Agences de Notation

La Fed sur tous les fronts : dette, Europe, crédit , régulation, agences de notation….

Tour d’horizon des points principaux à retenir…

PLUS DE FED EN SUIVANT :

1 « L’augmentation de la dette publique aux Etats-Unis pourrait bien mener à de futures hausses d’impôts », a déclaré M. Kocherlakota lors d’un discours à Eau-Claire, dans le Wisconsin (Nord des Etats-Unis).

Pour M. Kocherlakota, président de l’antenne de la Fed à Minneapolis, dans le Nord du pays, ces hausses d’impôts pourraient peser sur la reprise en cours en retardant l’investissement, signe qu’il les estime quasi inéluctables à assez court terme.

La dette publique américaine atteignait près de 12.949 milliards de dollars fin avril, selon les chiffres du Trésor, soit environ 88% du PIB prévu par le gouvernement pour l’année, et le déficit budgétaire ne cesse de se creuser.

« La dette supplémentaire ne pourra être payée que de deux façons. Premièrement, le Congrès peut réduire les dépenses ou augmenter les impôts. Deuxièmement, la Fed peut imprimer de la monnaie supplémentaire pour rembourser les nouvelles obligations émises et, ce faisant, créer de l’inflation », a dit M. Kocherlakota, selon le texte de son allocution remis à la presse.

« Nous nous en remettons au Congrès pour qu’il fasse son travail […] si nous voulons pouvoir faire le nôtre » (qui est d’assurer le plein emploi et la stabilité des prix), a-t-il ajouté, insinuant clairement qu’il n’était pas question pour lui de monétiser la dette.

Un de ses collègues, Jeffrey Lacker, avait déclaré le 6 mai que Washington n’avait d’autre choix que de réduire la dépense publique ou d’augmenter les impôts, ce qu’avait laissé entendre par trois fois en avril le président de la Fed, Ben Bernanke.

Ben Bernanke(FED) met en garde contre l’ampleur des déficits budgetaires aux USA (cliquez sur le lien)

2 M. Kocherlakota est par ailleurs revenu sur les accords conclus dimanche par la Fed avec la Banque centrale européenne (BCE), et permettant à celle-ci de lui emprunter un montant illimité de dollars pour pouvoir prêter en billets verts aux banques européennes.

« Nous n’avons pas agi de la sorte en vertu de je ne sais quel amour pour l’Europe », a-t-il dit, « nous sommes des responsables américains et nous prenons nos décisions pour conserver sa force à l’économie américaine ».

Plusieurs élus du Capitole ont accusé la Fed de « renflouer » une Europe qu’ils sous-entendaient insolvable, alors que l’accord d’échange de devises conclu avec la BCE prévoit que celle-ci vire à la Réserve fédérale la contrepartie en euros des dollars qu’elle emprunte, sur lesquels elle devra verser des intérêts.

Les dirigeants de la Fed estiment que les tensions sur les marchés provoquées par la crise en Europe pourraient très bien avoir des conséquences aux Etats-Unis. L’accord conclu avec la BCE a pour but d’apaiser ces tensions en permettant aux banques européenne d’obtenir facilement les dollars dont elles ont besoin pour leurs opérations courantes

3 FED: Donald Kohn veut normaliser les prêts d’urgence aux non-banques

Le vice-président de la banque centrale américaine a affirmé hier vouloir normaliser la possibilité d’accorder des prêts d’urgence à toutes sortes d’institutions financières, au-delà des banques. La raison est que les marchés financiers ont considérablement évolué ces dernières décennies, et, rétrospectivement, plus que nous ne l’avions reconnu avant la crise, a-t-il expliqué.

4 Bernanke: la Fed s’efforce d’inciter banques à prêter à PME

Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a déclaré jeudi que la banque centrale faisait des efforts importants pour inciter les banques à prêter aux petites entreprises, en évitant de rendre ces institutions de crédit excessivement prudentes. 

La principale difficulté que rencontrent les petites entreprises, qui jouent un rôle clé dans la reprise en créant des emplois, est certainement l’obtention de crédits, a souligné B.Bernanke. 

La patron de la Fed a estimé que la banque centrale devait « favoriser un équilibre », c’est-à-dire ne pas faire comme en 2006, quand les prêts étaient trop facilement octroyés, sans pour autant verser dans l’excès inverse et les rendre très difficiles à obtenir pour les entreprises. 

Il sera crucial pour les Etats-Unis de réduire le taux de chômage, et « l’un des moyens clés permettant d’atteindre cet objectif est d’alléger les contraintes de crédit que doivent subir les petites entreprises », a-t-il expliqué. 

5 FED: le Sénat vote le maintien des pouvoirs de la banque centrale

Le Sénat américain a décidé mercredi que la Réserve fédérale devait continuer de réguler plusieurs milliers de petites banques, contrairement à ce que prévoyait initialement son projet de réforme de la finance. Les sénateurs ont adopté par 90 voix contre 9 un amendement annulant une disposition du projet de loi en discussion et qui aurait retiré à la Fed l’essentiel de ses prérogatives en matière de régulation.

6 La Fed va superviser les agences de notation

Le Sénat américain vient d’adopter une réglementation qui accorde à la Réserve fédérale la responsabilité d’encadrer le marché obligataire et, notamment, les agences de notation actives dans ce marché.

Cette mesure permettra d’éviter les conflits d’intérêts pour lesquels les agences de notation ont été pointées du doigt au plus fort de la crise financière.

Le vote, qui a eu lieu mardi, est considéré, à Washington, comme la mesure la plus sérieuse à ce jour dans la volonté des législateurs de réformer les marchés financiers.

La mesure vise une question épineuse pour les marchés financiers, car les émetteurs d’obligations  doivent actuellement choisir et payer les agences de notation pour leurs cotes.

Les revenus de ces agences dépendent donc de firmes pour lesquelles elles doivent juger de la qualité de leurs dettes.

Conseil de notation

En lieu et place de l’ancien système, la Fed établira un conseil de notation de crédit, qui agira à titre d’intermédiaire entre émetteurs et agences de notation.

Ce sera cette nouvelle institution qui sélectionnera elle-même l’agence qui aura à coter la qualité de l’émission obligataire, notamment dans le domaine des obligations structurées.

Ce type de produit financier est surtout composé de dettes de cartes de crédit ou de prêts automobile, qui représentent des revenus réguliers pour les émetteurs.

Le nouveau conseil sera surtout formé d’investisseurs. Les émetteurs d’obligations et les agences auront aussi un représentant à son conseil d’administration.

Le conseil choisira les agences qui auront à évaluer les émissions de dettes obligataires par un système de loterie, par rotation ou en tenant compte des capacités techniques des agences ou l’exactitude de leurs données.

Avant que cette mesure ne devienne force de loi, elle doit toutefois passer devant la Chambre des représentants. Ce qui suppose une nouvelle ronde de négociations, qui s’annoncent serrées, entre Démocrates et Républicains.

Les observateurs politiques considèrent toutefois très élevées les chances que cette mesure soit tout de même adoptée telle quelle.

Responsabilités accrues

Le Sénat examine aussi l’opportunité d’imposer des responsabilités juridiques accrues aux agences de notation, en cas d’erreurs de leur part. Ils pourraient même imposer une réglementation qui prévoit des amendes en cas d’évaluations de mauvaise qualité.

Les agences n’ont pas tardé à réagir. Un porte-parole de Standard & Poor’s a déclaré que la réforme pourrait mener les investisseurs à croire que les cotes attribuées par les agences seraient sanctionnées par l’État. Et que le nouveau système rendra les cotes plus homogènes.

Selon S&P, cette mesure risque de diminuer la compétitivité des agences, ce qui désavantagerait les émetteurs.

Moody’s a toutefois déclaré qu’elle appuyait les efforts du gouvernement pour ajouter de la transparence et de l’imputabilité au processus d’attribution des cotes.

Critiques
Les critiques du système actuel affirment que les agences de notation étaient soumises à des pressions de leurs clients, et qu’elles avaient ainsi surestimé la qualité de nombreux titres obligataires.

Ce phénomène est une des causes de l’éclatement de la bulle immobilière américaine, qui a mené à la crise financière de 2008-2009.

Les agences avaient notamment alloué une cote triple A à des obligations adossées à des titres de dettes hypothécaires à risque. Ces dernières ont finalement été progressivement décotées jusqu’au rang d’obligations de pacotille; ce qui a déclenché la crise.

Le Congrès américain a aussi dénoncé les accointances entre les agences et les banques, qui leur amenaient des clients.

source afp mai10

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