Doctrine Donroe, défense hémisphérique et fin de l’illusion européenne
Il y a des moments où l’Histoire cesse de demander la permission.
Le Groenland est l’un de ces moments.
Ce que beaucoup d’Européens prennent encore pour une provocation trumpienne, un mème géopolitique ou une rodomontade médiatique, relève en réalité d’un basculement stratégique majeur : le retour assumé de la frontière impériale américaine, étendue désormais à l’Arctique.
Les déclarations récentes de Stephen Miller, conseiller central de Donald Trump, ne sont ni improvisées ni anecdotiques. Elles formalisent ce que Washington pense tout bas depuis plus d’une décennie : le Groenland n’est pas danois, il est stratégique. Et ce qui est stratégique, dans la logique impériale, finit toujours par être intégré.

I. Le Groenland n’est pas un territoire : c’est une clé
Le débat sur la « souveraineté » du Groenland est un faux débat.
L’Empire ne raisonne jamais en termes juridiques abstraits, mais en termes de fonctions.
Le Groenland concentre aujourd’hui quatre enjeux vitaux :
- Contrôle de l’Arctique, nouveau cœur géostratégique mondial
- Routes maritimes polaires, raccourcissant de moitié les échanges Asie–Occident
- Ressources critiques : terres rares, uranium, hydrocarbures
- Profondeur stratégique antimissile face à la Russie et à la Chine
Dans cette perspective, l’argument de Stephen Miller est implacable :
Les États-Unis sont la force vive de l’OTAN. La sécurité de l’Arctique dépend d’eux. Il est donc évident que le Groenland relève de leur responsabilité directe.
Traduction impériale : celui qui protège contrôle.
II. Le Danemark : souveraineté sans puissance
La réaction paniquée de Copenhague révèle une vérité cruelle :
le Danemark administre le Groenland, mais ne le défend pas.
Sans les États-Unis :
- pas de dissuasion crédible,
- pas de couverture antimissile,
- pas de renseignement stratégique,
- pas de projection militaire.
Menacer la « fin de l’OTAN » si Washington agit revient à brandir une arme… que l’Europe ne possède pas.
Une OTAN sans les États-Unis n’est pas une alliance : c’est un décor institutionnel.
Le communiqué européen de soutien au Danemark relève ainsi de la liturgie post-souveraine : beaucoup de mots, aucun levier.
III. De la doctrine Monroe à la doctrine Donroe
Historiquement, la doctrine Monroe affirmait une idée simple :
aucune puissance extra-hémisphérique ne doit menacer l’espace vital américain.
La doctrine Donroe (Don + Monroe), telle qu’elle se dessine aujourd’hui, va plus loin :
- elle ne se contente plus de repousser les intrusions,
- elle absorbe les zones critiques avant qu’elles ne deviennent hostiles.
Le Groenland est au cœur de cette logique :
- territoire de l’hémisphère occidental,
- interface directe avec la Russie,
- verrou de l’Arctique.
Ce n’est pas une expansion idéologique.
C’est une consolidation hémisphérique.
IV. Pourquoi Washington refuse la simple “présence militaire accrue”
Fait capital : la Maison-Blanche a refusé la proposition danoise d’augmenter la présence militaire américaine tout en maintenant la souveraineté formelle du Danemark.
Pourquoi ?
Parce que la présence sans souveraineté est une vulnérabilité.
Bases, ressources, renseignements, investissements stratégiques : tout cela exige une chaîne de commandement unifiée, pas une délégation conditionnelle dépendante d’un État tiers et d’un Parlement européen.
Washington ne veut pas plus de Groenland.
Il veut le Groenland.
V. Achat, association, intégration : les scénarios réels
L’hypothèse évoquée par certains analystes – compensation financière directe aux Groenlandais – n’est pas absurde. Elle est même profondément américaine.
Dans une logique impériale moderne :
- on n’annexe pas,
- on intègre par consentement matériel.
Libre association, référendum, acquisition négociée : peu importe la forme.
Ce qui compte est le résultat stratégique.
Avec 50 000 habitants, le Groenland n’est pas un État-nation :
c’est une plateforme civilisationnelle.
VI. Le signal envoyé au monde
Le message est limpide :
- à la Russie : l’Arctique ne sera pas un angle mort,
- à la Chine : les routes polaires ne seront pas neutres,
- à l’Europe : la souveraineté sans puissance est un simulacre,
- au monde : l’Empire américain reconstruit ses frontières réelles.
Le Venezuela hier.
Le Groenland aujourd’hui.
L’hémisphère occidental demain, sécurisé, verrouillé, assumé.
Conclusion — Le retour du réel
Le Groenland marque la fin d’une époque : celle où l’on croyait que la géopolitique se négociait à Bruxelles.
Nous entrons dans un monde où :
- la sécurité précède le droit,
- la puissance précède la morale,
- l’Histoire reprend ses droits.
Le Groenland ne sera pas “pris”.
Il sera reclassé.
Et l’Europe découvrira, une fois encore, que l’Empire ne demande pas la permission —
il trace la carte.

Postface radicale — La fin des cartes en papier
Le Groenland n’est pas un scandale diplomatique.
C’est un aveu de réalité.
Il révèle ce que l’Europe refuse d’admettre depuis trente ans : on ne possède pas un territoire parce qu’on l’administre, mais parce qu’on le protège, qu’on l’intègre et qu’on en assume le coût stratégique. La souveraineté sans puissance n’est qu’une fiction administrative.
Washington ne « déstabilise » rien. Il répare.
Il répare une frontière devenue floue, un flanc nord laissé aux vents chinois et russes, une alliance transformée en rituel sans bras. L’Empire ne s’excuse pas d’exister quand le monde redevient tragique : il se recompose.
Ce qui choque n’est pas l’audace américaine, mais la vacuité européenne.
Un continent qui invoque le droit pour masquer l’impuissance, la morale pour cacher l’absence de moyens, et l’indignation pour oublier qu’il a abandonné la décision.
Le Groenland signe la fin des cartes en papier et des sommets creux.
Il inaugure le retour des cartes réelles, celles où l’énergie, la géographie et la sécurité dessinent l’ordre du monde.
L’Empire revient non par conquête, mais par nécessité.
Et ceux qui confondent la fin des illusions avec une provocation n’ont pas compris l’époque : le réel est de retour, et il n’attend pas.

Infographie — Groenland : seuil impérial, doctrine Donroe et défense hémisphérique
1. Le Groenland : un territoire, quatre fonctions impériales
- Géographie : verrou naturel de l’Arctique nord-américain
- Militaire : profondeur stratégique antimissile et radar avancé
- Économique : terres rares, uranium, hydrocarbures
- Maritime : contrôle des routes polaires Asie–Occident
👉 Le Groenland n’est pas un pays : c’est une clé géopolitique.
2. Pourquoi maintenant ?
- Fonte de la banquise = ouverture des routes arctiques
- Montée en puissance chinoise et russe dans le Grand Nord
- Vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement occidentales
- Retour de la logique de blocs et d’empires
👉 Le temps géographique rattrape le temps politique.
3. Le Danemark : souveraineté administrative, impuissance stratégique
- Pas de dissuasion autonome
- Pas de projection militaire crédible
- Dépendance totale à l’OTAN… donc aux États-Unis
👉 Administrer ≠ défendre
👉 La souveraineté sans force est une fiction.
4. OTAN : la vérité nue
- Les États-Unis = cœur militaire de l’Alliance
- Sans Washington : OTAN = structure vide
- Le Groenland est déjà protégé par l’Amérique, pas par l’Europe
👉 Celui qui protège décide.
5. De la doctrine Monroe à la doctrine Donroe
Doctrine Monroe (XIXᵉ siècle)
- Aucune puissance extra-hémisphérique dans l’espace américain
Doctrine Donroe (XXIᵉ siècle)
- Sécurisation proactive des zones critiques
- Intégration avant hostilité
- Frontières définies par la sécurité, pas par le droit abstrait
👉 Le Groenland entre dans l’espace vital américain.
6. Pourquoi Washington refuse une simple “présence militaire accrue”
- Présence sans souveraineté = dépendance juridique
- Bases sans contrôle politique = vulnérabilité
- Ressources critiques exigent une chaîne de commandement unifiée
👉 L’Empire ne loue pas les verrous stratégiques : il les intègre.
7. Scénarios réalistes
- Achat négocié
- Libre association
- Intégration progressive par référendum
👉 Peu importe la forme.
👉 Le résultat doit être fonctionnel et irréversible.
8. Message envoyé au monde
- Russie : l’Arctique n’est pas un angle mort
- Chine : pas de routes polaires neutres
- Europe : la souveraineté sans puissance est morte
- Monde : l’hémisphère occidental se referme
9. Synthèse visuelle
Sécurité → Contrôle → Souveraineté réelle
Géographie → Énergie → Empire
Phrase clé de l’infographie
Le Groenland n’est pas annexé : il est reclassé dans l’ordre impérial réel.

GRAUZONE Eisbär
Ce morceau fonctionne à plusieurs niveaux avec l’article sur le Groenland :
- Esthétique : minimalisme glacial, électronique primitive, atmosphère arctique évidente.
- Symbolique : l’iceberg comme métaphore du pouvoir invisible, massif, silencieux — exactement ce que représente le Groenland dans la doctrine hémisphérique américaine.
- Politique : sous la surface calme, une masse stratégique colossale ; comme l’Empire, comme l’OTAN, comme l’Arctique militarisé.
- Narratif : Europe bavarde, figée ; Amérique qui avance sous la glace, sans lyrisme, sans morale inutile.
Sous la glace, l’Empire avance. Le Groenland n’est pas une île : c’est un iceberg géopolitique.

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Catégories :DOCTRINE DON-ROE, Etats-Unis, Europe, Géopolitique Friction, GROENLAND













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GROENLAND : LE RETOUR DU RÉEL GÉOPOLITIQUE
Ce qui se joue au Groenland n’est ni une provocation, ni une lubie trumpienne. C’est la recomposition d’une frontière impériale à l’ère arctique.
Quand la glace fond, la géographie parle. Quand la sécurité est en jeu, le droit abstrait recule.
Dans cet article, je démontre :
Un texte incisif, documenté, sans illusion, fidèle à la ligne du Blog à Lupus : la puissance précède la morale, la sécurité trace la carte.
👉 À lire ici : [lien de l’article]
#Groenland #Arctique #DoctrineDonroe #Géopolitique #Empire #OTAN #BlogALupus
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L’administration Trump a envisagé d’envoyer aux Groenlandais des paiements forfaitaires pouvant atteindre 100 000 dollars en échange de leur vote pour faire sécession du Danemark et rejoindre les États-Unis, rapporte Reuters , citant quatre sources proches du dossier.
Le montant exact et les modalités de ces paiements restent flous. Cependant, des responsables américains, y compris des conseillers de la Maison Blanche, ont évoqué des versements allant de 10 000 à 100 000 dollars par personne aux habitants du Groenland, territoire danois d’outre-mer comptant 57 000 habitants, malgré les démentis de Copenhague quant à la vente du Groenland. Cette opération coûterait au maximum 5,7 milliards de dollars, soit environ l’équivalent des sommes que les États-Unis versent annuellement à Israël et à l’Égypte.
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