Analyse Technique

Commentaire du Wolf : Les marchés retiennent le scénario du pire

Commentaire du Wolf : Les marchés retiennent le scénario du pire.

La semaine a bien refroidi les investisseurs, les marchés de taux ayant commencé à intégrer le scénario du pire. Lesspreads se sont élargis à la périphérie européenne , le spread entre les obligations espagnoles et allemandes ayant même atteint le niveau qui prévalait avant l’intervention de l’UE et de la BCE, tandis que les spreads des CDS grecs se sont appréciés jusqu’à 1125pb, soit une probabilité de défaut de 62% sur les cinq prochaines années. Il convient de noter que les actions, en dépit d’un accès de faiblesse durant la semaine, sont loin d’avoir Intégré tout à fait  un tel scénario.

Mais plus globalement, la perte de 840 points du Dow Jones depuis le 21 juin jusqu’a ce vendredi semble excessive. Une telle évolution du Dow ne peut plus être perçue comme une consolidation voir une correction mais comme une véritable inversion de tendance …..Le Marché joue t il a se faire peur en venant simplement tester ses plus bas comme l’affirme certains avant de reprendre le chemin de la hausse ou  a-t-il vraiment des raisons plus fondamentales  pour chuter?

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source big picture juil10

Il est maintenant une certitude  que la crise de dette en Europe, le ralentissement de la reprise aux États-Unis et en Chine ne vont pas tirer le marché vers le haut. Mais c’est la brutalité et rapidité  de la chute qui posent problème et suscite des  interrogations subconséquentes…Car au lieu de chuter à la verticale, le Dow aurait du  dans le cadre d’une inversion de tendance (passage à une tendance baissière)  baisser graduellement et par paliers  et non pas avec une telle ampleur et vitesse.

Pour l’instant, au niveau graphique et macroéconomique, la grande majorité des signaux à court terme est baissière. Ainsi, la moyenne mobile à 50 jours sur le S&P500 est repassée  au-dessous de la moyenne mobile plus longue, à 200 jours, ce qui indique un fort signal à la vente , une très  forte pression baissière. La dernière fois que cette situation a eu lieu cela  a été en décembre 2007, juste avant la chute libre. Mais, malgré le fait que les indices gardent donc un fort  potentiel de repli, le Dow sera probablement arrêté au support à 9 420 points qui constitue un seuil de résistance très important

 Ne pas oublier non plus que dans le cadre de la configuration actuelle , et mème si cette fois ci je n’y crois pas beaucoup, que  le marché peut recommencer à monter au moment le moins attendu et probablement le moins approprié le contexte ayant beaucoup évolué, comme ce fut le cas le 7 mars 2009, car les agents économiques ne sont pas toujours pleinement  rationnels loin s’en faut et aime à jouer avec nos nerfs….

Il est intéressant, d’ailleurs, à noté à ce propos que les prix des obligations d’état américain à 5, 10 et 30 ans ont diminué, tandis que le prix des obligations d’état à 2 ans ont augmenté.

Reste que tous nos indicateurs techniques sont désormais  inscrit en permanence rouge

Le Ted spread , Libor, et autre  deposit facility  indique clairement des problèmes de liquidité interbancaire des 2 cotés de l’atlantique

Le commercial paper, BDI et autre Harpex censés refléter l’activité commerciale témoignent eux aussi  de faiblesses persistantes…

L’ECRI  un indicateur hebdo synthétique reflet pertinent de l’activité US s’est révélé catastrophique cette semaine

The negative data continues to mount.  The ECRI’s leading growth indicator slowed to -7.7% on a year over year basis.  Recession has never failed to materialize after a -10% reading.  We’re very close.  At best we’re likely staring at a substantial economic slowdown in H2.  Via Reuters: 

“A measure of future U.S. economic growth fell slightly in the latest week, while its annualized growth rate continued to decline, indicating the economy is about to slow, a research group said on Friday. The Economic Cycle Research Institute, a New York-based independent forecasting group, said its Weekly Leading Index slipped to 122.2 in the week ended June 25 from 122.9 the week before. 

The index’s annualized growth rate fell to minus 7.7 percent from minus 6.9 percent the prior week. That was its lowest level since May 22, 2009 when it stood at minus 8.7 percent.”

ECRI ECRI GROWTH SLOWS TO  7.7%, INFLATION AT 7 MONTH LOW

Sentiment des Marchés : Bull et Bears continuent leur round d’observation

Pragmatic Capitalist fait un excellent compte rendu de la situation :

Given the recent volatility you might think that we’d be seeing very negative signals in the sentiment data, however, the data continues to be mixed.  The most recent Investor’s Intelligence survey showed bearish sentiment hold steady at 41%.  This is a relatively mild level bearishness given the current environment.  Previous major market bottoms have occurred at substantially lower readings.

 II1 INVESTOR SENTIMENT STILL MIXED

Small investors, on the other hand, are exhibiting a bit more fear.  According to the AAII small investor sentiment plummeted in the most recent week:

“Bullish sentiment, expectations that stocks will rise over the next six months, plunged 9.8 percentage points to 24.7%. This is the lowest bullish sentiment has been since November 5, 2009. The historical average is 39%.

Neutral sentiment, expectations that stock prices will remain unchanged over the next six months, edged up 0.2 percentage points to 33.3%. The historical average is 31%.

Bearish sentiment, expectations that stock prices will fall, jumped 9.6 percentage points to 42%. This is the eighth consecutive week that bearish sentiment has remained above its historical average of 30%.”

Charles Rotblut at AAII detailed the move:

“The ongoing volatility in the market continues to affect individual investor sentiment. While there had been some hope two weeks ago that a short-term bottom was being established, the continued downward movement of stock prices has further frayed nerves.”

 aaii INVESTOR SENTIMENT STILL MIXED

 source pragmatic capitalist juil10

Quittons un peu l’analyse technique et  faisons un point hebdo d’éléments plus fondamentaux sur le plan macro et microéconomique pour savoir si les indications données par l’analyse technique sont validés ou pas par l’analyse fondamentale….Pour cela nous nous restreindront au seul marché US qui continue de donner le La à l’ensemble des marchés mondiaux… 

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Consommation US

Les dépenses de consommation des ménages américains ont progressé de 0,2% le mois dernier, après être restées stables en avril, selon le département du Commerce. Les revenus des ménages ont parallèlement augmenté de 0,4% en mai, après une hausse de 0,5% en avril, soutenus par la légère embellie observée sur le marché de l’emploi. Ces chiffres sont parfaitement en ligne avec les prévisions des économistes interrogés par Dow Jones Newswires. Les ménages américains ont également épargné davantage en mai. Le mois dernier, les Américains ont économisé $454,3 milliards. Ainsi, le taux d’épargne a atteint 4%, contre 3,8% en avril.

 Par ailleurs, l’indice PCE, qui mesure l’évolution des prix liés aux dépenses de consommation des ménages, hors alimentation et énergie, a progressé de 0,2% en mai par rapport à avril. Sur un an, il a repris 1,3%. L’indice PCE global, qui inclut l’alimentation et l’énergie, est ressorti inchangé en mai par rapport à avril. Sur un an, l’inflation a atteint 1,9%.

 Finalement, le département du Commerce a révisé en légère hausse ses chiffres d’avril, qui montrent désormais une progression de 0,5% des revenus, contre une augmentation de 0,4% initialement annoncée.

La confiance des ménages américains s’est détériorée au mois de juin, selon le Conference Board. Ainsi, l’ indice de confiance des ménages est retombé à 52,9 points en juin, contre 62,7 points en mai, en données révisées alors que les économistes interrogés par Dow Jones Newswires s’attendaient à un indice de confiance beaucoup plus élevé, de 62,5 points. Le sous-indice des conditions actuelles, qui mesure l’opinion des ménages sur les conditions économiques présentes, a baisse ainsi que le sous-indice des perspectives des ménages à six mois.

Le nombre de faillites des ménages américains a progressé de 14%, à 770 117 au premier semestre 2010 par rapport au premier semestre 2009, selon l’Institut Américain de Faillite. 

Immobilier

Les prix des maisons individuelles ont augmenté en avril aux États-Unis, montre l’indice S&P/Case-Shiller publié  mardi dernier. Cet indice, qui mesure les prix dans 20 zones métropolitaines, est ressorti en hausse de 0,4% en données corrigées des variations saisonnières -0,2% en mars tandis que les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne un indice brut en repli de 0,1%. Sur un an, l’indice Case-Shiller affiche une hausse de 3,8% proche des anticipations des économistes qui attendaient une augmentation de 3,4%.

C’est le refinancement qui a amené les demandes des prêts hypothécaires aux États-Unis au plus haut  depuis 8 mois. Ainsi, les demandes de refinancement ont grimpé de 12,6% lors de la semaine finie le 25 juin au plus haut depuis mai 2009 car le taux moyen à trente ans a reculé de 0,08%, à 4,67%, selon le Mortgage Bankers Association. Au total, la demande des prêts hypothécaires a augmenté de 8,8% la semaine écoulée, avec 77% de toutes les demandes pour le refinancement, le plus depuis avril 2009.En effet, les taux de prêts hypothécaires ont atteint les niveaux les plus bas depuis plus de cinq décennies, mais les consommateurs ne se précipitent pas pour refinancer leurs prêts ou acheter des maisons. Freddie Mac a annoncé aujourd’hui que le taux moyen à trente ans a été de 4,58% la semaine passée, en baisse par rapport au record précédent de 4,69%.

Environ une sur trois ventes aux États-Unis dans le premier trimestre a été la saisie de maisons, selon RealtyTrac. Les saisies des maisons représentent ainsi 31% de toutes les ventes des maisons au premier trimestre 2010. Dans le marché normal, seulement 1% à 2% des ventes de maisons sont des saisies, selon Rick Sharga, le vice président de RealtyTrac.

Les promesses de vente de logements aux États-Unis ont chuté plus que prévu en mai, à cause de l’expiration d’un dispositif fiscal d’aide à l’achat, selon l’Association nationale des agents immobiliers (NAR). Leur fort recul, de 30,0% par rapport au mois précédent en données corrigées des variations saisonnières, efface trois mois de hausse (de 6,0% en avril, 7,1% en mars et 8,3% en février). Sur un an, elles sont en repli de 15,9%.

Par ailleurs, Le Congrès américain a donné son approbation à l’extension de la date limite de l’initiative fiscale aux primo-accedants du logement. Ainsi, les acheteurs qui ont signé le contrat vers le 30 avril et qui n’ont pas réussi à finaliser leur achat jusqu’au 30 juin peuvent le faire jusqu’au 30 septembre. Le crédit fiscal de $8 000 pour les primo-accedants au logement et le crédit de $6 500 pour d’autres achats des résidences principales ont été deux mesures temporaires qui se sont avérées non seulement populaires, mais aussi vitales pour le marché immobilier qui peine à retrouver la stabilité.

Les dépenses de construction aux États-Unis ont enregistré une baisse moins importante que prévu en mai. Ainsi, selon le département du Commerce, elles ont fléchi de 0,2% en mai, à $841,9 milliards en glissement annuel, après une hausse de 2,3% (révisée) en avril, qui était la plus forte progression mensuelle depuis près de dix ans. Les économistes et analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une baisse de 0,8% de ces dépenses. Les dépenses privées ont reculé en mai de 0,4% après deux mois de progression, après l’arrêt d’un crédit d’impôt sur l’immobilier.

Activité économique

La croissance de l’activité économique dans la région de Chicago a continué de ralentir en juin mais un peu moins qu’attendu, selon l’enquête mensuelle de l’institut ISM auprès des directeurs d’achats. Ainsi, l’indice PMI a reculé à 59,1 points contre 59,7 points en mai. Cet indicateur avait atteint en avril son plus haut niveau depuis cinq ans à 63,8 points et les économistes interrogés par Reuters anticipaient pour juin un chiffre en léger repli à 59,0 points. La composante des nouvelles commandes a reculé le mois dernier, mais celle de l’emploi est remontée.

La croissance de l’activité manufacturière aux États-Unis s’est ralentie, d’après l’Institute for Supply Management. L’indice ISM manufacturier a atteint 56,2 points au mois de juin, contre 59,7 points en mai et contre le consensus de 59 points.

Les commandes à l’industrie ont diminué de 1,4% en mai aux États-Unis, un recul plus marqué que prévu et le plus important depuis mars 2009, alors que le marché attendait une baisse de 0,5%, selon le département du Commerce vendredi. En avril, ces commandes avaient progressé de 1,0% (révisé de +1,2%). Hors transports, les commandes affichent une baisse de 0,6%, ce qui constitue leur deuxième baisse consécutive en neuf mois après le repli de 0,7% (révisé de -0,5%) observé en avril. Les commandes de biens d’équipement civils, hors aéronautique, ont en revanche bondi de 3,9% en mai après un recul de 2,8% (révisé de -2,6%) le mois précédent.

Après cinq mois de créations d’emplois, l’économie américaine a détruit 125 000 emplois nets en juin, selon le département du Travail des États-Unis, alors que les analystes tablaient sur une création de 110 00 emplois. Le taux de chômage a pourtant reculé, à 9,5% contre 9,7% le mois précédent. Il est au plus bas depuis juillet 2009, alors que les analystes prévoyaient une hausse, à 9,8%. Le ministère du Travail américain a expliqué ce phénomène par une baisse de la population active, et notamment un nombre élevé de « travailleurs découragés », des personnes qui souhaiteraient avoir un emploi mais n’en ont pas cherché sur ce mois faute de perspectives d’embauche. Mais il faut remarquer que le secteur manufacturier a créé 9 000 emplois, malgré la destruction de 22 000 emplois dans le secteur de construction. En tout, le secteur privé a créé 83 000 emplois, mais c’est la disparition de 225 000 emplois temporaires pour le recensement de la population qui a emporté la globalité des chiffres à la baisse. Le salaire moyen horaire a baissé  quant à luide $0,02 à $22,53 en juin. Le nombre moyen des heures travaillées par semaine a également reculé à 34,1 heures au mois de juin contre 34,2 au mois de mai.

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Sur le plan macro au global on perçoit donc nettement un retournement à la baisse , les mauvaises nouvelles l’emportant nettement sur les bonnes. Si la zone Euro entre en récession et le $ reste aussi fort, nul doute que cela aura un impact négatif sur l’économie américaine et par ricochet sur l’ensemble des pays émergents pour qui l’Europe constitue un grand débouché commercial. C’est la raison pour laquelle la probabilité d’un double dip del’économie reste élevée et qu’on risque de voir les indices boursiers revenir vers leurs points bas.

Entreprises

L’incertitude en matière des résultats trimestriels joue également. C’est à partir de lundi, 12 juillet que les entreprises du Dow vont commencer à publier ses résultats ainsi que la majorité de celles qui forment le SP500. Les attentes de bons résultats sont assez élevées, surtout dans le secteur des techs. Donc, si les résultats sont même légèrement au-dessous du consensus, les indices pourrait intensifier leur mouvement à la baisse.

Les marchés ont été habitués depuis plusieurs trimestres à voir les résultats des sociétés voler de record en record, les sociétés dépassant allégrement le consensus des analystes . Dans cette pé riode de grande incertitude traversée par les marchés, les premières parutions de résultats trimestrielsdes sociétés ayant leur trimestre fiscal à fin Mai permettent, comme dans le passé, de se faire une bonne idée des résultats à venir. En agrégeant les 49 sociétés du Russell 3000 ayant publié leur 2ème trimestre, on constate qu’elles ont dépassé le consensus en moyenne de 4% « seulement », nettement en dessous des trimestres précédents, en excluant le secteur financier très volatile.

Les prévisions du 3ème trimestre ont été par ailleurs revues à la baisse de 1%, ce qui est tout à fait inhabituel par rapport aux trimestres précédents. Les sociétés qui ont publié incluent des valeurs phares dans l’informatique comme Oracle, plusieurs valeurs dans les secteurs de la consommation cyclique etnon cycliques ainsi que des industrielles. Par exemple, Oracle et Nike ont revu leurs profits à la baisse pour le 3ème trimestre. Est-ce les premiers signes de l’impact du $, ces deux sociétés étant fortement exportatrices? Les chiffres d’affaires publiés sont dans l’ensemble en ligne ou légèrement meilleurs,comme Fedex excellente boussole en matière prévisionnel, et les perspectives du 3ème trimestre sont dans l’ensemble maintenues en CA.

 Par ailleurs, le consensus dans son ensemble s’effrite pour le 3ème trimestre, peut être sous l’influence d’un environnement morose au mois de Mai et avec l’appréciation du $ et l’effet BP où l’on trouve beaucoup de pétrolières revues à la baisse. Dans le S&P500, on trouve 191 sociétés revues à la baissecontre 154 revues à la hausse. CECI EST ENTIEREMENT NOUVEAU.

En conclusion : La valorisation des marchés liée au risque de rechute

Il apparait dès l’heure necessaire de maintenir  une simulation de double dip pour l’économie US, avec coté Entreprises de fortes révisions des profits au deu-xième semestre et une chute de 25% en 2011. Les taux longs resteraient dans ce cas aux alentours de 3.5%. Un tel scénario valorise le S&P500 à 1206 points, qui implique une recovery à partir de 2012. Mais le timing d’un tel objectif passerait par un point bas de l’indice S&P500 que l’on peut situer entre 850 et 900 d’ici le premier trimestre 2011, avant de passer à 1200 points vers fin 2011. Dans le cas moins probable où il n’y aurait pas de double dip, mais un  arlentissement de la croissance mondiale, l’objectif de 1200 pourrait être atteint pour fin 2010.

Il faudra donc scruter les données macro économiques, qui montrent s’il y a un risque d’une rechute dans la récession, et surtout les événements exogènes comme la faillite d’une banque ou d’un Etat qui pourraient créer à nouveau un risque systémique. Un scénario de déflation à la japonaise n’est pas à exclure dans l’Eurozone, car la consommation y est déjà atone et l’inflation très basse (moins de 1% annuel hors énergie et alimentation).

COMMENTAIRE PRECEDENT : Commentaire du Wolf : Etats-Unis/Economie réelle -Marchés – le pendule repart-il dans l’autre sens ? (cliquez sur le lien)

 
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