Commentaire de Marché

Signes de reprise aux Etats-Unis: de la poudre aux yeux par Andreas Höfert

Signes de reprise aux Etats-Unis: de la poudre aux yeux par Andreas Höfert

Depuis deux mois maintenant, les indicateurs avancés de la conjoncture américaine surprennent par leur vigueur. Beaucoup d’observateurs en concluent qu’une reprise durable de l’économie américaine s’est enfin mise en place. Je reste sceptique pour plusieurs raisons.

PLUS DHOFERT EN SUIVANT :

Tout d’abord, l’indicateur le plus important pour jauger la solidité de la reprise, c’est-à-dire la situation de l’emploi, est le seul qui continue à décevoir. Le taux de chômage américain reste, plus d’une année et demie après la sortie officielle de la récession en juin 2009, obstinément figé au-dessus de 9%. Et, en se remémorant la difficulté qu’avaient eue les Etats-Unis à réduire leur taux de chômage après la mini-récession de 2001, il est permis de douter d’une amélioration rapide de l’emploi outre-Atlantique.

 

 

Une deuxième source d’inquiétude nous vient du marché immobilier. Alors qu’il y a encore quelques mois les signes d’une stabilisation des prix étaient clairs, certains indicateurs avancés suggèrent maintenant une grande fébrilité, voire même la possibilité d’une reprise de la chute. A ce sujet, un récent rapport de la Réserve fédérale de Dallas contredit les affirmations de bon nombre d’analystes qui voient le marché immobilier américain à sa juste valeur en affirmant qu’un potentiel de correction des prix supplémentaire d’environ 25% reste plausible.

Ensuite, la récente baisse du taux d’épargne des ménages américains assombrit également les perspectives à moyen terme. Alors qu’un des rares aspects positifs de la crise financière avait été le retour d’une certaine frugalité auprès de ménages surendettés, depuis un trimestre environ le taux d’épargne se remet à chuter significativement. Le processus de désendettement de l’économie américaine est à peine entamé. Tout ce qui le retardera ne fera que repousser cette correction nécessaire à plus tard et délaiera d’autant une reprise basée sur des fondations solides et non pas sur de la dette.

Enfin, n’oublions pas que si reprise il y a actuellement aux Etats-Unis, elle est en grande partie liée à des politiques monétaires et fiscales ultra-expansives. Celles-ci pavent la route pour des problèmes futurs, d’inflation sans doute, mais certainement et surtout d’une dégradation de la qualité de crédit de l’Etat américain. Ce n’est pas sans raison que deux des trois agences de notation majeures, Moody’s et Standard & Poor’s, ont récemment émis des avis négatifs sur la situation et l’évolution de la dette publique aux Etats-Unis.

Très probablement ces prochains mois, les marchés profiteront-ils de l’embellie conjoncturelle américaine. Mais au vu de tous les possibles écueils, il convient de ne pas sombrer dans l’euphorie.

Andréas Hofert   Chef économiste, UBS./le temps jan11

EN COMPLEMENTS : La réalité du chômage aux Etats-Unis par Michel Santi

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La statistique officielle du chômage aux Etats-Unis indique certes que 9.4% de la population active furent sans emploi en Décembre dernier mais la réalité est tout autre.

 En effet, des pans entiers de la société de ce pays sont soit marginalisés soit – au mieux – partiellement exclus de son activité économique et la publication d’un chiffre cosmétique – tout aussi grave fût-il – ne décrit hélas que très partiellement une conjoncture bien plus problématique. En fait, ces 9.4% ne sont que fiction pour ceux qui, toujours plus nombreux, sont rejetés par le système et, à cet égard, la statistique des « sous employés » est-elle autrement plus révélatrice puisqu’elle atteint le chiffre de 16.7% de la population active

 Et que penser des 10.6 millions de jeunes entre 20 et 24 ans – soit 17% des actifs – sans emploi et dont la proportion a doublé suite à la crise et même décuplé en l’espace de dix ans?

 Quant à ces jeunes contraints de travailler à temps partiel faute de trouver un emploi stable, ils sont aujourd’hui 6.4 millions, soit en augmentation de 40% par rapport à 2006. Enfin, le groupe le plus important des salariés, c’est-à-dire ceux situés dans la tranche d’âge entre 25 et 54 ans, sont à 8.9% au chômage sachant que cette proportion était encore de 80% il y a une dizaine d’années. La réalité crue étant que 22 millions d’hommes et de femmes dans la fleur de l’âge sont actuellement sans emploi aux Etats-Unis

Source et remerciements : Michel Santi Gestionsuisse.com  15-01-2011

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IMMO USA: le gouvernement à court d’idées pour Fannie Mae et Freddie Mac (presse)

Le gouvernement américain, chargé de proposer des pistes pour les géants du financement des prêts immobiliers Fannie Mae et Freddie Mac, est à court d’idées et devrait laisser au Congrès le soin de trancher, affirmaient vendredi le Financial Times et le Wall Street Journal.

Le département du Trésor ne devrait pas rendre à temps un rapport sur la question que la loi exigeait le 31 janvier, d’après les deux quotidiens. Et « le document devrait également décevoir ceux qui veulent une proposition détaillée », a indiqué le Financial Times sur son site internet, citant « des personnes informées des préparatifs ».

« Faute de consensus, une fois publié le rapport final contiendra vraisemblablement deux ou trois propositions pour savoir ce qui devrait remplacer Fannie et Freddie, et une discussion sur les avantages et inconvénients des différentes approches », a précisé le Wall Street Journal.

Le Bureau du budget du Congrès (CBO) a déjà publié en décembre un rapport de ce type, qui évaluait trois possibilités: démanteler les deux groupes et rendre leur mission au secteur privé, les nationaliser au sein d’une administration, et trouver un nouveau statut hybride public-privé.

« Fannie » et « Freddie » ont été mis sous tutelle par Washington en 2008 pour leur éviter une faillite. Depuis, le Trésor a injecté 152,8 milliards de dollars dans leur capital. Jeudi, le New York Times indiquait que les grandes banques américaines militaient pour reprendre leur activité, à savoir de regrouper des prêts  hypothécaires dans des titres financiers avec la garantie de l’Etat.

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Risque de krach boursier

Il se pourrait qu’une grande crise économique ainsi qu’un krach boursier se pointent le bout du nez d’ici 2014. Une hausse générale des prix des aliments, de l’énergie et du logement alimenterait l’inflation et créerait ce scénario.

C’est ce que croit André Marsan, président de Sigma Alpha Capital et gestionnaire de portefeuille. Il évalue la probabilité que ce scénario se réalise à 40 %.

Il y aurait 40% de chances que ce scénario se réalise, selon André Marsan, président de Sigma Alpha Capital, une firme de gestion de Montréal où il agit également en tant que gestionnaire de portefeuille.

« Les prix des matières premières augmentent beaucoup, car il y a une croissance économique rapide dans les pays en développement, comme en Asie. Ça crée une demande qui est plus forte que l’offre et le prix des matières premières, le prix de l’énergie et du pétrole augmentent. Les prix de la nourriture augmentent », observe André Marsan.

USA

Cette inflation se jumellerait à une appréciation marquée du prix des maisons en 2012 et 2013, en raison des taux d’intérêt faibles. Cette hausse générerait une hausse marquée de l’inflation dans les pays développés vers 2013-2014, selon André Marsan.

« L’inflation pourrait monter en 2013 à 3 % ou 4 %. Quand, elle va être à 4 % ou 5 %, les gens vont être nerveux. Il va y avoir des politiques monétaires restrictives et c’est ça qui va provoquer une crise », anticipe-t-il.

Le programme d’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale américaine équivaut à imprimer de l’argent, selon André Marsan. Cette situation pourrait aussi amener, d’ici quelques années, une accélération de l’inflation.

Cette inflation entraînerait une diminution des prix des obligations. C’est pourquoi André Marsan se montre défavorable envers le marché obligataire à court terme.

L’avantage aux actions

André Marsan se montre toutefois optimiste relativement aux marchés boursiers américains et canadiens. En 2011, les marchés financiers seront influencés par la croissance des profits, par les faibles taux d’intérêt et par la liquidité abondante qui est omniprésente, selon lui.

« Nous croyons qu’une croissance des profits de l’ordre de 10 % en 2011 ainsi qu’une légère amélioration des multiples pourraient procurer une hausse des cours boursiers de 15 % à 20 % sur le S&P 500 pour l’année en cours », mentionne l’analyse de Sigma Alpha Capital.

Stimulé par la progression du prix de l’énergie et des matériaux de base, le marché boursier canadien présente également un potentiel de rendement intéressant

 Guillaume Poulin-Goyer /la presse janv11

EN BANDE SON :

 

3 réponses »

  1. Mardi 25 janvier 2011 :

    « Perspectives de l’économie mondiale », par le FMI.

    Le risque que les remous financiers se propagent de la périphérie au coeur de l’Europe est une conséquence de la faiblesse persistante des établissements financiers dans de nombreux pays avancés de la région, ainsi que d’un manque de transparence en ce qui concerne leurs engagements.

    Les établissements financiers et les États souverains sont donc étroitement liés, et la contagion entre les deux secteurs se produit dans les deux sens.

    Bien que les pays de la périphérie ne représentent qu’une faible partie de la production et du commerce de la zone euro, leurs relations financières importantes avec les pays du coeur de la zone, ainsi que la contagion financière, sous la forme d’une plus forte aversion au risque et d’une baisse des cours des actions, pourraient entraîner un ralentissement de la croissance et de la demande qui freinerait la reprise de l’économie mondiale.

    En particulier, la persistance de tensions sur les marchés pourrait causer de sérieux problèmes de financement pour des banques et des États souverains importants, et les effets de débordement sur les pays du coeur de la zone euro seraient d’autant plus probables.

    Le graphique 4 présente un autre scénario, qui illustre comment une contagion plus forte pourrait amputer la croissance. Ce scénario — qui est plus ou moins similaire à celui qui est présenté dans la Mise à jour des PEM de juillet 2010 — suppose qu’un choc majeur suivi d’une action trop lente et pas assez vigoureuse des pouvoirs publics entraîne d’importantes pertes sur titres et prêts dans la périphérie de la zone euro.

    En conséquence, les ratios de fonds propres diminuent considérablement dans plusieurs pays, tant dans la périphérie qu’au coeur de la zone euro. Dans ce scénario, les banques européennes durcissent les conditions de prêt dans les mêmes proportions que lors de l’effondrement de Lehman Brothers en 2008.

    En conséquence, la croissance dans la zone euro est réduite d’environ 2½ points de pourcentage par rapport au scénario de référence. En supposant que les effets de contagion financière sur le reste du monde sont limités — le durcissement des conditions de prêt aux États-Unis étant deux fois moindre qu’en Europe —, la croissance mondiale en 2011 est inférieure d’environ 1 point de pourcentage à celle qui est prévue dans le scénario de référence.

    Mais si la contagion financière est plus forte — avec une montée généralisée de l’aversion au risque, un tarissement des liquidités et de fortes baisses sur les marchés d’actions —, les répercussions sur la croissance mondiale seraient bien plus prononcées, et amplifiées par les faiblesses des bilans dans les autres principaux pays avancés.

    Dans les pays avancés, le plus urgent est d’atténuer les tensions financières dans la zone euro, ainsi que de faire avancer les réformes nécessaires du système financier et le rééquilibrage à moyen terme des finances publiques.

    Ces mesures propices à la croissance seraient utiles pour s’attaquer au chômage, qui reste élevé — un enjeu capital pour ces pays. Elles auraient aussi des effets bénéfiques sur les pays émergents, où les pouvoirs publics ont pour tâches principales de faire face de manière appropriée aux entrées de capitaux, de maîtriser les risques de surchauffe et de faciliter le rééquilibrage extérieur.

    Dans la zone euro, une action globale, rapide et résolue est nécessaire face aux risques de dégradation de la situation.

    Des mesures importantes ont été prises depuis mai au niveau national et au niveau de la zone euro, notamment une consolidation des soldes budgétaires et l’exécution de réformes structurelles, le renforcement de l’aide exceptionnelle en liquidités et la mise en place du programme de rachat d’obligations souveraines par la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que l’établissement à titre temporaire du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), qui sera remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES) permanent après 2013.

    Mais, dans beaucoup de pays, il reste essentiel de renforcer encore l’action au niveau national afin d’assurer la viabilité des finances publiques et de raviver la croissance.

    Les marchés restent inquiets à propos des pertes potentielles des banques de la région et n’ont pas été apaisés par les tests de résistance qui ont été effectués jusqu’à présent.

    De nouveaux tests de résistance, qui sont plus réalistes, plus exhaustifs et plus stricts, clarifieront la situation. Ils devront être suivis rapidement d’une recapitalisation.

    Il convient aussi de donner aux marchés l’assurance que le centre mettra à disposition des ressources suffisantes pour faire face aux risques de dégradation et que la stratégie globale est cohérente.

    Donc, le FESF et le MES permanent qui est prévu doivent être en mesure de mobiliser des ressources suffisantes et de les déployer avec souplesse, en fonction des besoins. Entre-temps, la BCE devra continuer de fournir des liquidités et d’acheter des titres afin de préserver la stabilité financière.

    Cliquer pour accéder à 0201099687702_print.pdf

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    • En regardant comment ont évolué les prévisions de croissance sur les Etats-Unis, l’Europe et le Japon depuis que la hausse des prix des matières premières est devenue forte (été 2010). Ces prévisions ont-elles été révisées de manière cohérente avec la hausse des prix des matières premières ? Ceci conduit à s’ interroger sur les effets probables sur la croissance de ces hausses de prix. En voyant que la perte de croissance due à la hausse des prix des matières premières serait de 0,7 point aux Etats-Unis ; 0,6 point dans la zone euro ; 0,9 au Japon et 0 point au Royaume-Uni. Cette perte n’est pas prise en compte dans les prévisions de croissance aux Etats-Unis dans la zone euro et au Japon.

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