A Chaud!!!!!

L’ Edito du Mercredi 6 Juin 2012 : A propos de la sécurité des dépôts bancaires, mythes et réalités Par Bruno Bertez (actualisé au 9/6/12 à 9h15)

L’ Edito du Mercredi 6 Juin 2012  :  A propos de la sécurité des dépôts bancaires, mythes et réalités Par Bruno Bertez (actualisé au 9/6/12 à 9h15)

La sécurité des dépôts que vous avez dans les banques est l’une des préoccupations majeures en ce moment chez les pays pestiférés.

    Nous avons expliqué que même ceux qui croyaient ne pas spéculer, en fait,  le faisaient, sans le savoir. Ils spéculent sur le fonctionnement ordonné du système bancaire en Europe.

Les fuites de capitaux de Grèce, Espagne, Italie, ne sont pas causées par les craintes sur le fonctionnement ordonné du système bancaire, non, elles sont alimentées par la peur d’une sortie de l’euro et la redénomination des dépôts en monnaie nouvelle locale.

Accessoirement, elles sont alimentées par la peur de répression financière aggravée, blocage des mouvements de capitaux, contrôle des changes, prélèvements sur les soldes créditeurs.

C’est la raison pour laquelle, sans trop en parler, on évoque en Europe la possibilité de rassurer le public en proposant des mesures de garantie des dépôts bancaires pour toute l’Europe. La rumeur a même circulé que l’Allemagne serait pour.

D’abord, une mise au point, il n’y a pas de fuite des capitaux à ce stade en France. Les chiffres ne traduisent pas un déséquilibre des mouvements de capitaux en défaveur de la France, mais simplement un moindre mouvement d’entrées. On se réfugie de moins en moins en France, disons.

Ensuite, disons qu’une telle garantie serait, passez-nous l’expression, bidon. Il y a 16 à 17 trillions de dépôts en Europe et aucune institution, fut-ce la BCE, ne peut faire face à un tel risque. Si on limite à la garantie, c’est encore pire, car on précipite la fuite mécanique des capitaux au-dessus du plafond vers des lieux d’accueil non européens. Par ailleurs, une garantie à laquelle participerait l’Allemagne serait inconstitutionnelle. Enfin, ceux qui disent que seuls certains pays auraient besoin de cette garantie sont des naïfs, les banques étant interconnectées, la perte de confiance dans l’une entrainerait perte de confiance en chaine, même en dehors des frontières, c’est la rançon de la globalisation-financiarisation idiote voulue par les kleptos.

Enfin, et c’est le pire puisque nous sommes dans le domaine de la confiance et que les conditions objectives de la confiance ne sont pas réunies, la crédibilité d’un tel mécanisme serait nulle et, en tant que telle, cela déclencherait le risque contre lequel cela prétendrait protéger.

Tout le monde sait qu’en matière financière les chiffres font toujours boule de neige, on part sur 35 milliards, comme dans le cas de la Grèce, et on est à 350, même chose en cours sur l’Espagne avec des montants déjà hors de toute possibilité européenne et bientôt globale, si on continue à gérer comme des imbéciles. Le trou des banques espagnoles a commencé à 5 milliards, il est monté à 10, il est maintenant à 95 et les estimations privées crédibles sont à 200.

Dans ces conditions, nous maintenons notre position, les dépôts bancaires sont une spéculation comme les autres, sur les actifs à maturité zéro, c’est à dire la monnaie et leur émetteurs, les banques avec risque de contrepartie et de custody.

Nous maintenons aussi notre position très ferme, au lieu de mutualiser et de faire supporter aux uns les pertes des autres, au lieu de faire du socialisme, il faut faire du capitalisme pur et dur, trancher. Il faut isoler les pestiférés, éviter qu’ils ne contaminent ceux qui résistent à la maladie de la peste, protéger ceux qui sont encore à peu près sains et peuvent s’en sortir.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

L’Histoire avec un grand H dira que ce fut l’erreur incroyable, la faute de Hollande et de son entourage d’avoir, pour des raisons politiciennes, choisi de se solidariser des pestiférés alors que la France était encore indemne et pouvait s’en sortir. Mais Hollande se projetait déjà dans l’histoire, il se plaçait déjà dans la perspective d’un nouveau dérapage des finances publiques françaises provoqué par sa politique et le paiement de son élection par des largesses.

La pensée socialiste a un vice fondamental, elle prend parti pour les faibles, les minorités ou supposées telles, elle donne les banlieues en exemple, elles sont l’avenir de la France, on visite les prisons plutôt que Polytechnique au lendemain de l’élection, on s’associe à Rajoy plutôt qu’à Merkel, on étale la déstructuration des familles comme si cela était un bien, on défend le mariage homosexuel et l’adoption et, au même moment, on veut casser le soutien des familles et de la natalité que constitue le quotient familial, etc.

Hélas, la vie est une lutte, la confrontation internationale est sans pitié, surtout en période de crise. C’est chacun pour soi et Dieu pour tous. Nos socialistes veulent remplacer Dieu: Qui veut faire l’ange fait la bête, l’enfer est pavé de bonnes intentions, connaissez-vous la sagesse des nations? Elle ne dit pas que des c…….s. Et ce n’est pas en affaiblissant les forts et encourageant la prolifération, la production systémique de faibles, que la France s’en sortira.

Et dire que Sarkozy avait choisi pour thème : La France forte.

On attend le débat de ses successeurs sur ce thème, ont-ils autre chose en vue que leur petite et médiocre carrière d’apparatchiks avec garde du corps et voitures avec chauffeurs?

Certains s’étonnent de notre virulence à dénoncer la politique qui est menée face à la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons. Notre indignation est fondée sur:

– La gravité réelle de la situation, gravité que l’on dissimule dans tous les pays

– Le comportement des pseudo élites politiques qui sont responsables de la création de cette situation dans les années 80, que ce soit à droite comme à gauche, mais un peu plus à gauche

– Le comportement flagorneur des intellectuels, médias et self déclarés économistes,  rémunérés par les banques

– Le scandale que constitue, en cette période électorale française, l’escamotage du vrai seul sujet. Ainsi, le débat devrait être le suivant :

1) acceptez-vous, pour sauver l’euro, leur euro, de continuer à chômer, vous appauvrir, à être déclassés socialement, tondus fiscalement et monétairement 

2) ou bien, acceptez-vous l’autre solution que l’on vous cache, mais qui est la seule alternative, à savoir l’intégration politique sous la houlette allemande, le fédéralisme, c’est-à-dire la perte de souveraineté. En bref, acceptez-vous de devenir les nouveaux Allemands de l’Est

– Le fait que ces mêmes pseudo élites qui vous ont conduit à la catastrophe par une machine monétaire infernale continuent de parader, de siéger dans les gouvernements, à la Commission, servent de conseillers occultes, voire de Parrains. Ces mêmes personnes continuent d’être payées, d’abord pour avoir monté la machine infernale, ensuite, pour avoir masqué ses dysfonctionnements, enfin, pour faire semblant de la réparer avec votre argent, sur votre dos et sans chance aucune de succès.

La monnaie unique repose dès le départ sur une erreur intellectuelle, une faute de raisonnement, lesquelles ont été passées sous silence pour des raisons politiques et politiciennes.

Jacques Delors qui se vante maintenant d’avoir dénoncé la faille, the flaw, dans le dispositif et son entourage sont autant, sinon plus coupables que les autres car ils ont été complaisants, comme Mitterrand et Kohl l’ont été par goût de gloriole. Ceux qui étaient au courant et ont laissé faire mérite l’opprobre plus que les autres.

La monnaie unique, il faut oser le dire, était un pari dont il était sûr qu’il serait perdu. Et cela se savait. Oui, cela se savait, cela crevait les yeux. Pas besoin d’être anglo-saxon pour le voir, il suffisait de connaitre les plans, les dispositifs, les mécanismes et surtout les hypothèses cachées, dissimulées aux peuples.

Le pari énorme de ces gens étaient que le dispositif ne serait jamais contesté, qu’il fonctionnerait à l’optimum, tout était conçu pour la perfection, c’était bien un rêve de démiurge, socialiste, dirigiste, constructiviste, aveuglé par ses idéologies de toute puissance, de savoir infini. Un rêve de « monsieur je sais tout », mieux que vous, mieux que Dieu car Dieu c’est moi.

Comme on avait l’illusion que le mécanisme ne serait jamais contesté, au mépris de l’histoire, de l’intelligence et du simple bon sens, rien n’a été prévu pour faire face aux crises, aux contestations de la machine infernale.

Nos grands architectes de l’univers ont cru que parce que, eux, croyaient, tout le monde allait croire, toujours. Ils ont cru qu’ils étaient plus forts que la nature humaine, que l’envie, la paresse, le goût du luxe, ils ont cru aux compétences et à l’honnêteté des hommes politiques. Hélas, ils sont tous les mêmes, les Grecs, les Irlandais, les Espagnols, les Italiens, les Français… prêts à tout pour être élus, prêts à tout pour que cela dure.

L’erreur fondamentale a été de croire que les déficits de balances des paiements des différents Etats allaient cesser d’être importants. La balance des paiements d’un pays,  c’est sa contrainte suprême, c’est l’empêcheur de faire n’importe quoi. Ils ont cru que le recyclage des capitaux privés des pays excédentaires vers les pays déficitaires allait se faire à l’infini, sans problème, sans mise en question de la solvabilité des emprunteurs. Ils ont délibérément joué la carte de la kleptocratie bancaire qui a gagné des fortunes dans ce recyclage de l’épargne des uns, les Allemands, vers le financement des déficits des autres, les pays du Sud. Ils ont volontairement laissé le système bancaire faire des surprofits sur les taux, la convergence des taux, sur l’illusion de la convergence, ils ont laissé faire tout cela sur le dos des peuples, sur le dos des économies productives sans sourciller.

Dès le Grand Rapport, le rapport fondateur de 1990, « One Market, One Money », l’erreur était posée, le rapport disait en substance: les déséquilibres de balances des paiements seront financés par les marchés, sans intervention d’une autorité monétaire; ce postulat n’a pas été analysé, pas été critiqué, pas été contesté! Plus loin, on lisait : l’un des effets de la monnaie unique sera que les contraintes de balance des paiements disparaitront, les marchés privés, les mêmes que ceux contre lesquels on lutte, n’est-ce pas en ce moment, les marchés privés financeront les emprunteurs, les grands équilibres épargne/investissement cesseront d’être des contraintes au niveau national. Bref, le rapport disait, socialiste à un point tel que l’on n’en peut plus: avec la monnaie unique, demain on rase gratis et pour l’éternité.

Le dispositif est ainsi conçu, est-ce bien le mot?  qu’il ne supporte aucune contestation, ni par l’intérieur, la gabegie des gouvernements, ni par l’extérieur, les marchés.

Tout le reste en découle.

Personne n’a remis en question les hypothèses de départ, quand on a vu que les pays trichaient, on a fermé les yeux ; maintenant que la catastrophe est là, on la cache, on dissimule, on tond les citoyens, on les met au chômage, on délite les règles sociales fondamentales, on contrôle, on menace. Le pire est que cela est sans espoir.

On veut pas que vous sachiez que la fuite des capitaux du sud vers le nord et l’imbécile système Target 2 dans lequel l’Allemagne, la Bundesbank, le peuple allemand accumulent les créances irrécouvrables, de ce système, on ne veut surtout pas parler car il est bien pire que tout ce que l’on demande à l’Allemagne et bien plus énorme que les fonds de soutien EFSF, ESM, etc. On ne veut pas envisager que la boule de neige des mouvements de capitaux va continuer, on croit au miracle. On ne veut pas croire que le run des marchés de gros du refinancement des banques, le run sur les obligations bancaires ne fait que précéder le run sur les dépôts.

Le trou grec n’est rien, mais il est à la fois rien et tout, grâce à Madame Lagarde, Madame Merkel et autres. D’un problème gérable, bénin, on a voulu faire un exemple, tordre les bras de ces malheureux pour qu’ils montrent aux Espagnols, aux Italiens, aux Français etc. qu’ils avaient intérêt à bien se conduire. Mais le trou grec est devenu fissuré, lézardé dans l’édifice, dans le château de cartes européen, dans le barrage. Les Grecs, comme cela était prévisible, ont renversé le chantage et les Espagnols s’y essaient.

A COMPARER AVEC LE COUT DU GREXIT POUR LALLEMAGNE

Source : Eric Dor, Director of research at the IESEG School of Management, Université Catholique de Lille

AUTRE VERSION DU COUT DU GREXIT POUR LALLEMAGNE :

Source Zerohedge

Le trou grec, c’est la preuve concrète, historique, incontournable, que les promoteurs de l’euro avaient tort. C’est le grand feu vert, c’est le maillon faible d’une chaine qui, de toute façon, en comporte beaucoup d’autres.

Il nous revient d’un temps où, en 1981, les socialistes, grisés par leur succès,  annonçaient: nous allons faire tomber des têtes et l’un d’entre eux ajoutait, oui mais il faut dire lesquelles.

Les têtes doivent tomber, de tous côtés, les responsables d’une des plus grandes catastrophes  doivent être punis. Punis avant le doublement du chômage, avant la violence, avant la perte des libertés généralisée.

 BRUNO BERTEZ Le 6 Juin 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EDITO PRECEDENT : L’Edito du Samedi 2 Juin 2012 : La kleptocratie, masque du socialisme Par Bruno Bertez (actualisé au 6/6/12 à 15H00)

EN BANDE SON :

AVERTISSEMENT ET A PROPOS :  Nous attirons votre attention sur le fait que personne ne peut chiffrer et donc comparer les couts soit de l’ eclatement de l’euro, soit de son sauvetage. 

Les phénomènes monétaires et financiers ont ceci de particulier qu’ils sont des phénomènes de foule, aux conséquences imprévues, imprévisibles, non voulues et qui sont souvent bien plus importantes que celles que l’on peut envisager. 

Quel serait le coup social ou politqiue d’une issue ou d’une autre, personne ne le sait.

Certains pays sont fragiles avec un consensus social deja fissuré d’autres sont solides avec des Etats de droit forcément plus résistants. 

 Les travaux publiés sur ce sujet constituent de la propagande à prendre comme telle. 

 Ils ont néanmoins un aspect iinformatif et c’est la raison pour laquelle ils sont intéressants,   dans la mesure ou ils montrent , révèlent le type d’intoxication dont sont victimes et en meme temps complices les gouvernements et les médias. 

Un exemple  d’approximation et  de propagande est fourni par  les estimations de pertes des Allemands en cas d’éclatement sur le poste Target 2, le chiffre fourni est fantaisiste et ne repose sur aucune analyse sérieuse,meme pas sur la lecture de la charte du système Target 2,  il a été refuté avec maestria recemment. 

Enfin un éclatement de l’euro peut prendre diverses formes, et selon les formes les couts varieront considérablement, de mème le poids de l’éclatement sera supporté de facon différente par les pays en fonction des modalités. 

Un éclatement de l’euro provoqué par une sortie de l’Allemagne n’aurait absolument pas les mèmes conséquences qu’un éclatement de l’euro causé par un départ de certains pays du sud. 

Ce qui est sûr, c’est que dans tous les cas, c’est l’aventure.

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Du Mercredi 7 juin 2012 : Nouveau réaménagement sur le pont du Titanic

On avait déjà réaménagé les chaises et transats sur le pont du Titanic, on nous dit que de nouveaux réaménagements sont explorés.
Le problème, c’est toujours l’Espagne et ses banques qui ont heurté l’écueil de l’insolvabilité et donc de la perte de confiance. Laquelle perte de confiance se transmet au souverain lui-même.
Donc, on prendrait le taureau par les cornes, si l’on peut dire, et on s’attaquerait directement au problème des banques sans passer par le souverain, c’est à dire par l’Etat espagnol.
Remarquez tout d’abord que c’est pur réaménagement puisque les problèmes sont les problèmes, les trous sont les trous, et l’argent pour renflouer reste toujours le même, c’est à dire soi-disant européen, mais en réalité allemand.
Reuters nous dit que le gouvernement allemand explorerait un tourniquet, il faut appeler les choses par leur nom, qui permettrait de fournir des fonds au FROB, le fond dit « Fund for orderly bank restructuring » espagnol.
Ceci pourrait être fait via l’ESM sans violer sa charte.
Ainsi, l’Allemagne chargerait un peu plus sa barque pour permettre de kick the can un peu plus sur les banques espagnoles.
Les conditions de cette intervention seraient limitées aux banques, elles ne seraient pas étendues au souverain, ce qui laisse intact l’honneur de Rajoy et Guindos.
Bien entendu, pour crédibiliser le tout, on ferait un audit des banques espagnoles…
Vous remarquerez notre retenue, nous ne faisons aucun commentaire, soucieux de déguster notre prévision juste de retour du risk-on et du jeu de l’action et de la réaction.
Ou plutôt si, nous ferons une remarque. Tout ceci confirme que l’Allemagne, ou du moins Merkel, est dans la seringue et que de reculades en reculades, elle arrivera au mur.

http://www.boursier.com/actualites/news/economie-vers-un-plan-d-aide-light-a-l-espagne-486032.html

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Du Jeudi 7 Juin 2012 : A lire, Cameron défend Merkel


Le leader britannique Cameron vient de délivrer un discours. Compte tenu du contenu de ce discours, il est peu probable qu’on lui accorde une large publicité en France. Le point le plus important que nous retenons de ce discours est celui qui concerne Merkel.
Cameron met en garde contre la tendance des gouvernements européens à accabler Angela Merkel et à se reposer sur elle pour trouver des solutions à la crise.
Cameron va très loin puisqu’il dit que c’est une erreur et surtout que c’est incorrect. Les mots utilisés sont « wrong » et « unfair ». Cameron ajoute qu’il est contre-productif de s’attendre à ce qu’un leader porte toutes les responsabilités.
Il signale que la crise a pris un nouveau tournant cette semaine lorsque l’Espagne a déclaré qu’elle considérait qu’elle avait perdu tout accès aux marchés de crédit en raison des taux élevés qu’on lui imposait.
Cameron a ajouté que la BCE pensait comme lui puisque Draghi avait déclaré que les marchés monétaires de la zone euro étaient à nouveau en situation « de dysfonctionnement ». Draghi a par ailleurs, rappelle Cameron, considéré que c’étaient aux leaders politiques de trouver des solutions ; un nouveau flot de liquidités gratuites n’était nullement justifié.
 Les solutions de Cameron vont légèrement dans notre sens, mais pas tout à fait. Il dit qu’il faut élever des fire walls, c’est-à-dire mettre des coupe-feu ? Nous, nous disons qu’il faut isoler les pestiférés et préserver ce qui est sain, ce qui est  la même idée. Il considère aussi qu’il faut recapitaliser les banques. Evidemment, nous sommes pour, mais nous, nous pensons qu’il est indispensable auparavant de procéder à une vraie, nous disons bien vraie, opération Vérité.
Pour le long terme, bien sûr, tout le monde est d’accord, il faut des plans crédibles pour réduire le fardeau des dettes et arrêter d’en accumuler de nouvelles par les déficits.

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Du Jeudi 7  Juin 2012 :   Nous attirons votre attention sur le fait que….

La gravité de la crise que l’on a frolé la semaine derniére a déterminé des réponses concertées, opportunes , intelligentes et compétentes, vues sous l’angle de la manipulation des marchés.

La concertation a été effective avec deplacement des émissaires d’Obama en Europe, concertation etroite et encore en cours entre la Grande Bretagne et l’Allemagne, concertation entre la FED  et sa succursale euro , la BCE.

Obama a consulté les Anglais, les Allemands, les Italiens, il est a noter en passant qu’il semble considérer que les Français devaient ètre tenus à l’écart à moins que les informations disponibles n’aient commis une omission.

Nous vous avons indiqué que cette concertation avait bien identifié les seuils techniques des marché a ne pas franchir; nous vous avons rapporté les rumeurs lancées fort opportunement, les indiscretions dans la presse comme celle du Wall Street Journal sur la possibilité d’action de la FED,   puis celle sur le pseudo ralliement de Merkel a un tourniquet de recapitalisation des banques espagnoles etc etc

La presentation ce matin , du resultat tronqué de la vente de dette espagnole, presentation comme un succes, ce qu’elle n’est pas, atteste de la réalité des manipulations.

Nous avons expliqué il y a quelques mois que , sous la conduite des anglo saxons, le travail et le pilotage des marchés etait competent, pointu. En particulier nous avons mis le doigt sur la technique nouvelle qui consiste a agir en salves au lieu de one -shot.

C’est la technique, la tactique qui est en cours de developpement, avec comme objectif de tenir les marchés au moindre cout jusqu’au résultat des élections grecques.

La répartition des taches est bien faite, sans bavure; entre autre chose il s’agit de « tarter » le decouvert, de lui donner une leçon.

Chacun y va de sa partition.

On a appris la baisse surprise des taux de la Banque Centrale chinoise ce matin , ce qui a relancé le cercle , le cycle boursier en cours en Asie.

Chaque fois que les gros du decouvert ont attaqué ils se sont fait prendre à contrepied ces derniers jours et dernières heures.

La derniere salve sera t elle tirée par la FED elle mème a l’occasion de son prochain FOMC? Ou bien a t-on fait tout cela pour préparer à une deception de ce coté?

L’habilité  suprème  consiste à maintenir l’incertitude, à souffler le chaud et le froid. Dans l’optique des manipulateurs de marchés , le succes c’est quand on réussit à maintenir un marché ordonné, discuté, avec deux sens également probables.

Nous en sommes là. On s’est éloigné des zones dangereuses, on a restauré les deux sens sur les marchés.

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Jeudi 7 Juin :  Le point de vue des deux banques centrales BCE  et FED 

Draghi s’est exprimé en milieu de semaine, Bernanke ce jour devant le Joint Committee. 

Ce qui frappe c’est la domination culturelle americaine. Du temps de Trichet on avait encore l’impression d’ètre européen, en Europe tant par le vocabulaire, le mode de raisonnement, les concepts utilisés. Trichet restait spécifique.

Draghi reprend mot pour mot les constructions de phrase de Bernanke, les mèmes tournures, les mèmes astuces du banquecentralementcorrect, ce que l’on appelle le fedspeak. 

Nous pensons que c’est important à signaler, c’est bien un signe du ralliement à la pensée anglo saxonne c’est à dire la pensée de la financiarisation.

On évacue le réel et on le remplace par une panoplie de signes que l’on manipule comme un prestidigitateur ou un illusionniste devant des spectateurs qui ainsi perdent leurs réferences critiques. 

Certains disent que c’est la manifestation d’un gouvernement mondial, nous disons c’est le signe d’un systeme mondial dont les rouages et les ressorts restent en grande partie dissimulés. 

Le sens profond du message des deux duettistes, compères est exactement le mème. C’est ce qui nous a frappé: tous deux disent la politique monetaire ne peut pas tout , les gouvernements doivent faire leur part de travail. Tous deux ont lancé la balle dans le camp des politiques. 

Draghi dit .  «  there is no silver bullet  «   ce qui est bien de la culture americaine.

Bernanke dit , la Fed  ne peut pas tout 

Draghi appelle les Européens à des réformes structurelles, nous y reviendrons.

Bernanke appelle le Congres US  à prendre ses responsabilités fiscales.

 Sur la crise européenne, ils ont le mème point de vue, la crise peut escalader, il faut faire vite.Les deux banquiers pensent que les gouvernements européens doivent faire plus et plus vite. 

De la mème manière, mais avec des mots différents les deux compères suggèrent que, si il le faut,  ils interviendront et prendront les mesures nécessaires. Draghi insiste sur le fait que les dispositifs en cours de fournitures de liquidités continuent de fonctionner et qu’ils seront maintenus, Il ne prend pas position sur un troisieme LTRO tout comme Bernanke ne prend pas d’engagement sur QE3. 

Sur l’économie ils divergent. Draghi constate que l’économie euro s’affaiblit, Bernanke dit que la croissance se poursuit à un rythme modéré. 

Revenons un peu plus sur Draghi: 

Manifestement il est persuadé , comme nous que l’on fera tout ce qu’il faut pour gagner du temps.Et que les Allemands avaleront les couleuvres qu’il faudra pour gagner ce temps. 

Qu’attends Draghi?  Il attend le moyen terme dit-il: Le moyen terme c’est 3 a 5 ans :

Il n’y a aucun remede de court terme, sauf les kick the can, il faut reformer: Notre Draghi ne se rend pas compte de sa contradiction quand il dit il faut faire vite et en mème temps reconnait que ce sera long. 

Et là nous pensons que l’on va au clash avec les nouveaux élus français ou françois,  comme l’on veut. 

Il faut réformer les marchés du travail,  On sait ce que c’est , c’est la flexibilité, les réformes du code du travail, les plus grands facilités pour licencier etc tout ce qui est imposé ces derniers temps aus Pays du Sud. Mélenchon peut préparer ses troupes , il ne sera pas géné par ses accords electoraux avec le PS , Aubry a decliné ses offres de service. 

Il faut améliorer la concurrence, La encore ce n’est tout a fait la vision des Gauches 

Il faut réduire les déficits non pas par la hausse des impots mais par la baisse des dépenses, surtout il ne faut pas pénaliser l’investissement . 

Là, à notre avis il n’y a pas que Melenchon qui voit rouge, il y a les trois quarts du PS 

Enfin, mais ceci s’adresse à tout le monde et est un voeu pieux, il faut une vision du futur de l’euro pour restaurer la confiance. Merci, on s’en doutait un peu.

Notre idée est que les Banques Centrales donnent la priorité au risk management.

Les risks escaladent, les amortisseurs sont largement usés, les marges de manoeuvre tres réduites, donc il faut , selon nous, économiser les armes, garder de la poudre sèche.

Cela nous parait vrai pour Draghi qui aurait pu baisser les taux cette semaine mais garde une marge pour la semaine ou le mois prochain.

Cela nous parait vrai pour Bernanke , mais dans son cas ce serait plus parce que ses marges de manoeuvres politiques et techniques sont faibles.

Si il n’y avait pas eu intervention ces deux dernières semaines, il est évident que l’on risquait un trou de 10 a 15% . auquel cas la rentabilité de long terme d’un achat d’actions effectué sur la base de cours de panique aurait été très satisfaisante. Déjà au niveau actuel la rentabilité de long terme d’un achat d’actions est sinon attrayante, du moins a considérer. Le problème d’un achat au cours actuel est le risk de voir des cours nettement plus bas à moyen terme sur ses achats, ce qui n’est jamais agréable.

En attendant , le vrai casse tète pour les gens de la zone euro me parait ètre la protection du cash contre les dépréciations, contre la répression financière,les rédenominations, le risque de contrepartie, le risque de custody.

Le grand mouvement en cours c’est le transfert des ressources de ceux qui épargnent vers ceux qui sont endettés et ont un besoin vital de s’endetter plus.
Tout vise à ce que les citoyens ne puissent pas s’opposer, résister à ce transfert.
Fiscalité, controle, pression sociale, stigmatisation, en attendant le controle des mouvements de capitaux, le blocage partiel des comptes.

Les récentes décisions euros constituent des préparatifs subreptices pour permettre un renforcement des controles, blocages et prédation , avec le plan d’unification bancaire européen, avec la pseudo garantie européenne des dépots, avec le retour pratique aux controles aux frontières. On se redonne les moyens pratiques de s’opposer à la liberté de circuler, il suffira de se donner les moyens juridiques en banalisant l’exceptionnel que l’on vient de décider cette semaine.

Détenir de l’argent, en posséder, et s’opposer au transfert épargnants vers endettés devient pénal. La situation en Grèce, Italie, Espagne sous cet aspect préfigure ce qui va se passer ailleurs, suivez mon regard.

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Du Vendredi 8 Juin Il est temps de penser à l’Italie

Pas pour les vacances, non .

Pour le début de campagne qui se dessine contre Monti.

Mario Monti - Caricature

Une double campagne se développe contre Monti , à la fois chez les Anglo saxons du FT et chez les Italiens du Corriere .

La popularité de Monti chute dans les sondages, son soutien populaire s’effondre. Les classes supérieures aussi le lachent, le patronat et certains groupes de presse également.Lui mème le reconnait , tout comme il reconnait qu’il a commis des erreurs et aurait pu faire mieux.

Ses reformes ne sont pas remises en question mais elles sont fortement critiquées et il sera difficile d’aller plus loin; La chute de l’activité économique se fait sentir sur les recettes fiscales et le doute se généralise.

 

Plusieurs ministres commencent à prendre leur distance, plus soucieux de leur carrière que du succes des réformes en cours.

Face à cette situation Monti s’accroche à la bouée de sauvetage des eurobonds, il veut y croire.

La dette italienne est de 1,9 trillions et les taux recommencent à monter.

 

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Sur le fil de la crise de l’euro

De la suite des propos de Christine Lagarde sur les Grecs, au succès du Goethe Institute dans les pays du sud de la zone euro

-La directrice du Fonds monétaire international (FMI) a trouvé un soutien. Fin mai, Christine Lagarde avait reproché aux Grecs de ne pas payer leurs impôts, qui s’étaient dits «humiliés». Vendredi, le directeur de la brigade grecque des contrôles fiscaux, Nikos Lekkas, s’est dit d’«accord» avec la Française. «L’évasion fiscale en Grèce atteint 12% à 15% du produit intérieur brut (PIB), ce sont 40 à 45 milliards d’euros par an. […] Si nous pouvions en récupérer ne serait-ce que la moitié, le problème de la Grèce serait résolu», a-t-il indiqué dans un entretien quotidien allemand Die Welt.

-La récession en Grèce continue de s’aggraver. Le PIB a chuté de 6,5% sur un an au premier trimestre 2012, selon les données révisées des statistiques grecques publiées hier, corrigeant des premières estimations évaluant ce recul à 6,2%.

 

-Les lourdes pertes des grandes banques grecques

Alpha Bank/Eurobank. La première est surtout victime de la récession et de la hausse des provisions. La seconde subit les dépréciations liées à la restructuration de la dette.

La récession et la hausse des provisions pour créances douteuses ont plombé au premier trimestre les résultats des deuxième et troisième banques grecques, Alpha Bank et Eurobank, qui ont respectivement essuyé des pertes nettes de 107,8 et de 236 millions d’euros. Pour Eurobank EFG, la contre-performance a été aggravée par des dépréciations supplémentaires après la restructuration de la dette souveraine grecque. Pour Alpha Bank, la perte, à comparer à un bénéfice net de 10,5 millions au premier trimestre 2011, «découle surtout de la poursuite de la récession, pour la cinquième année consécutive» et d’une hausse de 23,2% sur un an des provisions, à 320,7 millions d’euros, a précisé le groupe. Après les lourdes pertes enregistrées en 2011 par Alpha Bank (-3,8 milliards d’euros) – et par tout le secteur bancaire grec – du fait de la restructuration de la dette souveraine du pays, l’objectif est désormais «la mise en place d’un cadre de recapitalisation facilitant la participation du secteur privé», a souligné le directeur du groupe, Iannis Kostopoulos. Eurobank EFG, qui avait pour sa part affiché au premier trimestre 2011 une perte de 5 millions d’euros, a également imputé sa perte du premier trimestre 2012 à une augmentation de ses provisions pour créances douteuses de 9% sur un an, à 365 millions d’euros. Sa perte opérationnelle s’est élevée à 77 millions au premier trimestre, à laquelle s’est ajoutée une moins-value comptable de 159 millions découlant de l’opération de restructuration de la dette souveraine grecque menée en mars. Eprouvée par la «grave crise économique et budgétaire traversée par la Grèce», Eurobank entend «continuer à renforcer sa position dans le contexte de l’effort de recapitalisation» soutenu par l’Etat et les bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, «pour contribuer activement à la relance de l’économie», a commenté le directeur du groupe, Nicholaos Nanopoulos. Les deux autres piliers du système bancaire grec, la Banque nationale de Grèce (BNG) et la Banque du Pirée ont également conclu le premier trimestre dans le rouge. La BNG a annoncé une perte nette de 537 millions d’euros et la Banque du Pirée de 80 millions d’euros avant impôts. La restructuration de la dette souveraine, dite PSI (Private sector involvment), a permis l’effacement d’environ 107 milliards d’euros de titres de dette grecque détenus par les créanciers privés, mais au prix de pertes de plus de 70% sur leur mise de départ pour ces prêteurs.

-La cinquième banque grecque, ATE Bank, serait menacée de faillite. Cet établissement «devra être fermé ou progressivement liquidé», a indiqué l’agence Reuters, citant une source proche de la Commission européenne. Bruxelles presse la Grèce de liquider certaines banques, mais elle ne peut pas le décider car seule la banque centrale du pays en a le pouvoir.

-Pour rappel :  Le Fond de Stabilité Bancaire Grec (« Hellenic Financial Stability Fund ») a apporté €18 Mds de capitaux propres aux 4 grandes banques du pays sous la forme d’apports en nature de titres émis par l’EFSF. National Bank of Greece a reçu €7,4 Mds, Alpha Bank €1,9 Mds, EFG Eurobank €4,0 et Piraeus Bank €4,7 Mds. Après ce 1er round de recapitalisation, le Fond de Stabilité Bancaire Grec dispose encore de €7,7 Mds de ressources dont €700 M de cash. Un 2nd round de recapitalisation de €25 Mds doit se dérouler en septembre prochain.

-Deux caisses d’épargne espagnoles sous tutelle de l’Etat en raison de leurs difficultés, CatalunyaCaixa et Novagalicia, auront besoin de 9 milliards d’euros d’argent public pour se redresser, selon la Banque d’Espagne. Jeudi, l’agence de notation Fitch a abaissé de trois crans jeudi la note de l’Espagne, évoquant le coût d’une restructuration du secteur bancaire, chiffré entre 60 et 100 milliards d’euros et qui rend de plus en plus probable le scénario d’une aide financière européenne à ce pays.

-Gagnant indirect de la crise de l’euro, l’ Institut Goethe enregistre des records de fréquentation au sein de l’Europe du Sud, touchée par la crise, a-t-il indiqué vendredi dans un communiqué. Spécialisé dans la diffusion de la langue et la culture allemandes, il a enregistré sur les trois premiers mois de l’année une progression de ses effectifs de 30% en Italie, 35% en Espagne et «même de plus de 50% en Grèce».

Banco Popolare di Milano a décidé de suspendre le paiement de ses coupons sur les dettes Tier 1. Deux souches d’un encours total d’environ €260 M et servant des coupons autour de 9% vont donc cesser de produire des intérêts. Cette décision du management de la banque fait suite à la publication d’une perte annuelle de €505 M l’année passée. L’absence de paiement de dividendes rendait optionnel le paiement des coupons : ces deux titres ont perdu 25% de leur valeur environ et supprimé 11 mois de coupons

-La vitesse de circulation de la monnaie (rapport entre le PIB nominal et la masse monétaire M3) au sein de la zone Euro est passée de 1,46 en 1991 à 0,97 en 2011. Sur la période, le PIB nominal a ainsi augmenté moins vite que la masse monétaire M3. La relation s’est toutefois inversée depuis 2010 avec une croissance nominale supérieure à M3. Le « deleveraging » des banques n’étant pas terminé, la progression de M3 risque de demeurer faible durant les prochaines années.

BRI: chute des créances internationales

Les créances internationales des banques ont enregistré leur plus importante chute depuis l’effondrement de l’établissement américain Lehman Brothers en 2008, principalement dans la zone euro sous pression de la crise des dettes publiques, a annoncé dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI). Les créances transfrontalières ont reculé globalement de 799 milliards de dollars (642,9 milliards d’euros), soit de 2,5%, au quatrième trimestre 2011. Cette baisse a en grande partie été le fait d’une réduction de 637 milliards de dollars, soit un recul de 3,1%, des prêts entre banques. Selon la BRI, les banques actives au niveau international ont réduits leurs prêts aux établissements de la zone euro, mais aussi dans une moindre mesure aux banques dans les pays en développement. Les prêts à destination des banques dans la zone euro ont ainsi reculé de 364 milliards de dollars, soit un recul de 5,9%. Les établissements situés dans la périphérie de l’union monétaire ont particulièrement souffert de cette tendance. Les crédits à destination des banques en Italie ont ainsi baissé de 9,8%. Les prêts ont baissé de 8,7% pour leurs homologues situés en Espagne et se sont «fortement contractés» pour les banques en Grèce, en Irlande et au Portugal.

Europe les entreprises se tournent vers les USA pour emprunter 

La crise de la dette en Europe pousse les entreprises du continent à se tourner vers les marchés américains pour emprunter de l’argent, selon le Wall Street Journal de hier. Elles ont ainsi emprunté environ 14,4 milliards d’euros (environ 18 milliards de dollars) depuis le début de l’année sur le marché américain des prêts à effet de levier, selon des données de S&P Capital IQ LCD. C’est plus du double du total de l’année 2011 (6,7 milliards d’euros) et le plus haut niveau au moins depuis 2007, où le volume pour l’ensemble de l’année était de seulement 12,2 milliards d’euros. Les prêts à effet de levier sont consentis aux entreprises déjà endettées ou qui ne sont pas bien notées par les agences de notation, ce qui rend ce marché sensible à la crise de la dette en Europe.

BCE les banques françaises stabilisent leurs emprunts 

Les emprunts des banques françaises auprès de la Banque centrale européenne (BCE) se sont stabilisés en mai après avoir augmenté sans discontinuer depuis décembre, selon des chiffres publiés mardi par la Banque de France. Au 8 mai, l’encours des banques françaises auprès de la BCE atteignait 1,6 milliard d’euros à court terme emprunté lors des opérations principales de refinancement à sept jours (Main refinancing operation ou MRO) et 169,1 milliards lors des opérations «à plus long terme» (LTRO), c’est à dire 1 mois, 3 mois, 1 an et 3 ans. A 170,7 milliards d’euros, le niveau des prêts de la BCE aux établissements français est peu ou prou le même que début avril (170,5). En revanche, les banques françaises ont nettement augmenté les dépôts qu’elles effectuent auprès de l’institut francfortois, les portant à 138,7 milliards d’euros contre 103,8 un mois plus tôt. Ces dépôts ont été progressivement renforcés depuis juillet 2011, mouvement favorisé par l’aggravation de la crise de la zone euro et de la défiance du marché vis-à-vis des banques européennes.

Moody’s dégrade Commerzbank et six autres banques allemandes. Deutsche Bank, elle aussi sur la sellette, est l’objet d’un examen à part

L’agence de notation Moody’s a annoncé hier qu’elle avait abaissé la note d’une série de banques allemandes et autrichiennes, comme elle l’avait laissé entrevoir en février. L’agence américaine de notation Moody’s avait dressé en février une liste de 114 instituts européens et 17 banques d’envergure internationale – dont Deut­sche Bank – menacés de voir baisser leur note. Au cours des semaines passées, 16 banques espagnoles et 26 instituts italiens avaient vu baisser la leur.Puis il y a peu  c’était au tour des trois plus grandes banques autrichiennes et de sept banques allemandes dont Commerzbank, la deuxième banque du pays en partie nationalisée dans le sillage de la crise bancaire. «Les banques allemandes sont engagées dans de nombreux pays et secteurs d’activité tels l’immobilier ou les transports maritimes internationaux particulièrement affectés par l’aggravation de la crise de la dette», explique l’analyste de Moody’s Carola Schuler. Fin mars, le bilan de Commerzbank faisait état d’un engagement à hauteur de 14 milliards d’euros en Espagne, dont 4,4 milliards de créances bancaires. La note de la dette à long terme de Commerzbank baisse d’un point (à A3) et sa perspective est abaissée à «négative».

Les banques DZ Bank et Dekabank passent à A1; Deutsche Hypothekenbank, et les banques régionales du Bade-Wurtemberg et Nord LB à A3, la banque régionale de Hesse-Thuringe Helaba à A2. La banque coopérative WGZ Bank garde sa note assortie d’une perspective négative.

Deutsche Bank, elle aussi sur la sellette, est l’objet d’un examen à part. Sa note devrait être connue d’ici à la fin du mois, selon Moody’s. Globalement, Moody’s analyse d’un œil critique le modèle de la banque d’investissement d’envergure internationale à Deutsche Bank, affecté de graves problèmes structurels aux yeux de l’agence: manque de confiance des investisseurs, coûts de refinancement en hausse, trop faible concurrence, trop forte imbrication des instituts les uns avec les autres… Pire encore aux yeux de l’agence serait la situation des banques européennes d’envergure régionale, type Landesbank allemande.

26 réponses »

  1. Elles doivent tomber, dites-vous? Mais qui les fera tomber? Ce sont tous ces responsables qui dirigent, tiennent toutes les manettes de notre bien-aimé système vérolé, ils ne couperont donc jamais d’eux-mêmes la branche sur laquelle reposent leurs augustes séants ;)))

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  2. Mercredi 6 Juin

    Nous attirons votre attention sur le fait que personne ne peut chiffrer et donc comparer les couts soit de l’ eclatement de l’euro, soit de son sauvetage.

    Les phénomènes monétaires et financiers ont ceci de particulier qu’ils sont des phénomènes de foule, aux conséquences imprévues, imprévisibles, non voulues et qui sont souvent bien plus importantes que celles que l’on peut envisager.

    Quel serait le coup social ou politqiue d’une issue ou d’une autre, personne ne le sait.
    Certains pays sont fragiles avec un consensus social deja fissuré d’autres sont solides avec des Etats de droit forcément plus resistant.

    Les travaux publiés sur ce sujet constituent de la propagande à prendre comme telle.

    Ils ont neanmoins un aspect iinformatif et c’est la raison pour laquelle ils sont intéressants, dans la mesure ou ils montrent , révèlent le type d’intoxication dont sont victimes et en meme temps complices les gouvernements et les médias.

    Un exemple d’approximation et de propagande est fourni par les estimations de pertes des allemands en cas d’éclatement sur le poste Target 2, le chiffre fourni est fantaisiste et ne repose sur aucune analyse sérieuse,meme pas sur la lecture de la charte du système Target 2, il a été refuté avec maestria recemment.

    Enfin un eclatement de l’euro peut prendre diverses formes, et selon les formes les couts varieront considerablement, de mème le poids de l’éclatement sera supporté de facon différente par les pays en fonction des modalités.

    Un éclatement de l’euro provoqué par une sortie de l’Allemagne n’aurait absolument pas les mèmes conséquences qu’un éclatement de l’euro causé par un départ de certains pays du sud.

    Ce qui est sûr, c’est que dans tous les cas, c’est l’aventure.

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  3. Deux pensées (bof) triviales m’obsèdent ces temps ci, au vu des actions …
    perpétrées par le Hollande président. Pardon de les formuler, mais après tout
    on est bien entre amis hein ?

    La première :

    Le problème avec les cons, c’est qu’ils n’arrêtent jamais. (Audiard je pense ?)

    La seconde ? Du domaine quasiment public :

    MORT AUX CONS !

    Bah ! m’a tout l’air que ça s’en vient ?

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  4. Citations historiques sur la monnaie

    Comme celui qui a l’argent est toujours le maître de l’autre, le traitant se rend des­po­tique sur le prince même : il n’est pas législateur, mais il le force à donner des lois.
    Montesquieu, « L’esprit des lois. »
    Contrairement à votre situation britannique, il n’y a pas en Nouvelle Angleterre un seul chômeur, mendiant ou vagabond. Cela grâce a l’émission sans intérêt dans nos 13 colonies « de monnaie de papier; ce qui permet de contrôler le pouvoir d’achat (en circulation) et n’engendre pas de dette publique.
    Benjamin Franklin devant des membres du gouvernement anglais, 1750.
    Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une armée debout. Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation.
    Thomas Jefferson (troisième président des Etats-Unis)
    Donnez moi le contrôle sur la monnaie d’une nation,et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois.
    Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)
    Messieurs, un certain M. John Sherman nous a écrit qu’il n’y a jamais eu autant de chance pour les capitalistes d’accumuler de la monnaie que par « un décret promulgué », selon le plan formulé par l’Association Britannique des Banquiers. Il donne presque tous pouvoirs à la banque nationale sur les finances de la nation. (…) si ce plan prenait force de loi, il en découlerait de grands profits pour la fraternité des banquiers dans le monde entier.(…) M. Sherman dit que les quelques personnes qui comprennent ce système ou bien seront intéressées à ses profits ou bien dépendront tellement de ses faveurs qu’il n’y aura pas d’opposition de la part de cette classe, alors que la grande masse du peuple, intellectuellement incapable de comprendre les formidables avantages que tire le capital du système, portera son fardeau sans complainte et peut-être sans s’imaginer que le système est contraire à ses intérêts. Vos serviteurs dévoués.
    Signé : « Rothschild frères. »En 1865, dans une lettre envoyée par le banquier londonien à ses confrères de Wall Street à New York.
    Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l’un engraisse les usuriers, et l’autre aiderait le peuple. Si l’argent émis par le gouvernement n’était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas bonnes non plus. C’est une situation terrible lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s’endetter et se soumettre à payer des intérêts ruineux.
    Thomas Edison
    Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation, en conséquence, ainsi que toutes nos activités, sont entre les mains de quelques hommes. Nous en sommes venus à être un des gouvernements les plus mal dirigés du monde civilisé, un des plus contrôlés et dominés non pas par la conviction et le vote de la majorité mais par l’opinion et la force d’un petit groupe d’hommes dominants.
    Woodrow Wilson, président des États-Unis 1913-1921
    Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et, en un tour de mains, ils créeront assez d’argent pour la racheter. Ôtez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais, si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits.
    Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre 1928-1941, réputé 2e fortune d’Angleterre à cette époque.
    Les banquiers américains ont prêté des sommes considérables à Hitler qui les a remboursé en pillant l’Europe. Ces mêmes banquiers ont continué à s’enrichir en accordant des emprunts pour la reconstruction l’Europe dévastée d’après guerre.
    Un juriste américain
    Nous sommes reconnaissants envers le Washington Post, le New York Times, Time Magazine et d’autres grands journaux, leurs directeurs ayant participé à nos rencontres et ayant respecté la promesse de discrétion pendant près de 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer notre Plan pour le Monde toutes ces années durant si les projecteurs avaient été braqués sur nos activités. Le Monde est maintenant plus sophistiqué et plus préparé à accepter un Gouvernement Mondial. La Souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’autodétermination nationale des peuples, pratiquée tout au long de ces derniers siècles .
    David Rockefeller (discours à la Commission Trilatérale en 1991).
    Dans son essence, la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique à la création de monnaie par des faux-monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.
    Maurice Allais, prix Nobel d’économie
    Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et l’industrie privée me semble l’entité adéquate pour le faire .
    David Rockefeller
    Si vous permettiez aux banquiers d’émettre l’argent d’une nation, ils ne se soucieraient pas des lois.
    Baron Rothschild
    Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise au non. La seule question est de savoir s’ill sera créé par conquête ou par consentement.
    Paul Warburg, banquier, le 17 février 1950 devant le Sénat américain
    Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin.
    Henry Ford

    Encore merci pour vos analyses de cette transformation de société…
    Aprés ces quelques citations, j’aimerais juste comprendre l’analyse de ceux qui réfutent le terme de « complot »?
    Oui, nous allons perdre nos souveraineté, notre liberté et en plus, c’est nous, le peuple qui allons demander, vouloir cette perte pour garder un semblant de démocratie…

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  5. Mercredi 7 juin 2012 : Nouveau réaménagement sur le pont du Titanic
    On avait déjà réaménagé les chaises et transats sur le pont du Titanic, on nous dit que de nouveaux réaménagements sont explorés.
    Le problème, c’est toujours l’Espagne et ses banques qui ont heurté l’écueil de l’insolvabilité et donc de la perte de confiance. Laquelle perte de confiance se transmet au souverain lui-même.
    Donc, on prendrait le taureau par les cornes, si l’on peut dire, et on s’attaquerait directement au problème des banques sans passer par le souverain, c’est à dire par l’Etat espagnol.
    Remarquez tout d’abord que c’est pur réaménagement puisque les problèmes sont les problèmes, les trous sont les trous, et l’argent pour renflouer reste toujours le même, c’est à dire soi-disant européen, mais en réalité allemand.
    Reuters nous dit que le gouvernement allemand explorerait un tourniquet, il faut appeler les choses par leur nom, qui permettrait de fournir des fonds au FROB, le fond dit « Fund for orderly bank restructuring » espagnol.
    Ceci pourrait être fait via l’ESM sans violer sa charte.
    Ainsi, l’Allemagne chargerait un peu plus sa barque pour permettre de kick the can un peu plus sur les banques espagnoles.
    Les conditions de cette intervention seraient limitées aux banques, elles ne seraient pas étendues au souverain, ce qui laisse intact l’honneur de Rajoy et Guindos.
    Bien entendu, pour crédibiliser le tout, on ferait un audit des banques espagnoles…
    Vous remarquerez notre retenue, nous ne faisons aucun commentaire, soucieux de déguster notre prévision juste de retour du risk-on et du jeu de l’action et de la réaction.
    Ou plutôt si, nous ferons une remarque. Tout ceci confirme que l’Allemagne, ou du moins Merkel, est dans la seringue et que de reculades en reculades, elle arrivera au mur.

    http://www.boursier.com/actualites/news/economie-vers-un-plan-d-aide-light-a-l-espagne-486032.html

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  6. Jeudi 7 Juin 2012 : A lire, Cameron défend Merkel
    Le leader britannique Cameron vient de délivrer un discours. Compte tenu du contenu de ce discours, il est peu probable qu’on lui accorde une large publicité en France. Le point le plus important que nous retenons de ce discours est celui qui concerne Merkel.
    Cameron met en garde contre la tendance des gouvernements européens à accabler Angela Merkel et à se reposer sur elle pour trouver des solutions à la crise.
    Cameron va très loin puisqu’il dit que c’est une erreur et surtout que c’est incorrect. Les mots utilisés sont « wrong » et « unfair ». Cameron ajoute qu’il est contre-productif de s’attendre à ce qu’un leader porte toutes les responsabilités.
    Il signale que la crise a pris un nouveau tournant cette semaine lorsque l’Espagne a déclaré qu’elle considérait qu’elle avait perdu tout accès aux marchés de crédit en raison des taux élevés qu’on lui imposait.
    Cameron a ajouté que la BCE pensait comme lui puisque Draghi avait déclaré que les marchés monétaires de la zone euro étaient à nouveau en situation « de dysfonctionnement ». Draghi a par ailleurs, rappelle Cameron, considéré que c’étaient aux leaders politiques de trouver des solutions ; un nouveau flot de liquidités gratuites n’était nullement justifié.
    Les solutions de Cameron vont légèrement dans notre sens, mais pas tout à fait. Il dit qu’il faut élever des fire walls, c’est-à-dire mettre des coupe-feu ? Nous, nous disons qu’il faut isoler les pestiférés et préserver ce qui est sain, ce qui est la même idée. Il considère aussi qu’il faut recapitaliser les banques. Evidemment, nous sommes pour, mais nous, nous pensons qu’il est indispensable auparavant de procéder à une vraie, nous disons bien vraie, opération Vérité.
    Pour le long terme, bien sûr, tout le monde est d’accord, il faut des plans crédibles pour réduire le fardeau des dettes et arrêter d’en accumuler de nouvelles par les déficits.

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  7. Jeudi 7 Juin Nous attirons votre attention sur le fait que….

    La gravité de la crise que l’on a frolé la semaine derniére a déterminé des réponses concertées, opportunes , intelligentes et compétentes, vues sous l’angle de la manipulation des marchés.

    La concertation a été effective avec deplacement des émissaires d’Obama en Europe, concertation etroite et encore en cours entre la Grande Bretagne et l’Allemagne, concertation entre la FED et sa succursale euro , la BCE.

    Obama a consulté les anglais, les allemands, les italiens, il est a noter en passant qu’il semble considérer que les français devaient etre tenus a l’écart à moins que les informations disponibles n’aient commis une omission.

    Nous vous avons indiqué que cette concertation avait bien identifié les seuils techniques des marché a ne pas franchir; nous vous avons rapporté les rumeurs lancées fort opportunement, les indiscretions dans la presse comme celle du Wall Street Journal sur la possibilité d’action de la FED, puis celle sur le pseudo ralliement de Merkel a un tourniquet de recapitalisation des banques espagnoles etc etc

    La presentation ce matin , du resultat tronqué de la vente de dette espagnole, presentation comme un succes, ce qu’elle n’est pas, atteste de la réalité des manipulations.

    Nous avons expliqué il y a quelques mois que , sous la conduite des anglo saxons, le travail et le pilotage des marchés etait competent, pointu. En particulier nous avons mis le doigt sur la technique nouvelle qui consiste a agir en salves au lieu de one -shot.

    C’est la technique, la tactique qui est en cours de developpement, avec comme objectif de tenir les marchés au moindre cout jusqu’au resultat des élections grecques.

    La repartition des taches est bien faite, sans bavure; entre autre chose il s’agit de « tarter » le decouvert, de lui donner une leçon.

    Chacun y va de sa partition.

    On a appris la baisse surprise des taux de la Banque Centrale chinoise ce matin , ce qui a relancé le cercle , le cycle boursier en cours en Asie.

    Chaque fois que les gros du decouvert ont attaqué ils se sont fait prendre a contrepied ces derniers jours et dernieres heures.

    La derniere salve sera t elle tirée par la FED elle meme a l’occasion de son prochain FOMC? Ou bien a ton fait tout cela pour preparer a une deception de ce cote?

    L’habilité supreme consiste a maintenir l’incertitude, a souffler le chaud et le froid. Dans l’optique des manipulateurs de marchés , le succes c’est quand on reussit a maintenir un marché ordonné, discuté, avec deux sens egalement probables.

    Nous en sommes là. On s’est eloigne des zones dangereuses, on a restauré les deux sens sur les marchés.

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    • Merci de ces analyses et avertissements si pertinents Mr Bertez.

      Avec plus de 70% des transactions qui sont « automatisées », avec des ordinateurs qui analysent les dépêches des fils de presse en direct et qui réagissent instantanément, les manipulations des tendances est plus aisée.

      Mais il s’agit encore et toujours de manipulation, qui nous éloignent toujours davantage de la « situation réelle », et qui renforcent un peu plus les forces sous-jacente de retour à l’équilibre.

      On essaie de « bruler » les spéculateurs, leur faire assez mal pour qu’ils aillent sévir sous d’autres cieux. Tactique d’un autre temps, qui fonctionne encore parfois (voir au taux de change fixe EUR/CHF) mais qui est structurellement révolue.

      Les gens qui ont perdu de l’argent avec ces manoeuvres brillantes et concertées n’aiment pas ça. Leurs joujoux électroniques se font berner et, de ce que je sais du domaine, c’est un appel formidable pour complexifier algorithmes et analyses automatisées. Donnez leurs quelques mois, là aussi ils trouveront la parade, c’est incontournable (voir à course aux armements).

      Là encore, nous assistons à la fin des moyens d’action des gouvernants, à la fin d’un paradigme.

      Tout ceci est bien intéressant. Inquiétant mais bien intéressant.

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  8. Le pire est que nos princes vont dans des séminaires de luxe (genre château de la Loire à 1000 € les 24h) , pour apprendre à sortir du cadre pour résoudre les problèmes.
    Mais dans la zérozone, il est interdit de sortir du cadre !
    Les grecs ne doivent pas sortir du cadre martelle la presse tout azimut.
    IL EST INTERDIT DE SORTIR DU CADRE ! (sous peine de mort ? )

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  9. Jeudi 7 Juin : Le point de vue des deux banques centrales BCE et FED

    Draghi s’est exprimé en milieu de semaine, Bernanke ce jour devant le Joint Committee.

    Ce qui frappe c’est la domination culturelle americaine. Du temps de Trichet on avait encore l’impression d’ètre européen, en Europe tant par le vocabulaire, le mode de raisonnement, les concepts utilisés. Trichet restait spécifique.
    Draghi reprend mot pour mot les constructions de phrase de Bernanke, les mèmes tournures, les mèmes astuces du banquecentralementcorrect, ce que l’on appelle le fedspeak.

    Nous pensons que c’est important à signaler, c’est bien un signe du ralliement à la pensée anglo saxonne c’est à dire la pensée de la financiarisation.
    On évacue le réel et on le remplace par une panoplie de signes que l’on manipule comme un prestidigitateur ou un illusionniste devant des spectateurs qui ainsi perdent leurs réferences critiques.

    Certains disent que c’est la manifestation d’un gouvernement mondial, nous disons c’est le signe d’un systeme mondial dont les rouages et les ressorts restent en grande partie dissimulés.

    Le sens profond du message des deux duettistes, compères est exactement le mème. C’est ce qui nous a frappé: tous deux disent la politique monetaire ne peut pas tout , les gouvernements doivent faire leur part de travail. Tous deux ont lancé la balle dans le camp des politiques.

    Draghi dit . « there is no silver bullet « ce qui est bien de la culture americaine.
    Bernanke dit , la Fed ne peut pas tout

    Draghi appelle les Européens à des réformes structurelles, nous y reviendrons.
    Bernanke appelle le Congres US à prendre ses responsabilités fiscales.

    Sur la crise européenne, ils ont le mème point de vue, la crise peut escalader, il faut faire vite.Les deux banquiers pensent que les gouvernements européens doivent faire plus et plus vite.

    De la mème manière, mais avec des mots différents les deux compères suggèrent que, si il le faut, ils interviendront et prendront les mesures nécessaires. Draghi insiste sur le fait que les dispositifs en cours de fournitures de liquidités continuent de fonctionner et qu’ils seront maintenus, Il ne prend pas position sur un troisieme LTRO tout comme Bernanke ne prend pas d’engagement sur QE3.

    Sur l’économie ils divergent. Draghi constate que l’économie euro s’affaiblit, Bernanke dit que la croissance se poursuit à un rythme modéré.

    Revenons un peu plus sur Draghi:

    Manifestement il est persuadé , comme nous que l’on fera tout ce qu’il faut pour gagner du temps.Et que les Allemands avaleront les couleuvres qu’il faudra pour gagner ce temps.

    Qu’attends Draghi? Il attend le moyen terme dit-il: Le moyen terme c’est 3 a 5 ans :
    Il n’y a aucun remede de court terme, sauf les kick the can, il faut reformer: Notre Draghi ne se rend pas compte de sa contradiction quand il dit il faut faire vite et en mème temps reconnait que ce sera long.

    Et là nous pensons que l’on va au clash avec les nouveaux élus français ou françois, comme l’on veut.

    Il faut réformer les marchés du travail, On sait ce que c’est , c’est la flexibilité, les réformes du code du travail, les plus grands facilités pour licencier etc tout ce qui est imposé ces derniers temps aus Pays du Sud. Mélenchon peut préparer ses troupes , il ne sera pas géné par ses accords electoraux avec le PS , Aubry a decliné ses offres de service.

    Il faut améliorer la concurrence, La encore ce n’est tout a fait la vision des Gauches

    Il faut réduire les déficits non pas par la hausse des impots mais par la baisse des dépenses, surtout il ne faut pas pénaliser l’investissement .

    Là, à notre avis il n’y a pas que Melenchon qui voit rouge, il y a les trois quarts du PS

    Enfin, mais ceci s’adresse à tout le monde et est un voeu pieux, il faut une vision du futur de l’euro pour restaurer la confiance. Merci, on s’en doutait un peu.

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  10. Les 2 banques centrales n’ont rien donné pour relancer les marchés. on peut en déduire que:
    soit ils pensent que ca s’améliore,
    soit ils considèrent que le début de panique de la semaine dernière n’est pas suffisant pour justifier leur intervention. Il faut sans doute s’attendre à un crash beaucoup plus sévère avant que la cavalerie n’intervienne. Une opportunité?

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    • Bonjour Charles

      Nous pouvons nous tromper, ceci n’est qu’une opinion.

      Notre idée est que les Banques Centrales donnent la priorité au risk management.

      Les risks escaladent, les amortisseurs sont largement usés, les marges de manoeuvre tres réduites, donc il faut , selon nous, économiser les armes, garder de la poudre sèche.

      Cela nous parait vrai pour Draghi qui aurait pu baisser les taux cette semaine mais garde une marge pour la semaine ou le mois prochain.

      Cela nous parait vrai pour Bernanke , mais dans son cas ce serait plus parce que ses marges de manoeuvres politiques et techniques sont faibles.

      Si il n’y avait pas eu intervention ces deux dernières semaines, il est évident que l’on risquait un trou de 10 a 15% . auquel cas la rentabilité de long terme d’un achat d’actions effectué sur la base de cours de panique aurait été très satisfaisante. Déjà au niveau actuel la rentabilité de long terme d’un achat d’actions est sinon attrayante, du moins a considérer. Le problème d’un achat au cours actuel est le risk de voir des cours nettement plus bas à moyen terme sur ses achats, ce qui n’est jamais agréable.

      En attendant , le vrai casse tète pour les gens de la zone euro me parait ètre la protection du cash contre les dépréciations, contre la répression financière,les rédenominations, le risque de contrepartie, le risque de custody.

      Le grand mouvement en cours c’est le transfert des ressources de ceux qui épargnent vers ceux qui sont endettés et ont un besoin vital de s’endetter plus.
      Tout vise à ce que les citoyens ne puissent pas s’opposer, résister à ce transfert.
      Fiscalité, controle, pression sociale, stigmatisation, en attendant le controle des mouvements de capitaux, le blocage partiel des comptes.

      Les récentes décisions euros constituent des préparatifs subreptices pour permettre un renforcement des controles, blocages et prédation , avec le plan d’unification bancaire européen, avec la pseudo garantie européenne des dépots, avec le retour pratique aux controles aux frontières. On se redonne les moyens pratiques de s’opposer à la liberté de circuler, il suffira de se donner les moyens juridiques en banalisant l’exceptionnel que l’on vient de décider cette semaine.

      Détenir de l’argent, en posséder, et s’opposer au transfert épargnants vers endettés devient pénal. La situation en Grèce, Italie, Espagne sous cet aspect préfigure ce qui va se passer ailleurs, suivez mon regard.

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      • L ‘ « Union bancaire pour la repression en Europe », bien vu, cela donne du sens à leur agitation soudaine sur ce thème. Une interdiction de sortie des capitaux serait politiquement vendable, ce serait une arme cohérente dans la panoplie austérité.
        De son côté, Merkel fait des grandes phrases apaisantes, parle du moyen terme, mais ne recule sur aucun point concret et gagne du temps, gagner du temps pour quoi faire?

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    • @michel

      Fisher de la Fed a raison : l’émergence d’une grande monnaie concurrente du dollar prend du temps et dans le cas de l’euro non seulement cela prend du temps mais de la douleur et des larmes;

      Fisher a tort cependant car si l’émergence d’une monnaie concurrente prend du temps, la chute d’une monnaie , sa destruction , elle , peut etre rapide surtout si ceux qui gerent cette monnaie ont l’illusion comme Fisher que l’on peut tout se permettre.

      Ces gens ne connaissent ni l’histoire ni la pensée critique. Une monnaie se détruit toujours,toujours de l’interieur.

      C’est la formation americaine fait d’empirisme et d’arrogance .

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      • Merci pour vos analyses, Monsieur Bertez, mais n’était-il pas préférable pour les pays européens de conserver leur monnaie ce qui leur aurait peut être permis d’éviter le désastre actuel (chômage de masse en France depuis vingt ans et désindustrialisation) plutôt que de vouloir créer une monnaie concurrente du Dollar ?

        A quoi a servi la création de l’Euro ? (en particulier pour la France)

        Est-ce que cette « guerre monétaire » Europe Etats-Unis est favorable à l’Europe, et à l’Occident ?

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        • @Jean

          Vous savez il est difficile de réécrire l’histoire. On sait ce qui s’est passé avec un euro mal conçu, on sait que l’on a trompé les peuples , tout cela est incontestable, mais on ne sait pas ce qui se serait passé en l’absence d’euro.
          Je ne vais pas m’aventurer à l’imaginer.

          Ce qui est sur , et c’était previsible, prévu à l’epoque c’est que cette machine infernale a été montée par des incapables , des idéologues et des politiciens incompétents. j’ajoute des menteurs et dissimulateurs.

          Ils ont voulu mettre la charrue avant les boeufs et forcer à l’unification politique par le biais de la monnaie contre le souhait et la volonté des peuples, voila le fond de la question. Et l’Europe en paie le prix après l’avoir déjà payé cher en terme de chomage , de baisse de la qualité de vie, de perte d’indépendance , voire perte de dignité.
          Le rève de concurrencer le dollar n’a été entretenu que par quelques illuminés
          nostalgiques du Gaullisme qui n’avaient pas compris que pour réussir il fallait des atouts et une volonté que personne n’a.

          Par ailleurs, refuser le système monètaire international n’est pas faire la guerre au dollar c’est avoir une vision responsable à long terme car les Américains abusent du privilège du dollar roi et mènent le monde à la castastrophe…

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  11. Vendredi 8 Juin Il est temps de penser à l’Italie

    Pas pour les vacances, non .

    Pour le début de campagne qui se dessine contre Monti.

    Une double campagne se développe contre Monti , à la fois chez les Anglo saxons du FT et chez les Italiens du Corriere .

    La popularité de Monti chute dans les sondages, son soutien populaire s’effondre. Les classes supérieures aussi le lachent, le patronat et certains groupes de presse également.Lui mème le reconnait , tout comme il reconnait qu’il a commis des erreurs et aurait pu faire mieux.

    Ses reformes ne sont pas remises en question mais elles sont fortement critiquées et il sera difficile d’aller plus loin; La chute de l’activité économique se fait sentir sur les recettes fiscales et le doute se généralise.

    Plusieurs ministres commencent à prendre leur distance, plus soucieux de leur carrière que du succes des réformes en cours.

    Face à cette situation Monti s’accroche à la bouée de sauvetage des eurobonds, il veut y croire.

    La dette italienne est de 1,9 trillions et les taux recommencent à monter.

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  12. vendredi 8 Juin un peu d’humour

    Michel Sapin ministre du travail a trouvé un moyen de rendre impossible les licenciements sans les interdire.

    Sur France Info il a declaré qu’il envisageait de rendre les licenciements si couteux pour les entreprises qu’elles n’auraient plus aucun intéret à y procéder. Notre avis est que dans ces conditions il y aura tellement peu d’embauches que la question des licenciements ne se posera pas¨!

    Nous avons une meilleure solution inspirée des pratiques en vigueur en Union Sovietique: supprimer les bonus pour les dirigeants qui font des bénéfices et les transferer sur ceux qui font des pertes . Nous sommes surs que cela permettra de maximiser l’emploi. En URSS l’usine la plus productive était celle qui réussissait à entretenir le plus d’emplois.

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  13. Les organes les plus faibles sont attaqués et le cœur (l Allemagne) qui en dépend fortement va finir par fléchir et pourtant l euro reste une monnaie forte…. On pourra dire que l euro se sera affaiblit le jour ou il descendra sous sa valeur de départ, à l époque ou les marchés « ignoraient » encore toutes les abus à venir. Il vaut encore mieux être italien que chinois ne fut ce que pour la gastronomie… C est ce que nous disent les taux de change et ce n est pas demain que ça va changer, il,vaut encore mieux être espagnol au chômage qu indien au travail… Un héritage de 500 ans ne s efface en 10 ans… La force du Japon, c’est que la dette appartient au japonais, la dette européenne appartient aux européens ( du nord ) donc nô stress… On ne tue pas ses débiteurs mais on les secoue et parfois on laisse un peu de plumes mais au total, on a plus gagné que perdu la preuve en est que les,pays du nord pourraient se permettre de laisser tomber un bon paquet de dette du sud grâce à ce qu ils,ont gagné avec le sud entre autre. Chaque bulle amène de l innovation , la mega bulle crédit du sud et profondément modifié les,pays du sud , et les habitants du nord pourront se permettre un,appart en Espagne pour pas trop cher. Je pense que tout.rentrera dans l ordre. Notre façon de vivre n est pas la cause du crédit mais un dérive des quantité d énergie auxquelles nous avons accès et l avenir n est pas sombre du tout. La société est en croissance , elle a juste un petit soucis de bilan , le cash n’est pas dans la bonne poche, c est temporaire…. Je crois.

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    • @Antoine

      Je ne suis nullement péssimiste dans la mesure ou je considère que le système issu des 30 années de financiarisation a touché ses limites et que celui qui en sortira sera certainement plus satisfaisant malgré l’incurie des gouvernants qui cherchent à maintenir la status quo.

      Hélas cette vision que l’on peut qualifier d’historique est un peu cynique, elle ne tient pas compte des souffrances endurées dès maintenant par certains peuples, certains citoyens de différents pays d’Europe.

      Je visite systematiquement les pays victimes de la crise, je parle donc de constats directs, le désespoir de certaines couches de la population fait peine à voir. C’est d’ailleurs ce qui a determiné mon article récent et sanglant sur les propos obscènes de Christine Lagarde, article qui a été repris en partie par Max Keiser. C’est ce qui explique mon indignation , indignation que j’exprime par des articles comme ceux récents sur la kleptocratie;

      Ce n’est pas pour critiquer votre point de vue, mais pour faire toucher du doigt que les souffrances des gens cela existe et cela ne doit pas ètre négligé ou tourné en dérision, que je vous commente.

      Allez au milieu d »une manif de jeunes en Espagne, non seulement vous aurez peur, mais vous toucherez du doigt la fragilité d’un pays ou près de 50% des jeunes sont au chomage et ou on vide les universités de toute substance pour faire des économies.

      Ne croyez pas que je fais de l’humanisme larmoyant ou du socialisme idiot, non je constate et je reflechis et j’analyse en conséquence .

      L’Etat Providence a dérapé, c’est une évidence et les Allemands ont mille fois raisons. La récuperation par les politiciens sans scrupules de droite ou de gauche de l’Etat providence pour acheter des voix et distribuer de plus en plus à leur clientèle est une honte et mérite, je ne cesse de le dire d’ètre santionnée par autre chose de plus sévère que les non réélections, mais il ne faut pas jeter les bébes avec l’eau du bain.

      Comme je le dis souvent ce n’est par ce qu’il y a des Strauss Kahn que le sexe n’est pas merveilleux;

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  14. « Il vaut encore mieux être italien que chinois ne fut ce que pour la gastronomie… »
    Oui, je confirme, et dès que j’aurai les sous, d’ici à un an, je m’en irais faire un petit tour chez LA MAMMA et je laisserai fermé l’ordi et la télé pendant plusieurs semaines !

    Pour le reste, Marx même avait remarqué dans Grundrisse que le capital ne supporte pas les limites et il va toujours les dépasser avec de l’innovation. Par la suite, Gramsci a dit que la « crise » c’est quand le vieux meurt et le nouveau tarde à se manifester. Plus il y a de séparation entre ces deux moments et plus la crise va engendrer des monstres.
    Pour être clairs, la crise a été dépassée avec le crédit généralisé, la financiarisation, les CDS, Hedges, Subprimes…
    Le capital se porte toujours bien lui, certains demandent même d’être taxés !

    Quant à nous, en attendant le nouveau, il ne nous reste que croire …

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  15. Du Samedi 9 Juin 2012: L’Allemagne perd confiance

    Alors que l’échéance des élections grecques se rapproche, que les Espagnols jouent à cache cache avec leur situation bancaire et domestique, que la popularité de Monti s’effondre et que Hollande fait de la provocation dans la gabegie, les Allemands s’interrogent. Ils s’interrogent et leurs yeux se dessillent.
    Pour que les choses soient claires et que vous sachiez de quel point de vue nous nous plaçons, nous répétons nos idées directrices, vous serez ainsi honnêtement prévenus. L’honnêteté de celui qui écrit, c’est d’annoncer ses choix.
    – nous sommes contre tout bail-out, aussi bien au niveau des banques qu’au niveau des souverains
    – nous sommes pour des dettes jubilés, des moratoires, destructions de dettes, c’est-à-dire la prise ne compte de la perte de valeur des créances non honorables
    – nous sommes pour la dépréciation du capital bancaire et de la dette obligataire des banques, pour leur adossement aux Etats, nationalisation temporaire
    – bref, nous sommes pour des actions Vérité et que les responsables paient
    – nous sommes contre la spoliation du public, des citoyens, des épargnants et contribuables, pour sauver le statu quo au profit des banques, des Etats, de leur classe politique, de leur fonctionnaires
    – nous sommes pour le maintien réformé des protections sociales, des retraites, contre la rigidité des lois sur le Travail, pour un rééquilibrage complet de l’Etat providence afin qu’il redevienne incitatif de l’effort et non désincitatif
    – nous sommes contre la mutualisation des dettes et la soi-disant solidarité à la Hollande, solidarité qui ne consiste qu’à mettre en commun les ressources des autres; le tout ce qui est à moi est à moi, tout ce qui est à toi est à nous. La solidarité est détournée, mystifiante, malhonnête, ce n’est une solidarité, c’est du vol. Si un pestiféré vous dit: viens m’embrasser, viens chez moi et que vous refusez, il vous dira, s’il est socialiste, tu n’es pas solidaire, tu es égoïste. Répondez-lui, je ne suis pas suicidaire, c’est un devoir, une obligation morale de protéger ma vie, celle des miens et celle de mon groupe social. Et vous aurez raison; à partir d’un certain stade, le devoir de ceux qui sont sains et peuvent assurer l’avenir est de se tenir en réserve, de se protéger.
    – nous sommes contre la recapitalisation directe des banques par les fonds européens, car c’est un bail-out à peine dissimulé des souverains correspondants. Ces banques ont fait exprès de faire le Sarkozy trade, c’est à dire d’accumuler des emprunts de leur souverains avec les fonds du LTRO, elles ont triché exprès pour lier leur sort à celui de leur souverain et faire chanter l’Europe
    – nous sommes pour que l’on mette en place des pare-feux, des coupes-circuits afin d’éviter la propagation de la Peste Financière, nous sommes pour l’isolement des pestiférés donc contre toute alliance qui irait contre ce nécessaire isolement, contre les alliances scandaleuses Hollande, Rajoy, Monti pour entrainer l’Allemagne dans leur chute
    – nous sommes pour une alliance étroite entre la France et l’Allemagne pour maintenir un ancrage sain en Europe, éviter la politique du pire, les « après moi le déluge » et surtout préserver une alternative monétaire saine, non chaotique, pour l’avenir.
    Ces choix cohérents reposent sur une analyse de la crise sans concession, c’est une crise du crédit et tout ce que l’on fait pour pouvoir créer plus de crédit est criminel, cela retarde les échéances, mais cela détruit en profondeur et, in fine, les destructions seront au centuple de ce qu’elles auraient été en 2008.
    La masse de dettes dans le système est définitivement hors de contrôle, elle n’a plus aucune commune mesure avec les ressources des Etats, celles de contribuables, et les marges de manœuvres, même non conventionnelles des Banques Centrales. L’épée de Damoclès pèse des centaines de trillions, les ressources et même les subterfuges ne pèsent que des trillions.
    Derrière les dettes officielles, il y a les dettes cachées, regardez l’Espagne, elles enflent chaque jour.

    La dette réelle de l’Espagne est un multiple de ce qui est annoncé. Rien que le bancaire, soi-disant audité, vient d’être multiplié par 4 et les banques privées comme Morgan donnent des chiffres encore 5 fois supérieurs. Bien sûr, on ne parle pas dérivés qui sont de la dette, du leverage caché. Bien entendu tout cela encore sur la base d’inventaires de l’immobilier frauduleux.
    Derrière les dettes cachées, il y a toutes celles qui ne sont même pas comptabilisées, les liabilities, les promesses de protection sociale et de retraites non couvertes.
    Derrière encore, il y a toutes les assurances que l’on ne peut honorer comme celles données au marché de gros des refinancements, jetez un coup d’œil du coté de Dexia qui vient encore de mander un accroissement subreptice de garanties, c’est un gouffre sans fond. Et puis, il y a les garanties de dépôts bancaires… nous n’insisterons pas sur ce sujet délicat.
    Derrière, il y a la pyramide du fractional banking, définitivement touché à mort car ses fondements sont en train de se déliter sous nos yeux, mais personne ne fait le rapprochement entre ce que l’on voit en surface et ce qui se passe en profondeur. Vous êtes-vous interrogé sur les raisons qui poussent le système bancaire à parquer ses excédents auprès des Banques Centrales? Vous êtes-vous interrogé sur la raison qui fait que toutes les mesures non conventionnelles qui devaient expirer en 2010 sont, non seulement reconduites, mais multipliées, et leur échéance repoussée dans le temps, n’avez-vous pas compris que le chômage et la croissance sont des alibis mis en avant pour masquer la réalité; la déconfiture du fractional banking.
    Tout ce qui a été fait depuis 2008 va dans le même sens: l’aggravation, l’extension, l’enracinement en profondeur de la crise. Voila la réalité.
    La crise européenne n’est pas un symptôme, c’est une manifestation de la crise profonde, définitive du système mis en place il y a 30 ans. La crise a touché l’immobilier américain, la finance privée américaine et globale, les Etats souverains individuels, les blocs d’Etat souverains, le système des Banques Centrales et on en est là.
    La gestion de la crise a augmenté le stock de dettes irrécouvrables, augmenté l’insolvabilité, et surtout, tout mis en corrélation, c’est cela la fameuse concertation, la fameuse solidarité: la mise en corrélation du monde global. Ce qui se passe ici, on le retrouve là. Tous doivent être touchés.
    C’est comme dans un incendie, les pompiers savent qu’il faut isoler, débroussailler, faire des tranchées pour contenir, et on fait, on fait et on veut continuer à faire l’inverse, on veut que l’incendie gagne l’Allemagne.
    Avez-vous réfléchi au sens profond de la situation qui prévaut sur les marchés: on ne connait plus que le risk-on et le risk-off. Les marchés sont plus intelligents que les gouvernements, c’est souvent le cas, l’inconscient sait plus de choses que le conscient, les marchés savent que tout est corrélé et partout. Ce n’est pas une perversion, c’est un message, il n’y a plus que deux choix, une alternative, ou cela saute ou cela ne saute pas. Et le jour où les refuges bidons comme les Treasuries US se révèleront être ce qu’ils sont, lorsqu’ils seront démasqués, alors il n’y aura plus de véhicules papier du risk-off , il n’y aura que le réel, le hard.
    Le Bund allemand, c’est le gardien avancé du système, c’est le dernier rempart avancé qui protège le cœur du système global ,qui est le 10 ans du govie US, le dollar, la Fed. Tout l’effort des pestiférés, auquel vient se joindre la France, est de faire en sorte que le Bund chancelle, qu’il se pollue, qu’il perde sa virginité, qu’il se souille; cela les ennuie que quelque chose tienne encore, qu’il reste une référence, une statue du commandeur.
    L’enjeu des combats européens en cours, c’est la confiance.
    Pour les uns, c’est de réussir à faire chuter la confiance dans le Bund.
    Pour les autres, comme nous, c’est préserver à tout prix cette confiance, cet ancrage, dernier vestige du bon sens, dernier référent.
    Revenons à nos Allemands. Le Spiegel du 6 a publié un éditorial que tout responsable politique européen devrait lire, relire, méditer, il devrait convoquer ses conseillers et passer la journée à en tirer les conséquences. Un journal comme le Spiegel est un phare, et un reflet, il fait et exprime le sentiment du peuple allemand;
    Que dit cet éditorial? Il dit que les Allemands ont démasqué le jeu des Européens; ils ont fait tomber le masque qui a été plaqué depuis les entretiens Kohl-Mitterrand. l’Europe repose sur le chantage. Editorial puissant, imparable, convaincant. Terrible constat, sévère.
    La sévérité est une chose et là n’est pas le plus important, ce qui compte, c’est la nouvelle et publique lucidité des Allemands.
    Les Allemands perdent confiance dans leurs partenaires européens.
    La confiance, écrit Alain Peyrefitte, « est la loi cachée de la condition humaine, c’est la structure de la matière sociale ». En ces temps-là, il y avait encore d’autres penseurs que les BHL.

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    • Bravo pour ce papier! L’avenir de l’Europe tient effectivement sur l’issue d’un chantage très cynique. Je ne connais pas du tout la société allemande et leur psyche de nation, mais je me demande si leur mauvaise conscience et leur volonté d’expier ne les rendait pas incapables de dire F…. you! l’Allemagne d’abord! Je soupconne Mitterrand d’en avoir usé largement. Qu’en pensez vous ?
      cdlt

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  16. @BrunoBertez. Bravo pour ce brillant papier. Je ne peux malheureusement que partager vos analyses. Nous sommes probablement arrivés à l’heure de vérité avec le cas espagnol. La gauche constitue des think tanks et autres lobbies tels que Roosvelt 2012… ne serait-il pas tant de constituer un contre pouvoir de ce type et défendant le point de vue opposé ? La droite française est en déliquescence et va entrer dans la saison des guerres fratricides. Ce que vous dites est trop grave pour rester dans « la confidentialité » de votre blog.

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