Art de la guerre monétaire et économique

Revoir le prix de la réalité : Où est la reprise économique ? 13 des plus grandes surfaces américaines ferment leurs magasins….Les marchés ignorent les fondamentaux…

Les marchés ignorent les fondamentaux…Par Brandon Smith


…ils courent après les gros titres de la presse parce qu’ils sont en train de mourir

« …Le fait que le système entre dans une spirale de la mort sans la béquille psychologique des mesures de relance de la banque centrale devrait vous dire tout ce que vous devez savoir sur la reprise supposée depuis 2008. »

Par Brandon Smith – Le 17 février 2016 – source alt-marketLe Saker Francophone

Un biais de normalité est une chose assez horrible. C’est effrayant parce que c’est définitif ; un peu comme la mort, il n’y a tout simplement pas de retour en arrière. Plutôt qu’une mort physique, le biais de normalité représente la mort de la raison et de la simple observation. C’est la mort de l’esprit et de la pensée cognitive au lieu de la mort du corps.

Depuis l’effondrement des dérivés de 2008, le public a été abreuvé d’histoires magnifiques de reprise dans les médias de masse, au point que ces fantasmes sont devenus la nouvelle normalité. Ce sont de grands récits des exploits audacieux de banquiers centraux qui nous ont tous sauvés de l’effondrement imminent par une politique monétaire de haute volée et des mesures de relance sans limites.

Les économistes alternatifs n’ont pas été aussi faciles à éblouir. La plupart d’entre nous ont trouvé que le récit de cette reprise manquait d’un petit quelque chose ; à savoir les données réelles qui donnent une vision plus large de la situation. Il a semblé qu’aussi bien les médias traditionnels que les élites ont tenté de trier certains chiffres pour nous les présenter hors contexte, tout en exigeant que nous ignorions tous les autres facteurs comme sans importance.

Nous n’avons tout simplement pas acheté la magie de ceux qu’on appelle leséconomistes et les universitaires, et maintenant que la réalité financière réelle et très instable du monde bouillonne à la surface, le grand public va commencer à voir pourquoi nous avons eu raison toutes ces années et pourquoi les médias ont eu complètement tort. Les économistes officiels n’ont absolument rien fait dans le sens du journalisme d’investigation et ont plutôt rejoint les leaders d’opinion sur le faux récit, chantant un chant de sirène de statistiques mal interprétées et de mensonges pour entraîner les masses toujours plus près des eaux mortelles de la crise financière.

Pourquoi font-ils cela ? Font-ils partie d’un vaste complot visant à tromper le public ?

Pas nécessairement. Alors que les banques centrales et les gouvernements ont en effet prouvé à maintes reprises leur collusion dans leurs efforts pour dissimuler les dangers financiers, la plupart des économistes dans les médias sont tout simplement avides et ignorants. Vous devez vous rappeler qu’ils ont un intérêt considérable dans ce jeu.

De nombreux économistes classiques ont tendance à avoir des portefeuilles d’investissement considérables et ils fondent leur carrière en partie sur les succès des bénéfices annuels qu’ils accumulent en jouant à la roulette des actions. Ils ont également investi beaucoup de leur image publique dans leurs arguments pro-marché et annonçant le retour à la normale, alors qu’il n’y a pas de retour en arrière possible. Cela revient à dire qu’ils ont un intérêt personnel à utiliser leurs positions dans les médias pour entretenir la psychologie positive du marché (s’ils en sont capables) de telle sorte que leurs portefeuilles demeurent rentables. Sans oublier que leur image professionnelle est en jeu si jamais ils devaient reconnaître qu’ils se sont trompés depuis si longtemps sur la santé sous-jacente de l’économie réelle.

Cette atmosphère autour des intérêts personnels génère également une attitude collectiviste sectaire. Il y a beaucoup d’échanges de bons points et de caresses mutuelles d’ego dans les médias ; une sorte de conduite consanguine avec des arguments régurgités et des discussions orthodoxes. Les gens du club sortent rarement de la ligne du parti, car non seulement ils mettraient en danger leur propre avenir en terme d’investissement et de carrière, mais ils entreraient en contradictions frontale avec tout le monde dans leurs milieux professionnels. Ce qui signifie plus d’invitations aux cocktails chez Forbes

Cela ne veut pas dire que j’excuse leurs mensonges intéressés et la désinformation. Je pense que beaucoup de ces personnes devraient être passées au goudron et aux plumes sur la place publique pour avoir tenté de dissuader les gens de se préparer d’une manière pratique à une instabilité économique grave. Je ne pense pas que ces personnes se considèrent comme étant responsables devant le peuple qui prend encore au sérieux leurs bêtises et qu’elles devraient modifier leur attitude. J’explique seulement comment il est possible pour toute une profession de supposésexperts d’être si mauvais si souvent. Les analystes financiers veulent croire en leurs propres mensonges autant que beaucoup dans le public veulent les croire.

Comme je le disais, le biais de normalité est une chose assez horrible.

Une des pièces fondamentales de la désinformation dans les médias qui alimente tous les autres mensonges est la désinformation entourant la baisse de la demande mondiale. Les experts ne peuvent pas et ne vont jamais admettre pleinement la dure réalité de l’effondrement de la demande dans l’économie mondiale. S’ils sont forcés d’admettre cette baisse de la demande, alors c’est toute la façade d’un retour à la croissance de l’économie américaine qui se désagrège.

J’ai couvert les faits cachés derrière la baisse de la demande mondiale en produits de base et en biens de consommation l’an dernier dans la première partie de ma série d’articles en six parties, Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose. Les preuves et les chiffres que je présentais sont devenus plus incontournables ces derniers mois.

Par exemple, les stocks américains sont en train de grossir et les expéditions de fret sont en baisse aux États-Unis, alors que les détaillants parlent d’une baisse de la demande pour des produits de consommation comme principal coupable de cette baisse. Les chiffres officiels des ventes au détail stagnent pour la période des fêtes de 2015. Quand on prend en compte l’inflation réelle des prix, les ventes aux consommateurs sont en fait largement négatives. Selon des méthodes plus précises que le gouvernement des États-Unis avait l’habitude d’utiliser dans ses calculs de l’indice des prix dans les années 1980, nous sommes face à un taux annuel d’inflation des prix de l’ordre de 7 %. L’inflation  ne signifie pas nécessairement une amélioration équivalente des ventes.

La consommation d’énergie a fortement baissé depuis 2008. En dépit d’une population croissante et d’un système économique supposément en croissance aussi, selon le Forum économique mondial,  la consommation de pétrole en 2014 a chuté à des niveaux jamais vus depuis 1997.

C’est exactement le contraire de ce qui devait se produire et c’est à l’opposé des projections fournies au grand public pour la consommation de pétrole depuis 2003. Voilà pourquoi les stocks et le stockage du pétrole à travers le monde atteignent des volumes jamais vus auparavant. La demande américaine de pétrole ne se développe pas de façon exponentielle comme prévu parce que les Américains ne peuvent plus se permettre de soutenir une telle croissance. La baisse de la demande d’énergie à ces niveaux extrêmes est un indicateur indéniable d’un système économique défaillant.

Bien sûr, les économistes classiques, dans leur désespoir pour garder la psychologie du marché tendue vers l’avant et pour permettre au casino des actions de produire des bénéfices, cherchent à présenter ce problème comme un problème de surproduction plutôt que comme une question de demande. Et c’est le moment où l’incohérence de leurs arguments commence à se voir.

Voici le problème présenté dans les médias : qui est venu en premier, la poule ou l’œuf ? Est ce que la baisse de la demande conduit à une surproduction et donc à une baisse des prix ? Est-ce la demande qui reste stable, et la surproduction qui sont les causes de la baisse des prix ? Oui, brouillons les cartes autour de ce problème au lieu de regarder l’évidence.

Comme déjà indiqué ci-dessus, c’est la baisse de la demande qui vient en premier en 2008, et c’est la demande qui continue de baisser par rapport aux tendances passées. Est-ce que les producteurs ont échoué à réduire la production de pétrole pour correspondre à la baisse de la demande ? Oui. Mais cela ne change pas le fait que la demande de pétrole est aujourd’hui bien en deçà des niveaux nécessaires pour soutenir le genre de croissance économique que les marchés attendent. Les économistes traditionnels tentent de distraire en hyper-focalisant l’attention sur l’offre, ou en déviant la discussion vers un scénario similaire. Soit il y a un problème de production, soit il y a un problème de demande, et ils affirment qu’il s’agit seulement d’un problème d’approvisionnement. Ce n’est pas la réalité.

En fait, les deux peuvent exister et existent souvent en même temps, bien que l’un des problèmes se nourrit habituellement de l’autre. La baisse de la demande a tendance à se traduire par une offre excédentaire dans un secteur particulier de l’économie. La vérité de la situation, cependant, est que dans le cas de notre crise actuelle, c’est la demande qui est la force motrice et l’approvisionnement n’est qu’une question secondaire. L’approvisionnement est la force motrice de la volatilité sur les marchés pétroliers. Voilà !

La distraction autour de la poule et de l’œuf dresse sa tête hideuse dans les discussions sur les marchés du fret de la même façon.

Les médias prétendent que l’implosion historique du Baltic Dry index n’est rien de plus qu’un problème d’excès de bateaux opérant sur le marché du fret, argument tant de fois démystifié que vous pourriez penser qu’il est sûrement mort. Mais le mensonge ne veut tout simplement pas mourir.

Les journaux de propagande grand public comme The Economist et Forbescontinuent à produire régulièrement des articles qui nient la question de la baisse de la demande pour les produits de base et prétendent que l’offre excédentaire de navires est la cause profonde qui explique la chute du BDI de 98 % de sa valeur depuis ses sommets en 2008.

Je n’ai vu aucun de ces articles fournir des statistiques réelles ou des preuves pour appuyer la revendication que l’offre excédentaire de navires est le coupable et que la demande n’est pas une question légitime. Mais au-delà, pourquoi les médias grand public semblent-ils donc rejeter mordicus le BDI comme un indicateur économique fiable ? Eh bien, c’est parce que les taux d’expédition tombent lorsque la demande chute ; ainsi, lorsque le BDI baisse, il signale un manque de demande mondiale. C’est un fait qu’ils refusent d’accepter. Lorsque le BDI baisse de 98 % depuis le sommet de 2008, précédant la crise des produits dérivés, cela signale une catastrophe à venir.

Maintenant, laissons de côté la désinformation «trop de bateaux est la cause première» une fois pour toutes.

Les compagnies maritimes comme Maersk Line ont déjà admis publiquement que la chute de la demande mondiale est le problème de base derrière la baisse des taux et que l’offre est un critère secondaire. Ils considèrent que la crise financière actuelle est «pire que 2008».

Le fait que la plus grande compagnie de transport au monde mette en garde sur une chute de la demande ne semble cependant pas avoir eu d’effet sur les journalistes vedettes des médias.

Alors, qu’est-ce que les grandes compagnies maritimes font lorsque la demande est en baisse et que trop de navires opèrent sur le marché ? Est-ce qu’ils utilisent ces navires de toute façon avec des taux de remplissage encore plus bas ? Non, cela n’a aucun sens.

Quelle entreprise va laisser ses navires inactifs au port ou les abandonner ? Selon BIMCO (Conseil maritime de la Baltique et à l’international), 2015 a été l’année la plus chargée depuis 2012 pour la démolition des navires les plus anciens en vue de faire place à de nouveaux arrivants. Ce processus de mise au rebut des navires ou leur parcage détruit l’argument selon lequel trop de navires sont à l’origine de la baisse du BDI. En fait, comme l’analyste en chef du fret, Peter Sand de BIMCO, l’a déclaré l’année dernière :

«L’augmentation des taux démolition intervient à un moment absolument nécessaire pour le marché. En regardant le développement jusqu’à présent cette année, la croissance de la flotte a en fait été négative, avec une réduction de 0,8 %.»

J’espère que les colporteurs de mensonges chez Forbes et The Economistpourront admettre une croissance négative de l’approvisionnement en bateau, et non pas une immense sur-capacité de navires de fret. L’augmentation de la démolition était aussi dans l’ensemble valable pour les autres modèles de navires, et pas seulement pour le fret, et l’augmentation de la capacité de chargement avec l’arrivée de nouveaux navires a été négligeable. Pourtant, les tarifs d’expédition continuent à chuter à des niveaux historiquement bas. Seule la chute de la demande, comme Maersk Lines l’admet, explique le crash du BDI à la lumière de ces informations.

La Chine en particulier a offert des incitations considérables pour les entreprises qui mettent des navires plus anciens à la ferraille, au point que certains en sont même à mettre au rebut des navires presque neufs afin d’en tirer un profit.

Maintenant, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une surproduction de navires. Il existe en effet de nombreux navires au sein des flottes de fret qui ne sont pas en activité. Mais encore une fois, c’est dû à la demande qui a diminué si fortement que, même avec l’augmentation de la démolition et le marché au ralenti, les compagnies maritimes ne peuvent pas suivre. La baisse de la demande se produit en premier, et l’offre excédentaire n’est rien de plus qu’un symptôme de ce problème premier.

Alors, les pirates des médias, pouvez-vous s’il vous plaît mettre l’argument «un trop grand nombre de navires» à la poubelle pour nous reposer et vous concentrer sur une véritable discussion sur les problèmes évidents autour de la demande ? Cessez de vous concentrer sur les symptômes et examinez la cause, pour une fois.

Ce ne sont que quelques-uns des centaines de problèmes fondamentaux qui minent l’économie mondiale d’aujourd’hui, et ce sont tous des problèmes que les médias continuent d’ignorer ou de balayer d’un revers de main. Ce qui nous amène maintenant à l’accélération de la volatilité sur les marchés boursiers.

Les marchés boursiers sont en baisse, il n’y a pas d’autre moyen de les décrire. Ils baissent progressivement, mais ils baissent néanmoins. Lorsque vous avez des sautes violentes sur les marchés d’actions et sur les matières premières entre 5 % et 10 % par jour, alors quelque chose va très mal dans votre économie et ce depuis un certain temps. Si la consommation et la demande mondiale étaient vraiment stables ou en croissance, alors vous ne verriez pas ce genre de réaction systémique dans le système financier comme nous le voyons maintenant. Si les sociétés cotées sur le Dow Jones faisaient des profits légitimes en raison d’une base de consommateurs en bonne santé en jouissant d’une solide expansion, les actions ne seraient pas de plus en plus volatiles. Si les investisseurs et les analystes traditionnels regardaient effectivement les chiffres réels de la demande (entre autres choses), alors l’étrange comportement des marchés leur serait facile à comprendre. Ils ne regarderont pas ces chiffres jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Au lieu de cela, les marchés ont choisi de chasser les gros titres, et c’est la façon dont le cercle hideux du biais de la normalité et de la dissonance cognitive se referme. Il n’y a pas d’indicateurs positifs dans les fondamentaux aujourd’hui pour dynamiser la foi en l’investissement sur le marché. Aussi, les investisseurs et les ordinateurs de trading algorithmique suivent-ils les manchettes des journaux. Les pirates des médias ont maintenant le pouvoir (avec les banques centrales et les gouvernements) de créer d’énormes appels d’air pour l’achat d’actions avec une ou deux balises de presse soigneusement placées, tels que La Russie examine la réduction de la production de pétrole avec l’OPEP.

Les spéculateurs du marché et les ordinateurs de trading sautent sur ces titres sans vérifier s’ils sont vrais. Dans la plupart des cas, ils sont faux ou juste des ouï-dire à partir d’une source anonyme. Cela entraîne les marchés toujours plus bas dans l’abîme, en attendant le prochain titre pour soutenir l’activité, même pour une journée.

La triste vérité est que si l’un de ces titres s’avérait légitime, son effet n’aurait sans doute pas de sens sur le long terme, car le poids écrasant des fondamentaux continue de renverser un optimisme mal placé. Maintenant que le monde de l’investissement n’a plus de certitudes sur l’interventionnisme de la banque centrale comme un outil utile, il ne sait pas si les mauvaises nouvelles sont de bonnes nouvelles ou si les bonnes nouvelles sont de mauvaises nouvelles. Le fait que le système entre dans une spirale de la mort sans la béquille psychologique des mesures de relance de la banque centrale devrait vous dire tout ce que vous devez savoir sur la reprise supposée depuis 2008.

Aucune société ne veut admettre l’échec économique ou le sabotage économique, ce qui est la raison pour laquelle ce jeu de con est capable de continuer face à tant de vérités concrètes. En fin de compte, les tendances du marché et les tendances économiques iront dans le négatif. D’ici là, attendez-vous à des appels d’air massifs du marché qui vont ensuite se désintégrer en quelques jours. Mais quoi qu’il arrive, ne prenez jamais ce que les économistes traditionnels disent très au sérieux. Ils ont déçu le public pendant assez longtemps.

Brandon Smith.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Daniel pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/les-marches-ignorent-les-fondamentaux-et-courent-apres-les-gros-titres-parce-quils-sont-en-train-de-mourir

Où est la reprise économique ? 13 des plus grandes surfaces américaines ferment leurs magasins Par Michael Snyder

US ECONOMY RETAIL WALMART CLOSURESBarack Obama a récemment déclaré quecelui qui prétend que l’économie américaine est en déclin est un menteur”

Eh bien, si l’économie est en si grande forme, pourquoi les principaux détaillants ferment des centaines de magasins dans tout le pays ? Le mois dernier, j’avais écrit surl’apocalypse du commerce de détail qui balaie la nation, mais depuis, la situation s’est encore aggravée. La fermeture des magasins est devenue la “nouvelle tendance” dans le monde du commerce de détail, et les panneaux affichant “espace disponible” sur les fenêtres des centres commerciaux fleurissent partout aux États-Unis. Barack Obama peut continuer à s’époumoner à répéter que​ la classe moyenne peut faire tout ce qu’elle désire, mais les chiffres publiés par les détaillants racontent une histoire totalement différente.

Plus tôt aujourd’hui, Eddie Lampert, le président de Sears a adressé une lettre aux actionnaires qui était remplie de toutes sortes de mauvaises nouvelles. Dans cette lettre, il a blâmé les horribles résultats que Sears a connu ces derniers temps du fait de «profonds bouleversements» dans les dépenses de consommation

sears_lampertDans une lettre adressée aux actionnaires jeudi, Eddie Lampert, le président de Sears a déclaré que l’impact des «profonds bouleversements» dans les dépenses de consommation s’était étendu aux détaillants dans la dernière année “qui avaient pourtant pris leurs précautions pour se mettre relativement à l’abri de ce type de bouleversement.”

“Walmart, Nordstrom, Macy, Staples, Whole Foods et bien d’autres ont ressenti l’impact des bouleversements dû à la concurrence en ligne et à de nouveaux modèles économiques”.

Et c’est tout à fait vrai – les résultats de Sears sont désastreux, mais elle est loin d’être la seule. Voici 13 grands détaillants qui ferment leurs magasins…

# 1 – Sears a perdu 580 millions de dollars au quatrième trimestre de 2015, et ils ont prévu de fermer au moins 50 autres “magasins non rentables” à la fin de cette année.

# 2 – On rapporte que Sports Authority sera mise en faillite en Mars. Certains médias ont indiqué que près de 200 magasins pourraient fermer, mais à l’heure actuelle on ne sait toujours pas combien de leurs 450 magasins seront en mesure de rester ouvert.

# 3 – Pendant des décennies, Kohl s’était développée de manière agressive, mais maintenant elle prévoit la fermeture de 18 magasins en 2016.

# 4 Target vient de fermer de 13 magasins aux États-Unis.

# 5 – Best Buy a fermé 30 magasins l’année dernière mais il se raconte que plus de magasins sont susceptibles de fermer dans les mois à venir.

# 6 – Office Depot prévoit de fermer un total de 400 magasins d’ ici la fin de l’année 2016.

La liste suivante provient de l’un de mes articles précédents…

# 7 – Wal-Mart ferme 269 magasins , dont 154 aux États-Unis.

# 8 – K-Mart va fermer plus de deux douzaines de magasins au cours des prochains mois.

# 9 – JC Penney va fermer définitivement 47 autres magasins après avoir déjà fermé un total de 40 magasins en 2015.

# 10 – Macy’s  a décidé qu’il devait fermer 36 magasins et licencier environ 2.500 employés.

# 11 – Gap est en train de fermer 175 magasins en Amérique du Nord.

# 12 – Aeropostale est en train de fermer 84 magasins partout en Amérique.

# 13 – L’entreprise Finish Line vient d’annoncer que 150 magasins vont fermer au cours des prochaines années.

Ces fermetures de magasins peuvent être particulièrement cruelles pour les petites villes. Il suffit de considérer l’impact que la fermeture de WalMart a eu sur la petite ville d’Oriental en Caroline du Nord

graffititncwalmart.jpgL’épicerie de la ville d’Oriental en Caroline du Nord, un point de vente local depuis 44 ans, a fermé ses portes en Octobre après qu’un magasin WalMart ait ouvert ses portes il y a moins de deux ans. Maintenant à savoir trois mois plus tard – et moins de deux ans après que WalMart soit arrivé – le géant de la distribution plie bagage à son tour, laissant la petite localité sans épicerie et sans pharmacie .

Bien que les magasins mom-and-pop aient régulièrement disparu à travers le paysage américain au cours des trois dernières décennies alors que de supers chaînes de distribution s’étendaient toujours plus, il restait toujours au moins un WalMart pour les remplacer. Mais maintenant, les magasins WalMart disparaissent aussi.

Bien sûr, il y a de nombreux facteurs en cours qui participent à cette apocalypse du commerce de détail. La concurrence des détaillants en ligne est de plus en plus exacerbée, et les habitudes de dépenses des consommateurs sont en train de changer rapidement.

La classe moyenne aux Etats-Unis décline, et les dépenses ne sont plus au niveau où elles avaient l’habitude d’être.

Et maintenant que nous sommes entrés dans une nouvelle récession économique, de nombreux détaillants constatent que certaines communautés locales ne peuvent plus soutenir leurs magasins. Ce qui suit provient de CNBC

 

Bien que le passage aux achats en ligne est sans aucun doute joué un rôle dans la baisse du trafic dans les centres commerciaux, l’évolution de la situation économique a plus d’impact que la progression d’Amazon. L’évolution démographique dans une ville est une autre raison qui fasse qu’un centre commercial ait des difficultés ou puisse fermer – par exemple, si des licenciements massifs ont lieu pour une raison économique notamment dans l’industrie alors les gens se déplacent plus loin pour trouver un emploi.

“Jesse Tron, porte – parole de l’association commerciale sectorielle internationale des centres commerciaux(ICSC), avait déclaré sur CNBC l’an dernier: “Il est difficile de maintenir de grands centres commerciaux dans les zones suburbaines où les gens ont déjà du mal à rembourser leur hypothèque.”

Pour que la classe moyenne puisse se développer, nous avons besoin de bons emplois bien rémunérés pour la classe moyenne. Malheureusement, notre économie a détruit ces types d’emplois assez rapidement. Par exemple, Halliburton vient d’ annoncer qu’il supprime 5000 emplois supplémentaires après s’être débarrassé de 4.000 salariés à la fin de l’ année dernière.

Pendant les années Obama, les bons emplois bien rémunérés de la classe moyenne ont été remplacés par des emplois de services faiblement rémunérés. Actuellement, sur l’ensemble des salariés américains, 51 % gagnent moins de 30.000 dollars par an.

Vous ne pouvez pas subvenir aux besoins d’une famille de la classe moyenne américaine ayant des enfants avec à peine 30 000 dollars par an.

Nous avons une économie qui est au bord du précipice. Nous pouvons le voir dans l’explosion des prêts automobiles de type subprimes où la situation se gâte, nous pouvons le voir au travers de centaines de magasins de détail qui sont en cours de fermeture, et nous pouvons le constater encore par le biais de dizaines de milliers d’emplois bien rémunérés dans le secteur de l’ énergie qui sont supprimés actuellement.

Sous la présidence OBAMA, la dette publique s’est accrue de plus de 1.000 milliards de dollars par an

Barack Obama laissera les Etats-Unis avec une dette de 20.000 milliards de dollars

Sous les deux mandats d’Obama, les taux d’intérêt ont été amenés à zéro, la Réserve fédérale a créé des milliers de milliards de dollars à partir de rien, et la taille de notre dette publique est sur le point de doubler. En dépit de toutes ces mesures désespérées, la situation économique ne cesse de se dégrader.

Nous avons voulu gagner du temps en mettant de la monnaie de singe sur nos échecs mais cela n’a pas fonctionné. Maintenant, un ralentissement économique qui finira par se révéler encore pire que la «Grande Récession» de 2008 et 2009 a déjà commencé, et nos dirigeants ne savent plus comment faire pour sortir de cette situation catastrophique.

Je voudrais avoir de meilleures nouvelles à vous donner, mais je n’en vois pas. Préparez-vous dès maintenant, parce que des temps très difficiles se profilent.

Source: theeconomiccollapse

http://www.businessbourse.com/2016/02/27/ou-est-la-reprise-economique-13-des-plus-grands-detaillants-americains-ferment-leurs-magasins/

Revoir le prix de la réalité


James Howard Kunstler
James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 15 février 2016 – Source kunstler.com Le Saker Francophone

Il semble que le remplaçant de M. Obama, à partir du 20 janvier 2017, présidera dans des conditions de désordre jamais vues auparavant dans la vie quotidienne aussi bien que dans l’économie. Pour la classe prétendument pensante de l’Amérique, la fin de la politique où la réalité est en option viendra comme la surprise de leur vie.

Où l’hypothétique classe pensante était-elle, d’ailleurs, ces huit dernières années ? Ne les cherchez pas dans ce que l’on appelle les journaux. Le New York Times tient maintenant la réalité dans une telle aversion que les éditeurs ont échangé leurs stylos bleus contre des tenues de pom-pom girls de la Réserve fédérale depuis l’incident de Lehman Brothers en 2008. Chaque organe de presse a suivi la cadence : la reprise continue ! C’est l’argument central pour la promotion de l’actif déprécié connu sous le nom de Hillary.

Ne cherchez pas la classe pensante dans les universités. Ils ont renoncé à leurs devoirs traditionnels pour une nouvelle campagne de persécution hybride qui utilise à parts égales Mao Zedong, les sorcières de Loudun et l’asile de Charenton. Par exemple, le président de Princeton, M. Eisgruber, a été confronté à une liste de demandes qui incluait

  • l’effacement du nom de l’ancien ségrégationniste Woodrow Wilson sur le campus
  • la création d’un nouveau centre étudiant réservé aux noirs (c’est-à-dire ségrégation)

Il n’a pas cillé.

Remarque : personne dans les médias ne l’a interrogé sur cette apparente contradiction. Voilà comment cela se passe de nos jours.

Ne cherchez pas la classe pensante dans les affaires. Les grands dirigeants sont cernés par des gens toujours occupés au rachat d’actions de leurs propres entreprises à des prix extravagants avec de l’argent emprunté.

Pourquoi ? Pour augmenter artificiellement le prix de l’action et donc leurs salaires et leurs primes. Est-ce que cela à quelque chose à voir avec la santé de l’entreprise ? Non. En fait, c’est le signe d’un échec futur plus que probable. Pourquoi n’y a-t-il pas de gouvernance de leur comportement délirant ? Parce qu’ils ont également acheté et payé pour des conseils d’administration composés d’une classe tournante de compères prétoriens, avec de nouvelles recrues entrant en scène chaque semaine grâce au pantouflage légendaire entre les entreprises et les organismes de réglementation gouvernementaux.

Oh, et puis il y a le gouvernement. Toute personne qui consulte les concours de vantardise-et-diffamation que le réseau de télévision par câble appelle des débats, sait que ces spectacles sont basés sur le contraire de la pensée. Ils ne proposent pas seulement la réalité en option, ils sont aussi la pensée en option. Par conséquent, il semble pour l’instant que l’Amérique s’apprête à élire soit un tueur primaire soit un arnaqueur rodé pour présider à l’effondrement épique de notre mode de vie si fatigué.

Le récent carnage sur les marchés boursiers trouve probablement ses racines dans le hiatus du Jour du Président. Les marchés font des bonds dans d’autres parties du monde aujourd’hui, le triomphe de l’espoir sur toutes les preuves disponibles que quelque chose de fatal est arrivé dans l’économie mondiale supposée éternelle, selon Tom Friedman. Certains observateurs soupçonnent que cela a quelque chose à voir avec le prix du pétrole, parce que le marché à terme du pétrole et les indices boursiers semblent monter et descendre en tandem. Mais ils n’ont pas de certitudes.

Est-ce si difficile à comprendre ?

  • Quelque chose de défavorable se passe pour les compagnies pétrolières quand le baril qui a coûté 70$ à extraire et ensuite vendu 30$.
  • L’ensemble de l’infrastructure de la civilisation techno-industrielle a été conçu pour fonctionner avec un baril sous les 30$ et elle s’effondre lorsque le prix est plus élevé

C’est comme ça. Voilà votre réalité fondamentale.

Nous avons essayé de contourner ce problème épineux, la manifestation non linéaire de la situation prétendument révolue appelée pic pétrolier, depuis le début de ce siècle. Principalement, nous l’avons contourné en empruntant de l’argent qui n’existait pas. Après avoir créé cette masse d’argent emprunté, nous avons également créé une attente du marché sur l’obligation de rembourser. En fait, le processus de remboursement des sommes dues est la seule chose qui favorise la confiance dans un système dont la confiance est la clé de voûte – même si cette attente était irréelle dès le départ. Quand elle est violée, des choses terribles se produisent sur les marchés et les économies.

Ces choses terribles sont en cours. Nous allons être une soi-disant république très affligée et pauvre lorsque cette année en aura fini avec nous. Les marchés vont se fissurer et les relations commerciales, qui structurent la mondialisation, vont se désagréger alors que les nations et régions au sein de ces nations luttent pour survivre. Nous allons avancer inexorablement vers une élection très probablement désastreuse. Nous ferons face aux choix fondamentaux que les sociétés en difficulté font toujours, paniquer et agir sans réfléchir – généralement sous la forme de la guerre – ou en optant pour un retour à la réalité et à ses mandats impératifs. Jusqu’à présent, il ne semble pas que l’on se dirige vers la meilleure option.

Si vous êtes une personne réfléchie, les mois à venir pourraient être votre dernière chance de protéger les quelques richesses que vous avez et vous déplacer vers un coin où, au moins, vous pouvez faire pousser une partie de votre propre nourriture et devenir une partie utile d’un réseau social et économique que l’on pourrait appeler une communauté.

James Howard Kunstler

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/revoir-prix-realite

EN BANDE SON 

7 réponses »

  1. Certes, mais en même temps à l’époque des commandes via l’internet ou en passant par des « drives », que des magasins ferment n’a rien d’étonnant (d’ailleurs ça représente combien en % des surfaces de vente ?)

    Aimé par 1 personne

  2. Y a trop de bateau ? Le fret transporté diminue dramatiquement ?
    Y a trop de stock dans les entrepôts ? On produit trop ?
    Les magasins sont désertés ?

    Ceusses qui ont de l’appétit n’ont pas d’argent pour acheter à manger ?
    Ceux qu’ont du pognon ne mangent plus ? Sont trop inquiets ?

    ON FERMEUUUUU !!!

    CHANTER, BOIRE, LA MAISON BRULE !

    Ça me fait penser à la chanson de Boris Vian ?

    Y A QQ CHOSE QUI TOURNE PAS ROND LÀ DEDANS ?
    J’Y RETOURNE IMMÉDIATEMENT ?

    Vu que les truc « sérieux » ne marchent manifestement pas,
    je propose qu’on aille carrément vers la déconnante ?

    Pas sur qu’ça ira mieux ? Mais au moins on rigolera un bon coup ?
    Et ne dit-on pas qu’un bon rire ça équivaut à un bon steack ?

    Ah ? Hein ? Bon !

    Pfiouuuuuuuuuu !!!

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  3. De toute façon l’équation est simple. La demande crée l’inflation, si il y a déflation c’est que la demande chute. Par contre il faut expliqué pourquoi la demande chute et la encore il n’y a rien de plus facile. L’occident a délocalisé une grande partie de sa production et de se fait de son pouvoir d’achat, puisque d »localisation de production égale chômage. Hors se n’est pas en augmentant la quantité de chômeur que l’on peut augmenter la demande. Si a cela on y ajoute la pertes de revenus lié aux intérêts de l’épargne et du prix exorbitant des loyers, de l’immobilier et des produits de base depuis 2003. Il ne faut pas s’attendre a des miracles.
    Après une inflation générale entre 100% et 200% depuis 2003 partout en occident et un salaire qui n’as pas bougé et un chômage qui ne fait qu’enfler. Il faut bien se dire que se qui est fait ne l’ait que pour tenté de faire tenir le système un peut plus longtemps. Rien n’est fait pour que les choses s’arrangent. Pour cela il faut ré-écouter la fin de « the big short ». Tout est dit.
    Le problème est que si tout s’effondre, tout le monde va y perdre, même ceux qui on de l’or auront perdu. Si vous le sortez de son trou vous vous mettrez en danger, vis a vis des états et de ceux qui n’auront plus rien.
    Le problème consiste bien a éviter les gros problèmes et pour cela il n’y a pas cinquante solutions. Il faut faire payer les 1% et leur en prendre 50. Là ou résout pas tous les problèmes mais cela devrait fonctionner.

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    • 1% leur prendre 50

      c’est ce qu va se passer avec bezos et « zuck »
      mais cela sera juste un pansement psychologique sur la population

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  4. « la chute du BDI de 98 % de sa valeur depuis ses sommets en 2008. »

    au choc et contrechoc petrolier cela fut si violent que de la même facon des armateurs furent balayés en 2ans

    je connaissais un fils dont la famille d’armateurs était encore en activité circa 70 alors que la famille perdit 90/95% de sa fortune.
    Dans leur appartement il y avait d’imposantes maquettes de pétroliers…
    c’étaient les leurs!
    ils leur est resté deux ou trois propriétés de luxe..

    cette scene fut pour moi une des plus formatrice de ma petite vie de capitaliste qui débutait.
    car ce n’est pas comme assister à une fermeture d’une usine VK ou Boussac rattrapées par la concurrence ou la technologie: en effet les navires auraient pu naviguer 20 ans de plus

    A ce sujet, on n’a aucun moyen de savoir si glencore n’est pas tout simplement ENRON

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