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Commentaire : La peur irrépressible des Banques « zombies » nuit à BofA

Le cours de Bourse de Bank of America Corp. a chuté vendredi, malgré des résultats trimestriels pourtant pas si mauvais pour la banque américaine. Alors comment s’expliquent ces mouvements de ventes?

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Wall Street espérait que les chiffres du troisième trimestre 2009 de BofA feraient apparaître un résultat solide avant provisions, c’est-à-dire hors dépenses liées au renforcement des réserves de la banque pour prêts douteux.

Le marché partait en effet du principe que lorsque les pertes de crédit reculeraient, les provisions – actuellement considérables – allaient diminuer, et les résultats décoller.

Or les résultats de Bank of America laissent entrevoir bon nombre de signes laissant à penser que BofA puisse encore devenir à terme une banque « zombie »(versus KRUGMAN et ROUBINI les chevaliers de l’apocalypse), c’est à dire toujours opérationnelle en apparence mais qui ne cesse de se débattre dans un environnement économique morose à savoir les suites et conséquences des années folles en matière d’inconséquence immobilière…

C’est ainsi qu’ au troisième trimestre, la marge d’intérêts des actifs de la banque a baissé, les prêts ont diminué et les revenus des commissions associées aux crédits hypothécaires et aux cartes de crédit ont également accusé un net repli. En outre, dans le cas de BofA, les investisseurs doivent également s’inquiéter de l’arrivée d’un nouveau directeur général, de tels changements engendrant souvent des charges de remaniement élevées, mais permettra aussi sans doute quelques modestes économies eusse égard au train de vie royal de feu MR Kenny Lewis….

Malgré ces craintes, on ne peut négliger la possibilité d’un scénario optimiste pour la banque.

Extrapolé à l’ensemble de l’exercice, le résultat avant provisions de BofA d’environ 12,5 milliards de dollars au troisième trimestre représenterait 50 milliard de dollars. Et si l’on soustrait un niveau de provisions normal hors période de crise de 10 milliards de dollars, de même que les impôts, le résultat net du groupe s’élèverait à 26 milliards de dollars, soit 3 dollars par action. Il faudra peut-être deux ans pour atteindre ce résultat, compte tenue des effets favorables liés a la politique de quantitative easing de la Fed et la politique de relance US qui prendront tout leur effet sur 2010-2011… et intégrer les risques liés à cette attente nécessite d’inclure une décote sur les résultats de, disons, 10%, pour obtenir un bénéfice par action de 2,50 dollar aujourd’hui.

 Sur cette base, l’action BofA se négocie à 7 sept fois les bénéfices escomptés, ce qui rend le titre plutôt bon marché.

Les résultats du groupe publiés vendredi suggèrent que l’attente pourrait être plus longue qu’espéré (l’investisseur est toujours avide de certitude, moutonnier et impatient), ce qui explique les mouvements de ventes sur BofA et limite la progression du titre dans l’immédiat.

Et il est à craindre que d’autres banques prennent le même chemin… c’est-à-dire toutes celles qui n’ont pas d’activité de Banque d’investissement capable de leur générer de substantielles revenus complémentaires….Afin de clarifier les choses aux yeux déjà embués des investisseurs Il serait d’ailleurs fortement souhaitable que l’on revienne pour l’ensemble des Banques Mondiales à une séparation stricte entre Banque de détail et Banque d’investissement….cela éviterait pour le futur et volatilité et conjectures aussi inutiles que nuisibles…

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE :  WSJ : JP Morgan soutenue par le négoce d’obligations (cliquez sur le lien)

L’EXCELLENT BILLET DE JEAN PIERRE CHEVALLIER SUR LE TITRE : http://www.jpchevallier.com/article-bank-of-america-3-trimestre-37733833.html (cliquez sur le lien)

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