Canada

Canada, (Mexique) : les faux alliés de l’Empire

Quand Washington découvre que ses périphéries ont déjà choisi Pékin

Non, le Canada n’est pas un allié fiable des États-Unis.
Pas plus que le Mexique.
Et ce n’est pas une dérive accidentelle : c’est une trajectoire.

Ce que révèle l’ouverture du Canada aux véhicules électriques chinois n’est pas un simple arbitrage commercial. C’est un acte d’alignement civilisationnel discret, mais parfaitement lisible pour qui sait lire le monde tel qu’il est.

Le Canada ne “diversifie” pas.
Il bascule.


Mark Carney n’est pas un pragmatique. C’est un idéologue global

Ne nous mentons pas.
Mark Carney n’est pas un gestionnaire contraint par la conjoncture.
C’est un idéologue mondialisé, formaté par les institutions transnationales, la finance climatique, les forums de gouvernance globale.

Son logiciel est simple :

  • souverainetés nationales = archaïsmes
  • frontières = frictions inutiles
  • Chine = partenaire systémique “incontournable”
  • États-Unis = puissance instable, trop politique, trop conflictuelle

Dans cette grille de lecture, Pékin n’est pas un adversaire, mais un pilier de la “stabilité globale”.
Washington, lui, est devenu un problème.


Véhicules électriques chinois : ce n’est pas du commerce, c’est de la soumission

Ouvrir le marché canadien aux VE chinois pendant que les États-Unis tentent (maladroitement mais lucidement) de découpler leurs chaînes industrielles de Pékin, ce n’est pas neutre.

C’est :

  • affaiblir la stratégie industrielle nord-américaine,
  • offrir à la Chine une tête de pont logistique et réglementaire en Amérique du Nord,
  • contourner indirectement les barrières américaines via un “allié”.

C’est exactement ce que fait le Mexique.
Exactement ce que fait le Canada.
Exactement ce que l’Empire tolère… jusqu’au moment où il ne tolère plus.


Le fantasme occidental : croire que la Chine joue selon les règles

Le mondialisme fabien repose sur une illusion suicidaire :
celle que la Chine serait un acteur économique comme un autre.

Elle ne l’est pas.

La Chine :

  • ne sépare pas État, industrie et stratégie,
  • n’exporte jamais sans objectif politique,
  • utilise le commerce comme arme de dépendance.

Carney le sait.
Il s’en accommode.
Parce que son monde n’est plus celui des nations, mais celui des flux.


Les États-Unis découvrent une vérité brutale : l’Empire est seul

L’Amérique commence à comprendre ce que Rome a appris tardivement :
les provinces “alliées” ne sont loyales que tant que le centre est incontestable.

Canada et Mexique ne trahissent pas.
Ils anticipent.

Ils sentent :

  • l’hésitation stratégique américaine,
  • la fracture interne des États-Unis,
  • l’incapacité occidentale à assumer un conflit long avec la Chine.

Alors ils sécurisent leurs arrières.
Avec Pékin.
Contre Washington, si nécessaire.


Conclusion lupienne : le réel revient toujours réclamer sa dette

Ce que révèle l’affaire canadienne n’est pas une querelle de tarifs douaniers.
C’est la fin du mythe occidental de la loyauté automatique.

Il n’y a plus d’alliés.
Il n’y a que des rapports de force.

Et dans ce monde-là, ceux qui persistent à raisonner en “partenariats gagnant-gagnant” finiront vassaux, puis irrelevants.

Le réel est de retour.
Il ne négocie pas.
Il tranche.

Le Canada : l’allié occidental qui a déjà changé de camp

Agent double, relais mondialiste, laboratoire post-national

Le Canada n’est plus un allié ambigu.
Il est devenu un acteur double, jouant sur plusieurs tableaux, contre l’axe continental nord-américain, et au profit d’un bloc mondialiste euro-atlantique tardif, de plus en plus désarrimé du réel.

Ce n’est pas une dérive récente.
C’est une mutation stratégique.


Diplomatie : Ottawa ne regarde plus vers Washington, mais vers Bruxelles

Sur l’Ukraine, le Canada s’est aligné non pas sur la logique impériale américaine, mais sur la ligne idéologique européenne :

  • moralisation intégrale du conflit,
  • discours de croisade normative,
  • refus de toute lecture réaliste des rapports de force,
  • sacralisation d’un front “valeurs / droit / normes”.

Là où Washington raisonne encore (par intermittence) en termes de coût, d’usure, de soutenabilité, Ottawa épouse le discours messianique européen, celui d’une guerre sans fin, sans négociation possible, sans sortie.

Le Canada ne joue pas l’Empire.
Il joue la posture.


Groenland : signal faible mais révélateur

Sur le Groenland, même logique.

Le Canada :

  • se rapproche des positions européennes,
  • épouse la rhétorique “climat / gouvernance / multilatéralisme”,
  • s’éloigne de la vision américaine sécuritaire, militaire et arctique.

Or le Groenland n’est pas un sujet écologique.
C’est un nœud stratégique majeur :

  • routes arctiques,
  • minerais critiques,
  • projection militaire,
  • rivalité États-Unis / Chine / Russie.

En s’alignant sur l’Europe mondialiste, le Canada désolidarise l’espace nord-américain, exactement au moment où celui-ci devrait se refermer et se verrouiller.

C’est un comportement d’État-tampon, pas d’allié.


Immigration : le Canada comme laboratoire post-national

Là encore, aucun hasard.

Le Canada est devenu :

  • un modèle d’immigration massive,
  • sans assimilation réelle,
  • sans socle culturel majoritaire assumé,
  • avec une complaisance manifeste envers l’islam politique sous couvert de multiculturalisme.

Résultat :

  • enclaves communautaires,
  • zones de non-droit soft,
  • radicalités importées,
  • surveillance idéologique accrue des populations autochtones pour compenser la fragmentation.

Ce n’est pas un échec du modèle.
C’est le modèle lui-même.

Un pays pensé non plus comme nation, mais comme plateforme humaine interchangeable.


Drogue : passoire continentale et plaque tournante

Même logique en matière de drogue.

Sous couvert de “réduction des risques” et de progressisme compassionnel, le Canada est devenu :

  • une passoire logistique,
  • une zone de transit,
  • un hub pour :
    • fentanyl,
    • drogues de synthèse,
    • circuits sino-mexicains.

Là encore, convergence totale avec le Mexique :
dissolution de l’autorité, déresponsabilisation pénale, idéologie avant sécurité.

Pour les États-Unis, le message est limpide :
leurs deux frontières sont devenues des zones grises.


Le Canada comme État-interface du mondialisme

Il faut comprendre le rôle réel du Canada aujourd’hui.

Ce n’est plus :

  • un allié,
  • ni un pilier,
  • ni une extension naturelle de l’espace nord-américain.

C’est un État-interface :

  • entre États-Unis et Europe mondialiste,
  • entre Occident et Chine,
  • entre normes globales et territoires.

Un pays :

  • sans stratégie de puissance propre,
  • mais extrêmement utile comme relais normatif,
  • comme zone de contournement,
  • comme amortisseur idéologique.

C’est exactement pour cela que des profils comme Mark Carney y prospèrent :
ils ne gouvernent pas un peuple,
ils administrent une fonction dans le système global.


Conclusion lupienne : l’Empire n’a plus de frontières sûres

Les États-Unis commencent à découvrir une vérité brutale :

  • au sud, le Mexique est poreux,
  • au nord, le Canada est idéologiquement hostile,
  • à l’est, l’Europe est normativement suicidaire,
  • à l’ouest, la Chine avance masquée.

Le Canada n’est pas un traître.
Il est post-loyal.

Et dans un monde de retour brutal des blocs,
les États post-nationaux ne sont pas des partenaires :
ce sont des angles morts stratégiques.

Le réel, encore une fois, ne négocie pas.
Il tranche.

Addendum — Conseil de la Paix, Le Canada plie : l’acceptation en principe de Mark Carney

Selon les dernières informations, Mark Carney aurait accepté en principe l’invitation américaine à rejoindre le Conseil de la Paix.

Ce n’est pas un ralliement enthousiaste.
Ce n’est pas une conversion stratégique.
C’est un acte de contrainte lucide.

1) Pourquoi Ottawa n’avait pas le choix

Le Canada est l’allié le plus exposé à la méthode Trump :

  • dépendance économique quasi totale aux États-Unis,
  • frontière commerciale vitale,
  • aucune capacité de dissuasion autonome,
  • aucun levier de chantage crédible.

Face à la menace de droits de douane punitifs, à l’isolement diplomatique programmé et au déclassement stratégique, Ottawa a compris une chose simple :

2) Ce que signifie “accepter en principe” dans la grammaire trumpienne

Dans le langage feutré canadien, “accepter en principe” signifie :

  • temporiser,
  • négocier les conditions,
  • sauver la face.

Dans la grammaire Trump, cela signifie autre chose :

  • le test est passé,
  • le pays est classé “alignable”,
  • la pression peut être modulée.

Autrement dit :
le Canada vient de quitter la catégorie des pays-commentaires pour entrer dans celle des pays sous condition.

3) Le prix à payer viendra après

L’acceptation n’est que la première étape.
Le vrai moment de vérité viendra avec :

  • la contribution financière,
  • l’alignement politique effectif,
  • la discipline publique (moins de Davos, plus de livraison).

C’est là que le Canada devra choisir entre :

  • assumer l’asymétrie,
  • ou retomber dans l’insignifiance stratégique.

4) Lecture lupienne finale

Le Canada n’a pas rejoint le Conseil de la Paix par conviction.
Il l’a rejoint par réalisme tardif.

C’est la signature de l’époque :

  • les convaincus entrent tôt,
  • les adversaires refusent,
  • les faux amis plient.

Et Trump, fidèle à sa méthode, a obtenu exactement ce qu’il cherchait :
non pas l’adhésion morale,
mais la reconnaissance du rapport de force.


Chute lupienne

Le Canada croyait encore qu’être “le gentil allié” suffisait.
Il vient d’apprendre que, dans le monde qui s’ouvre,
la gentillesse n’est pas une stratégie.

Le Conseil de la Paix n’a pas convaincu Ottawa.
Il l’a rappelé à la réalité

.

Mais le Canada reste

Le faux allié par excellence : aligné en paroles, périphérique en actes

Le Canada mérite un traitement à part, parce qu’il incarne la catégorie la plus dangereuse aux yeux de Washington :
celle du partenaire moraliste qui croit être un allié naturel, alors qu’il n’est plus qu’un acteur secondaire idéologisé.

Sous Mark Carney, le Canada a glissé d’un atlantisme pragmatique à une posture mondialiste assumée, alignée sur :

  • les narratifs Davos,
  • la diplomatie vertueuse,
  • le multilatéralisme incantatoire,
  • et une obsession chinoise mal dissimulée derrière le commerce et la transition verte.

1) Pourquoi Ottawa gêne Trump

Pour Trump, le Canada coche toutes les cases du faux ami :

  • membre OTAN sans poids militaire réel,
  • alignement automatique sur l’Europe occidentale,
  • discours humanitaire constant,
  • aucune capacité à imposer ou financer des solutions.

Dans la logique DonRoe, cela équivaut à un verdict simple :

Le Canada n’a ni la masse financière du Golfe,
ni la centralité stratégique de la Pologne,
ni l’utilité géopolitique d’Israël,
ni même l’autonomie tactique de la Russie.

2) Conseil de la Paix : Ottawa à la porte… et ce n’est pas un oubli

Que le Canada soit absent ou marginal du Conseil de la Paix n’est pas une anomalie.
C’est un signal.

Trump ne cherche pas des pays “gentils”.
Il cherche des pays :

  • qui paient,
  • qui reconstruisent,
  • qui acceptent l’asymétrie.

Or le Canada :

  • refuse l’humiliation transactionnelle,
  • revendique une morale internationale abstraite,
  • et croit encore que la loyauté historique suffit.

Dans l’ordre Trumpien, elle ne suffit plus.

3) Le paradoxe canadien : trop américain pour être neutre, trop idéologique pour être utile

Le Canada est pris dans un étau :

  • trop intégré économiquement aux États-Unis pour s’en détacher,
  • trop idéologisé pour s’aligner franchement,
  • trop faible pour contrebalancer,
  • trop sûr de sa vertu pour négocier.

Résultat : l’insignifiance stratégique.

Washington ne l’attaquera pas frontalement.
Il fera pire : l’ignorer.

4) Lecture lupienne (sans anesthésie)

Dans la cartographie du Conseil de la Paix, le Canada n’est :

  • ni un allié opérationnel,
  • ni un adversaire assumé,
  • ni même un faux ami utile.

Il est devenu un pays-commentaire.

Et dans un monde qui entre en guerre chaude, économique et géopolitique,
les pays-commentaires disparaissent du cadre.


Conclusion lupienne

Le Conseil de la Paix n’humilie pas le Canada.
Il le révèle.

Et sur ce terrain-là,
le Canada n’est plus invité.

Le titre est Stay for the Night du groupe Pink Turns Blue.

Et ce choix est hautement cohérent, presque programmatique.

Stay for the Night n’est pas une chanson d’adhésion, ni de combat.
C’est une musique de temps suspendu, de veille prolongée, de monde entré dans la nuit sans encore savoir ce qui viendra après.

Elle dit exactement cela :
il n’y a plus de lumière centrale, plus de promesse collective, plus de récit dominant.
Il reste la nuit — et la nécessité de tenir, de rester, d’observer.

C’est la bande-son parfaite :

  • d’un Empire qui découvre sa solitude stratégique,
  • d’alliés devenus interfaces,
  • d’un monde post-loyal, post-national, post-illusion.

Stay for the Night, c’est l’anti hymne.
Une musique pour ceux qui savent que la bascule est déjà en cours,
et qu’il ne s’agit plus de convaincre,
mais de rester debout dans l’obscurité,
en attendant que le réel tranche.

« Quand les alliances se dissolvent et que les empires doutent, il ne reste qu’une chose à faire : rester pour la nuit, et regarder le réel reprendre ses droits. »

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1 réponse »

  1. Le Canada n’est plus un allié de l’Empire .
    Il est devenu une interface.

    Interface entre Washington et Bruxelles.
    Interface entre l’Occident fatigué et la Chine montante.
    Interface entre la souveraineté défunte et le mondialisme managérial.

    Sur l’Ukraine, Ottawa s’aligne sur la morale européenne plutôt que sur le réalisme impérial.
    Sur le Groenland, il épouse la rhétorique climatique et multilatérale contre la logique sécuritaire nord-américaine.
    Sur l’économie, il ouvre ses portes à Pékin pendant que les États-Unis tentent (tardivement) de se découpler.
    Sur l’immigration et la drogue, il devient laboratoire post-national, passoire logistique et zone grise continentale.

    Le Canada ne trahit pas.
    Il anticipe.

    Il a compris que le centre hésite, que l’Empire doute, et que le monde revient aux blocs.
    Alors il se rend utile autrement : comme relais, comme amortisseur, comme agent double soft.

    Des profils comme Mark Carney n’incarnent pas un peuple.
    Ils administrent une fonction dans le système global.

    Le diptyque que nous publions aujourd’hui ne parle pas de commerce, ni de diplomatie au sens creux.
    Il parle d’une chose simple : la fin de la loyauté automatique.

    Il n’y a plus d’alliés.
    Il n’y a que des rapports de force.

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    #Canada #EmpireAméricain #Mondialisme #Chine #Europe #Géopolitique #FinDesIllusions

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