire.
👉 C’est une chanson de reconfiguration du monde.
3. Symboliquement
L’album Empires and Dance est :
- post-1968
- post-utopies
- post-romantisme politique
Il annonce :
- la fin des révolutions folkloriques,
- le retour des empires technico-administratifs,
- la danse froide des puissances.
I Travel est la bande-son de la transition, pas de la chute.

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Venezuela : la transition imposée, la fin des illusions
Ce qui se joue à Caracas n’est ni un “coup”, ni un fantasme impérial.
C’est la clôture d’une fiction : celle des États-cartels protégés par la morale mondialiste.
Pas de “regime change” sentimental.
Pas de table rase.
Mais une transition contrôlée, une restructuration de puissance dans le cadre d’une Don-roe Doctrine assumée.
De Noriega à Maduro, la leçon est constante :
quand un État devient un trafic, la souveraineté expire.
Pétrole, sécurité hémisphérique, neutralisation des circuits criminels et crypto-gris :
le Venezuela n’est pas “libéré”, il est réintégré.
Ce texte n’annonce pas un âge d’or.
Il annonce la fin des illusions.
👉 À lire sur le Blog à Lupus.
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VENEZUELA/AMÉRIQUE LATINE
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Le discours incessant des partisans du changement de régime vénézuélien depuis des mois est : « Maduro le narcoterroriste empoisonne la jeunesse américaine avec du fentanyl ! »
Bien sûr, la réalité est, et a toujours été, que le Venezuela n’a littéralement rien, ou presque rien, à voir avec le trafic illicite de fentanyl — tout cela est le fait de la Chine, de l’Inde et du Mexique.
De plus, comme les routes passant par le Venezuela ne représentent que huit pour cent de l’afflux total de cocaïne, elles n’ont que très peu à voir avec l’importation de cette drogue aux États-Unis, pour laquelle Maduro fait maintenant face à des accusations fédérales.
Selon l’évaluation nationale des menaces liées aux drogues de la DEA pour 2025 , le fentanyl ne transite pas par le Venezuela vers les États-Unis ou ailleurs.
La Chine — mais aussi, de plus en plus, l’Inde, car la Chine a fait des efforts symboliques pour freiner leurs exportations sous la pression des États-Unis — fournit les précurseurs chimiques, comme la 4-anilino-N-phénéthylpipéridine (4-ANPP) et la N-phénéthyl-4-pipéridinone (NPP), aux cartels mexicains, qui les synthétisent ensuite et les font passer clandestinement par la frontière sud.
Là encore, le Venezuela n’a pratiquement rien à voir avec la chaîne d’approvisionnement du fentanyl.
Via Statista (nous soulignons) :
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