Art de la guerre monétaire et économique

Ruée vers le gaz et le pétrole de schiste aux États-Unis

Ruée vers le gaz et le pétrole de schiste aux États-Unis

Le pétrole et le gaz de schiste aux États-Unis suscitent un appétit vorace de la part de géants internationaux comme le français Total, le chinois Sinopec ou le fonds américain KKR, dans un contexte de raréfaction des gisements d’hydrocarbures traditionnels.

Signe que le gaz de schiste est considéré comme une ressource énergétique d’avenir par les majors pétrolières, le Français Total et le Chinois Sinopec viennent d’annoncer de gros investissements dans les gaz de schiste aux États-Unis. 

Comme s’ils s’étaient donné le mot, le Français Total et le Chinois Sinopec ont choisi le même jour, mardi 3 janvier dernier, pour annoncer qu’ils investissaient chacun quelque 2 milliards et demi de dollars dans les gisements de gaz de schiste aux Etats-Unis. Total s’associe de nouveau à l’Américain Chesapeake, mais aussi à EnerVest, cette fois dans l’Ohio. Le Français détiendra un quart des 13 puits déjà exploités et son investissement permettra d’accélérer le rythme des forages : 25 nouveaux puits dans les deux ans qui viennent. De son côté Sinopec acquiert un tiers des avoirs de Devon Energy dans l’Oklahoma, la compagnie chinoise financera 80 % des nouveaux puits qui s’étendront dans tout l’arc appalachien, de l’Ohio à l’Alabama.

source Carpe Diem

Depuis quelques mois les transactions s’accélèrent, avec deux opérations majeures.

PLUS DE GAZ DE SCHISTE EN SUIVANT :

Pour les géants Total et Sinopec, c’est une façon d’acquérir in situ, auprès des petites entreprises pionnières américaines, les dernières techniques en matière de fracturation hydraulique.

«Les États-Unis disposent d’une avance technologique dans l’exploitation du pétrole et du gaz non conventionnels», souligne Mark Hanson, analyste chez Morningstar, pour expliquer cet engouement.«Ce sont des entreprises relativement petites» qui ont été à l’avant-garde de l’investissement dans ces nouvelles ressources, pas les géants mondiaux», remarque M. Hanson.

 Car la compagnie française s’est vu interdire cette méthode d’extraction en France, or elle ne veut pas être en reste pour dominer cette ressource, au bout du compte moins chère à exploiter que le pétrole et le gaz de l’offshore profond, alors que les réserves d’hydrocarbures conventionnels diminuent. La fracturation a certes été suspendue par précaution dans une autre région de l’Ohio, suite à une série de séismes, sans qu’un lien ait été établi, mais cette technique n’est en rien remise en cause aux Etats-Unis. Les gisements de gaz de schiste acquis par Total aux Etats-Unis sont en outre riches en condensats, c’est-à-dire en pétrole léger ; c’est tout bénéfice à l’heure du pétrole cher.

La roche de schiste contient aussi beaucoup de gaz tels que le propane et le butane «qui sont facilement compressibles et peuvent donc être liquéfiés. Ils se vendent au prix fort» par rapport à un gaz naturel comme le méthane, explique M. Hanson. L’exploitation des pétroles et gaz de schiste, plus compliquée et coûteuse que celle des hydrocarbures traditionnels, reste en outre moins chère et risquée que celle des gisements offshore, conclut M. Hanson

Quant à la Chine, elle pourra mettre à profit cette expérience pour développer ses propres réserves de gaz de schiste, qui sont gigantesques et qui pourraient aider à satisfaire ses besoins énergétiques en rapide expansion, mais le pays manque d’expertise pour les mettre en valeur, et l’acquisition de Sinopec peut ainsi lui permettre d’acquérir ce savoir-faire.Le gouvernement de Pékin s’est fixé en 2020 un objectif de 80 milliards de m3 de gaz de schiste, un quart de la production actuelle de la Russie, le champion mondial du gaz. Mercredi 4 janvier 2012, le gouvernement chinois vient même de déclarer le gaz de schiste ressource naturelle autonome, pour permettre aux petites entreprises chinoises innovantes d’investir dans cette méthode d’extraction. Des appels d’offres devraient être lancés prochainement, ils seront réservés aux entreprises chinoises, qui pourront néanmoins s’associer à des compagnies étrangères.

Devon Energy a ainsi annoncé que Sinopec allait acquérir un tiers de cinq de ses nouveaux projets, un investissement de 2,5 milliards de dollars dont 1,6 milliard de dollars en remboursements de coûts d’exploration et forage.

Parallèlement, Total s’est associé au groupe d’hydrocarbures gazier Chesapeake Energy et à son partenaire EnerVest en prenant une participation de 25% dans leurs gisements de gaz de schiste dans l’Ohio pour 2,3 milliards de dollars. Total avait indiqué en novembre son intention de renforcer ses activités dans ce domaine aux États-Unis, alors que l’exploitation des gisements de schiste est interdite en France, en raison des risques pour l’environnement.

Fin novembre, le fonds d’investissement KKR avait racheté l’américain Samson pour 7,2 milliards de dollars, confortant son portefeuille d’actifs dans ce secteur, qui est l’un de ses axes stratégiques d’investissement.

Total, qui avait déjà racheté en 2010 une part de Chesapeake, spécialiste des hydrocarbures non conventionnels, pour 2,25 milliards de dollars, a lui aussi laissé entendre qu’il souhaitait acquérir une meilleure expertise technologique. «Nous avons beaucoup appris de Chesapeake», avait déclaré en novembre John Bannerman, directeur des activités aux États-Unis de Total.L’opération «s’inscrit dans notre stratégie de développement dans des gisements non conventionnels offrant un fort potentiel et avec en l’occurrence une valorisation majoritairement liée au prix du brut», a ainsi justifié Yves-Louis Darricarrère, l’un des responsables de Total.

Le numéro un mondial du pétrole ExxonMobil avait déclenché fin 2009 ce mouvement de consolidation du secteur des pétroles et gaz de schiste aux Etats-Unis en déboursant la somme record de 41 milliards de dollars pour son compatriote XTO Energy, pionnier du pétrole et gaz «non conventionnels».

Par ailleurs, si les prix du gaz naturel restent déprimés, ceux du pétrole restent soutenus, à plus de 100 dollars le baril. Tout gisement contenant du pétrole de schiste offre ainsi de lucratives perspectives d’exploitation, dans un cadre politique plus stable que dans de nombreuses autres zones de la planète, au Moyen-Orient ou en Afrique.

Signe de la ruée des Chinois vers les ressources énergétiques non conventionnelles, PetroChina International a annoncé qu’il avait parachevé l’achat du projet de sables bitumineux de MacKay River, au Canada, une transaction d’une valeur de 672 millions de dollars. PetroChina, devient donc la première société chinoise à détenir la totalité d’un projet d’exploitation de sables bitumineux canadiens.

source afp+rfi janv12

4 réponses »

  1. Ouai super ! on va dévaster les sous sols, non content d’avoir détruits les sols !!!! Tout ca pour prolonger un peu plus l’agonie.

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  2. Les dégâts environnementaux et tout particulièrement au niveau des nappes phréatiques sont tels
    QUE LA FRANCE À ÉMIS UN MORATOIRE sur l’exploitation (sic) des gaz de « shit » comme l’a dit si justement
    François Fillion dans une super lapsus lingue ! Au Québec, des manifestations en tout genre
    pour arrêter les explorations et les mises en fonction ont fait reculer le gouvernement et les sociétés « exploitantes »
    Les fuites des puits existants sont démontrées et très conséquentes. C’est un DANGER MAJEUR
    dans l’état actuel des méthodes d’extractions employées. C’est une exploitation SUICIDAIRE
    qui laissera les endroits dévastés et les eaux empoisonnées. Bonjour les dégâts !

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