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Hedge Funds/Fond de fonds alternatifs : La différence grâce aux inefficiences

Hedge Funds/Fond de fonds alternatifs  :  La différence grâce aux inefficiences

 La théorie de la diversification entre classes d’actifs pour diminuer la corrélation d’un portefeuille a perdu sa valeur.

L’expérience dans la gestion des fonds de fonds alternatifs à rendement absolu paie. Et elle livre la preuve que l’absence de performances annuelles négatives n’est pas un objectif inatteignable.

PLUS/MOINS DE PERFORMANCE ABSOLUE EN SUIVANT :

L’équipe de SSARIS Advisors (State Street Absolute Return Investment Strategies), un spécialiste de la gestion alternative basé au Connecticut détenu à 60% par State Street Global Alliance, les 40% restants étant entre les mains des directeurs exécutifs, s’est particulièrement distinguée dans le passé récent. Le fonds de fonds Absolute Return de SSARIS a ainsi terminé l’année 2008 presque à l’équilibre, alors que les fonds de fonds hedge ont en moyenne perdu près de 20%! L’année précédente, il a pleinement bénéficié du début des turbulences sur les marchés. Et 2009 a montré que ces performances n’ont pas simplement été le résultat de positions prises à l’encontre des tendances.

La clé du succès de SSARIS réside dans une approche pouvant paraître très simple, qui traverse toutes les stratégies. Le principe de base en est la pondération du portefeuille entre des stratégies convergentes et divergentes.

Autrement dit, celles adaptées à un environnement efficient, où les marchés incluent toutes les informations disponibles dans les valorisations des titres, et celles qui génèrent leurs meilleures performances dans des situations d’incertitude et de forte volatilité, les cours évoluant alors indépendamment des fondamentaux. La classification des différents gérants est «un processus subjectif», admet Andrew Fisch, co-responsable des fonds de fonds de SAARIS.

La même stratégie de base (par exemple l’arbitrage/ relative value) peut ainsi se décliner en approches convergentes et divergentes. La contribution à la performance de chacune des deux catégories devrait être à peu près égale. Tout en surpondérant habituellement les stratégies convergentes (80 à 85% du portefeuille).

Le fondateur de RXR Capital Management en 1983 devenu SSARIS Advisors en 2001 Mark Rosenberg, qui en est toujours le président administratif et exécutif, explique les fondements de sa stratégie.

Qu’est-ce qui vous a amené à adopter un modèle différent de la diversification classique entre les stratégies alternatives?

Mark Rosenberg: La diversification entre les classes d’actifs a perdu sa valeur dans les années 1990, où nous avons déjà pu observer des mouvements très corrélés entre elles.

A l’époque de mes études à l’Université, la plupart des gens pensaient que les marchés étaient toujours efficients. Je n’ai jamais partagé cet avis. J’ai estimé que le plus souvent, les marchés sont efficients, mais que parfois, ils connaissent aussi des périodes d’inefficience, qui peuvent même être longues. Il faut donc développer des stratégies pour les phases d’efficience et les instants irrationnels.

A notre avis, la diversification de stratégies a ainsi remplacé la diversification entre classes d’actifs.

Quand nous nous trouvons dans une situation de stress, c’est le cerveau reptilien qui dirige nos actions, d’avarice et de peur (greed/fear). Les marchés ne font que refléter la manière dont fonctionnent les êtres humains. C’est pourquoi la seule vraie diversification, c’est celle entre les stratégies gagnant de l’argent pendant des phases rationnelles et celles bénéficiant des conditions irrationnelles.

Ce qui vous a particulièrementbien réussi au fil des turbulences récentes…

Nous avons commencé à nous préoccuper de la situation sur les marchés à partir de fin 2007. Par conséquent, nous avons augmenté la part des stratégies divergentes à 30%. L’année suivante, ce sont celles- ci qui nous ont permis d’atteindre une performance de -0,18%.

Cette évolution montre aussi le vrai avantage des hedge funds: se débarrasser du béta (sensibilité au marché).

Quels sont concrètement vos critères de sélection des gestionnaires?

Le gestionnaire de fonds de fonds hedge agit vraiment en tant que conseiller, qui a sa propre vision du monde. Et il doit s’assurer qu’il a les moyens pour l’exprimer.

Même pour des marchés sans orientation claire, il existe des stratégies qui cherchent à en tirer avantage. Nous combinons donc une approche top down (qui évalue le sentiment et l’orientation des marchés, les poches de risques, et qui cherche à déterminer les stratégies les plus adaptées) à une sélection de gestionnaires diversifiant les styles et cherchant à bénéficier d’opportunités différentes. Lors de celle-ci, nous tenons compte de critères qualitatifs, souvent sousévalués, comme des caractéristiques quantitatives.

Quelle est votre opinion actuelle?

Nous avons ajouté des fonds divergents. Le passage direct des gouvernements des plans de relance aux régimes d’austérité nous intrigue.

Dans ce contexte, d’où la demande pourrait-elle provenir? Le chômage est toujours très élevé. Et les périodes de remboursement de dettes créent un environnement déflationniste.

L’inflation ne reviendra pas avant 3 à 5 ans. La situation est ainsi plus favorable aux titres à revenu fixe, dont nous avons augmenté la part au détriment des actions.

Tout en laissant de côté les obligations convertibles, un marché qui nous préoccupe beaucoup.

Le domaine de la gestion alternative a beaucoup évolué depuis 1983. Quels sont les enseignements que vous tirez de votre expérience?

Il n’y avait que très peu de gestionnaires de hedge funds en 1983, et parmi ceux-ci, il n’y a même pas 20 qui ont des statistiques sans interruption jusqu’à aujourd’hui. Le marché actuel compte environ 9000 gestionnaires alternatifs. Mais nos relations se basent sur le très long terme. Sans exclure les très grands gestionnaires, nous donnons la préférence à la tranche entre 300 et 500 millions de dollars sous gestion. Car certaines stratégies posent des limites de capacité.

Il faut être conscient du fait que les stratégies sont souvent conçues pour bien marcher dans un certain environnement, mais que le gestionnaire nest pas suffisamment réparé pour l’adapter aux changements.

Cette période a également été arquée par l’arrivée des investisseurs nstitutionnels…

En 1998, j’ai prédit qu’environ 10%d’entre eux auront des hedge funds dans leur portefeuille. Si cela peutparaître lent, il faut se rappeler que les actions ont eu besoin de 200 ans pour s’imposer. Les hedge funds y arriveront beaucoup plus vite, je crois. D’une certaine manière, la plupart des gestionnaires deviendront alternatifs. Car les instruments passifs permettent de toute manière d’obtenir la performance du marché. En revanche, la gestion alternative permet de gagner de l’argent dans n’importe quel environnement économique.

Elle l’a déjà prouvé à travers plusieurs cycles. _

source agefi juin10

 
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