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La Réflexion du Jour : Critique de la pensée financière dominante

Critique de la pensée financière dominante

 

 Blaise Goetschin(BCGE) défie les mentalités financières et milite pour une revalorisation de l’analyse fondamentale.

Remettant en cause les positions officielles lénifiantes, voire trompeuses, le CEO de la banque genevoise estime que l’autorité ne rassure plus les marchés car elle n’est, elle-même, plus crédible.

 La crise systémique de 2008 est difficile à décrypter car l’information a été déformée pendant et depuis.

La pensée financière dominante minimise le risque de crise.

 Pendant les périodes les plus troublées, les grands acteurs de la finance – banques centrales, gouvernements, régulateurs, agences de notation et banques – ont un discours opaque.

Il n’y plus que les universités ou la presse qui puissent informer avec objectivité.

Gestionnaires et investisseurs doivent s’attendre à de nouvelles crises d’ampleur et de configuration presque inconcevables.

La stratégie idéale doit viser à sauvegarder le capital et la performance en revalorisant l’analyse fondamentale.

Les perversions de la pensée financière dominante ont promu ce que Blaise Goetschin qualifie de finance «casino». Flattant l’avidité irrationnelle des investisseurs et remplissant les poches des intermédiaires financiers, la finance «casino» séduit par son ésotérisme, son exotisme et ses rites quasi-religieux mais ne crée aucune valeur économique

Le market timing, pilier de la culture financière actuelle, est totalement inopérant. Preuve en est l’impact dudit market timing sur la performance du SPI. Elle a été de 6,1% entre 1996 et 2009. En excluant les dix meilleurs jours, elle tombe à 1,6%. Inversement, en excluant les dix jours les pires, elle monte à 10,6%.

L’approche de Blaise Goetschin se veut l’antithèse  du boursicotage (fondé sur le market timing). La productivité des entreprises est la seule source véritable de performance. Elles sont restées bien accrochées et ont mieux résisté à la crise que certains Etats. Leur capacité à générer de la valeur est tangible. Il faut s’en tenir à une analyse fondamentale de l’économie, prendre en compte son histoire sur le long terme, accepter que les sources de performance sont rares et configurer les portefeuilles de manière réaliste, en ne laissant aucune place à la fantaisie. La création de valeur prend du temps et l’horizon de placement doit s’adapter à cet impératif de patience. L’analyse économique sérieuse a d’excellentes chances de mener à des sélections pertinentes et à de la performance alpha. Dans un univers financier où la finance «casino» reste bien présente, il faut s’attendre à des fluctuations de très grande ampleur des prix et des cours et savoir investir sans s’exposer à ses produits toxiques.

source agefi juin11

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