Du rock comme contre-culture au rock comme service après-vente du Système
Il fut un temps où le rock dérangeait.
Il insultait l’ordre établi.
Il fracturait les consensus.
Il exposait la violence du réel sans demander l’autorisation.
Ce temps est révolu.
Aujourd’hui, une large partie des anciennes icônes du rock occidental ne produit plus ni musique dangereuse, ni vision, ni rupture — mais une morale officielle sous perfusion nostalgique, recyclée en antitrumpisme pavlovien, en sermons tièdes et en indignations certifiées conformes.
Le rock n’est pas mort par accident.
Il est mort de conformisme tardif.

I. De la contre-culture à la culture de cour
Que l’on ne se méprenne pas : le problème n’est pas l’âge.
Le problème est la conversion.
Voir Neil Young, Bruce Springsteen, Roger Waters, ou même Guns N’ Roses se transformer en relai moral du pouvoir culturel dominant n’a plus rien de rebelle.
Le rock n’est plus contre le Système.
Il chante pour lui.
Les anciens pourfendeurs de l’ordre deviennent ses clercs fatigués, récitant les mantras médiatiques du moment :
– Trump comme Mal absolu,
– le peuple comme menace,
– la dissidence comme pathologie.
Le rock s’est couché là où il prétendait jadis brûler.
II. L’antitrumpisme comme ersatz de rébellion
Soyons clairs : Trump n’est ici qu’un symptôme, pas le sujet.
Ce qui est obscène, c’est la facilité morale avec laquelle ces artistes se recyclent dans un antitrumpisme sans risque, sans pensée, sans coût.
Ils ne s’opposent pas au pouvoir.
Ils s’opposent à l’ennemi officiel désigné par le pouvoir culturel.
Ce n’est pas de la révolte.
C’est de la collaboration symbolique.
La transgression qui ne choque plus que les classes déjà acquises n’est pas une transgression.
C’est un produit dérivé.
III. Le rock comme rente mémorielle
Ce que ces figures exploitent désormais, ce n’est plus l’énergie du rock.
C’est sa légende dorée.
Ils vivent sur une rente morale accumulée dans les années 60–80,
qu’ils dilapident aujourd’hui en prêches séniles,
comme des aristocrates ruinés vendant les portraits de leurs ancêtres.
Leur message n’a plus rien à voir avec la musique.
Il sert à :
– sécuriser leur position,
– flatter les médias,
– rester du “bon côté de l’Histoire” — c’est-à-dire du côté le plus confortable.
IV. Quand le rock cesse de déranger, il devient décor
Le rock était une culture de la dissonance.
Il est devenu une ambiance de fond pour talk-shows progressistes.
Il ne choque plus.
Il n’inquiète plus.
Il n’attaque plus rien d’essentiel.
Pire : il méprise désormais le peuple qu’il prétendait incarner.
Le rocker multimillionnaire donne des leçons de morale démocratique à ceux qu’il ne comprend plus — et qu’il ne veut surtout pas comprendre.
Le rock n’est plus une voix.
Il est un bruit institutionnel.
V. Le zombie comme figure finale
Le rock n’est donc pas mort au sens biologique.
Il est mort symboliquement.
Il marche encore.
Il parle encore.
Il joue encore.
Mais il ne mord plus.
Il ne contamine plus.
Il ne dérange plus.
C’est un zombie culturel :
– animé par des réflexes anciens,
– vidé de toute force subversive,
– instrumentalisé par ceux qu’il prétendait combattre.
Conclusion — Le rock est mort, vive le danger ailleurs
Le rock ne renaîtra pas de ceux qui l’ont fossilisé.
Il renaîtra ailleurs — ou pas du tout.
Car toute culture qui choisit la morale officielle plutôt que le risque du réel signe sa fin.
Le rock n’a pas été tué par la droite, ni par Trump, ni par le marché.
Il a été tué par ses anciens héros, devenus les fonctionnaires de leur propre mythe.
Le rock est mort.
Ce qui reste n’est qu’un spectacle de survivants,
chantant la révolte d’hier pour mieux anesthésier celle d’aujourd’hui.

Lettre aux anciens rockers
Vous avez confondu le volume avec le courage.
Le micro avec le risque.
L’applaudissement avec la vérité.
Vous étiez censés mordre.
Vous avez choisi d’expliquer.
Vous étiez censés brûler.
Vous avez préféré commenter l’incendie depuis les loges VIP.
Le rock ne vous demandait pas d’être sages.
Il vous demandait d’être dangereux.
Vous avez troqué le danger contre la morale officielle — celle qui rassure les rédactions, sécurise les tournées et garantit l’ovation sans surprise.
Vous vous dites encore rebelles parce que vous répétez, en plus fort, ce que le pouvoir culturel murmure déjà.
Ce n’est pas de la révolte.
C’est de la conformité amplifiée.
Autrefois, vous insultiez l’ordre établi.
Aujourd’hui, vous insultez ceux qui ne s’y soumettent pas assez vite.
La guitare est devenue un pupitre.
La scène, une tribune.
Le riff, un sermon.
Ne vous abritez pas derrière l’âge.
Le temps n’excuse pas la paresse morale.
Le vieillissement n’impose pas la capitulation.
Ce que vous appelez maturité est une reddition esthétique.
Vous vivez d’une rente : celle d’une transgression passée que vous avez cessé d’honorer.
Vous encaissez la légende et liquidez l’héritage.
Vous vendez l’image de la révolte tout en en interdisant la pratique.
Le rock ne vous devait rien.
C’est vous qui lui deviez la dissonance, le coût, la fracture.
Vous avez préféré la respectabilité.
Alors non, le rock n’est pas mort de vieillesse.
Il est mort de confort.
Et ce qui marche encore sous son nom n’est qu’un zombie bien sonorisé, docile, rentable.
Gardez vos hommages, vos rééditions, vos indignations certifiées.
Le danger, lui, est parti ailleurs.
Sans vous.
Sans nostalgie.
Sans permission.
🎼 APRÈS LE ROCK, LE TONNERRE
Playlist Lupus — fin des zombies, retour du tragique
1. La Chevauchée des Walkyries – Richard Wagner
👉 L’ouverture. La charge. Le monde ancien balayé sans débat.
C’est ici que le rock capitule définitivement.
2. Carmina Burana – O Fortuna – Carl Orff
👉 La roue du destin écrase les moralistes.
Pas d’idéologie, seulement la loi du tragique.
3. Alexander Nevsky – Battle on the Ice – Sergei Prokofiev
👉 Le choc frontal.
Là où l’histoire ne se tweete pas, elle se paie.
4. Mars, the Bringer of War – Gustav Holst
👉 La mécanique implacable de la guerre moderne.
Aucune compassion. Aucun slogan.
5. Also sprach Zarathustra – Prelude – Richard Strauss
👉 L’aube après l’effondrement.
Pas pour les faibles, pas pour les repentants.
6. Dies Irae – Chœur grégorien
👉 Le jugement.
Ce que la culture contemporaine a tout fait pour oublier.
7. Symphony No. 3 – First Movement – Henryk Górecki
👉 Gravité lente, irréversible.
La modernité à genoux, enfin silencieuse.
8. The Ecstasy of Gold – Ennio Morricone
👉 L’héroïsme sans morale, sans sermon, sans badge.
Ce que le rock avait promis. Ce qu’il n’a plus tenu.
9. Requiem – Lacrimosa – Wolfgang Amadeus Mozart
👉 Pour enterrer le rock zombie.
Avec élégance. Sans fleurs.
10. Ride of the Valkyries (Reprise) – Wagner
👉 Boucle finale.
Quand tout s’effondre, seules les Walkyries reviennent.
🧱 Phrase-manifeste associée à la playlist
« Quand une époque n’est plus capable de produire du danger, elle recycle des idoles ; quand elle touche le fond, elle réinvente le mythe. »

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LES ROCKERS SONT-ILS DEVENUS DES VIEUX CONS ?
Le rock n’a pas été censuré.
Il s’est aligné.
Ce qui fut une culture du risque est devenu une morale de plateau télé.
Les anciennes idoles ne mordent plus : elles commentent.
Elles ne dérangent plus l’ordre établi : elles l’illustrent.
L’antitrumpisme pavlovien sert désormais de substitut à la révolte.
Sans danger. Sans pensée. Sans coût.
Une indignation certifiée conforme, recyclée sur fond de légende dorée en monnaie tribuchante.
Le rock n’est pas mort de vieillesse.
Il est mort de confort.
Quand la guitare ne tranche plus, il faut rappeler le tragique, le mythe, la verticalité.
D’où Wagner. D’où la Walkyrie.
Non pour la nostalgie — pour le réveil.
👉 Article complet sur Blog à Lupus.
#Rock #Culture #ContreCulture #Déclin #Mythe #Wagner #BlogALupus
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Exemple caricatural : l’inénarrable Bruce Springsteen …
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