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Doutes sur les chiffres officiels de la pauvreté

Le taux de pauvreté s’est accru dans les années 2000 aux Etats-Unis selon les chiffres officiels et il se situe maintenant au même niveau qu’en 1970, mais cette statistique ne tient compte ni des impôts ni des programmes gouvernementaux. Une mesure de la pauvreté basée sur la consommation arrive à des conclusions plus favorables…. 

* Five decades of consumption and income poverty, Bruce Meyer (University of Chicago) and James Sullivan (University of Notre Dame, Milton Friedman Institute for Research in Economics, 2010-03) (cliquez sur le lien)

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Au plan mondial, la pauvreté a diminué de 500 millions de personnes et la proportion de celles vivant avec moins de 1 dollar par jour est passée de 52 à 26% en 25 ans, selon la Banque Mondiale. Mais le débat est souvent très vif sur la mesure de la pauvreté, notamment aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, officiellement le taux de pauvreté de 2005 (12,6%) est le même qu’en 1970.

Mais une étude  (cliquez sur le lien) de deux économistes* portant sur cinq décennies émet de profonds doutes sur l’approche officielle et met clairement en lumière toutes les difficultés méthodologiques de la mesure de la pauvreté. L’exercice n’est pas inutile lorsqu’on connaît l’étendue des moyens mis en œuvre face à ce problème. Aux Etats-Unis, pour les seuls programmes de transferts fédéraux, le montant atteint 522 milliards de dollars.

Meyer et Sullivan soulignent les avantages d’une réflexion sur la pauvreté en fonction de la consommation plutôt que du revenu. A leur avis, la consommation permet de mieux saisir l’évolution du revenu permanent, d’intégrer les phases d’épargne et de désépargne, de prendre en compte les transferts sociaux et crédits d’impôts et particulièrement les allocations liées au logement et à la possession d’une voiture.

Leur travail va encore plus loin puisqu’ils définissent un «noyau de consommation» («Core Consumption») qui n’inclut que les dépenses non-discrétionnaires, comme l’alimentation à la maison, les loyers, l’électricité, les transports, l’essence, la valeur du logement utilisé et de la voiture employée ainsi que l’aide au logement. Le résultat correspond à 73% du total de la consommation.

La contribution de cette étude à la littérature économique paraît importante, notamment en fonction des derniers points (logement, voiture). Elle innove aussi en remettant en question les problèmes de sondages employés pour la mesure officielle de la pauvreté. L’approche par la consommation met par exemple en évidence le phénomène de sous-estimation du revenu.

La mesure officielle considère le revenu avant impôts. Mais celle qui intègre les impôts diminue de 3,9% de plus que l’approche officielle entre 1960 et 2005. La prise en compte de la fiscalité permet de dresser une évolution nettement plus favorable au sein des familles avec enfants.

La pauvreté mesurée en fonction de la consommation est en forte baisse ces dernières décennies, ce qui contraste avec la vision officielle. Les graphiques présentés dans l’annexe à l’étude montrent que la pauvreté a baissé ces dernières années si on la mesure selon la consommation, alors qu’elle augmente si on la mesure selon le revenu. Les progrès sont encore bien plus marqués selon le «noyau de consommation».

Meyer et Sullivan mettent le doigt sur un autre problème méthodologique, l’indice des prix. Lorsqu’ils corrigent cet indice de différents biais, la pauvreté selon le revenu diminue de 14% de plus au cours des cinq dernières décennies.

Par Emmanuel Garessus  le temps avril10 

* Five decades of consumption and income poverty, Bruce Meyer (University of Chicago) and James Sullivan (University of Notre Dame, Milton Friedman Institute for Research in Economics, 2010-03) (cliquez sur le lien)

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