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Banques Européennes : Les analystes tablent sur des échecs aux stress tests bancaires

Banques Européennes : Les analystes tablent sur des échecs aux stress tests bancaires

Tout le monde ne devrait pas, comme Dexia et KBC, réussir les tests de résistance imposés par l’Europe à 91 banques et dont les résultats seront publiés vendredi.

Des analystes s’attendent à voir quelques banques européennes échouer aux tests de résistance, dont les résultats doivent être publiés vendredi, mais restent néanmoins dubitatifs sur leur capacité à rassurer les marchés….

PLUS DE TESTS EN SUIVANT :

Dans une note publiée mercredi, les analystes de la banque australienne Macquarie dresse une liste des banques susceptibles d’échouer: l’allemande Postbank, l’italienne Banco Popolare, la portugaise BCP, l’espagnole Sabadell et quatre banques grecques, National bank of Greece, EFG Eurobank, Alpha Bank et Piraeus Bank.

Ils estiment que ces établissements ne satisferaient même pas au scénario dit de base, c’est-à-dire reprenant des hypothèses macroéconomiques fidèles aux prévisions actuelles de la Commission européenne.

Les analystes de Nomura s’inquiètent eux également de Postbank, mais aussi de sa compatriote Commerzbank que la presse allemande annonce pourtant parmi les banques ayant réussi les tests.

Selon plusieurs journaux, un autre établissement allemand, Hypo Real Estate, aurait lui échoué aux tests. « Ce que j’entends à propos de HRE est plausible, mais attendons les résultats », a réagi mercredi la chancelière allemande Angela Merkel.

L’incertitude est encore plus grande pour les banques non cotées, que ne suivent pas les analystes et qui ne publient que peu de données chiffrées.

Pour Barclays, les banques régionales allemandes (Landesbanken) et les caisses d’épargnes espagnoles devraient être amenées à se recapitaliser à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Au-delà, les analystes s’interrogent sur la portée de cette publication, qui pourrait manquer sa cible, à savoir rassurer les marchés sur la santé des banques européennes.

Stress tests bancaires européens : bien trop faciles pour être honnêtes… (cliquez sur le lien)

Les analystes de Macquarie redoutent notamment « que les hypothèses retenues soient trop molles pour amener de la clarté ». Un exercice « trop indulgent (…) pourrait affecter sa crédibilité, tout particulièrement si quelques banques en difficulté sur le plan national et privées d’accès au marché interbancaire se voient délivrer quitus ».

Des responsables de grandes banques européennes devaient rencontrer mercredi le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet pour évoquer notamment les résultats des tests.

Source afp juil10

EN COMPLEMENT : Les banques ont dû tester deux scénarios défavorables

 Les banques européennes ont été interrogées sur le niveau de capitaux supplémentaires dont elles auraient besoin en fonction de deux scénarios défavorables dans le cadre des tests de résistance visant à restaurer la confiance des investisseurs. 

Selon un document adressé aux banques et que Reuters a pu consulter mercredi, les 91 banques concernées par les tests de résistance devaient estimer le montant de fonds propres nécessaires pour atteindre un ratio Tier 1 de 6% en fonction de trois scénarios au total. 

Elles ont dû évaluer leur ratio Tier 1 de fonds propres à fin 2011 selon un scénario de base, un scénario comportant deux années de détérioration de l’économie et un autre scénario prévoyant un « risque souverain supplémentaire ». 

Selon des sources, cette lettre type a été expédiée aux 91 banques concernées par les tests, alors que 40 dirigeants des principaux établissements européens, dont ceux de Deutsche Bank et d’UniCredit , rencontraient à Francfort le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet. 

Peu d’informations ont toutefois filtré de cette réunion commencée à 12h30 GMT. 

LA DATE DE PUBLICATION DES RÉSULTATS CONFIRMÉE 

Tandis que des rumeurs circulaient selon lesquelles les résultats de ces tests seraient dévoilés avant la date prévue du 23 juillet, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a confirmé que ces résultats seraient bien annoncés vendredi à partir de 16h00 GMT. 

Le jour et l’heure de la publication ont été fixés pour laisser le temps aux autorités de régulation et aux banques de clarifier tout projet de levée de fonds durant le week-end sans que les marchés puissent réagir. Si les principales banques cotées devraient réussir les tests, certains établissements, comme les caisses d’épargnes espagnoles ou les banques régionales allemandes, qui ne sont pas cotés en Bourse pour la plupart, pourraient en revanche avoir rencontré plus de difficultés. 

Arturo de Frias, analyste chez Evolution Securities, estime en outre que National Bank of Greece et Banco Popular pourraient faire partie des banques pouvant avoir échoué aux tests

« Nous nous attendons peut-être à ce que quelques caisses d’épargnes espagnoles échouent et à ce que quelques banques régionales allemandes ne passent pas (les tests), mais aucune grande banque ne devrait lever de capitaux », a dit l’analyste à Reuters Insider. 

« La question est de savoir si les petits acteurs nationaux, comme en Grèce et en Espagne, échoueront. » 

« MANQUE DE CRÉDIBILITÉ » 

La banque publique allemande Hypo Real Estate devrait également ne pas passer ces tests avec succès, mais les représentants et les banquiers de plusieurs pays, notamment allemands, français, grecs et belges, ont assuré que leurs établissements devraient réussir ces tests. 

« Je m’inquiète du possible manque de crédibilité de l’ensemble de la procédure, si toutes les banques passent (les tests) alors les investisseurs vont se demander si les tests de résistances étaient suffisamment durs », a souligné Arturo de Frias. 

En outre, les contours exacts de ces examens restent flous. Il n’a ainsi pas été possible de déterminer si les tests concernaient les ratio de capitaux Tier 1 ou les ratios de core Tier 1. 

Selon le scénario le plus difficile, il a été demandé aux banques de prendre en compte le cumul des pertes pour cette année et l’an prochain avec des « pertes supplémentaires en lien à leur exposition aux emprunts d’Etat », des dépréciations sur leur portefeuille bancaire (créances douteuses, prêts aux particuliers). 

Selon ce scénario, les actifs seraient conservés jusqu’à leur maturité et pas régulièrement évalués aux prix du marché. 

Un banquier ayant connaissance des tests a dit que les « décotes » sur la valeur des portefeuilles de dettes souveraines seraient comprises entre 3 et 22% par rapport aux prix de marché. 

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que les tests de résistance menés auprès des banques européennes contribueront à restaurer la confiance dans le secteur financier. 

Pour un document en anglais sur les tests de résistance : http://r.reuters.com/but68m

Pour un graphique sur la performance relative du secteur bancaire européen et américain sur les quinze dernières années :

Pour un graphique sur la performance comparée de l’indice Eurostoxx des bancaires européennes et américaines depuis le début de la crise financière : http://graphics.thomsonreuters.com/gfx/MJ_20102107122358.jpg

Pour un graphique sur la performance des banques françaises comparée à celle de l’indice des bancaires européennes depuis le début de l’année et depuis débutmai

 

FRANCFORT, 21 juillet (Reuters)

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