Etats-Unis

Narco-États, États faillis et retour du réel impérial

Immigration de masse, cartels, terrorisme : la fin de l’innocence occidentale

Il y a des moments où l’Histoire cesse de demander la permission.
Elle revient. Elle tranche. Elle désigne.

La capture de Nicolás Maduro marque l’un de ces moments.
Non pas parce qu’un dictateur tombe — l’époque en a vu d’autres —
mais parce qu’un principe stratégique oublié ressurgit brutalement :

Pendant trois décennies, le mondialisme a anesthésié cette évidence.
Il a substitué aux catégories du réel — puissance, frontière, ennemi, responsabilité —
un langage thérapeutique : inclusion, gouvernance, droits abstraits, fluidité.

Ce langage s’effondre aujourd’hui sous le poids des faits.


I — Le Venezuela : quand l’État devient cartel

Le Venezuela n’est pas un État en crise.
C’est un État reconverti.

Un État pétrolier devenu :

  • plaque tournante de trafics diverses et variés,
  • partenaire logistique de réseaux terroristes,
  • structure de blanchiment,
  • base arrière idéologique de l’anti-Occident.

Maduro n’était pas un dirigeant illégitime au sens moral.
Il était un chef de système criminel à couverture étatique.

Sa capture acte une rupture :
Washington ne traite plus certains régimes comme des interlocuteurs politiques,
mais comme des organisations hostiles transnationales.

Le précédent est posé.


II — Immigration de masse : l’arme douce des États voyous

Les narco-États ne produisent pas seulement de la drogue.
Ils produisent des flux.

L’immigration de masse n’est plus un phénomène humanitaire.
Elle est devenue :

  • un levier de déstabilisation,
  • une source de financement criminel,
  • un outil de pression politique sur les sociétés occidentales.

Cartels mexicains, réseaux vénézuéliens, mafias transcontinentales :
tous ont compris une chose que l’Europe refuse encore d’admettre :

Quand elle cède, tout cède.


III — Le Mexique : prochaine cible logique

La chute de Maduro crée une jurisprudence stratégique.
Et le Mexique en est le premier héritier involontaire.

Car le Mexique n’est plus un État faible.
C’est un État capturé partiellement :

  • territoires sous contrôle des cartels,
  • institutions infiltrées,
  • violence endémique,
  • économie parallèle hypertrophiée.

Les cartels mexicains ne défient pas seulement l’État mexicain.
Ils défient directement l’Amérique :

  • fentanyl,
  • trafic humain,
  • armes,
  • corruption transfrontalière.

Dans la nouvelle doctrine impériale américaine, une équation s’impose :

Et un État-cartel frontalier n’est pas un voisin.
C’est une menace stratégique permanente.


IV — L’Europe : l’irresponsabilité sanctuarisée

Là où l’Amérique commence à agir,
l’Europe persiste à nier.

Elle parle de :

  • vivre-ensemble,
  • valeurs,
  • résilience,
  • inclusion.

Pendant que ses villes brûlent,
que ses systèmes sociaux implosent,
que ses forces de l’ordre reculent.

Mais le vrai scandale n’est pas migratoire.
Il est stratégique.


V — L’illusion européenne de la souveraineté

La France et le Royaume-Uni continuent d’être traités comme des puissances nucléaires “évidentes”,
comme si la dissuasion était un héritage automatique, indépendant :

  • de la cohésion nationale,
  • de la stabilité politique,
  • du contrôle territorial,
  • de la continuité civilisationnelle.

Or la dissuasion repose sur trois piliers :

  1. une chaîne de commandement politique fiable,
  2. un État souverain sur l’ensemble de son territoire,
  3. une identité politique claire.

Quand l’un de ces piliers vacille, la crédibilité nucléaire vacille.


VI — Terrorisme endogène et souveraineté fracturée

Le terrorisme islamiste en Europe n’est plus exogène.
Il est intégré.

Il prospère :

  • dans des enclaves culturelles,
  • sous une tolérance judiciaire chronique,
  • avec une paralysie politique assumée.

Un État qui ne contrôle plus sa violence intérieure
ne peut prétendre exercer une souveraineté stratégique totale.

C’est une loi non écrite de l’Histoire des Empires.


VII — Le tabou nucléaire européen

La question n’est pas :

La question est :

Les basculements ne sont jamais brutaux.
Ils sont progressifs :

  • municipaux,
  • régionaux,
  • administratifs,
  • culturels,
  • puis nationaux.

La dissuasion n’est pas un droit acquis.
C’est une charge civilisationnelle.


VIII — États-cibles : ce que cela signifie vraiment

Être un “État-cible” ne signifie pas invasion ou guerre ouverte.
Cela signifie :

  • surveillance renforcée,
  • conditionnalité stratégique,
  • perte de confiance,
  • pression permanente,
  • déclassement implicite.

On reste allié.
Mais on cesse d’être pleinement fiable.


Conclusion — Le retour du tragique

Le mondialisme avait promis la fin de l’Histoire.
Il livre son retour le plus brutal.

Narco-États, immigration de masse, terrorisme, États faillis,
tout converge vers une même réalité :

L’Amérique l’a compris.
L’Europe s’y refuse encore.

Mais l’Histoire ne négocie pas.
Elle tranche.

**Mexique : l’État narco en sursis

Les cartels comme défi stratégique direct aux États-Unis**

Pendant longtemps, le Mexique a été présenté comme un voisin difficile, un partenaire instable, un problème de sécurité intérieure américaine traité par la police, la DEA et quelques accords bilatéraux.
Cette lecture est aujourd’hui obsolète.

Le Mexique n’est plus seulement un pays infiltré par les cartels.
Il est devenu, par endroits, un État capturé, un narco-État fonctionnel, dont certaines régions échappent totalement à l’autorité souveraine et dont les organisations criminelles disposent de capacités paramilitaires, financières et informationnelles comparables à celles de groupes insurgés.

1. Du cartel criminel à l’acteur quasi militaire

Les grands cartels mexicains — Sinaloa, Jalisco Nueva Generación (CJNG), Gulf, Zetas (héritage), Familia Michoacana — ne sont plus des mafias classiques.

Ils disposent :

  • d’armes lourdes (fusils de précision, drones explosifs, blindés artisanaux),
  • de chaînes de commandement structurées,
  • de services de renseignement locaux,
  • de capacités de propagande et d’intimidation numérique,
  • de réseaux logistiques transfrontaliers.

Le CJNG en particulier agit comme une force para-étatique, contrôlant territoires, routes, ports, populations et administrations locales.

👉 À ce stade, parler de « criminalité » est un euphémisme.

2. Le Mexique, maillon central de la guerre de l’opium moderne

Le fentanyl a changé la nature du conflit.

Contrairement à la cocaïne :

  • il est synthétique,
  • extrêmement rentable,
  • facile à transporter,
  • massivement létal.

Les cartels mexicains sont devenus les transformateurs industriels d’un poison global, utilisant :

  • des précurseurs chimiques venus de Chine,
  • des chaînes de production clandestines,
  • une distribution massive vers les États-Unis.

Résultat : plus de 100 000 morts par overdose par an aux États-Unis, un chiffre assimilable à une guerre silencieuse.

À Washington, ce phénomène n’est plus perçu comme une crise sanitaire, mais comme une attaque asymétrique durable contre la société américaine.

3. L’effondrement du monopole de la violence légitime

Dans de nombreuses régions mexicaines :

  • la police est corrompue ou terrorisée,
  • les élus locaux sont cooptés, assassinés ou remplacés,
  • l’armée elle-même est parfois neutralisée politiquement,
  • les populations vivent sous régime de peur permanente.

Le slogan implicite est connu de tous :
“Plata o plomo” — l’argent ou la balle.

Un État qui ne contrôle plus la violence sur son territoire cesse, de facto, d’être pleinement souverain.

4. Changement de ton à Washington

Ces dernières années, un glissement doctrinal s’opère aux États-Unis :

  • Les cartels sont de plus en plus qualifiés de menace à la sécurité nationale.
  • Des propositions émergent pour les désigner comme organisations terroristes étrangères.
  • Le Congrès, certaines agences et des figures politiques évoquent explicitement des options militaires ciblées, au moins théoriquement.

Il ne s’agit pas d’une volonté d’invasion du Mexique — scénario irréaliste et politiquement explosif — mais d’un débat stratégique sur :

  • la légitimité de frappes ciblées,
  • l’usage de forces spéciales contre des cibles narco-militaires,
  • l’extension du droit de poursuite transfrontalière.

👉 Le simple fait que ces options soient discutées marque une rupture historique.

5. Le dilemme mexicain : souveraineté formelle, impuissance réelle

Le gouvernement mexicain, pris en étau, refuse officiellement toute ingérence américaine, tout en étant incapable de neutraliser les cartels.

Cette posture crée une situation explosive :

  • Washington considère que son voisin laisse prospérer une menace mortelle.
  • Mexico invoque la souveraineté pour masquer une perte de contrôle.
  • Les cartels exploitent ce vide stratégique.

Dans cette configuration, le Mexique devient un État rogue par passivité, non par idéologie, mais par incapacité structurelle.

6. Les cartels : ennemis ou acteurs géopolitiques ?

Le point de bascule est là.

Quand une organisation :

  • contrôle des territoires,
  • déstabilise un pays voisin,
  • tue massivement des civils étrangers,
  • infiltre les institutions,
  • coopère indirectement avec des puissances rivales (flux chinois, blanchiment global),

elle cesse d’être un simple acteur criminel.

Elle devient un acteur stratégique non étatique, ce qui appelle, tôt ou tard, une réponse d’un autre ordre.

Conclusion — Le compte à rebours silencieux

La question n’est pas de savoir si des commandos d’élite américains interviendront demain au Mexique.
La question est plus profonde :

combien de temps une superpuissance accepte-t-elle qu’un narco-système industriel tue ses citoyens depuis un territoire voisin sans changer de paradigme ?

Le Mexique est aujourd’hui à un carrefour :

  • soit il reconquiert sa souveraineté réelle,
  • soit il s’enfonce dans une zone grise où la frontière entre État et cartel disparaît.

Dans les deux cas, l’ère de l’aveuglement est terminée.
Et quand l’Empire cesse de détourner le regard, l’histoire accélère.

Le tabou nucléaire européen : quand la défaillance intérieure devient un risque stratégique

La capture de Maduro ne constitue pas seulement une victoire tactique contre un narco-État pétrolier.
Elle ouvre une brèche conceptuelle.
Une jurisprudence.

Car pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, un principe refait surface, brutal, implacable :

Et cette responsabilité devient existentielle lorsqu’elle concerne l’arme nucléaire.

L’illusion européenne de la souveraineté automatique

L’Europe s’est persuadée que la souveraineté était un héritage figé, transmis une fois pour toutes par l’Histoire.
Une sorte de rente mémorielle.

La France et le Royaume-Uni continuent ainsi d’être traités comme des puissances nucléaires “évidentes”, indépendamment de :

  • l’état réel de leur cohésion intérieure,
  • la stabilité de leur ordre politique,
  • leur capacité effective à contrôler la violence sur leur sol.

Or, dans la doctrine stratégique américaine redevenue réaliste, cette approche n’a plus cours.

La dissuasion repose sur trois piliers non négociables :

  1. Une chaîne de commandement politique stable
  2. Un État territorialement souverain
  3. Une cohésion civilisationnelle minimale

Ce triptyque est aujourd’hui sous tension extrême en Europe occidentale.

Terrorisme endogène et souveraineté fracturée

Le terrorisme islamiste en France et au Royaume-Uni n’est plus un choc extérieur.
Il est intériorisé.

Il prospère :

  • dans des zones de non-droit,
  • au sein de réseaux idéologiques structurés,
  • avec une complaisance judiciaire chronique,
  • et une incapacité politique à nommer l’ennemi.

Quand un État :

  • renonce à reprendre durablement le contrôle de certains territoires,
  • tolère des enclaves culturelles hostiles,
  • s’interdit toute réponse ferme au nom de principes abstraits,

il ne s’affaiblit pas seulement socialement.
Il dégrade sa crédibilité stratégique.

Le facteur nucléaire : changement de nature du risque

Ce qui distingue la France et le Royaume-Uni d’autres États européens défaillants, c’est l’arme nucléaire.

Et c’est précisément là que le sujet devient explosif.

La question n’est pas :

La vraie question est :

L’Histoire enseigne que les basculements ne sont jamais instantanés.
Ils sont progressifs :

  • municipalisation,
  • régionalisation,
  • banalisation idéologique,
  • infiltration administrative,
  • puis légitimation politique.

Ce fut vrai partout.
Ce n’est pas une exception européenne.

État cible ne signifie pas État ennemi

Parler de “requalification stratégique” ne signifie ni invasion, ni tutelle militaire, ni fantasme complotiste.

Dans le lexique impérial américain, cela signifie :

  • surveillance renforcée,
  • conditionnalité stratégique accrue,
  • perte de confiance dans la chaîne décisionnelle,
  • externalisation partielle de la sécurité,
  • pression diplomatique permanente.

Autrement dit :
un État reste allié, mais cesse d’être pleinement fiable.

Et dans un monde redevenu tragique,
la fiabilité est tout.

L’impensé européen : refuser de nommer le réel

L’Europe préfère encore :

  • la moraline au diagnostic,
  • le droit abstrait à la puissance concrète,
  • la censure au débat,
  • la repentance à la responsabilité.

Mais l’Empire, lui, n’attend pas que l’Europe “comprenne”.
Il anticipe.

La doctrine américaine post-mondialiste ne juge plus les États sur leurs intentions déclarées,
mais sur leurs capacités réelles à se maintenir comme unités politiques cohérentes.

Conclusion — La dissuasion n’est pas un droit acquis

L’arme nucléaire n’est pas un totem moral.
C’est une charge civilisationnelle.

Un État qui :

  • ne contrôle plus durablement sa violence intérieure,
  • relativise ses fondements culturels,
  • délègue sa souveraineté,
  • criminalise toute réaction identitaire,

ne devient pas immédiatement une cible.

Mais il entre dans une zone grise stratégique.

Et dans la logique des Empires,
la zone grise est toujours le prélude à la perte de statut.

The Rolling Stones – Gimme Shelter

C’est un excellent contrepoint à Sisters of Mercy, et selon moi encore plus puissant symboliquement pour cet article précis.

Pourquoi Gimme Shelter fonctionne parfaitement

  • Menace diffuse, pas héroïque :
    “War, children, it’s just a shot away” — la guerre comme atmosphère permanente, pas comme événement.
  • Violence qui déborde des États : cartels, terrorisme, chaos civil, effondrement du contrôle.
  • Fin des illusions occidentales :
    ce n’est pas la guerre glorieuse, c’est la guerre qui s’infiltre partout.
  • Temporalité longue :
    le morceau traverse les décennies comme ton analyse traverse les cycles impériaux.

👉 Là où Dominion des Sisters of Mercy est impérial et vertical, Gimme Shelter est apocalyptique et horizontal :
le monde entier devient zone de danger.

Comparatif rapide

  • Sisters of Mercy – Dominion
    → Empire, blocs, souveraineté, nucléaire, stratégie.
  • Rolling Stones – Gimme Shelter
    → Chaos global, États faillis, violence hors contrôle, seuil de bascule.
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Catégories :Etats-Unis, Europe, Mexique, Vénézuela

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4 réponses »

  1. 🌍 POSTFACE — Le monde d’après l’innocence

    Il n’y a plus d’illusions à sauver.
    Plus de narratif à rafistoler.
    Plus de mensonge confortable à prolonger.

    Le réel est revenu. Brutal. Géopolitique. Tragique.

    Narco-États, États faillis, frontières dissoutes, violence importée, dissuasion nucléaire fragilisée : le monde d’après n’est pas une dystopie, c’est la facture d’un demi-siècle de renoncements.

    L’Occident ne meurt pas parce qu’il est attaqué.
    Il vacille parce qu’il a cessé de se défendre — culturellement, politiquement, spirituellement.

    Cette postface n’est pas un appel à la peur.
    C’est un rappel à la lucidité.

    📌 Quand l’Histoire revient, elle ne demande pas pardon.
    Elle exige des choix.

    👉 Article complet à lire sur Le Blog à Lupus.

    Aimé par 1 personne

  2. Parfait….. et sur la France le noyautage depuis 50 ans, des « frères musulmans »

    noyautage de toutes les structures régionales nationales partis politiques conseils municipaux etc..

    Et cerise sur la gâteau le cartel DZ MAFIA Algéroise Marocaine qui étend ses tentacules sur le pays!

    Ce pays est gangréné . Il n’y aura pas de guerre civile (leurre)

    Ce sera une subversion de l’intérieur

    IL EST MINUIT MOINS 5 et plus !

    J’aime

    • Vous pointez un mécanisme essentiel, souvent mal compris : la décomposition d’un État ne passe pas nécessairement par l’affrontement frontal ou la guerre civile classique. Elle passe plus souvent par l’infiltration lente, la fragmentation des loyautés, la capture progressive des institutions et la perte d’autorité symbolique.

      C’est précisément ce que j’entends par subversion interne dans l’article : un affaiblissement par couches successives — administratif, culturel, sécuritaire, judiciaire — jusqu’à ce que l’État ne soit plus qu’un gestionnaire de flux, incapable de trancher, de protéger ou de transmettre.

      La France n’est pas un « État failli » au sens classique, mais elle présente désormais certains symptômes avancés : zones de non-droit, économie souterraine structurée, renoncements politiques répétés, et dilution du commun au profit de logiques concurrentes.

      Il n’y aura probablement pas d’explosion spectaculaire. Les États contemporains ne tombent plus par la barricade, mais par épuisement, par perte de cohérence et par abdication silencieuse.

      Le Blog à Lupus ne joue pas sur l’horloge de la peur, mais sur celle de la lucidité. Nommer les processus à l’œuvre n’est pas céder au catastrophisme ; c’est refuser l’aveuglement confortable. Le temps n’est pas aux slogans, mais à la compréhension froide des dynamiques profondes.

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