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Investissement Vin : Bulle spéculative sur les grands bordeaux vendus en Asie

Investissement Vin : Bulle spéculative sur les grands bordeaux vendus en Asie

Le marché asiatique est à l’origine de ce phénomène. La Chine en particulier.

WILLIAM GREY, Le gérant du fonds Wine Investment prévoit une hausse de 40% des prix cette année.

LA CONSOMMATION DE VIN EN ASIE REPRÉSENTE AUJOURD’HUI 10 MILLIARDS DE DOLLARS PAR AN. ELLE S’ÉLÈVERAÀ 27 MILLIARDS DANS SEPT ANS.

PLUS DE BULLE…DE VIN EN SUIVANT :

Depuis la sortie du millésime 2000 et surtout 2005 la machine s’est emballée. L’intérêt planétaire pour les grands vins s’est accru et des milliers de nouveaux acheteurs se sont manifestés, attirés par des bouteilles qui sont aussi des marqueurs de réussite. Le système actuel du marché des vins construit sur la rareté, finance la propriété productrice et le négoce commerçant. En conséquence, la demande explose et les prix s’envolent, car la production est peu extensible, même si des châteaux ont mené une course au foncier.

La qualité des millésimes, notamment ceux de l’année dernière pour les bordeaux, se démarque par ailleurs particulièrement bien.

«L’année 2009 a été comparée par les spécialistes à celle de 1982», déclare Filip Opdebeeck, CEO de Au Bohneur du Vin à Genève.

Les prix sont donc en plein envol et la demande asiatique ne fait qu’augmenter. «Il y a deux éléments importants, la demande venant de Chine et la surévaluation venant des fonds de placement en vins», ajoute-il

Le risque d’explosion de la bulle du….vin (cliquez sur le lien)

Selon David Elswood, responsable des vins pour Christie’s international, les acheteurs asiatiques représentent désormais 61% des ventes de vin organisée par Christie’s, contre 7% en 2005. Le nombre d’acheteurs en Chine a notamment doublé entre l’automne dernier et ce printemps. Il met d’ailleurs en garde contre une surchauffe du marché due à l’hyperactivité de ces 18 derniers mois.

D’autres spécialistes s’accordent même à dire que cette demande ne va pas ralentir. Selon une étude de Cap Gemini, le nombre de millionnaires en Asie est estimé à 1,4 million et connaît une croissance annuelle de 9,7%. «Il y a encore neuf ans la consommation de vins en Asie (hormis le Japon) était proche de zéro. Aujourd’hui, elle représente 10 milliards de dollars par an et dans les sept prochaines années, elle s’élèvera à 27 milliards», expliquait Arnaud Christaens dans L’Agefi du 22 février. L’un des facteurs alimentant cette demande fulgurante viendrait du monde des affaires.

«La corruption est passible sous peine de mort en Chine et les vins comme les montres sont devenus le produit de prédilection dans le domaine des affaires pour soudoyer les entrepreneurs », prétend Fabio Cattaneo, CEO de la start-up Arvi au Tessin, qui stocke plus de 500. 000 bouteilles et collabore activement avec des collectionneurs privés du monde entier.

La demande va également augmenter en Europe et aux Etats-Unis. Robert Parker, dégustateur et éditeur américain d’un guide de vins, mentionne que le Lafite 2009 se vend déjà à 1000 euros la bouteille, ce qui remet en perspective l’attrait pour d’autres millésimes du même domaine.

Il en va de même pour les Latour, Margaux et Mouton Rothschild.

Il semblerait que les années 2000 et 2005 gardent donc encore tout leur attrait.

Thomas Yip, l’un des plus grands importateurs de vins d’Asie a monté son affaire en 1984 et a récemment passé le relais à ses fils, Vincent et Alan. Ils stockent 1,2 million de bouteilles, auxquelles il faut ajouter celles acquises plus récemment qui se trouvent encore dans les vignobles.

 « L’intérêt est grand en Chine pour les grands vins, notamment les bordeaux,mais les variations de prix entre millésimes sont trop grandes «, regrette Alan Yip. « Beaucoup de clients achètent, mais je crains que les grands bordeaux ne soient en train de former en Chine une bulle spéculative». Les circuits de distribution en gestationsur cet immense marché manquent de cohérence. Les Chinois sont avant tout des commerçants, ils achètent et revendent pour gagner 2 %, alors que des brokers anglais ou américains y envoient leurs invendus par conteneurs entiers.

La marée montante des fonds de placements en vins surfe donc sur la déferlante asiatique depuis 18 mois. Il y a deux ans, beaucoup de fonds avaient dû rembourser ou revendre suite à la crise de 2008.

Mais à présent, les investisseurs reprennent des participations dans ces fonds, ce qui met davantage de pression sur le prix de certains millésimes. Selon William Grey, gérant du Wine Investment Fund à Londres, «Nous nous attendions à une progression de 30% cette année, maintenant nous revoyons nos prévisions à presque 40%». On ne peut pourtant, selonlui, pas vraiment parler de bulle, car les prix avaient perdu plus de 20% en 2008 et le marché est tout simplement en train de corriger.

Avec 13% de rendement en 2009 et 16% pour les résultats 2010 qui seront payés en septembre, les résultats du Wine Investment Fund reflètent toutefois l’opinion de Filip Opdebeeck , selon laquelle, la plupart des fonds de trading en vins essayent de promettre des résultats trop élevés et beaucoup de vins sont surévalués à hauteur de 10 à 15%. «A titre d’exemple, cette année deux grands fonds à Londres et un en Chine ont dû fermer.

Plusieurs investisseurs d’envergure sont en train de se retirer de ce type de placements, raison pour laquelle on voit de plus en plus de présentations de fonds dédiés au vin. Ces indicateurs sont le signe d’une bulle qui n’est pas loin d’éclater. Je lui donne environ deux à trois ans»._

ANNE RÉTHORET agefi juil10

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