Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise

Schumpeter et la destruction créatrice : portrait

Schumpeter et la destruction créatrice : portrait  

L’innovation et le progrès technique sont les moteurs de l’économie

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 Né en 1883 en Autriche, Joseph Schumpeter a poursuivi des études de droit et de sociologie avant de publier ses analyses économiques.

Contemporain de Keynes, Schumpeter va développer une analyse différente du capitalisme.

Il mène une carrière d’universitaire, ponctuée d’implications politiques, avant de s’exiler aux Etats- Unis en 1932, sous la pression montante du nazisme en Europe centrale.

Il occupe un poste de professeur à l’université de Harvard jusqu’à sa mort en 1950. Au regard de sa vision originale de l’économie,Schumpeter est souvent qualifié d’économiste « hétérodoxe ».

L’innovation, essence du capitalisme

La première publication de la Théorie de l’évolution économique, en 1911, permet à Schumpeter de poser les bases de sa réflexion. Il se différencie de Marx et de ses contemporains en expliquant que les ressorts de l’économie sont l’innovation et le progrès technique.

L’histoire du capitalisme est finalement une mutation permanente, sous l’effet de l’innovation.

Les vertus de l’innovation sont nombreuses : elle permet à de nouveaux secteurs économiques d’émerger, de créer des emplois, apporte une nouvelle dynamique.

Dans le même temps, des pans entiers de l’économie arrivés à maturité s’effondrent et disparaissent.

Une crise apparaît. C’est le fameux concept de destruction créatrice…

Le rôle de l’entrepreneur

L’acteur de ces innovations, l’architecte de la mutation capitaliste est l’entrepreneur. L’économiste entend par entrepreneur non pas le chef d’entreprise, qu’il considère comme un simple gestionnaire ou administrateur. L’entrepreneur est une sorte d’aventurier.

C’est celui qui bouscule les idées acquises, qui sort des sentiers battus, celui qui innove non par soif de profit mais par envie de donner corps à une idée nouvelle.

Le profit ne fait que récompenser l’innovation, il n’en est pas la motivation principale.

Schumpeter met d’ailleurs en garde contre les très grandes entreprises, qui finissent par brider l’innovation et scléroser le système capitaliste…

Le rôle des crises économiques

Convaincu de la répétition des cycles économiques, Schumpeter considère donc les crises économiques comme salutaires et inhérentes au capitalisme.

Elles permettent au système de se régénérer et d’éviter la stabilité.

L’innovation est source à la fois de croissance et de crises, mais,sans ces crises, aucune exploration d’idées nouvelles n’est possible.

C’est parce que la société se trouve en état de crise qu’une poignée d’aventuriers vont développer de nouveaux produits, explorer de nouveaux procédés, exploiter de nouvelles matières premières…

Une réflexion à méditer en cette période d’incertitudes. De nombreux responsables politiques appellent à favoriser l’innovation pour stimuler une économie sous pression à la suite de la crise que nous venons de connaître.

Yannick Roudaut jdf aout10

6 réponses »

  1. L’incorporation du progrès technique est seulement envisagée de nature sociale.
    Le tout premier agriculteur-forgeron s’est physiquement transformé par incorporation laborieuse de l’effort…
    Après cette transformation endogène, la radicale transformation sociale de la société pastorale en société agricole.
    Notre monde est principalement redevenu de nature pastorale.

  2. « Schumpeter met d’ailleurs en garde contre les très grandes entreprises, qui finissent par brider l’innovation et scléroser le système capitaliste… » + « Convaincu de la répétition des cycles économiques, Schumpeter considère donc les crises économiques comme salutaires et inhérentes au capitalisme. » = contradictoire, dans le sens où, justement, les crises ont pour conséquence le regroupement, la concentration d’entreprises? En fin, si on inverse la « destruction créatrice » en « création destructrice », cela va-t-il mieux?

    • Small is beautiful !!!! les aventuriers entrepreneurs, l’innovation et la création d’emplois c’est du coté des petites entreprises qu’il faut aller les chercher…Pour les grandes qui s’apparentent bien souvent à du capitalisme d’état plus ou moins déguisé elles évoluent par fusion et acquisitions sur un mode financier pur et dur….Les unes font donc de la destruction créatrice, les autres de la création de rente visant à instaurer des monopoles et à tuer toute vélléité de concurrence…

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