Art de la guerre monétaire et économique

Comment la BNS va-t-elle affaiblir le CHF ? Par Crottaz Finance/ Les réserves de devises de la BNS ont augmenté de plus de 15 milliards/ Et si les réserves de la BNS finançaient un fonds public-privé?

Comment la BNS va-t-elle affaiblir le CHF ?

Crottaz Finance 3/8/2015

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Je ne vais pas revenir sur la perte de la BNS de 50.1 milliards de CHF pour le premier semestre 2015 dans le détail, je crois que les journaux l’ont assez bien mentionnée.

Ce que je vous prédisais arrive.

Après avoir anticipé- il y a près de 4 ans – l’abandon du taux plancher, je m’aventure dans un pronostic qui peut sembler hasardeux, mais tout à fait plausible.

Tout d’abord, je désire juste mentionner l’article du temps:

50 milliards de pertes pour la BNS dans lequel Monsieur Bakhtiari avance des arguments à tomber de la chaise: La BNS a les reins assez solides pour faire face à des réserves négatives

Laurent Bakhtiari: «La BNS a les reins assez solides pour faire face à des réserves négatives»

Laurent Bakhtiari, analyste chez IG Bank, n’est pas inquiet par les pertes de la Banque nationale suisse. Décryptage
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Laurent Bakhtiari: La BNS a un second rôle de réserve. Elle accumule des actifs, principalement des dollars, des euros, de l’or et, dans une moindre mesure, d’autres devises. A partir de là, des pertes sont envisageables. Avant l’abolition du taux plancher, la BNS disposait de 50 à 60% de ses réserves en euro. A partir du 15 janvier, cette devise s’est effondrée de 20% par rapport au franc suisse, avec les conséquences que l’on voit aujourd’hui sur les réserves de la Banque centrale. C’est mathématique.

Cette perte de 50,1 milliards est-elle catastrophique pour la BNS?

C’est une perte élevée mais qui reste logique. Le franc suisse reste une valeur refuge. Le taux de change entre l’euro et le franc est au plus mal et le dollar est plus bas qu’en janvier dernier. L’anticipation, par les investisseurs, de la future montée des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine, qui ne devrait finalement pas avoir lieu avant septembre-décembre, a relancé la baisse du dollar. Les cantons et la Confédération doivent déjà se préparer à dire adieu à leur part des bénéfices de la BNS.

Le stock d’or a également accusé une moins-value de 3,2 milliards de francs…

Après l’abolition du taux plancher, l’or a enregistré un léger rebond de l’or et on a cru que cela permettrait d’atténuer les pertes liées au change. Mais la BNS a manqué de chance sur ce métal qui a finalement perdu 2% depuis le début de l’année, poursuivant sa dépréciation graduelle. Ce phénomène, parallèle au marché des changes, affecte aussi les comptes de la BNS. Heureusement, l’impact reste modéré car l’or est peu présent dans les réserves de l’institution. Cela prouve bien que l’initiative voulant imposer à la BNS de détenir un minimum de 20% de ses actifs en or était une aberration économique.

La BNS ne dispose plus que de 34 milliards de fonds propres. Faut-il s’inquiéter de réserves négatives?

Non, contrairement aux entreprises, la BNS peut toujours faire tourner la planche à billet pour augmenter ses réserves. Des fonds propres négatifs pourraient créer quelques vagues dans l’immédiat mais il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur le long terme. L’institution a les reins assez solides. Le fait que le franc suisse soit encore plébiscité par les investisseurs prouve que les marchés restent confiants.

On doit savoir d’où viennent ces explications fumeuses: De la pensé unique de banquiers. Monsieur Laurent Bakhtiari est diplômé d’un Master en Finance d’Audencia Nantes et d’un Master en mathématiques quantitatives d’Imperial College London. en conclusion, un Français (dont le pays est plombé depuis 1974 sans aucun budget à l’équilibre)) avec une culture de banque anglo-saxonne vient nous dire que ce n’est pas grave de faire des pertes et que la BNS a les reins super solides !

Là je dis tout simplement BRAVO ! On est donc très loin de l’école autrichienne.

Plus sérieusement, comment peut-on être si convaincu que la banque centrale suisse est invincible. L’abandon du taux plancher (sous la pression d’une explosion du Bilan) n’a-t-il pas déjà démontré que la marché est bien plus puissant que toute banque centrale.

J’ajoute que Monsieur Bakhtiari se permet de faire de la politique puisqu’il avance qu’heureusement l’initiative 20% de réserve en or (qui a été balayée parce qu’incomprise par tout un chacun et surtout super attaqué par le lobby financier) était une aberration économique. Tout dépend du moment du vote. Je ne suis pas certains qu’après l’abandon du taux plancher cette initiative aurait été balayée aussi fortement. Tout cela n’est plus qu’histoire)

Pour revenir à notre bilan de la BNS et pour mémoire, car certains – dont Monsieur fait partie – semblent avoir la mémoire très courte.

A certaines périodes les réserves en or de la BNS étaient composées jusqu’à 50% d’or.

Monsieur Dominque Casai mentionne d’ailleurs: « La Banque centrale européenne  possède 27% d’or, les banques centrales des pays de la zone euro affichant des pourcentages très élevés d’or sur leur bilan, à l’instar de l’Allemagne (67%), de la France (65%), ou de l’Italie (66%). La BNS aurait donc une marge si elle devait suivre les allocations de ses voisines. «S’il est vrai que la forte concentration d’or qu’avait la BNS il y a vingt ans n’était pas judicieuse, il faut constater que les 8% actuels sont extrêmement bas »

Allez une piqure de rappel (source Bilan)

or bns bilan

Comme je l’ai mentionné rapidement dans un article, j’imagine (sans être comploteur) ce que nous mijote la BNS (involontairement ?) puisqu’elle garde les euros dans son bilan énorme (quasiment 90% du PIB, alors que les Japon en est à 50% et les autres pays encore plus bas)

Tout d’abord des chiffres:

PIB Suisse 640 milliards de CHF environ

Bilan de la BNS: 577 milliards de CHF (juste petite remarque: la BNS a perdu 50,1 milliards depuis le début de l’année 2015 et son bilan a passé de 561 à 577 (+16)…donc approximativement 66 milliards de CHF d’achats de devises (50+16)

bns bilan fin juin

Dettes de la Suisse (publique Canton et confédération) 34.5%

(source:http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/21/02/ind32.indicator.71103.3208.html) soit environ 220 milliards.

Le monde entier nous envie cette dette basse (sauf les Russes qui en ont une encore plus basse) et c’est probablement le pourquoi de l’intérêt des investisseurs pour le CHF et ceci malgré les taux négatifs imposés sur les liquidités en CHF.

Vous me connaissez, vous me voyez donc venir.

Comment faire pour ne plus attirer les investisseurs ? Il suffit d’être super mauvais comme les autres. Pour cela, il faudrait endetter le pays de manière importante. La BNS nous y amène gentiment.

Il est possible dans un futur proche – sans que cela ne soit une utopie « débilissime » – que la BNS perde beaucoup, mais vraiment beaucoup d’argent, à savoir 100 ou même 200 milliards de CHF sur ses placement devises et aussi actions (pour mémoire la BNS possède une exposition de 100 milliards au marché des actions).

Comment ? hausse des taux, chute des marchés, chutes des devises etc.

Si la BNS perd 220 milliards, on pourrait imaginer qu’elle appelle au secours et demande a être recapitalisée. Par qui ? Par la Confédération (le peuple indirectement) qui lancerait une magnifique émission obligataire géante.

Par ce tour de passe-passe, la Suisse aurait un endettement immédiat de 69% et se rapprocherait des ses voisins.

Mais tout cela n’est que le fruit de mon imagination débordante qui m’avait vu annoncer, le jour de son instauration en 2011, l’abandon du taux plancher avec fracas: http://blog.crottaz-finance.ch/la-bns-devra-rendre-des-comptes/

Tout comme la pensée unique se trompe ou veut nous tromper (comme ici Bilan en 2012: Pourquoi la BNS va gagner son pari sur l’euro )

A relire sans modération:

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-banque-nationale-suisse-bns-metait-comptee/

http://blog.crottaz-finance.ch/si-la-bns-metait-comptee-episode-no-2/

La vidéo de la direction de la BNS

http://blog.crottaz-finance.ch/comment-la-bns-va-t-elle-affaiblir-le-chf/

Les réserves de devises de la BNS ont augmenté de plus de 15 milliards

Les réserves de devises étrangères détenues par la Banque nationale suisse (BNS) ont augmenté de 15,8 milliards de francs à 531,8 milliards en juillet, après s’être établies à 516,0 milliards en juin, détaille le compte-rendu périodique de l’institut publié vendredi

Les réserves de devises étrangères détenues par la Banque nationale suisse (BNS) ont augmenté de 15,8 milliards de francs à 531,8 milliards en juillet, après s’être établies à 516,0 milliards en juin, détaille le compte-rendu périodique de l’institut publié vendredi.

Le total des actifs de l’institut d’émission, hors or, atteignait quant à lui 537 milliards de francs contre 522,0 milliards de francs le mois précédent.

Les réserves de devises ont progressé après quelques mois de recul. Aux cours des mois de juin, mai et avril, elles ont respectivement cédé 1,5 milliard, 4,7 milliards et 0,5 milliard de francs. Cependant en février et mars, elles avaient enregistré une appréciation de 11 milliards et 13 milliards de francs.

En juillet, le franc s’est légèrement déprécié face à la monnaie unique à 1,06 de 1,03 EUR/CHF. Il a cédé du terrain également face au dollar, passant à 0,98 contre 0,95 USD/CHF précédemment.

Et si les réserves de la BNS finançaient un fonds public-privé?

Servan Peca/ Le Temps 8/8/2015

En juillet, la Banque nationale a vendu 15 nouveaux milliards de francs, portant ses réserves de changes à 537 milliards. Le débat sur leur utilisation refait surface. Mais il évolue. Les idées s’affinent

Cet état des lieux, publié vendredi par la BNS, intervient alors que le franc est en train de baisser. A 1,0764, l’euro est à son plus haut niveau depuis le mois d’avril. Idem pour le dollar, qui évoluait autour de 0,9815 vendredi. Mais cette nouvelle création de monnaie relance aussi le débat sur l’utilisation de ces réserves. Depuis 2010, elles sont passées de 190 à 537 milliards. Et régulièrement, des voix se font entendre pour que cette man­ne soit gérée différemment. Depuis longtemps, certains militent pour la création d’un fonds souverain financé par les réserves de change.

Mais les opposants à ce qui s’apparenterait à une petite révolution de palais tiennent à peu près tous le même discours. Pour Jean-Pierre Rothpar exemple, «c’est une fausse bonne idée». Contrairement au cas norvégien, rappelle l’ancien banquier central, le portefeuille de la BNS n’a pas été alimenté par une véritable épargne, mais par la planche à billets. De cet état de fait découle un problème majeur de politique monétaire, selon lui: un fonds souverain empêcherait la BNS de disposer de ses devises pour les revendre lorsqu’une normalisation interviendra. Les placer reviendrait à handicaper la conduite de sa mission première, la stabilité des prix.

Mais depuis peu, le débat évolue. Les idées s’affinent. Avant de quitter le directoire de la BNS fin juin, Jean-Pierre Danthine a évoqué l’idée de créer un «grand fonds en devises étrangères» alimenté par les caisses de pension et les privés, trop frileux à investir à l’étranger et coresponsables de l’appréciation du franc depuis 2009, selon lui. Mais une solution étatique, comme un fonds souverain, n’est pas la solution, ajoutait-il. Thomas Held, ancien directeur d’Avenir Suisse, est lui aussi d’avis que la BNS devrait encourager les grands investisseurs à sortir de leur torpeur. Encore plus qu’elle ne le fait déjà avec les taux négatifs, écrivait-il cette semaine dans la NZZ .

De son côté, Andreas Höfert, chef économiste d’UBS Wealth Management, imagine une solution hybride: un fonds dont la dotation serait une combinaison d’une partie des réserves de la BNS, de fonds publics (un excédent budgétaire ou le produit d’une levée de fonds), et de fonds privés, issus de caisses de pension et/ou de particuliers, qui «pourraient par exemple acheter des obligations ou des actions», décrit-il. «Cette idée n’a rien d’absurde. De nombreux pays l’ont adoptée», rappelle Andreas Höfert, en citant l’exemple réussi d’un autre pays sans matières premières, Singapour.

Selon l’économiste, la nature d’un tel véhicule semi-public aurait plusieurs avantages: d’abord, elle éviterait de polariser le débat, comme c’est le cas depuis plusieurs années dans le pays. Ensuite, puisque le fonds ne serait pas intégralement financé par la BNS, il pourrait plus aisément être géré comme une entité autonome.

Enfin et surtout, il permettrait que les milliards de francs conservés en Suisse par les investisseurs et épargnants locaux, depuis le début de la crise en 2008, soient réinvestis à l’étranger. Donc d’atténuer la pression haussière contre laquelle la BNS lutte depuis des années.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2628b056-3d31-11e5-9458-9f31f164eeae/Et_si_les_r%C3%A9serves_de_la_BNS_finan%C3%A7aient_un_fonds_public-priv%C3%A9

EN BANDE SON:  

4 réponses »

  1. Mr Bakhtiari sees no problem with the SNB losing its equity. No « unintended consequence » analysis from behind his desk. The SNB is a public company listed on the SIX and subject to GAAP. Wouldn’t such an event be a huge loss of face for the SNB. And wouldn’t confidence in the SNB suffer?
    Could anybody tell me how the SNB is supposed to exit from this bubble like balance sheet or will the SNB recapitalise to do more of the same? The show must go on.
    Nobody looks at the negative consequences on the Swiss society, namely huge amounts of CHF sloshing around in the economy chasing for yield and driving local prices up.
    My question is how many times can the SNB loose its capital and go on as if nothing has happened.
    One day the « bond vigilantes » will ride again and retake control of the bond markets.

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  2. Ou comment attaquer et faire tomber la France via la Suisse en passant par la confiance des milliers de communes dans la neutralité de celle-ci.

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