Semaine close au 7 février 2026
« Ce n’est pas la marée qui crée le risque, c’est ce qu’elle cachait. »
TL;DR (pour lecteurs pressés)
- Le marché US a cessé d’être “gratuit” : il redevient raisonnablement achetable contre l’or, mais pas encore un bargain.
- Le choc vient de la chaîne de financement IA : Oracle, hyperscalers, dette, spreads, et l’ombre d’un “AI credit event”.
- Le vrai risque global n’est pas le Nasdaq : c’est le yen et le carry trade, plus encore que l’or.
- La crypto souffre comme un actif de liquidité, pas comme une “réserve de valeur”.
- Le monde se découpe : ressources, minéraux critiques, routes maritimes, et souveraineté monétaire.
- L’Europe : elle continue à se comporter comme un acteur moral dans un monde redevenu matériel. Elle perd du terrain.
- Le marché ne s’effondre pas : il se “re-price”. Les actifs changent de hiérarchie (or → tech → crypto → matières → USD/JPY).
- L’or a rappelé la vérité : le momentum n’est pas une tendance, c’est une arme.
- Le grand sujet 2026 : la définanciarisation. Ce n’est pas “moins de finance”, c’est plus d’État, plus de guerre économique, plus de chaînes d’approvisionnement.
- Trump pousse une doctrine de bloc : minéraux critiques + énergie + tariffs + contrôle des flux.
- Crypto : troisième semaine noire. Le marché purge les illusions de “Nasdaq bis”.
- Le risque caché : le Japon (yen + obligations) et l’onde de choc sur la liquidité mondiale.
- L’Europe : coincée entre dépendance énergétique, régulation des plateformes, et absence de souveraineté matérielle.
LA VRAIE HISTOIRE : “SELECTION” = FIN DE L’INDEXATION
Cette semaine, la grande leçon est simple :
- L’époque où “acheter le marché” suffisait touche à sa fin.
- On revient à l’époque où il faut acheter les actifs capables de survivre.
Cela veut dire :
- bilan solide
- pricing power
- accès à l’énergie
- accès au financement
- rôle stratégique dans les chaînes
Ce qui explique pourquoi :
- l’IA peut baisser
- la tech peut baisser
- mais certains titres deviennent systémiques, donc protégés, donc rachetés : les fameux TS2F

1) LE SIGNAL DIRECTEUR : LE RETOUR DU PRIX DU RÉEL
Cette semaine, le marché a fait un truc très simple :
il a rappelé à tous que la valeur n’est pas un récit.
Le momentum a gonflé l’or au-dessus de 5 500 $ dans une logique purement algorithmique :
acheter ce qui monte.
Puis, dans la même logique, vendre ce qui baisse.
L’or n’a pas “changé de nature”.
Le marché a simplement changé de régime.
La maxime qui résume tout ( Paraphrase de Warren Buffet) :
« Ce n’est pas la marée qui crée le risque, c’est ce qu’elle cachait. »
La marée, c’est la liquidité.
Ce qu’elle cachait, c’est :
- l’excès de levier
- les concentrations sectorielles
- la dépendance à la dette
- l’illusion que l’IA est un “logiciel”, alors qu’elle est devenue un complexe industriel.
LE MOMENTUM : LA MACHINE QUI DÉVORE SES ENFANTS
Nous l’avons parfaitement pointé : le momentum est un trading “bête et méchant” :
- acheter ce qui monte,
- vendre ce qui baisse,
- amplifier mécaniquement.
Le cas de l’or est exemplaire :
envolée au-dessus des 5 500$, alimentée par les programmes, puis liquidation brutale.
Leçon Lupus :
Le momentum est un marché sans mémoire.
Il ne sait pas ce qu’il fait.
Il sait seulement qu’il le fait.
Et quand les positions sont massives, la sortie devient un massacre.
2) MARCHÉS : LA CARTE DE LA SEMAINE (CE QUI A VRAIMENT MONTÉ)
Le palmarès de janvier est une boussole :
- Corée : +24%
- Argent : +19,1%
- Brent : +14,6%
- Or : +13,4%
- Emergents : +9%
- Europe : +3,2%
- USA : +1,4%
- Bitcoin : -10,1%
Conclusion froide :
Ce ne sont plus les marchés “de rêve” qui surperforment.
Ce sont les marchés “de matière”.
Corée, métaux, pétrole : c’est la chaîne industrielle, le hard-tech, l’export, la guerre économique.
Bitcoin baisse parce que Bitcoin est traité comme Nasdaq + liquidité.
Immobilier US : marché d’acheteurs
Le WSJ note : près des 2/3 des achats se font avec discount.
Cela confirme une chose :
la baisse des taux n’a pas relancé la demande comme prévu.
LA GRANDE ROTATION INVISIBLE : LE RETOUR DES “HARD ASSETS”
Tu as noté l’explosion de l’or, puis son retournement violent sous l’effet des algos momentum.
Mais le vrai point n’est pas le swing.
Le vrai point, c’est ceci :
l’or, l’argent, le pétrole et les actions émergentes ont surperformé les actions US en janvier.
Et cela, c’est un marqueur de bascule.
Parce que pendant quinze ans, l’ordre était simple :
- dollar fort
- tech US
- duration
- croissance
- et “le reste” comme décor.
Cette semaine confirme :
le décor devient l’infrastructure, et l’infrastructure devient le nouveau “growth”.
LE GRAND DÉPLACEMENT : USA vs OR vs CHINE
Voici la phrase la plus importante du rapport :
Le marché américain commence à être bon marché contre l’or, mais pas encore donné.
En revanche il devient très cher contre les actions chinoises.
C’est le cœur du nouveau cycle.
- Contre l’or, les USA cessent d’être intouchables.
- Contre la Chine, les USA deviennent un luxe… et la Chine un pari “value”.
Mais attention :
la Chine est “bon marché” parce qu’elle est géopolitiquement radioactive.
Le discount n’est pas une erreur.
C’est une prime de risque.
3) LE NOUVEAU CŒUR DU RISQUE : LE FINANCEMENT DE L’IA
Le marché a enfin commencé à regarder l’IA autrement.
Pas comme :
- “des chatbots”
- “des assistants”
- “un SaaS”
Mais comme :
- un gouffre électrique
- un gouffre minier
- un gouffre obligataire
Le massacre sur les éditeurs de logiciels après l’annonce d’Anthropic (Gartner, FactSet, Moody’s, S&P) est un signal majeur.
Pourquoi ?
Parce que cela dit :
- la valeur n’est plus dans le “produit”
- elle est dans la barrière de capital + la distribution + la donnée + la capacité d’investissement.
Autrement dit :
l’IA ne tue pas seulement des métiers, elle tue des modèles économiques.
Et surtout, elle réintroduit la question taboue :
Qui finance ?
À quel taux ?
Avec quelle dette ?
Et quel CDS ?
C’est exactement là que Oracle devient un symbole.
3.1 Oracle = le canari dans la mine
Oracle veut lever 45 à 50 milliards en 2026 pour son cloud.
Ce n’est pas une anecdote : c’est un symptôme.
La question n’est pas :
“Oracle est-il cher ?”
La question est :
“Combien de dette le système peut-il absorber avant que le crédit ne se retourne ?”
Et voici le point clé :
le crédit des mégacaps se détériore, et Oracle est le meilleur thermomètre.
Oracle est attaqué comme Nvidia.
Oracle veut lever 45 à 50 milliards pour son cloud.
Le marché réagit violemment (crédit + action).
Ce que le marché dit :
- “L’IA coûte trop cher”
- “La dette devient dangereuse”
- “Le capex n’est plus sexy”
Et immédiatement, le système déclenche son réflexe :
- le marché actions vacille
- le crédit se tend
- les CDS montent
- et la presse “financière” transforme un plan d’infrastructure en soupçon de fragilité.
Ce n’est pas neutre.
Et ce n’est pas la réalité.
La réalité est plus sombre :
L’IA est devenue un champ de bataille industriel.
Et un champ de bataille n’est jamais rentable à court terme.
Car Oracle n’est pas une “tech”.
Oracle est un bras industriel du cloud américain.
Donc :
attaquer Oracle sur le crédit, c’est attaquer le financement du réarmement numérique.
La guerre se déplace :
du Nasdaq vers le CDX.
3.2 Nvidia / OpenAI : la rupture du récit
Le feuilleton des 100 milliards d’investissement Nvidia → OpenAI a été :
- annoncé
- démenti
- re-confirmé
- puis “au point mort”
Ce que ça révèle n’est pas un désaccord stratégique.
C’est une peur beaucoup plus brute :
“Si nous finançons ce monstre, est-ce que nous finançons notre propre risque systémique ?”
3.3 Anthropic et l’effondrement des “data gatekeepers”
Anthropic lance Claude Cowork (analyse financière/juridique).
Résultat immédiat :
- Gartner -21%
- FactSet -11%
- Moody’s -9%
- S&P Global -11%
Ce n’est pas juste un sell-off sectoriel.
C’est un message du marché :
Les métiers d’intermédiation informationnelle sont en train d’être automatisés.
Le capital ne valorise plus “l’accès”, il valorise “la puissance”.
Le point est énorme et a été sous-estimé par les commentateurs alors on répète :
Anthropic sort un outil d’analyse financière et juridique sur Claude.
Résultat immédiat :
- Gartner -21%
- FactSet -11%
- Moody’s -9%
- S&P Global -11%
- Indice software JP Morgan -7%
C’est un message clair :
L’IA ne va pas seulement “aider” les métiers.
Elle va remplacer des segments entiers de rente.
Et les marchés, eux, comprennent une chose :
quand la rente saute, la valorisation s’écroule.
3.4 MUSK : SPACE / IA / ORBITAL DATA CENTERS
Le bloc Musk est devenu une entité quasi impériale :
- SpaceX rachète xAI
- valorisation “mythique” (1 250 Mds)
- IPO envisagée
- orbital data centers
Ce n’est pas “une entreprise”.
C’est un État privé.
Et l’idée d’un data center orbital n’est pas un délire :
c’est une fuite en avant logique si :
- l’électricité devient rare,
- les régulations deviennent hostiles,
- la souveraineté devient coercitive.
3.5 LES LICENCIEMENTS TECH : PAS UNE RÉCESSION, UNE PURGE
Amazon + UPS, 30 000 licenciements.
Et le chiffre massif :
1,2 million de licenciements en 2025 aux USA.
Ce n’est pas le signe d’un effondrement.
C’est le signe d’une mutation :
le capital quitte le confort, et retourne à la productivité.
Les bulles ne meurent pas toujours par explosion.
Parfois elles meurent par restructuration.
Et c’est exactement ce qui se passe dans le secteur tech.
Les chiffres sont massifs, et surtout :
ils indiquent une réalité cachée derrière la propagande IA.
Le futur est productif.
Mais il est moins humain.
3.6 Semi-conducteurs : concentration extrême
Les hedge funds sont sur-exposés aux semis (16% vs 6% un an plus tôt).
Cela crée un risque mécanique :
- baisse → liquidation → contagion
Le SOX doit tenir sa MM50.
Sinon : glissade.
4) LA VRAIE BOMBE : LE YEN ET LA LIQUIDITÉ MONDIALE
Cette semaine, le marché a fait semblant de paniquer sur :
- l’or
- les métaux
- la tech
Mais le vrai point de rupture potentiel, c’est le yen.
Voici listée la séquence classique, et c’est exactement ça :
- tension sur les JGB
- yen qui se renforce
- dénouement du carry trade
- rapatriement des capitaux
- choc obligataire mondial
- aversion au risque globale
Le yen est une monnaie de financement.
Quand le financement se retourne, tout se retourne.
Et comme l’a dit Hartnett l’analyste en chef de Bank of America :
le principal risque Q1 = appréciation rapide yen / won / TWD.
C’est un risque de liquidité globale.
Et donc : un risque Nasdaq, crypto, semi-conducteurs.
JAPON : LE RISQUE “SYSTÉMIQUE SILENCIEUX”
Nous avons mis le doigt sur un point majeur :
la dislocation potentielle du marché japonais.
Le scénario est connu :
- hausse des taux japonais
- yen plus fort
- dénouement des carry trades
- rapatriement
- choc sur obligations mondiales
- liquidation des actifs risqués
C’est la bombe de liquidité de 2026.
Et personne ne la surveille sérieusement… parce qu’elle ne fait pas de bruit.
Le yen, lui, ne prévient pas.
Il tranche.
Le yen, la dette japonaise, le carry trade : c’est le détonateur silencieux.
Pourquoi c’est central ?
Parce que le Japon est :
- un créancier massif du monde
- une monnaie de financement
- un pilier de stabilité obligataire
Donc si le Japon rapatrie :
- ça fait monter le yen
- ça fait baisser les actifs risqués
- ça casse les corrélations
- ça crée une “crise sans krach”, par desserrement de liquidité.
Et c’est exactement ce qu »il nous faut marteler, en termes de risque et d’implosion :
on n’est pas en 2008, on est en 1994 + 2018 + 2022 combinés.
5) CRYPTO : LA RÉSERVE DE VALEUR QUI N’EN EST PAS UNE (ENCORE)
Bitcoin :
- -13% sur la semaine
- -25% YTD
- -47% depuis ATH
Les ETF Bitcoin spot : 1,2 Md$ de sorties.
Le message est brutal :
Quand le monde a peur, Bitcoin ne se comporte pas comme l’or.
Il se comporte comme un actif à bêta.
Ce n’est pas une critique morale.
C’est une description du régime.
CRYPTO : LA FIN DU MYTHE “NASDAQ BIS”
Le bitcoin décroche violemment :
- -13% sur la semaine
- -25% depuis le 1er janvier
- -47% depuis le sommet d’octobre (126k → 82k)
Et surtout :
1,2 milliard de sorties sur les ETF Bitcoin spot.
Ce que le marché vend, ce n’est pas “le bitcoin”.
Ce qu’il vend, c’est la narration :
“Le bitcoin protège contre tout.”
Non.
En phase risk-off, il devient un actif à levier émotionnel.
Le bitcoin recule fort, corrélé au Nasdaq.
Cela confirme :
- BTC n’est pas encore “l’or numérique”
- BTC reste un actif de liquidité, un actif de risk-on
Et la question de la menace quantique qui pèse sur les cryptomonnaies (Jefferies) est un poison lent :
le marché n’a pas besoin que le risque soit probable, il a besoin qu’il soit crédible.
Or le risque CRQC devient crédible.
CRQC signifie Cryptographically Relevant Quantum Computer.
En termes de menace quantique, c’est l’expression qui désigne le premier ordinateur quantique capable de casser la cryptographie utilisée aujourd’hui dans le monde réel (et pas seulement de faire des démonstrations scientifiques).
Ce que CRQC implique concrètement
Un CRQC serait un ordinateur quantique :
- assez puissant (en nombre de qubits logiques + correction d’erreurs)
- assez stable (faible taux d’erreur)
- assez rapide (temps de calcul réaliste)
…pour exécuter Shor (et casser RSA/ECC) à une échelle opérationnelle.
Pourquoi c’est une “menace” majeure
Parce qu’un CRQC rendrait vulnérables :
- RSA (certificats, signatures, clés)
- ECC (Bitcoin, Ethereum, signatures modernes, TLS, etc.)
- une partie de la sécurité bancaire, gouvernementale, militaire, industrielle
Et surtout : le risque n’est pas seulement futur.
Il existe déjà un scénario appelé :
“Harvest now, decrypt later”
Des acteurs collectent aujourd’hui des données chiffrées, pour les déchiffrer plus tard quand le CRQC existera.
Résultat :
la crypto devient un champ de bataille narratif, pas une réserve de valeur stable.
Et pendant ce temps :
- la Chine interdit l’émission de stablecoins
- les US avancent sur une logique stablecoins = extension du dollar
- le marché comprend que la crypto est un champ de bataille monétaire, pas un paradis.
5.1 LE GRAND THÈME SOUS-JACENT : LA DOLLARISATION PAR STABLECOINS
Une info majeure : la Chine interdit les stablecoins.
Pourquoi ?
Parce que les stablecoins sont l’arme douce du dollar.
Et si la Chine les interdit, c’est qu’elle comprend :
le stablecoin n’est pas un outil crypto, c’est un outil impérial.
Le lecteur du Blog à Lupus doit comprendre cela :
- stablecoin = dollar portable
- dollar portable = capture de l’épargne
- capture de l’épargne = pouvoir
6) TRUMP : LA DOCTRINE DONROE (AMÉRIQUE = SPHÈRE FERMÉE)
Cette semaine, Trump continue d’écrire la même phrase, avec des mots différents :
- Canada : menace de 100% de droits de douane si deal avec Chine
- Panama : décision contre CK Hutchison → verrouillage des ports
- minéraux critiques : réserve stratégique “Vault”
- bloc de 50 pays sur ressources / minerais
- Iran : pression financière → pénurie de dollars
- Amérique latine : re-domestication de la zone
Ce n’est plus l’Empire qui “globalise”.
C’est l’Empire qui re-nationalise.
Et l’outil central est simple :
tarifs + ressources + contrôle des points de passage.
Cette semaine, Trump n’a pas “commenté le marché”.
Il a réécrit la carte.
A) Le Canada menacé : tarifs 100%
Trump dit en clair :
“Vous ne serez pas le cheval de Troie chinois sur mon continent.”
Le Canada est traité comme un protectorat.
Le message est brutal :
la souveraineté existe tant qu’elle ne gêne pas Washington.
B) “Project Vault” : réserve stratégique de minéraux critiques
C’est un pivot majeur.
Ce n’est pas un gadget.
C’est :
- un acte d’État,
- une industrialisation dirigée,
- un signal de guerre économique.
C) Le bloc des 50 pays / “Pax Silica”
Le monde devient un système à deux tuyaux :
- tuyau américain
- tuyau chinois
Les autres choisissent… ou sont choisis.
7) GUERRE : LE RETOUR DU NUCLÉAIRE (ET LA FIN DU CONTRÔLE)
L’expiration de New START est un marqueur historique.
Ce n’est pas juste “plus de têtes nucléaires”.
C’est :
plus de règles communes,
donc plus de réflexes de bloc.
“Le dernier traité nucléaire est mort”
L’expiration de New START ouvre une ère sans garde-fous.
C’est le retour du tragique.
Et le tragique finit toujours par se refléter dans :
- l’énergie
- les métaux
- la défense
- la souveraineté.
Et dans le même mouvement :
- Chine annonce des projets type “porte-avions spatial”
- la militarisation de l’IA devient explicite
- la frontière entre industrie et défense disparaît
8) EUROPE : LE VASSAL MORAL DANS UN MONDE MATÉRIEL
L’Europe continue de parler comme si :
- l’état de droit
- la régulation
- la morale
étaient des armes.
Mais la semaine rappelle un fait :
Les armes sont des armes.
Les ressources sont des ressources.
Les routes maritimes sont des routes maritimes.
Pendant que les US :
- construisent des blocs
- sécurisent le hard
- industrialisent l’IA
- verrouillent les ressources
L’Europe :
- perquisitionne X
- menace les plateformes
- débat sur des lois de contrôle
- reste dépendante de l’énergie US
- reste dépendante du dollar
L’Europe est décrite au final comme :
- dépendante énergétiquement des USA,
- impuissante militairement,
- obsédée par la régulation des plateformes,
- incapable de sécuriser ses matières premières.
Et cette semaine, le symbole absolu :
- perquisitions contre X en France
- Espagne voulant interdire X / réseaux sociaux -16 ans
- Munich Security Conference qui approche
- clash probable USA vs UE sur la “glasnost” américaine
L’Europe croit encore gouverner avec des normes.
Mais le monde 2026 gouverne avec :
- tarifs,
- énergie,
- matières,
- satellites,
- sanctions.
8.1 L’EURO : L’ANGLE MORT DES INVESTISSEURS EUROPÉENS
Voici une pépite pédagogique :
l’appréciation de l’euro tue la perf des ETF US en euros.
C’est crucial.
Car cela veut dire :
même quand tu as raison sur l’Amérique, tu peux perdre à cause du change.
Et en 2026, le FX redevient une arme.
Donc un investisseur européen doit penser en triangulation :
- actifs
- devise
- taux
9) LA VÉRITÉ DU SIÈCLE : LE RETOUR DE LA MATIÈRE
Pendant 30 ans, l’Occident a cru que :
- le PIB remplaçait les ressources,
- les services remplaçaient l’industrie,
- la finance remplaçait la souveraineté.
La réalité 2026 :
- l’IA a besoin d’électricité,
- l’électricité a besoin de cuivre,
- le cuivre a besoin de mines,
- les mines ont besoin d’accès,
- l’accès a besoin d’alliances,
- les alliances ont besoin d’armes.
Le monde n’est pas numérique.
Il est redevenu minéral.
9.1 LA TEMPÊTE HIVERNALE US : RAPPEL DE RÉALITÉ
Plus d’un million de foyers sans courant.
10 000 vols annulés.
Ce n’est pas une anecdote météo.
C’est un rappel brutal :
la civilisation moderne tient sur un réseau électrique.
Et donc :
data centers, IA, cloud, réindustrialisation = dépendance absolue à l’énergie.
Or c’est exactement ce que le marché commence à “pricer” :
- pas l’innovation
- mais la capacité d’alimentation.
10) CONCLUSION : LE MONDE ENTRE DANS UNE ÉCONOMIE DE BLOC
Cette intuition centrale est la bonne :
- Les USA ne sont pas “bon marché comme en 2012”
- La Chine devient “bon marché” contre les US
- Le monde devient un patchwork de sphères
Mais la phrase qui résume la semaine est plus dure :
La mondialisation n’est pas morte.
Elle a été militarisée.
On ne parle plus de commerce.
On parle de contrôle des flux.
- Contrôle des minerais
- Contrôle des routes
- Contrôle des ports (Panama)
- Contrôle des satellites
- Contrôle des plateformes
- Contrôle du dollar
Le capital sans patrie devient une légende.
Le capital doit désormais choisir un drapeau.
Ce qui s’est joué cette semaine n’est pas une simple correction du Nasdaq ni une énième rotation sectorielle.
C’est une réécriture accélérée de l’ordre mondial par la puissance américaine, avec une brutalité assumée, presque pédagogique.
Trump ne “gouverne” plus comme un président de l’ancienne époque.
Il gouverne comme un directeur d’empire logistique.
- Le Canada est traité comme une province indocile : 100% de droits de douane en cas d’accord avec la Chine.
- Le Panama est verrouillé par jurisprudence, ports inclus : le commerce mondial devient une affaire de points de passage.
- L’Amérique latine est re-domestiquée, non plus par le discours, mais par la pression : énergie, ressources, sécurité.
- Le projet “Vault” — réserve stratégique de minéraux critiques — n’est pas un gadget : c’est la conversion officielle de la finance en économie de guerre.
Ce n’est pas “l’Amérique d’abord”.
C’est l’Amérique comme sphère fermée, où l’accès aux ressources, aux routes et aux infrastructures devient le vrai dollar.
En face, la Chine réagit par la défensive :
- purge interne (armée)
- durcissement monétaire (stablecoins interdits)
- maintien des chaînes industrielles
- et surtout : patience stratégique.
L’Europe, elle, continue de parler comme si elle était un sujet politique autonome.
Elle n’est plus qu’un territoire régulé, un marché captif, une périphérie dépendante — du gaz américain, du dollar, des lignes de swap, et des infrastructures numériques.
La semaine est une démonstration :
le multilatéralisme n’a pas été vaincu par un argument.
Il a été vaincu par un inventaire.
Et l’inventaire est celui des réalités :
énergie, ports, minerais, dette, armements, satellites, data centers.
Le XXIe siècle ne commence pas par une guerre mondiale.
Il commence par une chose plus froide :
la fermeture des accès.
10.1 LE SIGNAL GÉOPOLITIQUE “LUPUS” : LE CANADA EN TRAIN DE DISPARAÎTRE
Trump ne menace pas le Canada.
Il le décrit comme un pays déjà absorbé.
C’est une rhétorique impériale.
Et elle prépare une idée :
la souveraineté est conditionnelle.
Cette phrase doit être dans le rapport en lettres d’or.
Car c’est la clé de 2026 :
- souveraineté conditionnelle
- accès conditionnel
- financement conditionnel
10.2 LE DÉTAIL QUI COMPTE : LES GRANDES FORTUNES CHANGENT DE VILLES
Le classement Barnes (Madrid, Milan, Dubaï, Miami, Marbella…) est un signal.
Pas pour le tourisme.
Mais pour la géographie du capital :
- fiscalité
- sécurité
- qualité de vie
- stabilité juridique
- perception de l’avenir
Ce que le capital fuit n’est pas “la gauche” ou “la droite”.
Il fuit l’imprévisible.
MOT DE LA FIN (Blog à Lupus)
Il y a des semaines où le marché fait du bruit.
Et des semaines où il change de nature.
Cette semaine n’a pas seulement corrigé des cours.
Elle a corrigé une illusion :
celle d’un capitalisme numérique sans matière, sans frontière, sans dette.
Les algorithmes ont porté l’or au sommet comme on porte un drapeau.
Puis ils l’ont jeté au sol avec la même indifférence.
Et pendant que les écrans racontaient “la volatilité”,
le réel avançait en silence :
minéraux critiques, routes arctiques, blocs commerciaux, guerre monétaire, fin des traités.
La marée se retire.
Et ce qu’elle révèle n’est pas un accident.
C’est le monde tel qu’il est redevenu :
un monde où l’économie est une annexe de la souveraineté,
et où la souveraineté est une annexe de la force.
Cette semaine confirme que 2026 n’est pas une année de krach.
C’est une année de tri.
Le marché ne casse pas :
il élimine.
Il ne détruit pas :
il hiérarchise.
Et ceux qui n’ont pas compris la nouvelle loi — matière, crédit, souveraineté, énergie — seront écrasés par les mêmes algorithmes qu’ils prenaient pour des alliés.
🍒 Encadré spécial (initiés) — La nouvelle trinité : Yen — CDS — Électricité
(à insérer dans le rapport, juste avant la Prière froide ou en postface)
Il fut un temps où l’on lisait les marchés comme on lit un journal :
inflation, croissance, PMI, Fed.
Ce temps est mort.
En 2026, le marché ne parle plus macro.
Il parle infrastructure.
Et son langage se résume à trois mots — trois lames.
Le Yen, d’abord.
Parce que c’est la monnaie du carry trade.
Quand le yen remonte, le monde se dé-leverage.
La liquidité se retire comme la mer.
Et l’on découvre, sur le sable, les carcasses.
Les CDS, ensuite.
Parce que le crédit est redevenu la frontière réelle.
Ce n’est plus “combien tu gagnes”,
c’est combien tu peux lever,
et à quel prix.
Le Nasdaq n’est plus un indice : c’est un bilan.
L’électricité, enfin.
Parce que l’IA n’est pas une idée,
c’est une chaudière.
Une industrie de cuivre, de silicium, de serveurs,
et de mégawatts.
Sans énergie, pas de cloud.
Sans cloud, pas d’empire.
Le lecteur pressé regarde le S&P.
L’initié regarde le yen.
Le professionnel regarde le CDX.
Et le stratège… regarde la facture électrique.
C’est cela, la sélection.
Ce n’est pas la marée qui crée le risque.
C’est ce qu’elle cachait.
COMPLÉMENT PHILOSOPHIQUE (dimension quasi métaphysique)
Le marché n’est pas un lieu.
C’est une liturgie.
Chaque semaine, il récite les mêmes prières :
- croissance
- inflation
- taux
- innovation
- “soft landing”
Mais le monde réel ne prie plus.
Il réquisitionne.
L’époque précédente croyait que tout pouvait être arbitré :
- un risque contre un autre,
- un pays contre un autre,
- une devise contre une autre,
- un actif contre une narration.
Cette époque est finie.
Le marché 2026 ne cherche plus l’équilibre.
Il cherche l’appartenance.
Il ne rémunère plus la finesse.
Il rémunère l’alignement.
Et ce que l’on appelle “volatilité” n’est que le symptôme d’une vérité plus profonde :
La planète entre dans une ère où l’économie devient une branche de la stratégie,
et la stratégie une branche de la survie.
Le capital n’est plus libre.
Il est mobilisé.
Et cela mérite bien une prière froide à son insigne :
PRIÈRE FROIDE
Seigneur des chaînes,
Dieu des ports,
des câbles,
des pipelines,
des dettes et des minerais.
Nous entrons dans l’âge
où l’or monte
parce que la confiance meurt,
où le yen se renforce
quand les illusions se dissolvent,
où l’IA coûte plus cher
que les promesses.
Protège-nous des modèles,
des consensus,
des experts qui n’ont jamais vu
la matière.
Donne-nous le courage
de tenir la position
quand la foule se retourne.
Et si le marché devait tomber,
que ce soit sur la vérité,
pas sur l’ignorance.
Seigneur du bruit,
Seigneur des spreads,
Seigneur des courbes qui se tordent sans prévenir,
donne-nous la lucidité de ne pas confondre
un rebond avec un salut,
et une accalmie avec une paix
Amen.
The Doors — Riders on the Storm est un choix absolument cohérent avec l’atmosphère de cette semaine :
un marché qui avance dans le bruit blanc, une géopolitique sous tension, et une finance devenue météorologie hostile.
Pourquoi ce titre ?
Parce que 2026 n’est plus une année de “cycle”, mais une année de climat.
On ne traverse plus les marchés comme on traverse une route.
On les traverse comme on traverse une tempête.
Et ceux qui confondent accalmie et sécurité finiront noyés dans leur propre levier.
2026 n’est pas une route : c’est un orage.
Et les marchés ne récompensent plus les optimistes — ils récompensent les survivants.
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🜂 RAPPORT DE MARCHÉ — Semaine close au 7 février 2026La sélection commence (et le monde se découpe)
Il y a des semaines où les marchés racontent une histoire.
Et il y a des semaines où ils révèlent une structure.
Celle-ci est de la seconde catégorie.
Le Nasdaq a tremblé, le Bitcoin a décroché, l’or a été propulsé puis retourné par les algorithmes, les semi-conducteurs ont révélé leur fragilité de concentration…
Mais le cœur du sujet n’est pas la volatilité.
Le cœur du sujet, c’est la mutation du régime.
En 2026, le marché ne “price” plus une croissance :
il “price” une architecture.
Une architecture faite de trois lames :
le Yen (liquidité mondiale),
les CDS (le coût réel du capital),
l’électricité (la matière première de l’IA).
Pendant que l’Europe moralise et s’endette, Washington avance.
Le Canada est traité comme une province en sursis.
La Chine verrouille ses stablecoins.
Et les États-Unis préparent une réserve stratégique de minéraux critiques comme on prépare une guerre longue.
Ce rapport n’est pas un bulletin boursier.
C’est un diagnostic :
la fin de l’illusion, et le retour du réel.
Morceau d’accompagnement : The Doors — Riders on the Storm
Parce qu’en 2026, on ne traverse plus les marchés comme une route…
on les traverse comme une tempête.
Lecture sur le blog : Rapport stratégique & philosophique — Semaine close au 7 février 2026
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