Art de la guerre monétaire et économique

L’or vraies et fausse croyances par Vincent Marzin

L’or vraies et fausse croyances par Vincent Marzin

 

L’or est un actif qui mérite bien quelques mots. Il fait d’ailleurs l’objet de plus en plus d’articles et suscite un intérêt croissant depuis 2008 si on en croît les statistiques de Google Trends. 2000, 5000 ou bien 400 dollars l’once en 2011 ? Les spéculations vont bon train. Il convient donc de faire un point sur les vraies et fausses croyances ….

PLUS DE GOLD EN SUIVANT :

l’or et la monnaie : les craintes de politiques de la « planche à billets » (problématique de la dette) et de baisse de la valeur des principales devises de référence semble militer pour une détention de matières premières physiques. Le raisonnement a du sens, notamment pour les ressources en déficit de production, mais est loin d’être automatique : lorsque la formation du prix est réalisée par des investisseurs financiers et non plus par les industriels (proportion significative de la demande utilisée pour couvrir un portefeuille ou pour spéculer à la hausse sur cet actif), les variations de prix peuvent devenir erratiques et échapper à toute logique : baisse des encours des fonds de pensions, réglementation, changement de politique d’investissement, momentum, arbitrage vers d’autres actifs… de nombreux facteurs peuvent agir sur les flux, les acheteurs d’aujourd’hui peuvent très bien être les vendeurs de demain quel que soit le scénario d’inflation.

La conviction que l’or est l’actif parfait de couverture contre l’inflation en a stimulé les achats sur les 3 dernières années, créant une pression sur les prix et justifiant par là-même sa détention même si l’inflation n’a pas encore été au rendez-vous. On parle alors de prophétie auto-réalisatrice.

Gold Real Dollars

Cela signifierait-il qu’une bulle s’est formée sur l’or ? Lorsque la performance d’un actif réel est créée par la demande financière, il convient d’être attentif à tout retournement du momentum. Si celui-ci perdure, aidé par la crise de la dette européenne et la politique de Quantitative Easing de la Réserve Fédérale, l’or pourrait en effet enfoncer de nouveaux sommets. Dans le cas contraire, il ne faudra pas être le dernier à sortir. Peut-être que comme le dit George Soros, l’or est dans une bulle mais il n’est pas encore temps d’en sortir !

GOLDMAN SACHS Bullish sur l’or/vous trouverez  en cliquant ici la note de recherche sur le prix de l’or qu’a publier Goldman Sachs à ce sujet.

Dans cette note signée par trois experts chez Goldman Sachs, ont peut y lire que la progression du prix de l’or va se poursuivre au cours de la prochaine année, mais que le sommet du marché sera atteint en 2012 à 1750$ US l’once.

«Nous réitérons notre point de vue à l’effet qu’à son cours actuel, l’or demeure un placement attrayant, mais pas un investissement à long terme. Avec le programme de détente monétaire de la Fed qui doit prendre fin en juin prochain et compte tenu que nos économistes prévoient maintenant une croissance économique plus forte aux États-Unis pour les deux prochaines années, nous pensons que les taux d’intérêt vont commencer à augmenter en 2011, ce qui devrait mener à un sommet pour l’or en 2012.»

l’or comme actif de couverture des actions : la corrélation inverse entre l’or et les actions reste à prouver. Comme il est indiqué ci-dessus, cette relation fonctionne tant que les investisseurs sont persuadés de son bien-fondé ! De plus, si on prend en compte uniquement la demande réelle (hors investisseurs), celle-ci est très corrélée à l’environnement économique (baisse de la demande des joailliers en cas d’environnement dégradé), l’or devrait donc agir comme les autres matières premières (cuivre, pétrole, etc.) dont les cours ont chuté mi-2008 en raison de la crise (ce qui a été le cas pour l’or de façon brève).


chart of the day, stock to gold ratio, nov 2010

 – l’offre et la demande en or : la production minière peut s’avérer insuffisante voire être compromise certaines années (épuisement des gisements, glissement de terrains, grèves) et est insuffisamment diversifiée. La moitié de la production est assurée par 4 pays : Afrique du Sud, Australie, Chine, Etats-Unis mais 40% de cette production ne vient pas de l’extraction (recyclage d’or existant, stocks déjà constitués) et ce poids augmente avec les prix (par de plus en plus importe du recyclage provenant des particuliers dans les pays développés). La tendance au niveau de l’offre minière est assez défavorable (recherche d’un second souffle depuis les années 2000) avec une baisse de la production de part de l’Afrique du Sud et de l’Australie, baisse non compensée par la hausse de la production des nouveaux arrivants comme la Chine, le Pérou ou l’Indonésie.

 

 (Cliquez sur l’aperçu pour agrandir l’infographie)

La production minière a légèrement augmenté au 3ème10 trimestre en raison notamment de la montée en puissance de quelques projets tels que la mine de Boddington en Australie (Newmont). Le passage en revue des futurs projets ne laisse en aucun cas espérer davantage de croissance de la part de cette composante de l’offre sur les années à venir. L’équilibre du marché repose donc encore, pour les trimestres et années à venir, sur le recyclage. A ce titre, il est intéressant de noter que malgré la hausse séquentielle du cours de l’or, l’offre de recyclage a en fait diminué (de 452 tonnes à 418 tonnes) ; si les filières de recyclage se développent avec le cours haussier de l’or (comme l’attestent certaines publicités à la télévision poussant à la vente de vieux bijoux), une certaine saturation a été atteinte et une nouvelle accélération à la hausse du cours de l’or sera sans doute nécessaire pour inciter davantage de personnes à recycler leurs biens. »

Le stock d’or existant est estimé à 50 fois la production annuelle. La demande « réelle » provient majoritairement de la joaillerie, dont les volumes de vente peuvent être affectés par des prix élevés. La croissance de la demande en or est tirée par les ETF qui représentent 1/3 de la demande contre seulement 8% en 2008. La demande hors ETF a même baissé de 22% en 2009 par rapport à 2008. La hausse des prix combinée à la crise économique expliquent cette forte baisse de la demande même si la demande provenant des pays émergents continue à croître.

L’augmentation de la demande de bijouterie au 3eme trimestre10masque une grande disparité suivant les pays ; en effet, si l’on note une croissance forte en Inde (+36%), en Chine (+9%) et en Russie (+17%), des économies chancelantes et le prix élevé de l’or ont, quant à eux, eu raison de la demande dans nos marchés développés (Etats-Unis : -5% ; Italie : -11%…). »

la demande des banques centrales : il est vrai que les banques centrales se renforcent en or, d’ailleurs il se murmure que de nombreux pays du Golfe diversifieraient une partie de leurs réserves (essentiellement en dollars) par des achats d’or. Par contre, anticiper une hausse de l’or sur cet argument peut devenir aventureux. Ces achats se font hors marché sur un prix convenu (le cours spot de l’or sert uniquement de référence, ces transactions n’ont aucune influence sur son prix), le FMI ayant vendu une petite partie de ses réserves (estimées à plus de 3000 tonnes d’or) à des banques centrales (Inde principalement, Sri Lanka, Ile Maurice en 2009).

Parmi les nombreux facteurs soutenant l’or, il y a, notamment, la Chine qui pourrait, en préambule à une dérégulation de ses marchés financiers, choisir le marché de l’or comme ballon d’essai.

La Chine, qui subit des pressions internationales très fortes pour, notamment, laisser sa devise flotter librement, pourrait décider de libéraliser son marché de l’or en guise de test grandeur nature. En août, la Banque centrale chinoise a laissé entendre que les banques commerciales chinoises seraient bientôt autorisées à exporter et importer davantage d’or. Un tour de passe-passe qui ouvrira le marché local du métal jaune et permettra à la Banque centrale de Chine d’y puiser davantage sans risquer de perturber le marché international.

Dans le même ordre d’idées, on a appris  que la Chine avait autorisé le lancement du fonds Lion Fund Management, le premier fonds devant permettre aux investisseurs chinois d’investir dans les fonds indiciels (ETF et ETC) étrangers adossés à l’or.

Chine: les importations d’or en hausse de 480%

Les importations d’or chinois ont progressé de 480% pour atteindre 209,73 tonnes durant la période janvier – octobre par rapport à la même période de l’an dernier, a rapporté le China Business News. La quantité d’or négociée à la Bourse de l’or de Shanghai a augmenté durant les dix premiers mois de l’année de 43% à 5014 tonnes, a déclaré son président Shen Xiangrong au quotidien économique. En valeur, ces transactions ont bondi progressé de 79% à plus de 1300 milliards de yuans (148 milliards d’euros). Près d’un cinquième de ce négoce a été effectué par des particuliers . Les Chinois constituent un soutien de long terme pour le marché de l’or.

La Chine est ainsi en passe d’égaler l’Inde, le premier consommateur d’or de la planète. On observe d’ailleurs que le pic annuel de la demande mondiale en métal précieux se déplace peu à peu de la fin de l’automne, la saison des festivals en Inde, vers le Nouvel an chinois

gold

Image: World Gold Council

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, mardi 21 décembre, avoir achevé en un peu plus d’un an la vente d’un huitième de son stock d’or, soit 403,3 tonnes. Le FMI a annoncé dans un communiqué « la conclusion » de ce programme, sans préciser quels avaient été les derniers acheteurs ni le profit réalisé.

Le processus avait été lancé par les Etats membres en avril 2008, à une époque où les finances de l’organisation paraissaient fragiles, face au déclin de son activité de prêts. Les ventes avaient démarré en octobre 2009, avec la cession de 200 tonnes à l’Inde. Puis le FMI avait vendu 2 tonnes à l’île Maurice, 10 tonnes au Sri Lanka et 10 tonnes au Bangladesh. Ces transactions avaient rapporté quelque 7,6 milliards de dollars.Les autres transactions n’ont pas été rendues publiques.

Le produit de ces ventes doit être réinvesti dans des actifs financiers sûrs, principalement des obligations d’Etat, qui doivent permettre au Fonds d’en tirer des revenus réguliers. « Ces ventes sont un élément central du nouveau modèle de revenus pour le FMI qui a été approuvé par le conseil d’administration en avril 2008. Elles accroîtront également la capacité du Fonds à soutenir les pays à bas revenu », a rappelé le Fonds.

Le quotidien britannique The Guardian affirmait que le FMI souhaitait consacrer une partie de cet argent à la rénovation de son siège, à Washington, bâti il y a une quarantaine d’années

valorisation de l’or : ajusté de l’inflation, l’or n’a pas encore atteint  ses plus hauts historiques. C’est tout à fait exact, le CAC40 aussi d’ailleurs, dépassera-t-il pour autant les 7000 points en 2011 ?

les coûts d’extraction : l’extraction d’or coûte de plus en plus cher. Là encore c’est totalement vrai (le coût d’extraction moyen est de 500 dollars l’once d’après l’IMMA) mais cela n’en fait pas un prix plancher pour autant. D’ailleurs ce plancher est assez éloigné des cours actuels.

les revenus : l’or ne dégage pas de revenus comme peut le faire une action ou une obligation. La seule façon de dégager un bénéfice est donc de le revendre plus cher qu’il n’a été acheté.

et enfin, l’or ne guérit pas les maladies (on le pensait pourtant il y a quelques siècles) !

En conclusion, tout investisseur sur l’or devrait donc être extrêmement attentif aux flux, notamment aux encours des ETF. Nous constatons d’ailleurs que le plafonnement des cours aux environ de 1400 dollars l’once correspond à une relative stabilisation de l’encours des ETF, affaire à suivre …

Vincent Marzin consultant le 27dec10

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES :  Le point de vue de Charles Gave

L’or et le dollar

La plus vieille règle financière a toujours été, « si je ne comprends pas, je ne joue pas ». Il faut donc essayer de comprendre pourquoi l’or monte on baisse,  avant que d’en acheter, puisque par définition il ne rapporte rien.

La réponse à cette question est en fait assez simple, et donnée par le graphique ci-dessous 

Quand le Dollar baisse, l’or monte /Quand le Dollar monte l’or baisse 

De 1973 a 1980, le Dollar baisse (courbe noire en hausse), l’or monte très fortement, de 35 $/once a 800 $/once en Janvier 2000 

De 1980 a 1985 , le Dollar remonte très fort, l’or perd plus de la moitie de sa valeur 

Et ainsi de suite, jusqu’à la grande baisse du dollar qui a commencé en 2002, ce qui a entraîné l’or de $ 250/once au dessus de $ 1400 /once, soit une fort belle hausse 

L’or est en fait une position « short sur le Dollar US »quelque peu dopée. Une baisse de 10 % du Dollar peut atout a fait faire doubler l’or, tant les volumes traités sont faibles. Mais le contraire est vrai aussi… 

Que faire aujourd’hui après cette hausse vertigineuse  ? 

Ceux qui pensent que la Fed et les politiques Américains vont continuer à faire n’importe quoi comme ils le font depuis 2002 doivent garder leur or 

Ceux qui comme moi pensent que nous sommes en train de voir émerger un changement politique profond aux USA (voir mes articles précédents sur ce sujet) devraient se méfier…

De l’étalon or

Petit rappel historique

Ce qui a conduit à la chute du commerce international fut le fait que deux pays, les Etats-Unis et surtout la France accumulèrent des quantités d’or gigantesques dans leurs caves au début des années 30 et refusèrent de laisser monter leurs masses monétaires a dû proportion. (Mercantilisme, quand tu nous tiens…) 

De ce fait, les autres pays, étant en déficits, voyaient leurs masses monétaires se contracter et leurs économies plombées. L’Autriche, par exemple, se retrouva dans une situation tellement dangereuse que la Creditandstsadt sauta. La diplomatie française refusa alors d’aider l’Autriche, trop proche de l’Allemagne à son gout. 

On connait la suite. 

La création du bloc or par Rueff (F, Italie, Suisse, Belgique) comme réponse à la sortie de l’étalon or de la GB (qui sauva ce pays) plomba l’Italie (monnaie surévaluée, comme aujourd’hui) et poussa Mussolini vers des solutions de plus en plus nationalistes, tandis que en France économie s’écroulant (-5 % ) et les déficits budgétaires explosaient. 

Comme solution, la déflation interne (Laval), ou la victoire du rentier sur l’entrepreneur, comme en Irlande ou en Grèce aujourd’hui, ce qui nous amena le front populaire et nous laissa désarmés en 1940. 

Brillant. 

Quant à l’Euro, l’Allemagne agresse les autres pays européens depuis 10 ans en subventionnant sa production, taxant sa consommation et refusant de déréglementer les secteurs des services ou elle n’est pas du tout concurrentielle (banques régionales par exemple). 

De ce fait l’Allemagne a développé un excédent cumulatif de ses comptes courants contre les autres pays de l’Euroland de 700 milliards d’euro depuis 7 ans. 

Comme elle ne veut plus nous prêter de quoi acheter des produits allemands et qu’elle ne veut pas déréglementer pour que nous lui vendions des services, elle veut nous forcer maintenant à suivre une politique déflationniste à la Laval. 

L’Allemagne nous fait ce que nous avons fait à l’Autriche dans les années 30. 

On a vu le résultat 

C’est très bien de dire que c’est merveilleux et que l’Europe ne progresse que dans les crises, mais cela relève du wisfhul thinking.C’est comme de dire que la raclée que nous avons pris en 1940 était une bonne nouvelle et que cela allait forcer notre pays à suivre une meilleure politique. 

Certains, beaucoup, l’ont dit à l’époque 

L’euro est un Frankenstein financier qui doit disparaître, comme  l’étalon or et l’Europe sera débarrassée de cette construction technocratique qui l’étrangle

Et chaque pays aura le taux de change qu’il mérite Il n’y a aucune raison que cela entraine la fin de l’Europe. La GB, la Suède,, le Danemark, tous pays de profonde et ancienne tradition démocratique ne font pas partie de l’Euro et s’en trouvent fort bien 

Je n’ai jamais compris cet acharnement des autorités françaises à instaurer des taux de change fixes. Tous les désastres économiques et financiers de l’Histoire trouvent leurs sources dans des taux de change fixes quand donc nos « élites » comprendront elles que les marches fonctionnent mieux que les constructions technocratiques? 

Jamais sans doute, car les taux de change fixe donne du boulot à tous nos inspecteurs des finances. La France après tout a été la matrice intellectuelle de tous les totalitarismes, et ce depuis 1793. Quand l’enfant naturel de la France, l’Union soviétique a sauté malgré Glasnost et Perestroïka ce fut une très bonne nouvelle. 

De même pour l’euro quand il sautera, une autre  idée « Française » s’il en fut. 

source : http://lafaillitedeletat.com/2010/12/14/de-letalon-or/

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L’or comme nostalgie d’un monde plus sûr par Joëlle Kuntz

  Parce qu’il est chimiquement stable, inoxydable et inaltérable, l’or suggère un monde monétairement sûr

Le prix de l’or a grimpé à 1422,35 dollars l’once à New York lorsque Robert Zoelick, le directeur de la Banque mondiale, a suggéré que le métal jaune pourrait devenir «la référence internationale des anticipations des marchés» au sujet de l’inflation, de la déflation et des taux de change. Bien que l’or, en tant que monnaie, soit considéré comme une antiquité, les marchés ne l’en utilisent pas moins comme investissement alternatif, ajoutait-il dans un commentaire sur les désordres des moyens de paiement internationaux. Zoelick ne pensait sans doute pas à un retour à une forme d’étalon-or mais il évoquait l’idée de réintroduire l’or dans le système monétaire, d’une manière ou d’une autre, puisqu’il y joue un rôle subreptice.

Quel rôle exactement, comment et pourquoi? Les réflexions de l’Américain, juste avant le sommet du G20, ont relancé le débat sur l’or, l’un des plus vieux débats de l’économie et probablement le plus délectable car il contient les meilleurs ingrédients de la passion: la beauté de la matière, sa rareté historique, les épopées dramatiques et violentes liées à son acquisition et enfin la place qui lui a été réservée dans l’imaginaire des nations jusqu’à ce jour de 1971 où Richard Nixon décréta que le dollar ne serait plus étalonné sur l’or.

Presque partout dans le monde, l’or déclenche des phénomènes qui sont de l’ordre de la foi. On croit en sa suprématie esthétique s’agissant des ornements; on croit en son éternité s’agissant de son rôle économique. On dit qu’il est une «valeur refuge» comme on le dirait d’une église. Il ne peut rien arriver de grave à l’or. Il ne peut donc rien arriver de grave à qui en possède. Tombé à 200 dollars l’once, le revoici à 1400 dollars quand les monnaies n’inspirent plus confiance: n’est-ce pas une preuve de sa supériorité sur toute autre référence? Bien des gens le pensent, et plus ils le pensent, plus ils se donnent raison de le penser.

L’or est au monde financier ce que le Tea Party est au monde politique, écrit la journaliste anglaise Gillian Tett. Il représente pour ses acquéreurs ou ses croyants un étendard individualiste contre l’hyper-gouvernement, «une protection de l’épargne personnelle contre la confiscation par l’inflation», comme le disait Alan Greenspan dans sa jeunesse, bien avant de devenir directeur de la Réserve fédérale américaine. Les gouvernements font marcher les planches à billets tandis que l’or ne se reproduit pas, répètent les Harpagons du temps présent.

L’or est une nostalgie. Parce qu’il est chimiquement stable, inoxydable et inaltérable, il suggère, de son trône virtuel, un monde monétairement sûr. Mais comme les grenouilles qui voulaient un roi, dans la fable de La Fontaine, on oublie ce qu’il en a coûté de vivre sous son règne et ce qui a provoqué sa chute.

L’or a toujours eu partie liée à la guerre, à la puissance et à la politique. Il est devenu l’étalon de la monnaie dans la plupart des grands pays autour des années 1870, la diversification des moyens de paiement ayant créé des doutes quant à leur fiabilité. Le standard or, qui provoqua la révolte des paysans américains privés d’un accès facile au crédit et la création du «parti populiste» pour réclamer son abolition, n’a pas survécu à la Première Guerre mondiale. Tous les pays avaient en effet imprimé plus de monnaie qu’ils ne possédaient de contrepartie en or afin de financer leur effort de guerre, de sorte que la parité n’avait pu être maintenue.

 

En 1922, les accords de Gênes abolissaient le standard or général en faveur d’un système dans lequel les monnaies non convertibles en or devaient l’être en dollars ou en livres sterling, les deux seules monnaies obligatoirement étalonnées sur l’or. Ce régime, insatisfaisant à bien des égards, s’effondra à son tour pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1944, la Conférence de Bretton Woods établissait le dollar comme unique référence monétaire internationale: le gouvernement américain en garantissait la valeur (35 dollars l’once), mais n’était pas tenu de posséder une contrepartie or aux dollars émis.

Le grand vainqueur de la guerre détenait alors le moyen d’émettre à sa guise une monnaie qui allait financer la reconstruction (Plan Marshall) mais aussi ses propres dépenses de grande puissance à l’étranger. Les déficits abyssaux qui en résultèrent, et leur financement par la planche à billets, aboutirent à une perte de confiance dans le dollar. Sur le marché libre de l’or, rouvert en 1954, l’once atteignait brusquement 40 dollars. En 1964, la France demandait aux Etats-Unis la conversion en or de ses réserves en dollars. En 1968, une nouvelle ruée vers l’or obligeait la Réserve fédérale à lever la couverture du dollar. Un double marché de l’or était créé, l’officiel, où les banques centrales maintenaient le cours à 35 dollars l’once, et le libre, où elles n’intervenaient plus. Remède sans effet. En 1971, reconnaissant l’incapacité de la Réserve fédérale de tenir la parité, le président Richard Nixon brisait le lien entre le métal jaune et la devise américaine. Plus aucune monnaie de papier ne serait désormais rachetable en or, par personne.

L’or monétaire était enterré. Mais la foi en l’or est toujours vivante, indestructible. Le débat peut donc continuer, passionnément.

source le temps dec10

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EN COMPLEMENT : Spéculation sur l’or par William André Nadeau

 Y a-t-il une surestimation du prix de l’or? Un exemple de spéculation excessive.

En tout temps, il y a eu de la spéculation dans la très grande majorité des secteurs de l’économie, suivie par un dégonflement des spéculations, et les spéculateurs qui ont su bénéficier des hausses et se retirer lors des baisses ont fait fortune. En tout temps la majorité des investisseurs ont perdu souvent, et c’est l’investisseur moyen qui a payé les notes.
 
Dans le futur, ce scénario ne changera probablement pas tout simplement à cause de cupidité, de l’appât du gain et de l’effet moutonnier des investisseurs.
 
Prenons l’exemple de l’or : y a-t-il exagération sur le prix?

Selon Warren Buffet, oui. Il donne le comparable suivant : tout ce qui a été produit depuis l’époque Mathusalem en or pourrait être comprimé dans un cube carré de 70 (pieds), soit la grandeur d’une piscine olympique  pour la même valeur monétaire. Vous pourriez acheter toutes les fermes agricoles américaines en plus de 10 fois la valeur de l’importante compagnie Exxon et de 1,000 milliards de $ en liquidités.

Que feriez-vous comme choix, en tant que propriétaire ? Personnellement je choisirais la deuxième option. La valeur de l’or justifiait-t-elle le prix actuel de 1380 $ l’once. Personnellement je préférerais le choix se Warren Buffet, si j’avais à choisir entre les 2 placements. 

Nous sommes acheteurs de l’or en 2010 et nous contribuons à la spéculation. Toutefois toute faiblesse du prix nous fera vendre nos positions. J’estime que le prix de l’or est surévalué.

La faiblesse de l’économie américaine depuis 5 ans a provoqué cette confiance envers l’or. 

Je ne suis pas de ceux qui croient que l’or soit la monnaie de référence  mondiale au détriment du $ américain. Je pense que l’on verra plutôt graduellement l’émergence d’une monnaie mondiale pondérée selon plusieurs pays y compris les pays émergents. Quand cela arrivera, on verra probablement un désinvestissement dans l’or dont la valeur ne repose pas sur de solides critères

Quand il y a de la spéculation, il y a création d’une valeur fictive. 

Un autre exemple : la valeur des bourses durant les années 2000 où les cours se transigeaient en moyenne à 20 fois les profits au lieu de 16.8 fois comme depuis 1880. Aujourd’hui, ces bourses se transigent à leur juste valeur. La conséquence en est que les bourses mondiales se transigent encore entre 15% et 30% de moins que leur sommet précédent.

La différence entre 100% était du vent provoqué par un excès de spéculations 

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Pourquoi l’or baissera à 950$

«Nous exprimons des réserves par rapport à l’or qui est en hausse de près de 25% depuis le début de l’année. La demande fondamentale pour l’or n’a pas augmenté au cours des dernières années. La demande provenant de la fabrication de bijoux en or est en baisse depuis plus de 10 ans, même en incluant l’appétit grandissant de l’Inde et la Chine pour le métal jaune. Au cours des dernières années, la demande aurifère a été tirée à la hausse par la demande financière, en particulier des fonds négociés en bourse (FNB). Nous craignons qu’un jour cette demande financière ne se tarisse, ce qui enlèverait un soutien important au prix de l’or. L’investisseur qui désire garder une exposition aux métaux précieux serait mieux servi avec l’argent qui surperforme l’or en période de reprise économique mondiale. L’argent dépend davantage du cycle économique, car il entre dans la fabrication de produits dans plusieurs secteurs (photographie, électronique, médical, etc.) tandis que l’or est plutôt une valeur refugeCitation du stratège Pierre Lapointe.

Aujourd’hui, dans la lettre financièrede Brockhouse Cooper, lui et son collègue Alex Bellefleur expliquent pourquoi ils s’attendent à ce que le prix de l’or recule sous la barre des 1000$ au cours des prochains mois.

Ils soulignent d’abord que la récente appréciation du prix de l’or reste encore de beaucoup supérieure à la hausse du prix des actions des aurifères (graphique ci-dessous). Cette situation reflète selon eux le fait que les investisseurs ne croient pas que la poussée de l’or est soutenable.

La vigueur de la progression du cours de l'or permet d'améliorer les marges des minières et les turbulences actuelles renforcent la tendance haussière du métal.

Ils notent aussi que la valeur du dollar américain s’est appréciée depuis l’annonce d’une nouvelle opération de détente monétaire par la Fed au début du mois.

One-Year Chart for DOLLAR INDEX SPOT (DXY:IND) 

Une large proportion de la demande pour l’or est liée à la demande financière (les fonds négociés en Bourse), ajoutent-ils. Cette demande pourrait bientôt surpasser la demande pour les bijoux qui représente la véritable demande fondamentale pour l’or (qui est par ailleurs en baisse depuis 1997).

Les petits investisseurs seraient responsables de la hausse de la demande financière. En d’autres mots, il existe un risque de voir la demande financière s’éteindre si le prix de l’or ne poursuit pas son ascension. Les fonds négociés en Bourse pourraient même devoir vendre de l’or pour répondre à un renversement de tendance des petits investisseurs, ce qui enlèverait un support au prix de l’or.

Les banques centrales jouent aussi un rôle, mais elles ne représenteraient qu’une petite partie de la demande totale.

Les économistes de Brockhouse Cooper admettent que certains investisseurs se tournent vers l’or comme monnaie alternative.

Ils n’adhèrent toutefois pas à cette théorie. Selon eux, pour que l’or devienne une devise alternative, ça impliquerait la «création» de milliers de petites banques centrales sous la forme de compagnies minières qui «imprimeraient» de l’argent en sortant de l’or des mines.

Pour justifier leur prédiction d’un prix de l’once d’or entre 900$ et 1000$ US dès l’an prochain, ils partent de l’hypothèse que l’or, à titre d’actif, doit se comparer avec le baril de pétrole. 

chart of the day, gold to crude oil and copper, nov 2010

Ils constatent que le ratio or/pétrole est en déclin depuis quelques décennies. Ceci s’explique, selon eux, par le fait qu’il y a une demande fondamentale pour l’énergie contrairement à l’or qui a peu de valeur intrinsèque.

Puisqu’ils se disent confortables avec un prix du baril de brut à 95$ ou 100$ US pour la prochaine année, ils estiment que le prix de l’or devrait perdre environ 30% de sa valeur.

source Press Affaires dec10

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Le besoin d’être raisonnable avec l’or par  Josef Bossi et Richard de los Reyes

Le prix de l’or a grimpé en flèche durant la dernière décennie. Plusieurs facteurs y ont contribué. Les investisseurs qui choisissent de diversifier leur portefeuille à l’aide de ce type de véhicule seraient bien inspirés de limiter leur exposition.

Le prix de l’or a atteint son plus haut historique de 1400 dollars l’once en novembre 2010. L’intérêt des investisseurs pour ce métal précieux a explosé. De plus, ils disposent désormais de multiples accès au marché de l’or. Toutefois, la hausse du prix de l’or pose un certain nombre de questions importantes: quels sont les facteurs qui tirent le prix de l’or vers le haut? Les gains réalisés sont-ils durables? Les investisseurs doivent-ils encore ajouter de l’or à leur portefeuille?

La plupart des facteurs qui influencent le prix de l’or n’ont pas changé depuis trente ans. Mais entre-temps, de nouveaux éléments sont entrés en jeu.

Les incertitudes géopolitiques. Les tensions au Moyen-Orient et en Asie, ainsi que les craintes vis-à-vis du terrorisme global, créent une demande pour des investissements considérés comme sûrs.

L’inflation. Dans les années 70 et 80, les Etats-Unis ont expérimenté une inflation annuelle à deux chiffres qui a créé un intérêt pour l’or en tant que garant du pouvoir d’achat. Historiquement, la baisse des taux d’intérêt, ainsi que les politiques monétaires comme le quantitative easing – ou assouplissement quantitatif – sont utilisés pour stimuler l’économie et augmenter la liquidité, mais ils provoquent des craintes concernant des effets pervers tels que l’inflation ou la monétisation de la dette.

La déception face aux classes d’actifs traditionnelles. Les actions américaines ont souffert de deux baisses brutales des marchés depuis l’an 2000. Résultat: les métaux précieux tels que l’or sont à nouveau considérés comme de séduisantes alternatives aux classes d’actifs traditionnelles.

Les inquiétudes relatives à la dette souveraine. La crise de la dette souveraine en Grèce et dans d’autres nations européennes périphériques s’est traduite par une aversion exacerbée pour le risque. La chute de la valeur de l’euro qui en a résulté a poussé les investisseurs européens dans les bras de l’or, afin de se couvrir contre le risque de change.

Les préoccupations vis-à-vis du dollar. A long terme, les perspectives du dollar sont incertaines. Les peurs ont joué en faveur de l’or.

La spéculation des hedge funds. Les récentes révélations, indiquant que d’importants gestionnaires de hedge funds auraient massivement misé sur l’or, ont stimulé l’intérêt de l’investisseur ordinaire.

La demande en or physique et en ETF. En raison des frais élevés de stockage et de sécurité des pièces et des lingots d’or, de nombreux investisseurs individuels – et hedge funds – ont lorgné du côté des ETF, qui doivent détenir physiquement l’or pour les actionnaires. L’augmentation de la demande en ETF, en parallèle avec l’augmentation de la demande en fonds mutuels orientés vers les matières premières et qui achètent l’or directement, a contribué à l’augmentation des prix.

La croissance des marchés émergents. Dans les pays émergents, la croissance des revenus a accru la demande en or de la part des citoyens, tandis que les banques centrales des pays disposant d’importants excédents commerciaux ont utilisé l’or pour diversifier leurs réserves en devises.

La question de savoir si l’ascension du prix de l’or était durable a fait l’objet d’un ample débat.

Dans le camp des pessimistes, on considère que l’or est une bulle spéculative. Certains notent que les niveaux d’inventaire de l’or sont élevés par rapport aux autres matières premières. En outre, les banques centrales des pays qui traversent des turbulences financières ont le potentiel de vendre des quantités massives d’or et de faire ainsi baisser son prix.

De l’autre côté, les optimistes relèvent qu’une fois ajusté à l’inflation, le prix courant de l’or reste encore nettement inférieur au pic de 1980. Ils affirment qu’il lui reste encore un espace considérable pour progresser, en particulier si l’inflation ou les tensions géopolitiques augmentent.

Bien que l’envolée de l’or ait été impressionnante, courir après la performance (c’est-à-dire acheter un actif dont le prix s’est déjà notablement apprécié) ne constitue pas une stratégie prudente à long terme. En raison de la basse corrélation de l’or avec les autres classes d’actifs et de sa relation généralement inverse avec le dollar, les investisseurs qui acceptent le risque peuvent envisager l’or en tant que facteur de diversification à l’intérieur d’un portefeuille plus large. Toutefois, en raison de sa volatilité, les conseillers financiers de T. Rowe Price recommandent aux investisseurs qui optent pour l’achat d’actifs spécialisés comme l’or, de suivre une règle de base: limiter leur allocation à 5 ou au maximum 10% de leur portefeuille.

Les investisseurs devraient également examiner les autres options qui pourraient leur permettre d’atteindre des objectifs similaires. Un fonds mutuel ciblé sur les actions dans le secteur des ressources naturelles et des matières premières, incluant les compagnies minières spécialisées dans l’extraction d’or, devrait bénéficier d’une augmentation du prix de l’or et des autres matières premières. Bien que de tels fonds ne soient pas sans risque en cas de chute des prix des matières premières, ils offrent une plus grande diversification que la seule détention de la matière première elle-même. La performance de l’or durant la dernière décennie a été remarquable. Toutefois, le prix de l’or ne va pas toujours dans la même direction et est imprévisible. Un portefeuille diversifié consistant en actions et en obligations, avec des allocations limitées d’actifs spécialisés, comme l’immobilier ou l’or, constitue une stratégie à long terme sensée, qui a le potentiel de fournir des rendements attrayants tout en modérant la volatilité avec le temps.

La diversification ne peut pas garantir un bénéfice ou constituer une protection contre un marché en déclin.

 Responsable de T. Rowe Price pour la Suisse et le Liechtenstein et Analyste financier T. Rowe Price.

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Aurifères en phase exponentielle d’appréciation

 

La phase exponentielle d’appréciation des titres aurifères est bien supportée notamment par la force relative des bénéfices des gros producteurs d’or et par une évaluation encore raisonnable des titres aurifères en Bourse.

C’est ce que souligne lundi le stratège Martin Roberge, chez Dundee Securities, dans une note de recherche titrée «le temps est venu d’y aller pour la bulle».

Il y a deux mois, il expliquait  pourquoi une bulle allait se former cet hiver dans l’or.

Aujourd’hui, il revient sur le secteur aurifère dans une note de recherche où il recommande à ses clients de garder leur portfeuille surpondéré en titres aurifères.

Cette note peut être consultée ici.

source Pressaffaires dec10

Les mines d’or offrent un fort effet de levier

Une demande mondiale en nette progression, un cours de l’once d’or qui bat des records, des valorisations attractives, des marges élevées… autant de raisons d’être optimiste quant à la poursuite du rebond des mines d’or.

La demande mondiale est attendue à 4.000 tonnes en 2010, soit une progression de 500 tonnes sur un an. Dans la bijouterie, la consommation, en net recul durant deux ans, affiche aujourd’hui un rebond significatif. Elle devrait atteindre 2.200 tonnes cette année, contre 1.760 tonnes l’an dernier, portée par l’Inde. « La demande de l’industrie bijoutière revient ainsi à ses niveaux de 2008 ; pour autant, on est encore loin des niveaux atteints au début des années 2000 », précise Arnaud du Plessis, gérant matières premières chez Amundi. Quant à la demande d’ETF, elle a explosé ces dernières années ; 2010 est aussi marquée par un net regain d’intérêt pour l’or physique, ce qui traduit le pessimisme des investisseurs.

Des rentabilités historiques

En revanche, la production ne progresse que légèrement. Pourtant, les géants du secteur comme Barrick Gold ou Goldcorp disposent d’un pipeline de projets important qui devrait accroître leur production à partir de 2013 ou 2014. « Les principaux groupes aurifères ont environ vingt ans de production devant eux et disposent de suffisamment de projets en interne pour assurer leur croissance à moyen terme », note Alain Corbani, directeur général de Commodities Asset Management.

Fort d’une structure bilantielle nettement améliorée, le mouvement de concentration amorcé dans le secteur devrait se poursuivre. Depuis janvier, le secteur a connu deux opérations, dont le montant total dépasse les 20 milliards de dollars : Goldcorp a fait l’acquisition d’AndeanGold, alors que ce dernier est toujours au stade du forage, et Kinross s’est offert Red Back Mining. « Il est souvent plus intéressant d’acheter des actifs déjà en activité que de lancer de nouveaux gisements compte tenu des délais de mise en production », remarque Arnaud du Plessis. Surtout quand on sait que le pays qui affiche les réserves les plus importantes est l’Afrique du Sud. Les gisements se trouvent à de grandes profondeurs, ce qui implique des coûts d’exploitation élevés, accentués par des problématiques sur l’infrastructure, l’énergie et la main-d’oeuvre.

Après avoir travaillé à réduire leurs coûts de production l’an dernier, les mines accusent en 2010 une progression de ces derniers.« Cela s’explique essentiellement par la hausse du prix des équipements, des coûts énergétiques et aussi par les variations de change importantes entre le dollar et les principales devises des pays producteurs. Pour autant, les sociétés aurifères maintiennent une gestion très rigoureuse de leurs coûts. Il n’y a rien d’alarmant. Les marges dégagées par les mines n’ont jamais été aussi élevées », souligne Arnaud du Plessis.

« Le point mort du secteur aurifère se situe aujourd’hui à 1.000 dollars l‘once. Conséquence, les mines dégagent des marges nettes après impôts historiques, supérieures à 20 %, et pourtant, leurs titres se traitent à des niveaux relatifs identiques à ceux de 2003, année où le prix moyen de l’or s’est établi à 365 dollars l’once », souligne Alain Corbani. La grande majorité des gisements est aujourd’hui rentable, ce qui est une première. Même en ce qui concerne les mines sud-africaines. Qui plus est, les grands groupes miniers aurifères ont soldé leurs dernières positions de vente à terme. Ils devraient de facto bénéficier pleinement des cours au comptant du métal précieux. Anglogold Ashanti a été le dernier à le faire, pour un coût de 3 milliards de dollars. A cela s’ajoute le fait que depuis deux trimestres l’ensemble du secteur annonce des hausses de dividende.

Le rattrapage est loin d’être achevé

Une bonne santé qui n’est pas aujourd’hui pleinement valorisée en Bourse. « Si l’on prend le ratio prix de l’once d’or sur l’indice XAU (indice américain des sociétés minières), il ressort actuellement entre 6 et 7 alors qu’avant la crise ce dernier était compris entre 4 et 5. Cela laisse une marge d’appréciation des mines de près de 30 % pour retrouver les niveaux antérieurs », explique Arnaud du Plessis. Barrick Gold, Newmont, Kinross ou encore Anglogold Ashanti s’échangent à des niveaux relativement bas alors que leurs fondamentaux n’ont jamais été aussi bons..La très forte capacité à générer des cash-flows n’est  pas reconnue par le marché. Des hausses de dividende sont d’ailleurs envisageables, ce qui devrait susciter l’intérêt de nouveaux investisseurs soucieux du rendement.  

Pourquoi investir dans les petites sociétés ? 

Aux cours actuels de l’or, les entreprises qui offrent les plus importants leviers sont les sociétés d’exploration minière. Mais elles présentent un profil plus risqué que les majors du secteur. Elles sont moins diversifiées géographiquement et souvent ne possèdent qu’un seul gisement. Toutefois, compte tenu du spectre actuel, on peut panacher afin de choisir le degré de risque que l’on souhaite prendre.

 Comment les choisir  ? 

Il y a deux types de sociétés à distinguer. Celles qui n’en sont encore qu’à l’exploration pure, sans production. C’est-à-dire qu’elles ont des cibles géologiques avec un potentiel parfois avéré, parfois encore à estimer. C’est le cas, par exemple, d’Atac Ressources, au Canada, qui a vu son cours multiplié par plus de 4 en quelques jours avec la découverte d’un gisement qui pourrait se révéler très important. Le risque est toutefois particulièrement élevé. La seconde catégorie regroupe les sociétés qui ont démarré la production ou sont sur le point de le faire, et dont le profil de risque est ainsi réduit. L’affinement de leurs réserves permet une importante création de valeur. L’accroissement de leur production a un impact plus fort que dans le cas des géants du secteur.

Existe-t-il encore des opportunités ?
  
Les petites et moyennes sociétés ont massivement surperformé les grandes du secteur. En global, le potentiel d’appréciation est donc aujourd’hui moins important. Cependant, au cas par cas, il y a encore de très belles opportunités. Surtout dans le contexte actuel, propice aux opérations de fusion- acquisition. Les principaux producteurs sont désireux d’accroître rapidement leur production et leurs ressources minérales, donc ces sociétés deviennent des cibles de choix.

 CLÉMENCE FUGAIN ET JOËL ANTOINE | JDF HEBDO | 27.11.2010

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Or  Physique

  Le lingot qui cotait 24.800 euros le 4 janvier 2010 était à 34.110 euros le 7 décembre, soit une hausse de 37,54 %. Sur la même période la progression de la pièce d’or fétiche des Français, le Napoléon, est encore plus impressionnante : 47,22 %.

Cette hausse avait d’ailleurs été annoncée à plusieurs reprises par le spécialiste londonien, GFMS.  Pour autant, la hausse de l’or n’a pas entraîné la réouverture du marché parisien de l’or. Depuis l’arrêt de la cotation officielle de l’or à la Bourse de Paris, CPordevises http://www.cpordevises.com/ indique sur son site les cours du lingot et des pièces d’or les plus courantes en France. Autre société réservée aux traders actifs :  BullionVault http://or.bullionvault.fr/ qui a mis aussi en place un site de transactions.

L’envolée des cours de l’or sur le marché français a même permis le lancement de lingotins, sorte de petits lingots qui pèsent respectivement 50, 100, 250 et 500 grammes et permettent ainsi un achat plus facile. Le paroxysme a été poussé plus loin avec le site auraria http://www.auraria.fr/ qui propose l’achat en ligne de mini -lingots à partir de 1 gramme (entre 56 et 61 euros selon le fondeur du lingot à la date du 7 décembre 2010). Sur ces petites quantités, la prime d’achat est plus élevée que sur le lingot. Comprenez, plus vous achetez un faible poids d’or, plus vous payez cher votre or.

source les echos dec10

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