Cycle Economique et Financier

Indicateur alarmant négligé par le marché

Indicateur alarmant négligé par le marché

MASSE MONETAIRE. La chute de l’agrégat devrait se répercuter sur le momentum.

Certains indicateurs agissent comme des avertissements, annonciateurs, dans certains cas, d’une baisse ou hausse imminente des marchés. Parmi ceux-là, la masse monétaire en circulation, qui est largement corrélée avec le PIB d’un pays où d’une zone.

Depuis 1995, la corrélation est flagrante entre le M1 (12 mois) et l’évolution du PIB, laissant ainsi augurer d’un avenir peu flatteur en termes de croissance.

PLUS/MOINS DE MASSE EN SUIVANT :

Il convient donc ici de faire un update sur les agrégats monétaires d’un pays ou d’une zone monétaire qui sont définis par la Banque Centrale. Ils regroupent en effet l’ensemble des actifs monétaires ou quasi monétaires détenus par les agents non financiers. Ces exigibilités sont considérées comme liquides par les agents économiques et sont ainsi censées refléter leur capacité de dépense.

l Distinguer masse et masse

Les agrégats sont des indicateurs statistiques élaborés par les autorités monétaires, censés refléter la capacité de dépense des agents économiques non financiers. Ils sont un rôle crucial d’information pour les banques centrales. Il y a effectivement une nécessité d’établir une frontière entre les différents actifs financiers … Au niveau européen, trois agrégats monétaires communs et harmonisés ont été établis, du plus étroit (M1) au plus large (M3):

M1: c’est la monnaie, qui regroupe les pièces et les billets en circulation dans le secteur non bancaire ainsi que les dépôts à vue des clients (comptes bancaires). La croissance réelle du M1 est actuellement revenue à des niveaux de 2008.

M2 : c’est le M1 plus le crédit à court terme, les comptes sur les livrets, soit les dépôts terme en moins de 2 ans et le dépôts à préavis de moins de 3 mois.

M3 : c’est la masse monétaire. En fait le M2 plus certains placements monétaires, titres de créances de moins de 2 ans, OPCVM monétaires et Pensions. Il faut savoir que la statistique la plus suivie par les marchés est la M3 publiée par l’ECB. Celle-ci est une des variables importantes que l’ECB utilise pour déterminer sa politique monétaire et donc combattre son ennemi juré : l’inflation. Cependant la M3 ne permet pas de repérer les mouvements internes à cet agrégat, mouvements qui peuvent avoir une réelle importance.

Recul de la croissance de M3 et des crédits au privé en Juin

zone euro. Le ralentissement conjugué à des indicateurs économiques moins performants devrait conduire la BCE à opérer une pause dans le resserrement de ses taux.

La croissance de la masse monétaire M3 et la hausse du crédit au secteur privé en zone euro ont ralenti en juin, selon des chiffres publiés par la BCE, ce qui ne devrait pas inciter l’institution à relever ses taux prochainement. La masse monétaire M3, qui permet de mesurer les pressions inflationnistes à moyen terme, a augmenté de 2,1% en juin sur un an, après +2,5% en mai, a annoncé mercredi un porte-parole de la Banque centrale européenne (BCE).

Les analystes du consensus réuni par l’agence Dow Jones Newswires attendaient une progression plus importante de M3, de 2,3%. Les crédits au secteur privé en zone euro ont augmenté de 2,5% en juin en glissement annuel, après une hausse de 2,7% en mai. Sur trois mois, d’avril à juin, la masse monétaire M3 a augmenté de 2,2% sur un an, soit dans la même proportion que lors des trois mois précédents (mars-mai), a ajouté le porte-parole de la BCE.

Début juin la BCE avait relevé sa prévision d’inflation pour la zone euro en 2011 à 2,6%, contre 2,3% auparavant, soit au-delà du seuil de 2% que son mandat lui impose de ne pas dépasser à moyen terme. Un mois plus tard elle avait augmenté son principal taux directeur, pour la deuxième fois de l’année, le portant à 1,50%. Le ralentissement de M3, conjugué à des indicateurs économiques moins performants en zone euro, devrait conduire l’institution monétaire de Francfort (ouest) à opérer une pause dans le resserrement de ses taux.

Les analystes attendaient initialement une nouvelle hausse en octobre, voire en décembre. Mais la crise de la dette, qui connaît un certain répit depuis l’adoption d’un nouveau plan de sauvetage la semaine dernière en faveur de la Grèce, devrait la pousser à attendre 2012, de l’avis de certains analystes. «Le ralentissement de la croissance de la masse monétaire (…) suggère que la menace inflationniste est faible… Cela soutient les arguments de la BCE pour ne pas relever ses taux au moins à court terme», selon Howard Archer d’IHS Global Insight, qui s’attend à un statu quo de la BCE jusqu’à l’an prochain.

«Les développements de la masse monétaire et du crédit en zone euro continuent d’être anémiques» estime Julian Callow de Barclays Capital.

La hausse des prêts aux entreprises hors secteur financier a accéléré en juin (+1,5% contre 0,9% en mai) mais celle des prêts aux ménages a ralenti à cause de la modération des crédits immobiliers.

A noter qu’il faut aussi parler de M4 qui inclut certains titres du marché monétaire (billets de trésorerie et bons du Trésor) détenus par les agents économiques mentionnés ci dessus.

Les actifs les moins facilement convertibles sont ceux dont la détention est la plus stable. Le comportement monétaire et financier des agents non financiers est à la base d’une classification des actifs liquides dans la masse monétaire. L’agrégat monétaire ne regroupe que des actifs détenus par les agents non financiers et résidant.

Selon la définition, la masse monétaire peut être stable, en expansion ou en contraction. Actuellement, la question tourne donc autour de la masse monétaire et le risque qu’elle présenterait de se contracter. C’est l’indicateur le plus symbolique de la déflation. A l’inverse, une progression non maitrisée de la masse monétaire dit que l’inflation est proche sinon déjà présente dans le système.

Il faut s’attaché au M1, car il comprend les moyens de paiement utilisables immédiatement et donc totalement liquides alors que les autres agrégats doivent d’abord être transformés pour devenir des moyens de règlements.

l Une logique mathématique

Il est logique que les montants des agrégats évoluent suivant la croissance du PIB, car plus de production implique plus de revenus et une inévitable croissance de la monnaie et de l’épargne. La dé-corrélation que nous rencontrons donc actuellement ne devrait pas perdurer et devrait donc se répercuter sur le momentum économique. Les prévisions de croissances pour la zone euro semblent trop optimistes et nous devrions voir des révisions à la baisse en cours d’année.

Pour mémoire, selon le bulletin du FMI du 17 juin 2011, la croissance mondiale, qui souffre du ralentissement au Japon et aux États-Unis, devrait s’accélérer de nouveau au second semestre de l’année, mais elle reste déséquilibrée et une action concertée de la part des principaux pays est nécessaire pour éviter des dangers latents, note le FMI dans ses dernières prévisions.

Bien que le FMI ait maintenu sa prévision pour la croissance mondiale plus ou moins inchangée, à 4,3 % pour cette année, puis 4,5 % en 2012, il note que «le léger ralentissement observé au deuxième trimestre de 2011 n’est pas rassurant».

l Conclusion

Depuis le milieu des années 1980, la multiplication des innovations financières dans un contexte de dérèglementation provenant des pays anglo-saxons est allée en s’accélérant. En effet, la distinction entre actifs monétaires et actifs financiers est rendue floue par l’émergence de nouveaux actifs financiers qui combinent rentabilité et liquidité. La fiabilité des agrégats monétaires est donc logiquement mise en question ce qui rend le pilotage de la création monétaire beaucoup plus aléatoire.

Il convient donc de prendre ce signal pour un warning parmi d’autres et non comme un facteur à proprement dit déclencheur.

John -f. Plassard Louis Capital Markets, Genève

1 réponse »

  1. Les banques prêtent beaucoup mois et cherchent à attirer les épargnants
    pour améliorer leurs ratios en vue des problèmes de dettes à venir

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