Behaviorisme et Finance Comportementale

Finances Comportementales : Une contrepartie mieux renseignée que vous

Le comique américain Groucho Marx affirmait à qui voulait l’entendre qu’il ne voudrait jamais appartenir à un club qui l’accepterait volontiers en tant que membre. L’investisseur aurait parfois intérêt à se demander s’il a raison de participer à une institution (la Bourse) qui lui ouvre les portes volontiers. Plus de 80 % des investisseurs s’estiment plus intelligents et talentueux que la moyenne, et pourtant, en toute logique, à peine la moitié des investisseurs peuvent se prétendre plus brillants que les autres.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

À chaque fois que vous achetez des actions d’une compagnie X, il y a une contrepartie qui pense qu’il est plus avantageux de vendre les actions de X. Et à chaque fois que vous vendez vos actions d’une compagnie Y, il y a une contrepartie qui estime avantageux d’acheter les actions de Y. Ainsi, vous devez toujours vous demander si la contrepartie à un ordre de vente ou d’achat d’actions sait quelque chose que vous ne savez pas. Car il est bien possible que le moins bien renseigné des deux, ce soit vous.

Plus de 400 millions d’actions changent de mains à chaque jour sur le New York Stock Exchange. Les gestionnaires professionnels modifient entre 50 % et 100 % de leur portefeuille à chaque année. Pourquoi une telle frénésie à échanger leurs titres. Pensent-ils être mieux renseignés que leurs contreparties ? Ils peuvent effectivement le penser, mais même pour ces experts ce n’est pas vrai.

Dans le cadre d’une étude sur les gestionnaires de fonds de pension, les professeurs Joseph Lakonishok, Andrei Shleifer et Robert Vishny ont démontré que les titres qu’ils vendaient surperformaient ceux qu’ils achetaient. Une étude similaire du professeur Terrance Odean, portant cette fois sur les clients d’un grand courtier escompteur américain, arrive à la même conclusion pour ce qui concerne les investisseurs individuels. Les titres que ces clients achètent se sont appréciés de 5,69 % en moyenne dans l’année suivant leur achat, alors que les actions qu’il ont vendues se sont appréciées de 9 %. Autrement dit, l’investisseur en actions conserve trop longtemps ses titres perdants (par une sorte de refus d’admettre ses mauvaises décisions) et vend trop rapidement ses titres gagnants (comme si une bonne compagnie ne pouvoir jamais connaître une période de grâce de plus de quelques mois ou quelques années).

Le succès en investissement réside moins dans le choix des titres boursiers et obligataires que dans le bon comportement à adopter. Une attitude de mouton empreinte d’autosuffisance et d’excès de confiance ont bien plus d’effet (négatif) sur le rendement de votre portefeuille que le strict choix des titres.

Faites l’exercice de comparer les rendements des titres que vous avez vendus (dans les 12 mois qui suivent la vente), avec les titres que vous avez achetés ou conservés dans votre portefeuille. Vous allez peut-être constater que la contrepartie à la plupart de vos transactions était mieux renseignée ou plus compétente que vous. Tout succès en Bourse repose sur une bonne dose d’humilité.

Odean, Terrance, “Are Investors Reluctant to Realize Their Losses?”, Journal of Finance, vol. 53, no. 5, 1998, p. 1775-98.

 EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Finances Comportementales : Les investisseurs et la Bourse (cliquez sur le lien)

4 réponses »

  1. Cela me renvoie à un séminaire hier où Terrance Odean était présent. C’est stupéfiant aussi le comportement des investisseurs après avoir vendu un titre (en plus-value ou non), revenant dessus dès lors que celui-ci affiche une forte hausse après la cession !

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