A Chaud!!!!!

Politique Friction du Vendredi 20 Avril 2012 : Petite tentative de synthèse a vocation économique , la France attend des miracles…. par Bruno Bertez

Politique Friction du Vendredi 20 Avril 2012 : Petite tentative de synthèse a vocation économique , la France attend des miracles…. par Bruno Bertez

Les Francais et singulierement les socialistes sont persuadés que les Allemands ont un dette vis vis d’eux, l’Allemagne paiera, ce n’est pas fini…

 

Francois Hollande vient de répéter son appel à un soutien monétaire à sa poltique de croissance.

Francois Hollande a un besoin capital de croissance pour financer ses dépenses nouvelles.

  • Nous vous rappelons ces dépenses :

-Création de 60 000 postes d’enseignants

-Création de 150 000 emplois suventionnés pour les jeunes

-Avancement de l’age de la retraite

-Dépenses en faveur de l’agriculture

-Soutien à des entreprises en difficulté

-Sans compter toutes les mesures ponctuelles, non chiffrées et sans compter les éventuelles concessions à Melenchon, à l’aile gauche du PS et aux syndicats lors de la constitution du rapport de forces dit social .

  • En contrepartie, il envisage une taxation accrue sur les riches et les banques.

Comme en 1981, seul un pari sur la croissance permet de présenter des comptes pas trop effrayants.

Une croissance autonome est peu probable compte tenu de la pente sur laquelle se trouve la conjoncture francaise, compte tenu de l’environnement européen et global, compte tenu de la dégradation de la compétitivité de l’appareil productif francais. Enfin il faut tenir compte de l’attentisme lié à l’incertitude fiscale et réglementaire .

Tout cela, mis bout-à-bout explique sinon justifie les demandes de modifications non seulement de la politique de la BCE dans le sens du soutien de l’activité, mais aussi les demandes de modification de la Charte mème de la BCE, à savoir lui faire financer directement les états, ou plutot leurs gouvernements.

  • La position de Hollande est un quadruple pari :

Des soutiens monétaires et keynésiens peuvent ètre efficaces au stade ou la France en est.

-La BCE et la situation fiscale permettent de tels soutiens.

-L’Allemagne va se rallier aux demandes françaises ainsi que tout le bloc des Pays dits du Nord.

-L’environnement international et les marchés vont autoriser, avaliser cette réorientation à 180 degrés de la politique européenne.

Sarkozy a commis beaucoup d’erreurs dont la première, sous cet aspect, car il y en d’autres, la première en s’arrimant a l’Allemagne et en collant à Merkel pour former le couple Merkozy. Il s’est rendu compte de cette erreur et vient d’en faire une autre en changeant son fusil d’épaule et en demandant, lui aussi une réorientation de la politique de la BCE et de l’attitude allemande. Erreur funeste qui l’a fait accréditer lui-même les thèses de son adversaire.

Nous sommes dans une situation nouvelle et , on peut et doit déplorer que cette situation nouvelle d’abord n’ait pas été annoncée comme telle, ensuite qu’elle ne soit pas au coeur du débat économique. Cette occultation va compliquer la tache de tous les responsables au lendemain des éléctions et au lieu de tracer le cadre de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas, elle va autoriserr toutes les revendications, toutes les dérives, tous les abus.

Au coeur du tournant de Sarkozy , tout comme au coeur de la postion de Hollande il y a un non -dit que nous meme avons explicité recemment: la France n’est pas l’Allemagne , elle ne peut pretendre la suivre, s’y arrimer.

Il faut reconnaitre que la France a une position intermediaire entre le Nord et le Sud et que sa spécialisation internationale, son absence de consensus social , bref son mal Francais que d’aucuns appellent sa spécificité, lui interdisent definitivement les performances allemandes.

Ceci se manifeste au niveau de la position internationale, la France recule, l’Allemagne progresse et augmente ses parts de marché, y compris en Chine. Les déficits francais se creusent faute de compétitivité, faute d’investissement et en raison d’un réglage conjoncturel déficient qui privilégie la consommation, gourmande en importations au détriment de l’investissement producteur d’emplois et d’exportations.

La situation de la France est générationnelle, historique, fruit d’un long affaissement, accéléré par la relative performance de l’Allemagne depuis la reunification et le plan de correction des finances publiques de ces dernières années.

En clair les deux pays divergents. Voilà la réalité dont Sarkozy vient seulement de s’apercevoir, voila la réalité que fondamentalement Hollande nie. Nous disons nie car les demandes ou paris de Hollande pour un changement de cap de la BCE et de l’Allemagne ne sont pas du meme ordre que celles de Sarkozy : ayant fait des promesses intenables, des paris trop audacieux Hollande est en postion de faiblesse, de quémandeur face à l’Allemagne et ce qu’il espère c’est un miracle .

La divergence France/Allemagne se manifeste de nombreuses façons, mais il y en a deux qui sont évidentes et conflictuelles.

1-La premiére est le niveau des taux et des liquidités.

2-La seconde est le niveau de l’euro que l’Allemagne trouve trop bas

L’Allemagne souffre de taux trop bas et de liquidités trop abondantes qui favorisent un dérapage inflationniste en cours et surtout une bulle immobilière. L’Autriche est dans la mème position d’ailleurs.

Sachant que la priorité absolue de tout le pays est la stabilité monétaire, les dirigeants allemands font campagne, dejà pour un resserrement de la politique de la BCE et non pas pour un desserrement.

Comme par ailleurs Hollande ne semble pas vouloir vouloir faire sien le pacte fiscal et que les déficits seront plutot orientés à la hausse qu’à la baisse on ne voit pas de possibilité de changement dans la position de l’Allemagne ou dans celle de la BCE; La position Allemande est claire, elle veut bien faire quelques concessions mais à condition et seulement à condition, que l’on aille dans la bonne direction sur les déficits et surtout sur l’intégration.

Enfin il ne faut pas oublier la divergence sociale, idéologique entre les deux pays. Ceci se traduit en France par un clivage très difficile à gérer : plus du tiers des français sont proches de candidats dont le programme explicite est le refus de l’euro et la sortie du carcan monétaire.

Le problème, il faut le souligner est que le candidat Hollande , est celui qui va beneficier du report des voix de tous ces gens hostiles à l’euro au second tour! Son soutien sera encore plus marqué sous cet aspect que celui de Sarkozy et celui de la France entière. La proportion d’anti euros dans ses soutiens va ètre considérable.

  • Hollande va donc hériter :

-D’une situation structurelle de déclin et de perte de poids face à l’Allemagne

-D’un réglage conjoncturel défaillant, trop orienté vers la consommation

-D’un soutien ambigue à l’euro et au carcan qu’il représente

-De marchés turbulents enclins à jouer les effets de contagion alors que l’Espagne se fissure

-Il va rajouter la frilosité provoquée par les menaces fiscales et réglementaires ;

-Peut ètre un regain de troubles sociaux avec relents de haine et de lutte des classes comme on peut en juger par le succès de Mélenchon, un raidissement de la droite et peut ètre du patronat.

Dans ces conditions, nous dirons que plus que jamais, pour la France un miracle, des miracles sont nécessaires.

PLUS DE RISQUES FRANCAIS ET DE BERTEZ EN SUIVANT :

Le Risque français : Que se passera-t-il éventuellement sur les marchés financiers en cas de victoire de François Hollande?

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En février, bien avant les développements les plus récents de la campagne électorale française, Georges Magnus de l’UBS a analysé quelles pourraient être les implications pour l’Europe si Nicolas Sarkozy devait perdre des élections présidentielles, dans un rapport intitulé : « As Falls Sarkozy, So Falls Europe: The Full Story Behind The Upcoming French Election » (Si Sarkozy tombe, l’Europe tombe aussi : l’histoire complète derrière les élections françaises prochaines). Il a notamment conçu une matrice qui passe en revue les principales propositions du projet du candidat socialiste François Hollande, ainsi que les sociétés ou groupes qu’elles impacteraient au niveau micro-économique.

Le premier tour des élections présidentielles a lieu dans 3 jours, et pour Stephane Deo, stratégiste chez UBS, François Hollande a 75% de chances de l’emporter . Dans cette hypothèse, il y aurait des perturbations sur les marchés financiers, parce que les investisseurs n’ont pas intégré cette hypothèse dans leurs calculs de risques, affirme le blog financier américain Zero Hedge, qui observe que les CDS (credit default swap, un produit financier qui vise à offrir une couverture contre le risque de défaillance sur un produit) sur la dette française qui décrivent les risques adossés à un pays, ont recommencé à augmenter pour la première fois depuis 4 mois.

Cliquez sur le tableau pour l’agrandir

CS2

Tableau 1 : Dates importantes durant lesquelles les marchés financiers pourraient être perturbés

Tableau 2 : Les mesures de François Hollande et leurs implications sur des titres du marché boursier

Source:Zero Hedge/Express.be avril12

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Le risque français Par Michel Juvet/ Associé, Bordier & Cie/Le Temps

On aurait pu espérer de la part des candidats à l’élection présidentielle française des discours économiques rigoureux sur la gestion des dettes publiques. Hélas…

Pour certains, il suffirait même de redonner vie à la Banque de France afin qu’elle prête à l’Etat à des taux très bas. L’Etat français serait alors indépendant des marchés pour son financement et sa charge financière serait réduite… C’est vrai que si la France avait pu emprunter à un taux zéro depuis 40 ans, sa dette serait réduite de moitié aujourd’hui, car elle ne serait constituée que de capital à rembourser, et ne comprendrait pas l’accumulation des intérêts. Mais a-t-on déjà vu un Etat se restreindre lorsque le financement de son activité est gratuit? Non, et aujourd’hui, dans cette hypothèse, la dette de l’Etat français serait certainement plus élevée encore, et la faillite de l’Etat imminente.

Alors pourquoi cette idée bizarre sur le rôle d’une banque centrale dans le financement des Etats? Parce que l’amplitude de la crise empêche de prendre des décisions courageuses pour réduire les endettements publics, et pour rompre le cordon ombilical vicieux qui lie les banques aux Etats. Et parce que les banques centrales jouent un rôle ambigu dans la solvabilité des Etats.

Aux Etats-Unis, la politique quantitative menée par la Fed (achats massifs de bons du Trésor) lui a permis de contrôler et de maintenir basse toute la courbe des taux, des plus courts aux plus longs. Sans amertume libérale. Les marchés financiers et l’Etat américain, qui n’a rien fait pour réduire son endettement, apprécient! Pour le moment… De quoi mal inspirer la politique française…

En Europe, la BCE a préféré depuis décembre dernier la voie indirecte et offrir des liquidités bon marché aux banques, et surtout à celles qui souffraient d’avoir aidé leurs Etats endettés en achetant leurs bons du Trésor. Mais les bonnes banques ont gardé leurs liquidités auprès de la BCE, et les mauvaises ont emprunté pour acheter encore plus d’obligations périphériques, satisfaisant ainsi leurs autorités publiques et gagnant un peu d’argent au passage. Dommage car avec le retour des craintes sur l’Espagne ou l’Italie, leurs bilans souffrent désormais davantage… De quoi revoir le rôle de la BCE…

Quelle sera donc la prochaine solution si le prochain président français n’arrive pas à convaincre rapidement les créanciers de la justesse de sa politique économique? Copier la Fed au risque d’accumuler tous les maux dans le bilan de la BCE? Les Allemands refuseront. Interdire la spéculation? Une blague! La hausse des rendements obligataires français entraînera les autres avec! Demander l’aide au nouveau Fonds européen de stabilité financière (FESF)?

La France va certes élire son président, mais elle va surtout définir l’avenir de la zone euro. Et son futur président aura une marge temporelle de manœuvre inversement proportionnelle au spread de taux franco-allemand…

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A PROPOS PAR BRUNO BERTEZ

Magnus est un excellent professionnel ; le papier de Bordier est de grande qualité. Nous les publions comme matière à réflexion, pas comme des prévisions : Personne ne sait ce qui va se passer, mème pas et surtout pas Hollande.

La situation est complexe et non linéaire : On peut anticiper certaines actions, on ne peut anticiper toutes les réactions et les réactions aux réactions.

L’une des choses importantes à suivre est le rapport des forces au lendemain du second tour car c’est ce rapport des forces qui nous dira ou est le centre de gravité de la situation politique francaise à ce moment : mais il y aura ensuite les législatives avec possibilité de correction des résultats des présidentielles aprés il y aura … etc

Ce qui est sûr c’est que l’observation de ce qui se passé en France ne suffira pas car il y a d’autres parties prenantes
La France n’est plus maitre de son destin et elle le sera encore moins apres les élections car son poids va se trouver réduit
Surveillez ce qui se passe et se dit .
en Allemagne
à la BCE
sur les marchés
dans les syndicats
On ne perd jamais rien à ètre ouvert à toutes les analyses mais on peut perdre beaucoup à se laisser influencer .
La recomposition de l’ex majorité et la position du Medef aussi sont à suivre

Suivez vous mème les cours de la dette francaise, les spreads,les CDS, le contrat OAT sur EUREX .

A noté qu’hier concernant la dette française : Le volume traité sur EUREX a progressé, le contrat OAT s’est étoffé malgré la retenue de certains intervenants. 2500, puis 4800, puis 8500, hier près de 15 000 contrats échangés.

Avant Gout ?

Le president de la Bundesbank vient de donner une interview à REUTERS.

Bien sûr, Weidmann sait que derrière l’Espagne il y a la France et ses élections , donc ce qu’il dit est à prendre dans la perspective de la situation francaise.

 » L’Espagne doit considérer que la hausse des taux de rendements exigés sur sa dette est un aiguillon pour traiter les causes qui sont à la racine de ses problèmes et ne pas espérer que la BCE va l’aider en achetant ses bonds. »

Weidmann ne voit aucune raison de parler d’un troisieme LTRO, et surtout  » aucun membre du conseil de la BCE ne partage l’idée que l’Eurosystem est là pour assurer un taux particulier pour un pays particulier’’.
Reponse du berger aux moutons francais qui dans la campagne affirment ètre en position de demander à la BCE qu’elle assouplisse son mandat .

Toujours selon Weidmann ,  » la meilleure contribution que la BCE peut apporter à la croissance, c’est d’assurer la stabilité des prix ».

Le plus probable, aprés l’élection, est certainement un affrontement entre le nouveau gouvernement francais et les responsables allemands, néerlandais, bref avec l’Europe du Nord. La forte probabilité de cette confrontation ne permet nullement à notre avis de tirer un pronostic boursier car dans tous les cas la situation sera évolutive et réversible.

BRUNO BERTEZ Le 19 A vril 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON :

11 réponses »

  1. Les choses étant ce qu’elles sont après avoir été ce qu’elles furent,
    tout nous porte à croire, qu’à partir de dorénavant, ce sera comme d’habitude.

    Corollaire :

    LES CHOSES DEMEURENT CE QU’ELLES SONT … et ce n’est pas peu dire ! Pfiouuuuuuuu !!!

    Mais aussi (et SURTOUT)

    Prophétie : Avant 10 ans (GROS MAXIMUM), UN PARTI ISLAMISTE OU ASSIMILÉ VERRA LE JOUR EN FRANCE !

    C’est fou hein ? Ben ouais, je trouve aussi ! Qq parie-t-il le contraire ?

    Quand aux conséquences ? Ah ! ben là hein …………

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  2. Je suis en général admiratif pour l’intelligence de vos analyses.

    Mais là je suis décu ! Quel parti pris !

    Pourquoi penser que N. Sarkozy fera une meilleure gestion (de la dette notamment) que F. Hollande ? Quels arguments ? son bilan ? sa façon d’agir ?

    Pourquoi penser que S. Sarkozy sera plus Européen que F. Hollande ? L’expérience du passé montre que c’est peu probable.

    Comment défendre le bilan de N. Sarkozy : explosion de la dette, du déficit extérieur, des prix de l’immobilier, etc…? Comment pouvoir penser qu’un homme qui s’est trompé pendant 5 ans ne continuera pas à se tromper 5 ans de plus ?

    Certes, ce ne sera pas facile pour F. Hollande, mais la faute à qui ? Et pourquoi serait-ce plus simple pour N. Sarkozy ?

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    • @xémo

      Dimanche 22 Avril

      Je vous remercie de votre intéret ; je comprends que les esprits soient échauffés en ces jours d’éléction.

      Aussi je vous invite à relire mon texte à tete reposée, à peser le pour et le contre des arguments et des idées avancés.

      Vous redécouvrirez les points essentiels et vous pourrez constater qu’ils ne sont pas partisans au sens où on l’entend habituellement c’est-à-dire biaisés à droite ou à gauche.

      Je vous rappelle l’idée centrale à savoir que :

      La France est dans une mauvaise position et que le modéle allemand n’est plus à sa portée.

      Je dis que Sarkozy ne s’en est apercu que tardivement il y a trois semaines, et que Hollande en revanche n’ a pas abordé cette question. Ce dernier tient pour acquis que l’Allemagne va renoncer à ses principes pour venir en aide à la France.

      Je vous rappelle que tous les projets que ce soit ceux de Sarkozy ou Hollande passent par une modification de la politique de la BCE et donc de l’Allemagne , ce qui indique clairement que la France est mal à l’aise dans le carcan monetaire et politique imposé par nos voisins germaniques.

      Enfin et si vous ètes de parti pris, vous devriez vous réjouir de ce que je dis clairement à savoir

      Hollande va donc hériter :

      Suit apres cet intertitre une énumeration redoutable qui, à moins d’ètre masochiste ne me semble pas devoir plaire à Sarkozy . ou à son entourage. Je n’ai nulle part vu un tel enoncé sévère de l’héritage que laisse Sarkozy et ses prédécesseurs.

      Ce qui frappe dans les debats post electoraux du premier tour c’est d’ailleurs le lien qui se crée aussi bien chez Mélenchon que chez Martine Aubry entre Sarkozy et Merkel , ils ont parler de se debarasser du couple Sarkozy/ Merkel (sur TF1 dimanche 20h35) ce qui montre à l’évidence que comme on dit sur RMC c’est là que cela se joue.

      Rien que cela valide mon analyse à savoir qu’en raison de sa divergence par rapport a l’Allemagne la France a besoin d’un miracle, et le miracle c’est que l’Allemagne paie soit indirectement par le biais de la BCE ou par l’eurobond, soit en créant chez elle de l’inflation et des déficits .

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      • Merci, Bruno pour cette réponse.
        Je partage le réquisitoire relatif au bilan, c’est vrai qu’il est édifiant.
        Je partage aussi, et totalement votre dernier paragraphe…
        Cordialement

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        • @xémo

          Merci; J’ai ecouté attentivement les débats de dimanche soir, j’espérais, sans trop y croire quelques pistes permettant d’approfondir la reflexion.

          Je n’ai rien eu de nouveau du côté de la droite, ou visiblement le mot d’ordre de la communication était :soyez minimaliste. Certainement pour laisser le terrain vierge à Sarkozy et ainsi mettre en valeur sa proposition technique de trois débats. Les communicants savent que les médias ne sont capables que de retenir un seul message fort à la fois.

          À gauche j’ai retenu la position de Mélenchon pour le second tour, il dit indirectement mais sans ambiguité qu’il faut assurer la défaite de Sarkozy ce qui, comme il n’y a que deux bulletins de vote équivalent à inciter à voter en faveur de Hollande.
          Ceci, compte tenu des pratiques habituelles, n’empèche pas les négociations secrètes et accords souterrains. On peut penser à un deal afin de ne pas mettre Hollande en difficulté au second tour et lui permettre le recentrage que l’exercice suppose.

          On peut aussi supposer que le Front de Gauche veut garder son entière liberté de maonoeuvre. Ainsi Mélenchon a dit clairement :rendez vous le 1er Mai avec les syndicats et la classe ouvriére; personne n’a relevé mais nous l’avons noté et retenu.

          Le Front de Gauche est mal à l’aise sur la question de la participation éventuelle à un gouvernement car près de la moitié de ses troupes sont contre, considérant que Hollande et Sarkozy c’est bonnet blanc et blanc bonnet. On verra.

          La convergence s’est faite entre Melenchon et Martine Aubry sur la désignation de l’ennemi à savoir le couple Merkel Sarkozy. Nous en avons déjàparlé, mais Martine Aubry est allé très loin, plus loin que Hollande , auquel elle sert de caution de gauche, elle a declaré, je cite: « jusqu’à présent les banques commandaient et les gouvernements obéissaient, maintenant ce sera l’inverse les gouvernements vont commander et les banques obéir »

          C’est à notre avis une déclaration à souligner au feutre rouge ;

          Et nous aurons très souvent l’occasion d’y revenir. Disons simplement aujourd’hui que cette déclaration témoigne d’une méconnaissance.
          1 De la situation globale

          2 Des fondements de la logique bancaire.
          Voyons le premièrement :
          La situation globale est celle dans laquelle les banques sont immergées dans le marché mondial dont elles dépendent totalement pour leur refinancement. Ce sont les marchés mondiaux qui refinancent les étabissements français et si les banques françaises s’écartent, prennent trop de risque, se politisent, alors le robinet du refinancement va se couper. Les banques n’ont aucune marge de manoeuvre, aucun choix, elles doivent inspirer confiance à leurs collègues. Martine Aubry en reste à l’analyse traditionnelle du Mur de l’Argent alors que le Mur c’est fini, il est remplacé par l’océan , la mer globale de liquidité qu’il faut tenter de capter, de séduire et de retenir. L’argent ce n’est pas celui de la logique du profit et du capital ,c’est le mercure du refinancement de gros qui fait tenir le bilan des banques .

          Voyons le second point, ce ne sont pas les banques qui consituent le carcan trop étroit dans laquelle la France est enfermée , mais le Réel. Les Banques ne font que transmettre la loi de la rareté, les lois de l’économie, les lois de la comptabilité, les lois de l’arithmétique. Les banques après les avoir longtemps ignorées véhiculent maintenant les contraintes de solvabilité, de profitabilité etc . Ce sont des messagers, des intermedaires transmetteurs. Et nous revoilà en 1981, avec la question :comment échapper aux contraintes du système mondial d’abord, puis européen ensuite dans lesquels nous sommes enfermés. Les banques quand elles font leur métier, ce qu’elles n’ont pas fait depuis 20 ans, mais qu’elles refont maintenant en deleverageant, sont la statue du commandeur qui rappelle que deux et deux font quatre et que les free lunchs n’existent pas .

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          • Bruno,
            Vous ne pouvez pas vous baser sur une déclaration de Martine Aubry, pour faire votre analyse, même si cette analyse est pertinente (les prémisses ne sont pas solides).
            Martine Aubry n’y connaît rien en économie, et est un peu un repoussoir, c’est d’ailleurs pour cela que F. Hollande l’a cachée pendant les primaires après son débat catastrophique avec F. Fillon (les medias sont tellement nuls qu’ils ne s’en sont pas rendu compte).
            Mais F. Hollande, ce n’est clairement pas M. Aubry, ce sont ceux qui l’entourent ; Valls, Moscovici, Sapin, Cahusac, et même son meilleur ami Jouyet. Migaud est aussi socialiste.
            C’est clairement le sous-estimer de penser qu’il ne comprend pas le contexte économique mondial. Cependant pour pouvoir faire le travail, il faut bien qu’il passe par la case « élections ».
            L’enjeu, ce n’est pas vraiment le 2ème tour, c’est une majorité plurielle et unie (gauche raisonnable, europe écologie, centre gauche, voire centre droit) qui permette à la France de traverser les orages avec un minimum de justice.

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  3. Xemo c’est tout le drame. Le bilan de Sarkozy est évidemment dramatique crise ou pas. En plus il n’a rien d’un visionnaire en économie et était pour la mise en place du crédit hypothécaire revolving à son arrivée en 2007. Le modèle c’était l’Angletterre de Blair en 2007, maintenant c’est l’Allemagne de Merkel… demain peut-être la Chine allez savoir. Nous n’avons personne capable d’avoir une véritable vision pour la France. C’est effectivement pathétique de voir Berthez se prêter au jeu du choix entre la peste et le choléra.

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    • Seb:
      Exact. C’est pathétique pour la France.
      C’est le choix entre la peste et le choléra.
      Ou bien encore c’est le pari de Pascal : d’un coté une certitude, c’est de la folie de faire encore confiance à N. Sarkozy.
      De l’autre coté on n’est pas complètement certain que c’est le choléra, d’ailleurs il n’y a pas vraiment d’indices concrets (à part ceux qui visent à manipuler l’opinion).

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      • @xémo

        Lundi 23 Avril

        Ne soyez pas pessimiste, les hommes sont ce qu’ils sont, imparfaits quelquefois ignorants, d’autres fois de mauvaise foi, mais cela n’a pas vraiment d’importance à l’échelle de l’Histoire. Nous sommes dans une vraie crise, générationelle, systèmique qui traduit l’effondrement d’une tentative occidentale prométhéenne de forcer les feux de la croissance par le crédit.

        Les peuples par leur votes, par leurs manifestations violentes ou non, les soi disant chefs tout cela fait partie du jeu du système pour parvenir à ses fins à savoir se reproduire et sortir rénové plus efficace.

        Les gauches qui etaient au pouvoir en Europe ont été balayées par la crise via les votes des peuples.
        Les droites au pouvoir le sont et le seront également .

        Il faut que les processus aillent à leur terme quels que soient les gestionnaires .

        Le vote Hollande s’analyse comme une tentative désesperée d’y croire encore, de croire que l’on peut repousser les limites, le fameux bourreau encore un instant. Hollande croit et fait croire qu’il peut repousser les limites de l’endettement en demandant à la BCE de baisser ses taux et à l’Allemagne de changer de politique et de principes. Tout le dispositif programmatique de Hollande repose sur cette possibilité de repousser les limites, le carcan monétaire, financier imposés par les traités européens c’est à dire par nos voisins germaniques en contrepartie de l’abandon du Deutsche Mark .

        Que l’allemagne accepte ou pas n’a pas vraiment d’importance , la difference ne porte que sur le facteur temps .

        Si l’Allemagne accepte le processus durera plus lontemps , les dégats seront plus profonds, les blessures plus douloureuses, mais l’issue est connue c’est le dernier ancrage, l’Allemagne qui croulera contaminée. La masse de capitaux fictifs dans le systeme dépasse les possibilités de l’Allemagne. Et elle le sait car elle connait sa vraie situation et en particulier son talon d’achille sa démographie qui impose une épargne colossale .

        Si l’Allemagne refuse ce sera plus rude, plus rapide mais avec moins de dégats en profondeur, le fond d’epargne, les appareils de production , les consensus sociaux seront moins détériorés.

        Je suis tres optimiste ,mon problème, ma crainte c’est que les hommes répètent leurs erreurs et cherchent les fausses solutions , les échappatoires dans le bon vieux systeme du bouc emissaire de sinistre mémoire .

        Entre autres c’est pour cela que je suis pour l’intégration dans le jeu politique ,sous condition de renoncement solennel au racisme, de la droite popûlaire qu’est maintenant le Front National.

        Les Droites seraient laches de ne pas le tenter ; les Gauches irresponsables de perpetuer l’analyse machiavélique de Mitterrand.

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        • C’est vrai que Marine Le Pen n’est pas son père, et qu’un vote en faveur du FN est maintenant aussi honorable qu’un autre (on pourrait changer le nom du FN), Mais il faudrait que Marine Le pen se débarrasse de quelques épines (ses propos sur l’IVG notamment).
          Le risque est que le scrutin majoritaire n’offre pas à Marine Le pen un meilleur sort que celui de F. Bayrou en 2007.

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