Il y a des époques où la volatilité n’est qu’un bruit.
Et il y a des époques — comme la nôtre — où la volatilité devient un langage.
Un langage de crise.
Un langage de rupture.
Un langage de fin d’illusion.
Ce texte est une lecture stratégique : non pas des marchés “en surface”, mais de leur mécanique interne, de ce qui les fait tenir, et de ce qui les rend aujourd’hui plus fragiles qu’ils ne l’ont jamais été depuis 2008.
Car le paradoxe est là :
nous vivons dans un monde qui se dit “stabilisé”, mais qui est en réalité instable par construction.
Et plus il tente de se stabiliser artificiellement, plus il devient explosif.

1) La volatilité n’est pas un accident : c’est le thermomètre du mensonge
La volatilité, en théorie, est la respiration naturelle du marché.
Elle mesure l’incertitude.
Elle traduit la peur, la surprise, la tension.
Elle est la taxe payée par ceux qui veulent la liberté de prix.
Mais depuis une décennie, l’Occident a voulu supprimer cette taxe.
Il a voulu un marché sans douleur.
Un marché sans correction.
Un marché sans purge.
Or un marché sans purge est un marché qui pourrit sur pied.
La volatilité n’a donc pas disparu :
elle a été comprimée, repoussée, anesthésiée.
Et quand la volatilité revient… elle ne revient pas comme un souffle.
Elle revient comme une bombe.
2) La stabilité moderne est un décor : un “calme” fabriqué
La stabilité que nous voyons aujourd’hui est un artefact.
Elle est produite par trois forces :
- les banques centrales, qui ont transformé les taux en outil politique permanent
- les algorithmes, qui fabriquent de la liquidité tant que la musique joue
- les stratégies systématiques, qui vendent la volatilité comme si elle était une ressource infinie
Résultat : les marchés paraissent stables.
Mais cette stabilité est comparable à un lac gelé :
parfaitement lisse, parfaitement silencieux…
jusqu’à ce que la glace cède.
3) La fausse liquidité : l’illusion la plus dangereuse du système
C’est ici que se situe le cœur du problème.
Le monde financier contemporain vit sur une illusion :
la liquidité serait permanente.
Autrement dit :
“Je peux acheter et vendre quand je veux, sans impact, sans risque, sans glissement.”
C’est faux.
La liquidité est une convention sociale.
Une fiction collective.
Une paix temporaire.
Elle n’existe que tant que :
- tout le monde croit au même récit
- tout le monde n’essaie pas de sortir en même temps
- le prix reste dans une zone “acceptable” pour les algorithmes
Mais quand la panique arrive, la liquidité disparaît.
Et là, le marché révèle sa nature réelle :
un espace de guerre.
4) Le cocktail Molotov : quand la volatilité se nourrit de la stabilité
Voici la mécanique infernale.
Plus la stabilité est fabriquée, plus les acteurs prennent des risques.
Parce qu’ils se disent :
- “ça ne bouge pas”
- “c’est safe”
- “le système protège”
- “les banques centrales sont là”
Donc :
- ils s’endettent plus
- ils utilisent plus de levier
- ils vendent la volatilité
- ils multiplient les produits dérivés
- ils compressent le risque
Et quand un choc arrive, le risque comprimé explose.
C’est la définition même du cocktail Molotov :
une stabilité artificielle qui devient un explosif.
5) Le marché est désormais dominé par des acteurs qui ne “pensent” pas
L’un des points les plus sous-estimés :
les marchés ne sont plus pilotés principalement par des humains.
Ils sont pilotés par :
- des modèles quantitatifs
- des algorithmes de market-making
- des stratégies CTA (trend following)
- des stratégies “risk parity”
- des fonds qui suivent la volatilité
Ces systèmes n’ont pas d’âme.
Ils n’ont pas de mémoire historique.
Ils n’ont pas de prudence morale.
Ils n’ont pas de discernement politique.
Ils exécutent.
Et lorsqu’ils basculent, ils basculent tous ensemble.
6) La “stabilité” moderne est un système de vente de volatilité
Il faut le dire brutalement :
Le monde financier a transformé la stabilité en produit.
Les stratégies dominantes consistent à :
- vendre la volatilité
- acheter des actifs risqués
- empiler du levier
- arbitrer des écarts microscopiques
- faire de la performance sur des “marges”
Tout cela fonctionne…
tant que la volatilité reste basse.
Mais si la volatilité monte, ces stratégies deviennent suicidaires.
Et le problème est que :
tout le monde fait la même chose.
C’est la définition d’un système fragile.
7) La finance contemporaine : une guerre froide permanente
Le marché n’est plus un marché.
C’est un théâtre stratégique.
Une guerre froide entre :
- les États
- les banques centrales
- les blocs monétaires
- les intérêts industriels
- les plateformes technologiques
Et dans cette guerre, la volatilité est un outil.
Parfois elle est provoquée.
Parfois elle est utilisée.
Parfois elle est tolérée.
Mais elle n’est plus seulement “subie”.
8) Le point TS2F : l’Empire protège les structures, pas les individus
C’est là que la lecture TS2F devient indispensable.
Dans un monde en crise, l’Empire ne sauve pas “le marché”.
Il sauve :
- les infrastructures critiques
- les banques systémiques
- les industries stratégiques
- les plateformes de contrôle
- les acteurs de souveraineté
En clair :
il sauve le squelette.
Mais il laisse mourir les tissus.
Les classes moyennes.
Les épargnants.
Les entrepreneurs non connectés.
Les petits porteurs.
La volatilité est donc aussi un mécanisme de tri.
9) La prochaine crise ne ressemblera pas à 2008 : elle sera plus politique
En 2008, la crise était financière.
Aujourd’hui, la crise est :
- monétaire
- énergétique
- industrielle
- géopolitique
- démographique
- technologique
La volatilité ne sera pas un épisode.
Elle sera un régime.
Et ce régime de volatilité est compatible avec une chose :
la transformation autoritaire des États.
Car la peur économique est le carburant de la gouvernance d’urgence.
10) Conclusion : la volatilité est la vérité du monde réel
On nous a vendu une fiction :
- un monde “régulé”
- un monde “stabilisé”
- un monde “géré”
- un monde “prévisible”
La volatilité vient dire :
non.
Le réel revient.
La matière revient.
La souveraineté revient.
La force revient.
Et lorsque le réel revient, il ne demande pas la permission.
Postface Lupus : l’illusion du calme, la certitude du choc
La stabilité actuelle n’est pas un signe de santé.
C’est un signe de compression.
Et dans l’histoire, tout ce qui est compressé finit par exploser.
Le cocktail Molotov n’est pas lancé depuis l’extérieur.
Il est fabriqué au cœur même du système.

The Lords of the New Church — “Going Downtown” est parfaitement calibré
➡️ urgence
➡️ tension urbaine
➡️ atmosphère de fin de cycle
➡️ chute assumée
C’est le son d’un système qui descend “downtown” pendant que les marchés brûlent en surface.
🎧 Morceau d’accompagnement : The Lords of the New Church — “Going Downtown”
Parce que quand la volatilité explose, ce n’est pas une anomalie.
C’est un aveu.

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COCKTAILS MOLOTOV SUR LES MARCHÉS : LA VOLATILITÉ COMME AVEU. LA STABILITÉ COMME IMPOSTURE.
On vous vend un monde “stabilisé”.
On vous vend des marchés “matures”.
On vous vend la promesse d’un capitalisme sans douleur.
Mais ce que vous voyez n’est pas de la stabilité.
C’est une anesthésie.
Et l’anesthésie n’est pas une guérison :
c’est une mise en coma.
Depuis dix ans, l’Occident a voulu effacer la volatilité comme on efface une fièvre :
par décret, par taux zéro, par QE, par algorithmes, par dérivés, par levier.
Résultat ?
La volatilité n’a pas disparu.
Elle a été comprimée.
Et ce qui est comprimé finit toujours par exploser.
La liquidité ?
Elle est devenue une religion.
Mais la liquidité n’est pas un fait.
C’est une croyance collective.
Elle tient tant que personne ne veut sortir en même temps.
Quand le choc arrive, la liquidité s’évapore,
les prix décrochent,
les algorithmes fuient,
et la “stabilité” se transforme en incendie.
Le cocktail Molotov, ce n’est pas l’ennemi qui le lance.
C’est le système qui le fabrique.
Et c’est là que la lecture TS2F devient vitale :
l’Empire ne sauvera pas les portefeuilles.
Il sauvera les structures.
Les infrastructures.
Les banques systémiques.
Les plateformes.
Les acteurs stratégiques.
Le squelette.
Pas les tissus.
Nous entrons dans une ère où la volatilité n’est plus un épisode :
c’est un régime.
Un climat.
Une vérité.
Et dans ce régime, seuls survivront ceux qui auront compris une chose :
la stabilité moderne est une imposture administrative.
Le réel revient.
La matière revient.
La souveraineté revient.
Et le réel, lui, ne négocie pas.
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