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Beat Kappeler : Les renards et les buses

Les renards et les buses, si on leur demandait leur avis, voteraient pour la construction d’autoroutes. Ou plutôt pour les ponts qui les enjambent ou les chenaux construits par-dessous pour leur permettre de traverser. Les buses et les renards n’ont qu’à se poster devant, ouvrir la bouche, et tous les autres animaux se présentent en rangs serrés, canalisés, acheminés.

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On doit donc constater que le plan de sauvetage, demandé par les milieux écologistes a des conséquences non intentionnelles, comme c’est malheureusement le cas, souvent, avec les interventions volontaristes. On s’en rend compte plus tard, après des dizaines ou centaines de millions de dépenses.

Il semble que les terrains laissés en friche, et subventionnés pour le rester, produisent les mêmes effets. Les animaux protégés s’y installent, mais les prédateurs aussi. Il faut dire qu’en Suisse ces terrains ont la grandeur d’un mouchoir, ridiculement petits.

Les interventions volontaristes visent aussi des humains. Et les effets non intentionnels ne se font pas attendre. On s’émeut cette semaine de la montée des primes d’assurance-maladie. Les semaines précédentes, on regrettait le manque de médecins de famille et de médecins de campagne. Il y a un lien entre les deux faits. Car les politiciens, dans leur sagesse, ont bloqué la formation de nouveaux médecins il y a presque vingt ans en introduisant le numerus clausus dans les facultés de médecine. Il y a quelques années, ils ont prohibé l’ouverture de nouveaux cabinets. Et maintenant les médecins manquent. Quel miracle, quelle surprise!

Cette conséquence n’était pas prévue, bien sûr, mais on voulait réduire l’envolée des coûts de la médecine. Hélas, le moyen était totalement inapproprié.

On partait de l’expérience selon laquelle l’installation d’un deuxième boulanger dans un village réduit les revenus de chacun par deux. Un deuxième médecin, par contre, double les dépenses de santé du village, car les médecins et les autres prestataires de services médicaux peuvent déterminer dans une large mesure la fréquence des soins.

Le médecin de ma mère lui a téléphoné régulièrement pour l’inciter à faire des examens, vu son âge avancé. Mais si telle est la raison de l’explosion des coûts, il ne faut pas couper le nombre des étudiants et des praticiens en médecine. Il faut retirer le financement inconditionnel des actes médicaux par les caisses. Celles-ci doivent avoir la liberté de contracter. Et l’abondance des cabinets, avec la liberté des caisses de choisir les prestataires de services, baissera les tarifs.

J’insiste souvent sur ces conséquences non intentionnelles de la politique. C’est nécessaire, car les politiciens ne les reconnaissent jamais, tout au contraire, ils se présentent comme des sauveurs par toute sorte de nouvelles mesures. Presque chaque fois, c’est la logique qui en est la victime.

La crise financière en fournit le dernier exemple. Tout le monde sait que le Département du logement américain avait forcé les géants du crédit hypothécaire à prêter la moitié des sommes à des ménages qui par définition ne pouvaient pas payer les intérêts. Ces 1500 à 2000 milliards de dollars gaspillés ont empoisonné ensuite tout le système financier mondial. Une aberration lourde de conséquences.

Et que propose le président Nicolas Sarkozy? Une taxe sur les devises.

Ce remède est tellement loin du sujet qu’il serait encore plus adapté comme antidote à la grippe porcine. La conférence du G20 a passé sous un silence étourdissant cette bêtise.

Le ministre sarkozien Bernard Kouchner a fait mieux encore. Il propose de détourner les rentrées d’une telle taxe pour financer les pays pauvres. Encore 30 milliards d’euros, selon lui, à déverser sur l’Afrique, «contrôlés et vérifiés ensemble avec les bénéficiaires». Kouchner ne sait pas que l’aide de ce genre soutient la dépendance, la passivité, la corruption, qu’elle engraisse les consultants et les organisations d’entraide des pays riches. Des conséquences non intentionnelles bien connues maintenant, et qui sont montrées du doigt par une scientifique africaine, Dambisa Moyo, sous le titre «Dead Aid».

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