Chronique d’une dépossession programmée

I. 1983 : l’année où la France a cessé de se gouverner
L’histoire officielle parle de tournant de la rigueur.
La réalité est plus grave : 1983 est l’année où la France a changé de régime sans changer de Constitution.
Sous la présidence de François Mitterrand, la gauche arrivée au pouvoir avec un mandat de rupture choisit finalement :
- de rester dans le Système monétaire européen,
- d’indexer sa politique économique sur des contraintes externes,
- de substituer la gestion à la volonté politique.
Ce choix n’est pas tactique.
Il est ontologique.
À partir de 1983, la souveraineté n’est plus un principe :
elle devient une variable d’ajustement.
II. Le fabianisme : la révolution qui ne renverse rien
Le socialisme fabien ne prend pas le pouvoir par l’insurrection,
il colonise les institutions.
Sa méthode est simple :
- avancer lentement,
- neutraliser les conflits,
- dissoudre le politique dans l’expertise,
- gouverner par la norme plutôt que par la décision.
Ce modèle, importé du monde anglo-saxon, est parfaitement compatible avec :
- la haute fonction publique,
- la technocratie européenne,
- la finance régulée mais jamais combattue,
- un peuple réduit au statut de population.
1983 marque l’entrée de la France dans cette matrice.
III. De Delors à Bruxelles : l’Europe comme dépolitisation
Avec Jacques Delors, l’architecture est verrouillée :
- indépendance monétaire,
- primauté du droit européen,
- concurrence érigée en dogme,
- États réduits à des gestionnaires locaux.
L’Europe devient le paravent moral d’un renoncement stratégique.
Elle ne protège pas les nations :
elle les désarme.
La gauche s’y rallie au nom du progrès.
La droite s’y soumet au nom du réalisme.
Le peuple, lui, n’est jamais consulté autrement que pour être contourné.
IV. La Troisième Voie : socialisme sans peuple, capitalisme sans nation
La Troisième Voie n’est ni de gauche ni de droite.
Elle est hors-sol.
Ses piliers :
- multiculturalisme comme substitut au peuple,
- droits abstraits contre appartenances concrètes,
- moralisation permanente pour masquer l’impuissance,
- inflation normative pour compenser le vide politique.
Elle promet la justice sociale,
elle produit la fragmentation.
Elle promet l’ouverture,
elle fabrique la dépendance.
V. Macron : l’homme terminal du cycle fabien
Emmanuel Macron n’est pas une rupture.
Il est l’aboutissement logique.
Avec lui :
- l’État devient une start-up normative,
- la souveraineté est suspecte,
- la nation est ringarde,
- le peuple est un problème à gérer.
Macron ne gouverne pas contre le système :
il est le système, rendu explicite.
VI. La France post-fabienne : un pays sans décision
La France d’aujourd’hui cumule :
- dette structurelle,
- désindustrialisation,
- dépendance énergétique,
- chaos migratoire,
- perte de crédibilité stratégique.
Mais surtout :
👉 elle a perdu la capacité de choisir.
Tout est négocié, normé, conditionné, retardé.
La politique est devenue un théâtre sans souverain.
VII. Après le fabianisme : trois issues possibles
- La tétanie prolongée
Gouvernance molle, chaos contrôlé, délitement lent. - La vassalisation assumée
État-nation réduit à une province morale d’un empire extérieur. - La rupture autoritaire
Non par idéologie, mais par nécessité vitale face au chaos.
L’histoire montre que lorsque la souveraineté disparaît,
elle revient toujours, mais rarement par les urnes.
VIII. Thèse Lupus
Il n’y a jamais eu de fabianisme heureux,
comme il n’y a jamais eu de mondialisation heureuse.
Le fabianisme est une technique de neutralisation des peuples.
Il fonctionne tant que le chaos reste administrable.
Il s’effondre quand le réel frappe.
Nous entrons dans ce moment.
Chute (radicale)
La France n’a pas été vaincue.
Elle a été administrée jusqu’à l’impuissance.

Après le fabianisme : Empire, Chaos ou Renaissance ?
La fin de la Troisième Voie et le retour brutal du réel
I. Le fabianisme n’est pas en crise : il a accompli sa mission
Le fabianisme n’échoue pas.
Il se termine.
Sa fonction historique n’était pas de gouverner durablement, mais de :
- dissoudre les souverainetés,
- neutraliser les conflits politiques,
- remplacer la décision par la procédure,
- transformer les peuples en agrégats administrés.
Une fois cette mission accomplie, le fabianisme devient inutile — voire dangereux pour ses propres promoteurs. Le chaos qu’il a produit n’est plus contrôlable par la seule norme.
II. Le moment impérial : quand la force remplace la règle
Nous entrons dans un moment impérial mondial, caractérisé par :
- la fin du multilatéralisme performatif,
- le retour des sphères d’influence,
- la hiérarchisation brutale des alliés et des vassaux,
- la primauté de la sécurité sur la morale.
Les États-Unis ne parlent plus le langage des « valeurs universelles »,
mais celui de la puissance assumée.
L’Europe, elle, n’a ni armée, ni énergie, ni démographie, ni unité politique.
Elle ne peut être un empire.
Elle ne peut pas non plus être une renaissance.
👉 Elle ne peut être qu’un espace sous tutelle.
III. Chaos contrôlé, chaos réel : le point de rupture
Le fabianisme reposait sur une hypothèse centrale :
le chaos peut être géré indéfiniment.
Cette hypothèse est fausse.
Quand :
- l’immigration devient incontrôlable,
- la dette devient structurelle,
- la violence redevient quotidienne,
- la légitimité s’effondre,
le chaos cesse d’être un outil.
Il devient une menace existentielle.
À ce stade, deux issues seulement existent :
- l’effondrement,
- l’autorité.
IV. L’Europe des nations : survivre dans l’orbite impériale
Une renaissance européenne autonome est un mythe.
Mais une survie politique différenciée, État par État, est possible.
Certains pays l’ont compris avant les autres :
- Viktor Orbán a choisi la continuité nationale sous parapluie américain.
- Giorgia Meloni a abandonné le fantasme bruxellois pour le réalisme atlantique.
Ces pays ne sont pas souverains au sens absolu.
Ils sont alignés sans être dissous.
V. La France face à son mur historique
La France est le maillon faible :
- État hypertrophié,
- société fragmentée,
- élites illégitimes,
- peuple méfiant.
Elle ne peut plus maintenir :
- ni le fabianisme,
- ni le macronisme,
- ni l’illusion européenne.
La seule question n’est plus si la rupture arrive,
mais sous quelle forme.
VI. Les trois scénarios français
1. La décomposition prolongée
Émeutes, normes, dette, répression molle.
→ Issue la plus probable à court terme.
2. La vassalisation assumée
Alignement stratégique total, abandon des ambitions.
→ Scénario italien… sans l’efficacité italienne.
3. La rupture autoritaire
Non idéologique, non morale, mais fonctionnelle.
→ Le pouvoir revient quand le chaos devient ingérable.
VII. Thèse Lupus
Le fabianisme n’a pas produit l’égalité.
Il a produit le vide.
Et le vide, en politique, est toujours rempli :
- par la force,
- par l’empire,
- ou par la guerre civile.
Chute (sans appel)
Après le fabianisme, il n’y aura ni consensus ni douceur.
Il y aura un choix — ou il sera fait sans nous.
Infographie écrite – Chronologie de la sortie fabienne
1983
→ Abandon de la souveraineté économique
→ Début du gouvernement par la contrainte externe
1992–2005
→ Europe juridique
→ Neutralisation des peuples (référendums contournés)
2010–2020
→ Dette + immigration + désindustrialisation
→ Fabrique du chaos contrôlé
2020–2024
→ Covid, Ukraine, énergie
→ Fin de la fiction morale occidentale
2025–2030 (en cours)
→ Retour des empires
→ États sommés de choisir :
alignement / effondrement / autorité

Postface philosophique — Après le fabianisme
Le fabianisme n’a pas seulement échoué : il a accompli sa fonction historique.
Il a dissous la souveraineté sans jamais l’abolir frontalement.
Il a vidé la politique de sa substance tout en conservant ses formes.
Il a remplacé le tragique par la gestion, le peuple par des flux, la décision par des normes.
C’est là sa ruse ultime : ne jamais apparaître comme un régime, mais comme une évidence technique.
Or toute évidence qui se croit éternelle finit par se fracasser contre le réel.
L’après-fabianisme ne sera pas doux.
Il ne sera ni progressif, ni pédagogique, ni moralement confortable.
Il sera un retour du conflit, du choix, de la verticalité — bref, du politique au sens antique et terrible du terme.
Car une société ne peut survivre longtemps sans mythe fondateur, sans frontière claire, sans hiérarchie assumée.
Lorsque tout est négociable, tout devient instable.
Lorsque plus rien n’est sacré, la force revient toujours, nue, brutale, sans fard.
L’erreur serait de croire qu’il existe une « bonne sortie » consensuelle.
Il n’y en a pas.
Il n’y a que des sorties asymétriques : États par États, peuples par peuples, au prix de ruptures, d’alliances impures, de dépendances choisies plutôt que de vassalités honteuses.
La France, comme l’Europe, se trouve devant une alternative qui n’est plus idéologique mais existentielle :
continuer à administrer le néant, ou oser redevenir un sujet historique, fût-ce sous parapluie, fût-ce à coût élevé.
L’histoire ne demande jamais la permission.
Elle tranche.
Et ceux qui ont cru pouvoir l’endormir sous des tableurs découvrent toujours trop tard que le réel n’est pas négociable.
Après le fabianisme, il n’y aura ni paix civile automatique, ni renaissance clé en main.
Il n’y aura que ceci :
le retour du choix, donc de la responsabilité, donc du risque.
Et c’est précisément ce que le fabianisme avait voulu abolir.

TUXEDOMOON : No Tears
Tuxedomoon – No Tears n’est pas un morceau de consolation, mais un chant de lucidité froide.
Une musique sans catharsis, sans explosion finale, sans promesse de rédemption — exactement comme l’après-fabianisme que vous décrivez.
No Tears, c’est la bande-son d’un monde qui a compris trop tard, mais qui regarde enfin en face :
- fin des illusions progressistes,
- fin du pathos humanitaire,
- fin des larmes comme substitut à la décision.
Le titre accompagne l’article comme une marche funèbre sans lamentation :
pas de nostalgie, pas de repentir, seulement la traversée du réel.
Pas de larmes.
Pas d’excuses.
Juste l’Histoire qui reprend ses droits.

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DE 1983 À L’APRÈS-FABIANISME : LA FIN D’UNE ILLUSION HISTORIQUE
Depuis plus de quarante ans, la France vit sous un régime qui ne dit pas son nom.
Ni socialisme classique.
Ni libéralisme assumé.
Mais une Troisième Voie technocratique, importée, froide, hors-sol : le fabianisme.1983 n’a pas été un « tournant économique ».
1983 a été un changement de civilisation politique.
Abandon de la souveraineté monétaire.
Substitution du droit à la décision.
Dissolution du peuple dans la norme.
Gouvernement par la dette, l’Europe et la morale abstraite.
Le résultat est sous nos yeux :
– État obèse et impuissant
– Société fragmentée
– Économie dépendante
– Violence diffuse
– Peuple dessaisi
Le fabianisme n’est pas en crise.
Il a terminé son œuvre.
Nous entrons maintenant dans un monde post-fabien :
un monde de blocs, d’empires, de rapports de force,
où le chaos n’est plus gérable par la procédure.
L’Europe ne sera ni un empire, ni une renaissance.
La seule issue possible est État par État,
sous parapluie impérial, ou dans la déflagration.
La vraie question n’est plus faut-il rompre ? Elle est : qui survivra à la rupture ?
Deux articles pour comprendre :
– comment la France est entrée dans l’impasse fabienne
– pourquoi l’« après » sera brutal, asymétrique, autoritaire ou inexistant
À lire sur Le Blog à Lupus
🜂 Là où les mythes meurent et où commence le réel.
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