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La France de la connivence par Bruno Bertez

La France de la connivence par Bruno Berttez

Cahuzac: Gonelle affirme que son contact avec l’Elysée devait rester secret 

AGEN – Le détenteur de la bande enregistrée sur laquelle selon Mediapart le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac avoue détenir un compte en Suisse, son ancien rival Michel Gonelle, a confirmé vendredi à l’AFP son contact avec l’Elysée sur ce dossier, ajoutant que ce contact devait rester secret. 

PLUS DE SECRET EN SUIVANT :

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J’ai pris contact avec la présidence de la République, je pensais que ce contact resterait discret, a déclaré Michel Gonelle, un ancien élu RPR qui avait perdu en 2001 la mairie de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) au profit de M. Cahuzac, peu après la confirmation vendredi de ce contact par une source à l’Elysée. 

J’ai pensé que j’aurais pu bénéficier du secret de la part du +Château+, a-t-il insisté. 

Selon Mediapart, ce dernier a appelé le 15 décembre une vieille connaissance, Alain Zabulon, ancien sous-préfet du Lot-et-Garonne qui se trouve être aujourd’hui le directeur adjoint de cabinet du président de la République. 

Au téléphone, il raconte tout et révèle avoir confié il y a plusieurs années une copie de cet enregistrement à un haut magistrat de sa connaissance mais qui n’en a rien fait, affirme le site. 

Vendredi, l’Elysée a confirmé un contact de Michel Gonelle avec Alain Zabulon. 

Nous l’invitons à remettre tous les éléments à la justice, a-t-on précisé de même source, estimant toutefois qu’il n’y avait aucun élément tangible. 

Je ne démens pas ce qu’a écrit Mediapart, a encore déclaré M. Gonelle à l’AFP avant de souligner: Ce n’est pas moi qui ai transmis l’enregistrement à Mediapart. J’ai remis une copie de l’enregistrement à un magistrat en qui j’avais toute confiance. Un magistrat que j’ai depuis perdu de vue. 

Le 9 décembre, dans un communiqué, M. Gonelle, qui est aussi l’avocat de Rémy garnier, l’agent des impôts à l’origine de la première mise en cause de l’actuel ministre par le biais d’un rapport, avait démenti catégoriquement être la personne en possession de cet enregistrement. 

J’ai compris très vite le caractère sensible de cet enregistrement, a-t-il dit vendredi, insistant sur le fait qu’il ne s’en était pourtant jamais servi. J’aurais eu mille occasions de me servir de cet enregistrement bien avant aujourd’hui, mais je ne l’ai jamais fait. 

Sur la bande, révélée par Mediapart, on entend un homme parler de son compte en banque en Suisse et dire: Ca me fait chier d’avoir un compte ouvert là-bas, l’UBS c’est quand même pas forcément la plus planquée des banques. 

Jérôme Cahuzac a à plusieurs reprises, dont le 5 décembre devant l’Assemblée nationale, nié avoir jamais possédé un compte bancaire en Suisse.

Source Afp dec12

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A PROPOS  PAR BRUNO BERTEZ 

  Rien que dans le titre de cet article tout est dit : cela devait rester secret

Le milieu politique est tellement perverti, pollué que nous sommes surs  que les responsables de Com  n’ont pas vu a quel point  cela était scandaleux. 

Les citoyens lambda sont cloués au pilori , insultés, comme Depardieu mais, dans le silence des palais nationaux , on couvre, on étouffe, on demande le secret.

Le sinistre Gonelle ne se rend même pas compte du caractère scandaleux de son comportement du genre : « Moi monsieur, je n’ai rien dit, ce n’est pas moi qui ait cafté je le jure. » 

Bref le Gonesse jure qu’il n’ pas rompu l’Omerta, la loi « del silenzio » qui règne dans le monde politique. 

Cette affaire non plus n’est pas travaillée par l’opposition et pour cause, je te tiens, tu me tiens par la barbichette. 

Le scandale n’est plus les faits supposés attribues à Cahuzac, nous rappelons que nous n’avons aucune idée dessus, non, le scandale c’ est le traitement politique de cette affaire . Politique et médiatique, bien sur. 

Encore que Paris Match a bien fait son boulot. Sans parler de Plenel bien sur qui a fait un beau retour.

Les procès en diffamation, du pipeau ! 

Ayant été patron de presse, nous avons eu à faire face à quelques, pas très nombreux procès en diffamation. Pas très nombreux car, nous avions généralement, comme l’on dit des « biscuits » afin de décourager nos attaquants. Si on travaille bien, en matière de révélation, on ne révèle pas d’un seul coup tout ce que l’on sait , on garde des munitions, des atouts dans la manche. C’est la technique classique et dans le passé Plenel était bon sous cet aspect. 

Les Pouvoirs vous font des procès en diffamation non pas parce que vous avez tort ou raison, mais pour vous faire taire et empêcher les reprises par les autres medias, les paralyser. Le procès en diffamation dissuade les confrères de venir abonder dans votre sens. Donc les Pouvoirs portent systématiquement plainte quelle que soit la vérité, pour limiter les dégâts. 

En matière de diffamation, celui qui dit que « un tel dit que le roi est un âne » est condamnable comme l’émetteur premier. 

Le problème de la diffamation pour la presse est que vous pouvez avoir raison, être sur à 100% de ce que vous avancez  et perdre devant le tribunal, tout simplement parce que vous ne pouvez pas le prouver. Vous ne pouvez soit pas produire la preuve, même si elle existe, soit faire venir le témoin. 

La pratique judiciaire sous cet aspect est favorable aux diffamés. En contrepartie les peines infligées aux journaux sont symboliques, modestes. 

Nous avons perdu un procès en diffamation d’un conseiller de très haut niveau de l’Elysée en son temps, grand ami de Pierre Bérégovoy, pour avoir publié des révélations sur ses liens avec l’URSS. Le dossier venait directement de la DST qui voulait l’éloigner du Pouvoir. Il n’était pas béton, car ces institutions mélangent souvent le vrai et le faux, afin de noyer le poisson. Elles travaillent beaucoup par amalgame comme les anciens toujours actifs, Renseignements Généraux. C’est souvent le cas. Bien entendu le préfet Rochet que nous avions rencontré à confirmé ce qu’ ‘il y avait dans le dossier… mais il a refusé de venir témoigner. Nous avons perdu le procès, symboliquement. 

A tort ou à raison, dans tous les cas nous avons été réduit au silence. Et c’est peut être mieux ainsi. Dans ce genre de situation, finalement peu importe le fond de l’affaire, il est escamoté par l’aspect formel, judiciaire.


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5 réponses »

  1. « Ca me fait chier d’avoir un compte ouvert là-bas, l’UBS c’est quand même pas forcément la plus planquée des banques. »

    Peut-on interpréter la seconde partie de la phrase comme « l’UBS, c’est pas assez planqué, ça se retournera un jour contre moi… » ???

    C’est fait !
    Mais les français, dépolitisés et infantilisés, n’en font rien…

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    • Homer, ce que vous dites est juste, mais on pourrait qualifier la remarque d’un peu naive.
      Que pensez-vous des 130 milliards de francs volatilisés du Crédit Lyonnais ? Si vous aviez été en contact avec les juristes du CDR, organisme de cantonnement des créances de la banque, chargé de récupérer notre argent, vous partageriez un sourire.
      Cela dit, merci à Bruno Berthez, de diffuser l’information qui se passe de commentaires, je viens de la lire deux fois pour éviter les contre sens.

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  2. La position de Cahuzac devient intenable. Mais on ne peut pas plaindre la fausse gôche de se faire prendre la main dans le sac.

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  3. Rien que dans le titre de cet article tout est dit : cela devait rester secret.

    Le milieu politique est tellement perverti, pollué que nous sommes surs que les responsables de Com n’ont pas vu a quel point cela était scandaleux.

    Les citoyens lambda sont cloués au pilori , insultés, comme Depardieu mais, dans le silence des palais nationaux , on couvre, on étouffe, on demande le secret.
    Le sinistre Gonelle ne se rend même pas compte du caractère scandaleux de son comportement du genre : « Moi monsieur, je n’ai rien dit, ce n’est pas moi qui ait cafté je le jure. »

    Bref le Gonesse jure qu’il n’ pas rompu l’Omerta, la loi del silenzio qui règne dans le monde politique.

    Cette affaire non plus n’est pas travaillée par l’opposition et pour cause, je te tiens, tu me tiens par la barbichette.

    Le scandale n’est plus les faits supposés attribues à Cahuzac, nous rappelons que nous n’avons aucune idée dessus, non, le scandale c’ est le traitement politique de cette affaire . Politique et médiatique, bien sur.

    Encore que Paris Match a bien fait son boulot. Sans parler de Plenel bien sur qui a fait un beau retour.

    Les procès en diffamation, du pipeau !

    Ayant été patron de presse, nous avons eu à faire face à quelques, pas très nombreux procès en diffamation. Pas très nombreux car, nous avions généralement, comme l’on dit des « biscuits » afin de décourager nos attaquants. Si on travaille bien, en matière de révélation, on ne révèle pas d’un seul coup tout ce que l’on sait , on garde des munitions, des atouts dans la manche. C’est la technique classique et dans le passé Plenel était bon sous cet aspect.

    Les Pouvoirs vous font des procès en diffamation non pas parce que vous avez tort ou raison, mais pour vous faire taire et empêcher les reprises par les autres medias, les paralyser. Le procès en diffamation dissuade les confrères de venir abonder dans votre sens. Donc les Pouvoirs portent systématiquement plainte quelle que soit la vérité, pour limiter les dégâts.

    En matière de diffamation, celui qui dit que « un tel dit que le roi est un âne » est condamnable comme l’émetteur premier.

    Le problème de la diffamation pour la presse est que vous pouvez avoir raison, être sur à 100% de ce que vous avancez et perdre devant le tribunal, tout simplement parce que vous ne pouvez pas le prouver. Vous ne pouvez soit pas produire la preuve, même si elle existe, soit faire venir le témoin.

    La pratique judiciaire sous cet aspect est favorable aux diffamés. En contrepartie les peines infligées aux journaux sont symboliques, modestes.

    Nous avons perdu un procès en diffamation d’un conseiller de très haut niveau de l’Elysée en son temps, grand ami de Pierre Bérégovoy, pour avoir publié des révélations sur ses liens avec l’URSS. Le dossier venait directement de la DST qui voulait l’éloigner du Pouvoir. Il n’était pas béton, car ces institutions mélangent souvent le vrai et le faux, afin de noyer le poisson. Elles travaillent beaucoup par amalgame comme les anciens toujours actifs, Renseignements Généraux. C’est souvent le cas. Bien entendu le préfet Rochet que nous avions rencontré à confirmé ce qu’ ‘il y avait dans le dossier… mais il a refusé de venir témoigner. Nous avons perdu le procès, symboliquement.

    A tort ou à raison, dans tous les cas nous avons été réduit au silence. Et c’est peut être mieux ainsi. Dans ce genre de situation, finalement peu importe le fond de l’affaire, il est escamoté par l’aspect formel, judiciaire.

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  4. Pour enfoncer le clou sur du factuel : Les archives du Crédit Lyonnais situées bd des Italiens avaient brûlé, mauvaise coincidence me direz-vous ! Certes, mais 8 jours après les archives de cette même banque située au Havre dans un établissement spécialisé dans l’archivage ont brûlé elle-aussi, c’est la bande dessinée des pieds nickelés me diriez-vous ! Pas du tout, ce sont des faits, le dernier évenement ayant donné lieu à un entrefilet dans un quotidien bien connu.
    Depuis les leçons de morale d’un ministre socialiste, surtout d’un spécialiste de l’implant capillaire, me font légèrement sourire. Cela dit, la droite n’a pas de leçon à leur donner, mais je ne verrais pas d’un mauvais oeil la France se transformer en une région de l’Europe, car si l’on observe les politiques menés par la droite comme par la gauche ces dernières années et le disours démagogique à vomir qui l’accompagne…je pense, mais nous sommes pas nombreux, que l’on pourrait tourner la page national pour une entité qui fait encore rêver.
    Sommes-toutes la notion de patrie en Europe, nous a apporté aux XX siècle quelques cadeaux dont on aurait pu se passer et qui n’avaient rien à voir, ne l’oublions pas, avec la crise actuelle.

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