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Dividendes croissants et monsieur La Palice par André Gosselin

Dividendes croissants et monsieur La Palice par André Gosselin 

View ImageDire que les compagnies qui augmentent régulièrement leurs dividendes constituent un meilleur placement que les autres semble une évidence un peu niaise. 

Questions en suspens 

On a toujours un peu l’impression, devant une belle brochette de payeurs de dividendes croissants, que la fête est finie. Il ne sert à rien de sauter dans le train, il est déjà cinq gares plus loin. Le défi, pour les ScotiaMcLeod et autres firmes de conseils en placement, serait de nous dire en quoi il est rentable d’investir dans un panier de titres qui ont offert, au cours des 10 ou 15 dernières années, un dividende croissant. Autrement dit, quel a été le rendement moyen, dans les années 1990, de tous ces titres qui étaient les champions du dividende croissant dans les années 1980 ? Quel a été le rendement, dans la décennie 1960, de ces 10 ou 20 titres qui offraient la meilleure croissance du dividende durant la décennie 1950 ? 

Est-il préférable de choisir les entreprises dont le dividende est croissant depuis cinq ans ? 10 ans ? 25 ans ? Vaut-il mieux investir dans les sociétés qui augmentent leur dividende modérément (10% en moyenne par an), ou dans celles qui l’augmentent très fortement (25% en moyenne)? Est-ce que la croissance des profits doit être aussi élevée que celle du dividende, ou cela n’a-t-il aucune importance ? La proportion des profits remis en dividende doit-elle être faible (- 25 %), moyenne (entre 25 % et 50 %) ou élevée (plus de 50 %) ?  

PLUS/MOINS DE DIVIDENDE EN SUIVANT : 

 

État des lieux 

Bien que la recherche sur les titres à dividende ne progresse pas aussi vite qu’on le voudrait, on connaît tout de même un certain nombre de choses sur ceux qui surprennent toujours les investisseurs les plus aguerris. Selon la firme de recherche de Chicago Ibbotson Associates, les dividendes ont constitué 43 % du rendement total offert par les entreprises du S&P 500 entre 1926 et 2004. Les investisseurs qui négligent les titres à dividendes courent donc le risque de laisser sur la table une part énorme du rendement total que nous offre le marché des actions. 

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Remarque : Même en tenant compte des dividendes  le S&P 500 a à mème atteint le niveau d’ il y’a 10-12 ans 

On sait également que les sociétés qui offrent un dividende, du moins aux Etats-Unis, connaissent une croissance de leurs profits supérieure à celles qui n’en offrent pas. Une découverte qui ébranle nos certitudes, puisqu’on a longtemps pensé, à tort, que les entreprises qui réinvestissent tous leurs profits (plutôt que d’en donner une partie à leurs actionnaires) jouissent d’une meilleure croissance de leurs revenus et bénéfices. Autrement dit, les entreprises qui réinvestissent tous leurs profits ne le font pas toujours à bon escient. Il serait souvent plus sage de verser les profits aux actionnaires plutôt que de les gaspiller en projets bâclés ou en acquisitions douteuses.  

 

Dividendes en actions : Entre Vrais dividendes et Réinvestissements 

Selon une étude de la firme new-yorkaise Bernstein Global Wealth Management couvrant la période 1964-1999, lesentreprises américaines qui augmentent leur dividende réalisent, dans l’année qui suit, un rendement total supérieur de 1,8 % (en gains nets) à celui des entreprises qui refusent cette augmentation. Les entreprises qui versent un dividende pour la première fois de leur histoire, ou encore qui rétablissent leur dividende après l’avoir suspendu, surpassent leurs pairs par un gain net annuel de 2,7 %. 

Les titres à dividende sont aussi de 10 % moins volatils que les titres qui n’en distribuent pas, et les distributions de dividendes ont fluctué en moyenne (à la hausse ou à la baisse) de 1,6 % entre 1926 et 2003, tandis que les cours des actions fluctuaient de 19,6 %. En somme, les dividendes ne fluctuent pas en fonction des perceptions qu’ont les investisseurs de l’économie et du potentiel de la Bourse, mais bien en fonction de la croissance réelle des profits des sociétés. 

À la fin des années 1990, 220 entreprises du S&P 500 (ou 44 %) émettaient un dividende à leurs actionnaires. L’an dernier, ce chiffre grimpa à 387 (ou 77 %). Comment expliquer une telle progression ? Pour les uns, les entreprises sont en train de dire à leurs actionnaires qu’elles sont à court d’idées ou de bonnes occasions d’investissement, et qu’il vaut mieux, dans un tel contexte, remettre une part des profits aux actionnaires. Pour les autres, c’est la demande du côté des baby-boomers vieillissants qui incitent les sociétés à combler une partie de leurs besoins en revenus. 

Selon la firme de recherche financière DSG-Network, 98 % des planificateurs financiers américains recommandent à leurs clients des titres à dividende pour leur plan de retraite, et 70 % vont classer ces titres dans leurs deux principales recommandations. Les entreprises américaines semblent avoir compris le message, car le pourcentage des membres du S&P 500 qui ont augmenté leur dividende est passé de 33 % en 2003, à 40 % en 2003 et 54 % en 2004. 

Qu’elles le fassent pour des raisons démographiques ou pour des considérations liées à une meilleure gouvernance, les sociétés américaines et canadiennes qui choisissent de distribuer leurs profits à leurs actionnaires (sous forme de dividende, de rachat d’actions ou de fiducie de revenus) sont de plus en plus nombreuses. Pour l’heure, personne ne semble s’en plaindre. 

André Gosselin,analyste et chercheur canadien 

EN COMPLEMENT :  Commentaire du Wolf : Pari sur les dividendes ? (cliquez sur le lien) 

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