Ou comment l’obĂ©sitĂ© devient le prochain grand marchĂ© subventionnĂ© du capitalisme pharmaceutique

Pendant des dĂ©cennies, les Ătats occidentaux ont financĂ© les consĂ©quences.
Aujourd’hui, ils commencent Ă financer directement les molĂ©cules.
La France vient d’annoncer le remboursement massif du Wegovy de Novo Nordisk et du Mounjaro d’Eli Lilly pour les cas d’obĂ©sitĂ© sĂ©vĂšre.
Présentée comme une avancée sanitaire majeure, cette décision pourrait en réalité marquer un tournant beaucoup plus profond :
⥠l’entrĂ©e officielle des Ătats dans l’Ă©conomie du corps administrĂ©.
Car derriĂšre cette annonce se cache une question gigantesque :
Et si l’obĂ©sitĂ© devenait le premier laboratoire grandeur nature du capitalisme biotechnologique subventionnĂ© ?

LA FIN DE LA MĂDECINE CURATIVE
Pendant des siÚcles, la médecine a tenté de guérir les maladies.
Puis elle a progressivement appris à les gérer.
Nous entrons maintenant dans une troisiĂšme phase :
đ administrer en permanence des molĂ©cules destinĂ©es Ă corriger les consĂ©quences du mode de vie moderne.
L’obĂ©sitĂ© n’est pas une maladie isolĂ©e.
Elle constitue le point de rencontre :
- de l’alimentation industrielle,
- de la sédentarité,
- de l’urbanisation,
- du numérique,
- du stress chronique,
- du vieillissement démographique.
Autrement dit :
l’obĂ©sitĂ© est un produit du systĂšme.
Et le systÚme répond désormais à ses propres effets secondaires par davantage de technologie.
LE MARCHĂ DU SIĂCLE
Les investisseurs ont déjà compris ce qui se joue.
Novo Nordisk et Eli Lilly ne vendent plus seulement des médicaments.
Ils vendent potentiellement :
âĄïž des dĂ©cennies de traitement.
Chaque patient représente une rente récurrente.
Chaque remboursement public représente un flux financier garanti.
Chaque extension de critÚres médicaux élargit encore le marché.
Historiquement, les plus grandes fortunes pharmaceutiques se sont construites sur les traitements chroniques.
L’obĂ©sitĂ© pourrait devenir le plus grand marchĂ© chronique jamais créé.
LE PARADOXE ĂCONOMIQUE
Le raisonnement des gouvernements paraĂźt logique.
L’obĂ©sitĂ© coĂ»te cher :
- diabĂšte,
- maladies cardiovasculaires,
- hypertension,
- hospitalisations,
- invalidité.
Si un traitement réduit ces coûts futurs, il devient rationnel de le financer.
Le problĂšme est ailleurs.
Personne ne sait encore si ces traitements seront utilisés pendant 5 ans.
10 ans.
20 ans.
Ou toute une vie.
Et lorsque des millions de personnes deviennent dĂ©pendantes d’un traitement permanent, la facture publique peut exploser.
LE TRIOMPHE DE LA PHARMACEUTISATION DU MONDE
Nous assistons peut-ĂȘtre Ă quelque chose de plus vaste.
Une transformation de la philosophie mĂ©dicale elle-mĂȘme.
Autrefois :
changer ses habitudes.
Aujourd’hui :
prescrire une molécule.
Demain :
combiner IA, génétique, biomarqueurs et traitements personnalisés continus.
Le corps humain devient progressivement une plateforme biologique sous maintenance permanente.
LE TS2F Ă L’HORIZON
Pour les investisseurs TS2F, cette évolution est fondamentale.
Le vieillissement démographique, la longévité, les biotechnologies et les médicaments métaboliques convergent désormais.
L’obĂ©sitĂ© n’est qu’une premiĂšre Ă©tape.
Demain :
- vieillissement,
- sarcopénie,
- cognition,
- prévention cardiovasculaire,
- médecine prédictive.
Les GLP-1 pourraient n’ĂȘtre que le premier chapitre d’une rĂ©volution beaucoup plus vaste.
LE RISQUE POLITIQUE
C’est ici que l’histoire devient explosive.
Quand un Ătat rembourse massivement un mĂ©dicament :
il crée aussi une dépendance politique.
Le jour oĂč des millions de citoyens dĂ©pendent d’un traitement pour maintenir leur santĂ© ou leur poids :
peut-on encore revenir en arriĂšre ?
Peut-on réduire les remboursements ?
Peut-on imposer des restrictions ?
Le mĂ©dicament cesse alors d’ĂȘtre seulement un produit mĂ©dical.
Il devient un enjeu électoral.
LA GRANDE QUESTION DU XXIe SIĂCLE
L’annonce française pose finalement une interrogation bien plus profonde que la simple lutte contre l’obĂ©sitĂ©.
Vivons-nous encore dans une société cherchant à modifier les comportements ?
Ou sommes-nous en train de construire une civilisation oĂč chaque consĂ©quence du mode de vie moderne sera progressivement compensĂ©e par une technologie subventionnĂ©e ?
L’obĂ©sitĂ© aujourd’hui.
Le vieillissement demain.
Puis peut-ĂȘtre la mĂ©moire.
L’humeur.
La cognition.
La performance.
La longévité.
L’histoire du Wegovy et du Mounjaro est peut-ĂȘtre moins celle de l’obĂ©sitĂ© que celle de l’avĂšnement d’un nouveau modĂšle de sociĂ©tĂ© :
đ une sociĂ©tĂ© oĂč la frontiĂšre entre mĂ©decine, industrie, Ătat et technologie devient chaque annĂ©e un peu plus floue.
Et comme souvent dans l’histoire,
les révolutions les plus profondes commencent par une simple ligne budgétaire.
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