Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 5 Novembre 2014: Chapeau, « Ils » travaillent comme de vrais chefs ! Par Bruno Bertez
Vous comprenez pourquoi nous sommes contre les Cassandre et autres millénaristes. « Ils » travaillent comme des chefs ! Et ce n’est pas humoristique.
Le relais de l’injection de nouvelles liquidités globales pris par la Banque du Japon est un trait de génie; en particulier dans le timing.
La promesse de Kuroda de monter ses opérations d’achats de titres DE 30%, de favoriser la baisse du yen et de continuer jusqu’à ce que la mentailité déflationniste disparaisse au Japon est géniale. Elle relance la baisse de la devise nippone, elle fait affluer les capitaux aux USA, elle stabilise toutes les opérations de Carry et relance le risk-on lequel avait trébuché pendant quelques jours. Elle bénéficie par contre coup à l’Europe alors que l’on avait vu un début de deleveraging sur les emprunts souverains des pestiférés.
La transition de la fin du QE Américain se passe bien , voire très bien à la satisfaction de tout le monde. Pas de hausse des taux longs, pas de liquidation de positions sur les actions et le High Yield, les vendeurs à découvert, comme nous ne cessons de le répéter sont une fois de plus pris à contrepied. Malheur à celui qui attaque les valorisations ne cessons nous d’écrire. Il n’ y a pas de bulle tant, et c’est le cas, tant que la création de monnaie globale reste ce qu’elle est c’est à dire colossale, tant qu’il y a un « glut » de cash. La bulle ce n’est pas sur les assets, la bulle c’est sur le cash.
Le résultat des élections US de mid-term est bullish pour le système américain et les opérateurs ne s’y trompent pas, eux qui achètent le dollar en force. Le dolar index est en ce moment à 87.56 , c’est le plus haut depuis 2010. On vient au premier semestre de 2014, d’un niveau de 80 environ. Le dollar index est en route pour de nouveaux sommets, vers les 90.
Contre le yen, la paire USD-YEN est au plus haut de très longtemps, on est à 114,50 et nous anticipons un franchissement de la résistance des 115 pour attaquer la zone critique de très long terme de 120.
En terme fondamental, c’est l’aventure et nous pesons nos mots.
Nous abordons des zones inexplorées et en plus avec des mesures non conventionnelles, jamais expérimentées. Nous ne pouvons analyser toutes les conséquences des mouvements en cours, en particulier, l’incidence sur les émergents. La baisse du yen, la hausse du dollar, la chute du pétrole sont des mouvements complexes et tout ce que nous pressentons, c’est que des accidents sont possibles, mais les USA et leur alliés s’en fichent . Si ils peuvent mettre en difficulté la Chine et la Russie et le Brésil et tous les non-alignés etc cela n’est pas pour leur déplaire.
Nice graphic from the Economist on the winners and losers of lower oil prices.
(click here if graphic is not observable)
Tout cela est une grande victoire et il suffit de lire les commentaires de ceux qui avaient vendu la peau du Bull américain, pour s’apercevoir à quel point ils sont dépités.
Malheureusement, nous n’avons aucun repère pour tenter de proposer une analyse des conséquences des événements en cours sur la situation économique réelle en Europe. Tout ce que nous voyons c’est que cela stabilise le château de cartes financier: cela ne va peut être pas faire plaisir aux chômeurs, mais cela convient à Draghi et à une frange du capital klepto.


BRUNO BERTEZ Le Mercredi 5 Novembre 2014
illustrations et mise en page by THE WOLF
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Je suis quand même un peu dubitatif. Les US ont avoué un déficit commercial, hier de 43.3 Billions de $. Ce n’est pas un $ aussi élevé qui va leur permettre de l’améliorer, par les exportations. A moins, bien sûr qu’ils n’importent plus. CQFD !
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De quel dollars parlez-vous? Du dollar interne ou du dollar externe? Une fois que le pognon est sorti du pays, les (riches) américains sont morts de rire! Pourquoi les américains s’inquiéteraient-ils du déficit commercial? C’est eux qui ont les presses à billets !
Au mieux, ça renforce la puissance de la monnaie de réserve, et au pire, cet argent se réinvestira à terme dans l’économie américaine, soit en bourse, soit en Treasuries, soit en immobilier, ce qui, de toutes manières, fera mécaniquement monter les prix des assets *Américains*. Et même les rendements +/- glorieux ou misérables de ces assets seront émis en $US… qui seront eux-même réinvestis.
Alors on pourrait objecter que des pans entiers de l’économie américaine pourrait tomber dans des mains étrangères, mais en quoi est-ce que cela pourrait bien concerner les Kleptos? Tant qu’ils contrôle les politiciens et leur capital………………..
Je ne crois pas que nos très chers amis aient changé d’avis depuis 1971, où le Secrétaire au Trésor américain (Connally) rétorqua : « le dollar est notre monnaie et votre problème »…
Déci-dément, on va bien rigoler dans les années à venir !
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Encore un billet aussi passionnant que déprimant…
je me demande de plus en plus si l’évènement qui entraînera un « reset » général se produira un jour.
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,,Encore un billet aussi passionnant que déprimant…,,
mais si lucide et realiste !
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En pleine guerre monétaire, les allemands lient les mains de Draghi
La guerre monétaire est plus que déclarée, elle bat son plein: Kuroda a fait donner la garde en lancant son objectif de faire progresser la taille du bilan de la Bank of Japan de 30%.
Depuis l’annonce le yen a chuté sur tous les marchés et singulièrement contre l’euro, on est revenu dans les plus bas de 6 ans contre la devise européenne. C’est un défit direct à Draghi qui ne cache pas son objectif qui est, lui aussi de faire baisser … l’euro. K uroda s’oppose frontalement à Draghi, c’est presqu’une provocation en duel.
Il est évident que Draghi ne peut rester sans répliquer. Mais pour répliquer, les armes sont limitées, les munitions manquent et surtout près de la moitié des responsables de banques centrales Européennes s’opposent à Draghi.
Pour répondre aux agressions nippones, et faire baisser l’euro, il faut pouvoir fabriquer de l’euro, cela s’appelle augmenter la taille du bilan de la BCE. Pour augmenter la taille du bilan de la BCE, il faut monétiser c’est à dire acheter des titres à long terme. Draghi cherche à le faire, mais il rencontre deux obstacles. D’abord il a du mal a remplir son programme d’achats actuel, ensuite les Allemands et leur alliés s’opposent à ce que la BCE fasse n’importe quoi, comme acheter des dettes souveraines et des emprunts de mauvaise qualité.
Lors de ses dernières déclaration aventureuses, Draghi s’est en quelque sorte engagé à faire remonter le bilan de la BCE de 1 trillion. Hélas, il n’ y pas matière à achats dans de telles proportions et les résultats sont décevants. Ceci explique que les inflationnistes de la BCE, unis derrère Draghi aient lancé l’idée d’acheter des obligations Corporate pour satisfaire leur objectif d’inflation.
Nous avons assisté, ces derniers jours à une véritable bataille de fuites, de « leaks » par agences de presses interposées.
Les inflationnistes rivalisent d’imagination pour trouver quelque chose à monétiser; les orthodoxes, eux ont choisi une autre tactique qui consiste à lier les mains de Draghi, à le décrédibiliser en attaquant son style de management.
Les inflationnistes veulent touver de quoi inflater la monnaie, faire baisser l’euro et soutenir la conjoncture.
L’une de leurs nouvelles idées est le socialisme de l’offre cher à Hollande: La socialisme de l’offre consiste à émettre des obligations, des emprunts multinationaux, européens donc, pour financer un grand programme keynésien d’investissement. et à autoriser la BCE à acheter ces emprunts et d’autres dettes multinationales. Ce programme serait de l’ordre de 300 milliards.
Il est évident qu’un tel programme, dirigiste dans son essence et son inspiration, serait un mouton à cinq pattes économique du genre de celui de 900 milliards d’Obama en son temps. Quasi pur gaspillage et gabegie politiciennes. Les Allemands ont déjà répondu que seul était efficace l’investissement productif , privé, celui qui augmente la productivité et la compétitivité: Toutes choses dont se moquent les pays du sud et la France qui eux, veulent fabriquer de la demande, distribuer des revenus et faire des parkings à chômeurs.
C’est à un véritable affrontement avec fleurets à peine mouchetés que nous assistons:
-Draghi veut faire de la stimulation monétaire et faire baisser l’euro.
-Les japonais ont déclaré la guerre et ont tiré les premiers, ils font monter l’euro
-Draghi devrait répliquer et annoncer de nouvelles mesures de monétisation
– pour faire de l’inflation monétaire, il manque de munitions
– les Allemands et leur alliés s’opposent aux initiatives de Draghi.
Nous en sommes là, ce texte ayant été écrit avant la réunion de la BCE de ce jour.
A noter que les Allemands et surtout Weidmann sont beaucoup plus efficaces dans leur opposition à l’inflationnisme du Sud. Avant, ils démissionnaient comme des simplets en laissant ainsi le champ libre à Trichet et Draghi, maintenant ils établissent des stratégies complexes, de l’intérieur.
-ils nouent des alliances
-ils attaquent la personne de Draghi et son style des gestion autocratique non collégial,
-ils interviennent préventivement dans les médias, expliquent et justifient
-ils utilisent les relais politiques et universitaires
On sait que Merkel soutient en coulisse Draghi, mais la nouvelle stratégie de Weidmann et des orthodoxes est tellement subtile que même Merkel en est gênée.
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